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Lorna Shore - White Chapel - Shadow of Intent - Humanity's Last Breath - Paris le Zénith

«Lorna Shore — La démesure maîtrisée»
PAULINE
Journaliste
Deathcore
05/02/2026
148 vues

Jeudi 5 février 2026 – Zénith Paris La Villette

Il est encore tôt lorsque les premiers fans franchissent les portes du Zénith.
Un changement d’horaire de dernière minute a avancé le début des hostilités, et la salle est loin d’être pleine.
L’ambiance est curieuse : pas encore électrique, presque contemplative. Comme si le public savait qu’il allait vivre quelque chose d’intense… mais gardait encore son énergie en réserve.

La soirée s’annonce longue — et lourde.

Humanity’s Last Breath — L’écrasement méthodique

Plongée immédiate dans l’obscurité. Humanity’s Last Breath installe une atmosphère dense, suffocante. Les lumières sont minimalistes, beaucoup de contre-jours, silhouettes découpées dans un brouillard épais — une esthétique devenue familière dans le metal moderne, mais ici parfaitement maîtrisée.
Le son est colossal.
Les infra-basses font vibrer le sol du Zénith, au point que certaines textures mélodiques se retrouvent presque englouties sous la masse sonore.
La fosse, encore clairsemée, observe.
Quelques jumps, un début de mouvement. La machine est lancée.
Je ne connais que très peu l'oeuvre de ce groupe mais je reconnais l'une des intro portée par un chant choral féminin samplé, aux sonorités traditionnelles bulgares , contrastant parfaitement avec la violence du mur sonore. Étrangement, ça fonctionne à merveille.
Le dernier morceau se termine dans une tension lourde, presque cérémonielle.

Set List :

1.Väldet

2.Abyssal Mouth

3.Godhood

4.Tide

5.Labyrinthian

6.Bellua Pt. 1

7.Instill

Shadow of Intent — La déferlante orchestrale

Changement d’ambiance dès l’arrivée de Shadow of Intent, accueilli par une vraie clameur. Là où Humanity’s Last Breath écrasait, Shadow of Intent submerge.
Double pédale frénétique, nappes de piano, envolées de violon synthétique : leur deathcore symphonique prend une ampleur cinématographique.
Les lights suivent la cadence infernale de la batterie, clignotant à une vitesse presque épuisante.
Par moments, on distingue à peine les musiciens — hypnotique pour certains, trop agressif visuellement pour d’autres.
Le chanteur, lui, sait exactement comment réveiller la fosse.
« France is my favourite country to play for — I know you guys love to have fun! » lance-t-il avant d’appeler les premiers crowd surfers… dès le deuxième morceau.
Le son, étonnamment équilibré, permet de distinguer chaque strate musicale malgré la densité. Le quatrième morceau "Vehement Draconian Vengeance" est une véritable claque : envolée symphonique, guitare quasi virtuose, voix implacable. Puis vient le premier wall of death de la soirée. Le calme du début de concert semble déjà loin.

Set list :

1.They Murdered Sleep

2.Flying the Black Flag

3.Mechanical Chaos

4.Vehement Draconian Vengeance

5.Infinity of Horrors

6.Feeding the Meatgrinder

7.The Heretic Prevails

Whitechapel — Le réveil de la fosse

Whitechapel marque un tournant. Le groupe ouvre avec « Prisoner 666 » sous les chants des fans.
Le son gagne encore en clarté, chaque instrument trouve sa place, et la salle commence sérieusement à s’agiter.
L’intro, portée par les sonorités symphoniques typique du groupe Américain, installe une tension dramatique. Les lumières, un peu moins frénétiques que précédemment, laissent enfin le temps d’apprécier la scénographie. Des barres lumineuses pulsent comme des vu-mètres géants au rythme de la batterie, dynamisant une scène où les musiciens restent plutôt statiques — contraste saisissant avec une fosse désormais bien réveillée.
Moment visuel fort : Phil Bozeman réapparaît masqué, dans une esthétique païenne rappelant l’artwork de "Hymns In Dissonance". L’effet est immédiat, presque rituel.
Un set intense bien qu’un peu court à mon goût et dénué de tout chant clair, une volonté clairement assumée de la part du groupe qui souhaite un retour aux sources ce qui ne fait pas tâche dans une tournée 100 % Deathcore.

Set List :

1.Prisoner 666

2.Hymns in Dissonance

3.A Visceral Retch

4.Bedlam

Ex Infernis

5.Hate Cult Ritual

6.The Somatic Defilement

7.Devirgination Studies

8.Prostatic Fluid Asphyxiation

9.This Is Exile

Le temps d’écouter "Total Eclipse of the Heart", de Bonnie Tyler, de relâcher la pression,pendant quelques minutes, de reprendre son souffle et c’est déjà l’heure de la tête d’affiche.
Quand le rideau tombe entre les sets sous les « woaaa » du public, la transformation est flagrante : la salle est prête à recevoir la claque qui arrive

Lorna Shore — La démesure maîtrisée

L’intro se fait rideau fermé.
Les jeux de lumière projettent l’image d’une nuit en forêt avec des jeux d’ombre de branche sur un gigantesque dessin de lune . Puis tout s’ouvre.
La scénographie est somptueuse. Écrans géants sur toute la largeur, visuels naturels, mers déchaînées, ciels nocturnes.
La batterie trône en hauteur, encadrée par un dispositif vidéo qui donne une profondeur monumentale à la scène. La pyro surgit par touches précises, jamais gratuite.
Dès “Oblivion”, le ton est donné : son massif mais parfaitement équilibré. Les basses restent puissantes sans noyer les orchestrations, les guitares mélodiques percent avec clarté, et la voix de Will Ramos survole le tout avec une aisance presque irréelle. Un solo est mis en lumière par une poursuite qui plonge le reste de la salle dans le noir total — effet saisissant.
Sur “Unbreakable”, les premiers gros mouvements de foule éclatent. Les crowd surfers apparaissent, Ramos sourit, lâche même un « putain ! » en français, visiblement aussi amusé que la salle.
Les tableaux visuels se succèdent : fond rouge sang et pyro au plafond, séquences immersives où un personnage armé apparaît à l’écran dans une mise en scène presque cinématographique, passages atmosphériques éclairés uniquement par une poursuite sur Ramos pendant que les lumières explosent à chaque coup de batterie.
“Sun//Eater” déclenche un chaos contrôlé ( sous les blague de Will Ramos qui ne manque pas de rappeler son mot français préféré je cite «  défenestrez vous ») .

“Glenwood” offre un moment suspendu, images de nature à l’écran, paroles qui défilent à l’image, une fosse en communion qui se sépare lentement pour un wall of death massif et le bien connu « take me home » scandé avec puissance par l’assistance .
Tout est parfaitement coordonné .

Sur un des nombreux solos de guitare proposé ce soir , tout le Zénith agite les mains de gauche à droite — image simple, mais incroyablement belle.
Ramos prend aussi le temps de remercier la sécurité, puis… redemande plus de crowd surfers.


Le groupe clôture avec la trilogie “Pain Remains I, II & III”, présentée comme une seule pièce. Quinze minutes d’émotion pure, entre violence et mélancolie, qui transforment la salle en cathédrale sonore. Les téléphones se lèvent, les visages se ferment, beaucoup chantent les yeux fermés.
Après un dernier remerciement, Ramos demande un ultime wall of death… en français. Puis invite le public à allumer les flashs. La salle se transforme en ciel étoilé.
Le groupe quitte la scène. Ovation.
Rappel évident : “To The Hellfire”. Le Zénith explose une dernière fois.


Tout n’a pas été immédiatement chaotique ce soir-là. La foule a mis du temps à s’embraser, restant souvent spectatrice.
Mais Lorna Shore a su transformer cette retenue en montée progressive vers une véritable déferlante finale.
Scénographie magistrale, son puissant et précis, performance vocale hors normes : le groupe confirme qu’il ne joue plus seulement des concerts extrêmes — il construit des expériences immersives.
Et au Zénith, ce jeudi soir, l’enfer avait quelque chose de grandiose.

Set List :

1.Oblivion

2.Unbreakable

3.War Machine

4.Sun//Eater
(with Nick Chance)

5.Cursed to Die

6.In Darkness

7.Glenwood

8.Prison of Flesh

9.Pain Remains I: Dancing Like Flames

10.Pain Remains II: After All I’ve Done, I’ll Disappear

11.Pain Remains III: In a Sea of Fire


Rappel:
To the Hellfire