«Toute l'énergie du black metal old school venu d'Amérique du Sud»
ANIBAL BERITH Journaliste
04/11/2016
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Il est aux alentours de 20h45, lorsque les vétérans du black old school brésiliens foulent la scène du Metronum. Le trio est très connu dans le milieu avec son black minimaliste, qui n'est pas une critique, simplement un terme pour indiquer que le combo ne cherche pas à en mettre plein la vue avec un black torturé aux riffs complexes mais juste à délivrer quelque chose de plus basique tout en restant efficace et surtout en sachant et voulant conserver leur identité musicale.
Egalement une découverte en live et je dois dire que je suis très peu emballé par les trois premiers titres de la setlist.
Débarquant dans le noir quasi-total, c'est sous les riffs totalement incompréhensibles du guitariste Beelzeebubth au crâne rasé, portant des lunettes de soleil et arborant un débardeur à l'effigie du groupe et seul rescapé de la formation d'origine, que le set débute. Quelques instants plus tard se rajoute la basse de Diego Araùjo, visage maquillé et barbe pointue, très satanique tout çà…. ayant rejoint le groupe en 2012, le tempo soutenu étant assuré par le batteur Jhoni Apollyon (dans la bande depuis 2013) qui tout comme le bassiste jouent également dans la formation brutal death, Infested Blood.
Pas d'actualité à proprement dit pour le trio brésilien puisque le dernier album « Profanus » date de 2001. Le combo est toutefois resté actif en proposant régulièrement, compil, réédition, set box et dvd et maintenir ainsi le mythe.
C'est, comme je vous le disais plus haut, avec peu de conviction que j'essaye d'entrer dans le set et c'est ainsi que je me retrouve au niveau de la console son à regarder le spectacle. Car oui, on peut parler de spectacle ; tout y est, l'attitude, la dégaine, la posture, le look, les poignets cloutés, les pointes, la forme des guitare et basse et la couleur…toujours ce rouge sang…sainte horreur des photographes ; et c'est justement en m'étant mis en retrait que j'arrive enfin à pénétrer l'univers de Mystifier dont la musique et le son se bonifient au fil du set.
Ca devient même un plaisir d'écouter leur black old school car justement il est old school. Les nouveaux groupes (et même les anciens) apportent tant de nouveautés ou d'évolution à leur musique que c'est rafraichissant d'écouter quelque chose qui n'a pas évolué et qui vous renvoie aux années 90. Ca doit être sûrement mon côté old school qui me fait écrire ça mais quel pied que de prendre en pleine face ces riffs et blasts d'un autre temps mais au combien efficaces et directs.
C'est d'ailleurs souvent la marque de fabrique de ces groupes venus d'Amérique du Sud qui sont restés bloqués il y a 30 ans tant dans les compositions que dans le son cherchant à conserver cette nostalgie musicale qui les caractérise et en faire leur réalité.
Mystifier fait donc le job devant un pit déchainé notamment sur la reprise du groupe légendaire Sarcofago « Nightmare » et en jouant principalement des titres de leur premier album « Wicca » datant de 1992.
La prestation sera fortement saluée par le public enjoué et plus que prêt à accueillir la seconde tête d'affiche de la soirée Rotting Christ.
Toute l'énergie du black metal old school venu d'Amérique du Sud