Ne Obliviscaris - Enslaved 25 ans - Toulouse
Anibal BERITH
Journaliste

«Un son exceptionnel pour une musique à la fois brutale et mélodique !»

Créé 02/11/2016
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C'est devant un pit plus rempli que le sextet australien prend place devant le public du Metronum. Bien que nous soyons sur la tournée anniversaire d'Enslaved, une bonne partie des personnes présentes ce soir se sont déplacées pour assister à la prestation de Ne Obliviscaris (« Ne Pas Oublier » en français) que certains d'entre eux avaient pu apprécier au Hellfest 2015.

C'est en suivant la très bonne prestation d'Oceans Of Slumber, que Benjamin Baret (lead guitare et notre chouchou français), Daniel Presland s'installant derrière sa batterie, Brendan « Cygnus » Brown et sa basse custom à la Beyond Creation et aux côtés de Benjamin sur la droite de la scène (vue public), Matt Klavins le second guitariste et enfin les deux chanteurs Xen Campbell pour le growl et Tim Charles pour le chant clair et le violon foulent le parterre de la scène avec dans leur escarcelle deux albums : « Portal Of I » datant de 2012 et « Citadel » paru en 2014.

Au cours de l'interview que Benjamin a eu la gentillesse de m'accorder, il m'a indiqué que le groupe travaillait actuellement sur leur troisième album et que huit titres étaient en cours de compositions, dont un, déjà abouti, mais que nous n'aurons pas la chance d'entendre ce soir….

C'est donc par 'Devour Me, Colossus (part I) : Blackholes' que le set des australiens débute. Les titres du combo sont très longs de par la variété qui les habite et ce sont donc quatre titres qui seront délivrés ce soir.

Ne les ayant jamais vu en live, c'est vraiment sur scène que prend toute la dimension des compositions puissantes et envoûtantes du sextet. Nous sommes immédiatement bluffés par l'excellence du son du combo qui met en valeur à la perfection la qualité d'exécution des riffs des mélodies très complexes du combo et que nous devons à l'ingé son du groupe qui s'occupe d'eux depuis le départ.

Le sextet occupe toute la scène du Metronum surélevée, qualifiant ainsi le combo d'une prestance impressionnante.

Rapidement nous prenons en pleine face le growl puissant du chanteur énigmatique Xen Campbell dont il est difficile de percevoir le visage sous sa chevelure longue et noire. Vêtu dans un style gothique, l'immense chanteur charismatique, lorsqu' il laisse sa place à Tim et son chant clair, se contorsionne tout en headbangant énergiquement. Il occupe à merveille son rôle de frontman de par sa posture et son style différent des autres musiciens plus timorés dans leur tenue mais pas dans leur jeu.

Le change avec le second chanteur et violoniste se fait de façon équilibrée et nous serons gratifiés de nombreux soli de violon tout au long des compositions du groupe, la marque de fabrique, entre autre, de Ne Obliviscaris.

Au-delà de cet aspect remarquable et atypique, la durée des titres permet de laisser place aux longues parties instrumentales des chansons. De plus la variété des riffs et des mélodies et le jeu prodige des guitaristes et du bassiste permettent de ne pas se lasser; si bien que l'on pourrait penser écouter plusieurs titres en un.

C'est sous ce constat que les australiens vont nous interpréter deux titres de chacun de leurs albums dont le fameux 'Painters Of The Tempest (Part II) :Triptych Lux' et ses 16'35'' passant comme un éclair tant la richesse de ce bijou, pièce maîtresse de « Citadel », vous envoûte par l'alternance de ses plans mélodieux et brutaux mariant avec brio le chant clair de Tim, l'atrocité du growl de Xen, la douceur du violon et l'agressivité des riffs métalliques des guitares sur fond de blast beat et de mid tempo.

Une prestation de haut niveau qui fait que Ne Obliviscaris peut largement faire une tête d'affiche, chose qui sera faite à la fin de la tournée s'achevant dans le pays originaire du sextet, permettant ainsi au groupe de jouer plus de morceaux par un timing plus adapté à leurs compositions.

Setlist : Devour Me, Colossus (Part I): Blackholes / Of Petrichor Weaves Black Noise / Painters of the Tempest (Part II): Triptych Lux / And Plague Flowers the Kaleidoscope