Mainsquare Festival @ Citadelle d'Arras, deuxième journée
Neyelia
Journaliste

«Une deuxième journée sous le signe du rock UK !»

Créé 07/07/2018
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De retour dans la citadelle pour la seconde journée de festival, avec un nom en tête d'affiche que me fait saliver depuis le début : Depeche Mode.
En attendant, on démarre à la Green Room avec Okay Monday. Second lauréat du tremplin, le groupe lillois propose une pop-rock qui n'a rien de très novateur, mais tout de même très bien exécutée. Un trio plutôt classique, aux vibes 1990 prégnantes, qui nous fait démarrer la journée de la meilleure des manières !

OKAY MONDAY

Sur la main stage, c'est Courteeners qui nous attend. Officiant sans « The » depuis quelques années, c'est du rock anglais dans toute sa splendeur. Bien connus dans leur pays d'origine, ils ne le sont pas encore assez de notre côté de la Manche. Et pourtant, le groupe a tout pour séduire. Compositions léchées, énergie rock à souhait, le trio finit de nous offrir ce petit réveil rock, juste avant l'heure du goûter (ou juste du thé pour rester British)

COURTEENERS

En face, c'est Black Foxxes qui démarre. Le groupe, dont on vous a souvent parlé dans nos pages, mélange un grunge presque Nirvanesque avec des influences beaucoup plus planantes et des textes très personnels du leader Mark Holley, dont certains parlent de sa dépression. En témoigne le titre de l'album « I'm Not Well », sorti en 2016, et dont le titre éponyme remporte toujours un franc succès en live. Mark livre une performance pour le moins habitée, et pour cause, tandis que ses deux comparses semblent un peu plus en retrait, mais font le job efficacement.
En guise de petite surprise maison, et en presque dédicace au concert qui aura lieu ce soir à Londres, le combo nous propose une reprise d'une des plus belles chansons que l'univers ait porté, Lovesong du groupe légendaire The Cure.

Setlist :
1. Breathe
2. Husk
3. I'm Not Well
4. Sæla
5. Manic in Me
6. Oh, It Had to Be You
7. Lovesong
8. River
9. Maple Summer
10. Joy

BLACK FOXXES


Retour sur la main stage pour le concert de Wolf Alice. Wolf Alice, c'est ma grande découverte du Download Festival (j'en aurais presque regretté d'avoir choisi de couvrir Graveyard, qui jouait en même temps), alors autant vous dire que je ne cache pas ma joie de découvrir un peu plus ce groupe. Et il faut dire que ce début d'après-midi est le rendez-vous immanquable pour tous les fans de rock anglais ! Encore un groupe qui vient de l'île d'en face, et qui ne peut pas le cacher ! Wolf Alice, c'est doux comme un bonbon mais ça fait fizzz dans la bouche ! C'est un rock adouci par la voix d'Ellie Roswell, popisant à souhait, mais surtout très très séduisant ! La setlist se compose sans surprise à 50% de titres de leur dernier album, Visions of a Life, et à 50% de titres de leur premier opus, My Love is Cool, hormis une brève incursion dans leurs EPs précédents.
L'heure passée en la compagnie du quatuor est particulièrement agréable, je dirais même revivifiante, et c'est donc toute guillerette que je rejoins la Green Room pour le set de Kid Francescoli.

Setlist :
1. Your Loves Whore
2. Yuk Foo
3. You're a Germ
4. Don't Delete the Kisses
5. Beautifully Unconventional
6. Formidable Cool
7. Lisbon
8. Bros
9. Sadboy
10. Space & Time
11. Visions of a Life
12. Moaning Lisa Smile
13. Fluffy
14. Giant Peach

WOLF ALICE


Kid Francescoli, c'est un DJ, accompagné d'une chanteuse américaine quasi-française. Ensemble, le duo nous délivre une pop électro assez rafraichissante, mais pas non plus révolutionnaire. On devine une idylle, ou quelque chose qui s'en rapproche, entre les deux membres, qui occupent chacun une extrémité de la scène. Le batteur de session se situe bien évidemment entre eux, et le tout est plutôt statique. Julia la chanteuse campe derrière son pied de micro, tandis que le « Kid » est astreint derrière ses claviers et platines. Visuellement, on a vu mieux, surtout à défaut d'écran ou d'un quelconque apport visuel qui nous divertirait. Musicalement, je vous l'ai dit, ce n'est pas non plus la révolution, même si ça passe bien, au milieu de l'après-midi, avant de rejoindre la Main Stage à nouveau.

KID FRANCESCOLI


Et côté main stage, justement, ce sont les BB Brunes qui entrent en scène. Je ne sais pas s'il est très utile de vous présenter ce groupe dont en France, tout le monde connaît au moins le nom … « Dis-moi » leur a valu une vague de succès national dont, 10 ans plus tard, ils ne se sont toujours pas remis. 5 ans plus tard, ils rempilent avec « Coups et Blessures », puis « Stéréo », bref, la liste des hits radiophoniques du groupe est plutôt longue ! Le style musical du groupe n'a pas vraiment changé, toujours aussi lisse, mainstream, rock à minettes et tout ce que vous voulez, mais c'est diablement efficace ! Derrière Adrien Gallo, qui vire de plus en plus vers un style rétro, le groupe semble uni malgré les récents chamboulements, et délivre sa flopée de tubes entraînants et mélancoliques.

BB BRUNES

On décampe un petit quart d'heure avant la fin pour rejoindre Basement sur la Green Room dans une toute autre ambiance.
Amis fans de punk-rock, vous voilà servis ! Basement, c'est du rock anglais, mais pas dans la définition de début d'après-midi. Là c'est brut, c'est saturé, c'est distordu, et ça saute dans tous les sens. C'est Converse, Vans, et tartan. L'efficacité du punk rock incarnée. Avec 3 albums d'énergie brute à leur actif, les anglais n'ont plus à prouver leur compétence pour faire remuer les têtes et sauter les foules.

BASEMENT

Sur la scène principale, place au premier grand nom du jour : Liam Gallagher. La moitié d'Oasis fait son entrée tout de noir vêtu, lunettes de soleil visées sur le nez. Pour les paparazzis, vous repasserez ! Pour la musique, en revanche, c'est là que ça se passe ! L'ex-voix d'Oasis (ou peut-on encore espérer un futur du big O ?) continue en solo depuis peu, pour le plus grand plaisir de nos oreilles !
Niveau scénique, rien de fou, les musiciens de Liam sont certes très compétents, mais pas d'une prestance scénique incommensurable. Le jeu de scène de Liam lui-même est proche du minimalisme, mains dans les poches sous son k-way, planté derrière son pied de micro. Mais sa voix est belle, et bien là, et c'est ce qu'on lui demande !
Niveau sonique, si ça c'est pas du fan service… deux tiers de chansons d'Oasis, parce qu'après tout c'est ce qu'on vient écouter, et aussi parce que ça arrange bien le monsieur, qui n'a qu'un seul album solo à son actif pour l'instant, au vu de sa très récente carrière. Fan service ou pas, tout le monde est conquis, et on ne repartira pas sans un bon vieux petit « Wonderwall » !

Setlist :

1. Rock 'n' Roll Star
2. Morning Glory
3. Greedy Soul
4. Wall of Glass
5. Bold
6. For What It's Worth
7. Some Might Say
8. Listen Up
9. I've All I Need
10. Whatever
11. Supersonic
12. Cigarettes & Alcohol
13. Wonderwall
14. Live Forever

LIAM GALLAGHER


A côté, place à Oscar & The Wolf. Sous ce drôle de nom se cache un chanteur de R&B, qui pourrait être américain mais ne l'est pas, contrairement à ses influences évidentes. Le belge, puisqu'il l'est, enchaîne flow et déhanché de pro, pour le plus grand plaisir (bruyant) de ses fans féminines. Gare à vos oreilles si vous craignez le suraigu !
Musicalement, on se rapproche d'un Drake avec un peu moins d'autotune, les compositions sont pour le moins épurées, mais suffisent à faire danser le public présent, et leur auteur surtout.
En dix titres, ceux qui ne sont pas très clients du style auront le temps de trouver qu'on tourne en rond, et les autres ne verront pas l'heure tourner. Pour ma part, je laisse les seconds profiter, et je file me préparer pour le grand moment de la journée !

Setlist :

1. The Game
2. So Real
3. Exotic
4. You're Mine
5. Runaway
6. Breathing
7. Fever
8. Princes
9. Touch Down
10. Strange Entity

OSCAR & THE WOLF

Depeche Mode, Depeche Mode, Depeche Mode ! Je pourrais scander moi aussi ce nom si je n'étais pas trop occupée à trépigner fébrilement. Cela fait des années que j'attendais ce moment, dont divers aléas m'ont éloignée, et m'y voici enfin ! Comme à chaque concert trop attendu, on finit toujours avec des regrets (« Oh, mais ils ont pas joué tel titre ! ») et puis avec le recul, on se dit toujours qu'on a été bien chanceux de voir le groupe, déjà ! Le reste, ce sera pour la prochaine fois.
Il est 21h30 quand les premières notes de « Going Backwards » résonnent, et l'heure et demie qui vient, je vais la passer à chanter à tue-tête. Petite frayeur quand sur le premier titre, les magnifiques écrans du festival ainsi que l'immense écran derrière le groupe ne diffusent que des visuels, certes fort esthétiques, mais qu'est-il advenu de la trombine de nos chers musiciens ? La frayeur s'estompe vite quand Dave et compagnie apparaissent enfin à l'image.
C'est toujours un exercice difficile voire impossible que de rendre par écrit l'intensité d'un tel concert, entre prestance scénique inégalable, sensualité bestiale de ce bougre de Dave Gahan, setlist presque irréprochable (oui j'ai la rancoeur tenace), effets visuels et lumineux de haute volée, … on pourrait y passer 3 pages comme 2 mots : c'était parfait. Enfin presque parfait, il manquait des titres et des heures de show en plus !
De « A Pain that I'm Used To » en « Stripped », de « Your House » en « Personal Jesus », DM nous aura fait vibrer, sautiller, pleurer, mais n'aura certainement pas failli à sa mission du soir : nous régaler.
Dave et ses acolytes se paieront même le luxe, alors que le temps qui leur était imparti était écoulé, de nous rajouté un bon vieux « Just Can't Get Enough » parce que, c'est bien vrai, on n'en a jamais assez.

Setlist :

1. Going Backwards
2. It's No Good
3. A Pain That I'm Used To
4. Precious
5. World in My Eyes
6. Cover Me
7. Somebody
8. In Your Room
9. Everything Counts
10. Stripped
11. Personal Jesus
12. Never Let Me Down Again

13. Walking in My Shoes
14. Enjoy the Silence
15. Just Can't Get Enough

DEPECHE MODE


La tête d'affiche du soir passée, c'est le moment d'ouvrir la boite de nuit à ciel ouvert du Mainsquare. Ce soir au programme : The Blaze, Feder, et Boris Brejcha.
Les premiers, français, sont un peu la haute couture de l'électro. Sonorités et visuels sophistiqués, mise en scène épurée et travaillée, de quoi en prendre plein les mirettes et les écoutilles.
Le deuxième, présenté parfois comme le futur David Guetta, est lui aussi français, collectionne les collaborations prestigieuses, Mylène Farmer, Synapson ou The Avener, rien que ça ! La mise en scène est nettement plus grandiloquente, plus classique pour le style, également. Le DJ est sur une estrade, derrière ses platines recouvertes d'écrans, et un autre immense écran derrière lui diffuse des visuels aux aspects futuristes et intergalactiques intrigants. Rejoint par divers chanteurs et chanteuses qui viendront poser leur voix sur les beats du DJ, ces interventions amèneront un peu de vie et de diversité à un set qui pour le moins classique.
Le dernier, c'est le second DJ allemand du festival. Apparaissant masqué derrière ses platines, son set donne à voir autant qu'à entendre. Les effets lumineux sont absolument splendides, tout en blanc et en contraste, et sa musique, qu'il qualifie de « high tech minimal » (tout un programme), nous embarque mine de rien jusqu'à la fermeture de cette deuxième journée.

BORIS BREJCHA


Crédit photos : Mainsquare Festival : Nicko Guihal / United Rock Nations : Aline Meyer