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PLANE'R FEST / JOUR 1

«Le petit festival qui monte. Région lyonnaise»
Laurent Sage
Journaliste
11/08/2022
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Petit historique pour les personnes ne le connaissant pas :

Créé en 2012, le PLANE’R FEST est un festival né de l’initiative d’une poignée de passionnés motivés par un seul objectif: ce- lui d’installer durablement un festival Rock dans un village de 2 500 âmes de la périphérie Lyonnaise: Colombier-Saugnieu. Im- médiatement soutenu par le conseil municipal et les habitants de cette commune située dans le hameau de Montcul, le projet a donc vu le jour orienté sur une base musicale de Hard Rock. Tirant son nom de sa proximité avec l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry, le Plane’R Fest a ensuite évolué au fil des ans en propo- sant divers styles de Rock joués par des groupes locaux, allant de l’Electro-Pop au Métal en passant par le Punk, afin de trouver son public et de gagner en légitimité.

En 2017, le lieu de la manifestation change au profit du Champ de Foire, qui offre une meilleure capacité d’accueil et la possibi- lité d’implanter un camping. Les entrées deviennent payantes et la programmation sort du seul champ local pour accueillir des artistes reconnus à un niveau national, voire international

Consciente de l’importance que prenait son événement, la mai- rie de Colombier-Saugnieu s’est alors tournée vers Mediatone, association incontournable de la scène lyonnaise depuis plus de 20 ans, afin de lui confier les rennes de la programmation, mais également d’apporter un soutien logistique et promotionnel à ses équipes dans le cadre de l’organisation de l’édition 2018 du Plane’R Fest. La collaboration, basée sur une vision commune et un dialogue de qualité basé sur la confiance, est une franche réussite et est reconduite sur les éditions suivantes.

Le Plane’R Fest présente cette année 21 artistes au total (10 internationaux, 7 nationaux et 4 locaux) sur 2 scènes, dont le gagnant d’un tremplin local.

En ce jour 1

DESTINITY Le groupe a la lourde tâche d'ouvrir le festival c'est sous un soleil de plomb que le groupe délivre son metal aux influences black/death . Peu de lights, et c'est à la force du poignet, en se basant uniquement sur sa prestation que le groupe recueille les suffrages du public (encore peu) présent. C'est joué avec les tripes, les black metalleux sont ravis peut être un peu moins les tenants d'un hard rock plus classique. Force est de reconnaître que le groupe a une cohésion scénique impeccable et que la prestation est convaincante. A revoir dans des conditions plus propices.

METALLIQUOI. Metal never Dies, c’est un groupe créé par Hubert, de la chaîne Youtube « Metalliquoi ? » suite à la sortie de son livre du même nom en 2019. Les deux pro- jets ont le même nom car ils ont le même but : faire découvrir et vivre le Metal de ces 20 dernières années, pour montrer que les vieux groupes plébiscités n’ont pas le monopole du talent !

Donner un concert heavy metal avec la tenue adéquate en pleine journée et avec une grosse chaleur, voilà qui n'a pas empêché ce tribute de jouer avec un plaisir non feint quelques reprises de classiques du metal. Le groupe a l'air de s'amuser, le public aussi. On passe un bon moment et tout le monde est heureux. Quoi de mieux ?

PRINCESS LEYA Je découvrais ce phénomène dont nombre de metalleux ont déjà apprécié la prestation scénique. Premièrement, sans les lights, c'est toujours un peu délicat. C'est un concept très spécial, mélangeant l'humour (pas toujours drôle) et le metal.Musicalement ? C'est un metal plutôt basique, bien joué, pas transcendant non plus et il faut vraiment accrocher au concept pour apprécier le concert. Pas sûr que sur la durée ce style de groupe tienne la route longtemps. En tout cas, ils auront au moins eu le mérite d'essayer quelque chose de nouveau.

OPIUM DU PEUPLE Encore une fois, une relecture de grands classiques de la variété française, joués à la façon punk rock / metal. Musicalement, c'est carré, mais encore une fois, il faut adhérer au concept du groupe pour en apprécier la prestation. Trois chanteurs dont deux femmes, des costumes rétro, le groupe est là pour s'amuser. Une partie du public l'est aussi et les titres s'enchaînent dans la bonne humeur. Pour amateurs de "parodic rock".

MUSHROOMHEAD On commence à basculer dans un autre monde avec le retour au metal plus "traditionnel" avec ce groupe américain, jouant la carte du masque et de l'énergie. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que, de l'énergie, le groupe n'en manque pas. Un gros son, des riffs bien gras, des effets spéciaux aux percussions, on sent un groupe rodé à la scène. Scéniquement, c'est un plaisir, les masques apportant indéniablement un plus à la prestation, mais surtout les titres sont forts, puissants et, la nuit tombant, les jeux de lumière créent une ambiance propice à leur metal alternatif. Pour les amateurs de PAntera, c'est un groupe qui assurément devrait leur plaire. D'ailleurs, le public nombreux a félicité chaleureusement le groupe à la fin du set.

NANOWAR OF STEEL Décidemment, la parodie était de mise ce jour ( une tendance nouvelle chez les metalleux. Et qui d'ailleurs divise une frange des amateurs de riffs). Les italiens montent sur scène dans un "accoutrement" ridicule, lié à la couleur de leur musique, jouent beaucoup sur l'interaction avec le public. C'est un peu le même constat que pour Princess Leya : il faut vraiment rentrer dans leur trip pour apprécier leur concert. Portant les musiciens jouent très bien, ce sont assurément des bons musiciens mais chanter déguisé en chouette avec un guitariste grimé en "Prince of Persia", j'avoue j'ai du mal. J'ai plus apprécié en studio leur musique ( à petite dose )qu'en live. Il y a quand même eu quelques personnes ayant apprécié le concept et qui ont joué le jeu avec le groupe. A réserver un soir de déprime peut être...

DRAGONFORCE Une des grosses attractions du festival à n'en point douter. Cà démarre sur les chapeaux de roue avec un décor très inspiré jeux videos des 80's ( deux consoles géantes style Atari sont disposées de chaque côté de la scène) et un festival de confettis et flammes. Visuellement, ça en jette . Musicalement, les deux guitaristes virtuoses nous en mettent plein la vue en assurant des solos techniques, tout en ayant l'attitude guitar hero. Le sourire sur les visages, on voit que le groupe est heureux sur scène. Pas de temps mort chez DRAGONFORCE. Les classiques s'enchaînent. Derrière cette démonstration technique , se cache un boulot phénoménal . L'aisance technique dont font preuve les guitaristes ainsi que la nouvelle bassiste Alicia Vigil ( Vigil of War) est mise en avant lors d'un trio sur la plate-forme de la scène où les trois protagonistes nous délivrent une démonstration en tapping et diverses techniques guitaristiques. Contrairement à un concert de Dream Theater où la technique empêche, dirait on, de communier avec le public, chez DRAGONFORCE, cette technicité est un prétexte à démonstration toute en sourire et interaction avec le public. Les musiciens ont la banane et c'est contagieux. De plus, une pyrotechnie importante et des jeux de lumière futuristes nous entraînent dans leur univers gamer, tout en appréciant leur musique. C'est carré, c'est pro et jouissif.

LORDI Il est à noter que la tête d'affiche du soir aurait dû être DRAGONFORCE mais dû à des retards d'avion, et grâce à la gentillesse des Dragon' qui ont accepté de jouer avant l'heure prévue, LORDI a pu venir délivrer son show horrifique . Inutile de présenter les finlandais vainqueurs surprise de l'Eurovision en 2006 ( 16 ans déjà !) , le concept est connu. Leurs style musical est un hard rock classique, avec un jeu de scène jouant bien évidemment sue l'aspect maquillages et ambiances lumineuses .Les morceaux s'écoutent facilement, quelques refrains sont accrocheurs, on n'est pas à un concert de LORDI pour pogoter ou effectuer un Wall of death, mais on est plutôt là pour apprécier un show son et lumières. Evidemment les classiques du groupe et notamment 'Hard Rock Hallelujah" font vibrer la foule mais dans l'ensemble on se plaît plus à regarder le show qu'à s'enflammer sur les morceaux. Il n'empêche qu'un show de LORDI est toujours agréable à suivre et que si vous n'avez pas eu l'occasion d'assister à un de leurs concerts, vous devriez essayer, vous passerez un très bon moment.