Live Report@Watain, Rotting Christ, Profanatica | CC John Lennon, Limoges
Anibal BERITH
Journaliste

«LE concert à ne pas rater de cette fin d'année ! Profanatica intéressant ! Rotting Christ époustouflant ! Watain magistral !»

Créé 16/11/2018
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Pour sa tournée européenne débutée à Copenhague le 2 novembre dernier, le quintet suédois Watain s'est entouré des américains Profanatica et des grecs Rotting Christ dont le 13ème album "The Heretics" est attendu pour le 15 février prochain via Season Of Mist !
Défendant toujours "Trident Wolf Eclipse" paru en début d'année via Century Media, Watain et ses invités nous accueillent au Centre Culturel John Lennon de Limoges avant de rejoindre la capitale.
Première venue dans cette salle, autant dire que je suis bluffé par la qualité de cette dernière ! Très spacieuse, la salle offre différents points de vue sur la scène car la fosse est surplombée d'un demi-niveau en arc de cercle et d'un étage. La scène est suffisamment surélevée pour que le public puisse apprécier la vue sans être gêné par les grands.
Ce n'est pas sold out ce soir mais le public est tout de même venu en masse soutenir ses protégés car vu la qualité de l'affiche, il y en a pour tous les goûts !

Débutant à 20h précises, la soirée démarre avec le trio américain Profanatica que je vois pour la première fois. Vêtus de toges à capuche rappelant celles des templiers et maquillés de rouge et de blanc, le trio en impose par sa posture ! Défendant son Ep "Altar of the Virgin Whore" fraîchement sortie (le 2 novembre) via
Hells Headbangers Records, les américains distillent un black metal old school et radical avec la particularité d'avoir le batteur pour frontman. Leur univers est particulier et ne fait place à aucune espèce de ligne mélodique ou de variété musicale ! C'est 30 minutes de set envoyés sans concession, sans aucun artifice. Très peu de mouvement, les musiciens envoient la purée avec justesse, sans âme....ambiance glaciale qui reflète parfaitement l'univers du groupe.
Le public reste assez figé au déferlement de violence qui toutefois semble laisser de marbre puisque même pour un adepte du genre (que je suis), le rendu reste assez binaire et monotone genre "ah? on a changé de titre?....". Pas très convaincant, place à la suite et quelle suite !







Il est tout juste 21h lorsque le quartet grec prend place sur la scène ! Le public est très impatient et accueille le groupe avec un enthousiasme certain ! Line-up inchangé, setlist millimétrée que l'on connaît par coeur, ça n'empêche pas d'apprécier la prestation d'autant que le groupe est particulièrement communicatif, Sakis n'hésitant pas à jouer avec le public tout au long du set, set composé des titres les plus percutants empruntés aux albums "Κατά τον δαίμονα εαυτού" et "Rituals" en attendant de découvir le prochai méfait et de les revoir sur scène dans les prochains mois !



Le jeu du quartet est énergique, martial, bassiste et guitariste headbanguant en rythme de chaque côté de la scène tel un rituel bien orchestré, Sakis comme chef. Le rendu est époustouflant d'autant que le batteur est surélevé offrant au public un visuel puissant.



Le son est à tomber à la renverse, pas de fausses notes, le jeu est précis et le rendu parfait quelque soit le positionnement dans la salle. Le public reste assez statique sauf lorsque le frontman l'incite à se bouger si bien que la fin de la setlist est gratifiée de quelques circle pit bienvenus surtout vu l'énergie dégagée du groupe ! Une des meilleures prestation du groupe à laquelle j'ai pu assister, autant dire que tout le monde est en forme pour accueillir la tête d'affiche !





On ne présente plus le quintet suédois qui a écumé toutes les scènes européennes cette année et plus particulièrement cet été en participant à tous les festivals du genre Hellfest y compris, avec une prestation plus que magistrale !
Même décorum (tridents, crânes, bougies, feu), même maquillage bien dégueulasse avec des touches rouge sanguinolent, les musiciens se positionnent efficacement sur scène, le frontman exécutant son traditionnel rituel, torche enflammée à bout de bras, gestes incantatoires et jeu sournois avec le public en approchant sa torche du premier rang.



C'est avec "Storm of the Antichrist" que Watain débute son set d'une heure; le public est déjà conquis, les protagonistes sont particulièrement en forme et communicatifs ! Tout se déchaîne avec le titre suivant "Nuclear Alchemy", chanson introductive de l'album actuel "Trident Wolf Eclipse" qui pose les jalons d'une prestation agressive et violente !
Les musiciens font peur, leur maquillage et leur prestance y sont pour beaucoup ! Quelle énergie et quel charisme, la palme étant donné au lead guitare dont le physique et la gueules impressionnent...Satan l'habite !





Erik Danielsson fidèle à lui-même offre le maximum, headbangue en permanence, délivre ses textes blasphématoires sans concession accompagné du reste du line-up tout autant déjanté !
Tout comme les précédents sets, le son est parfait, on perçoit tous les instruments (même la basse) et ce de façon équilibrée participant efficacement à l'imagerie du groupe qui se veut radicale et sans concessions.
Avis aux amateurs de sang et de faciales, précipitez vous sur le devant de la scène pour vous faire maculer de rouge, vous ne serez pas déçus !



Le combo interprète son set à la perfection passant sur l'intégralité de sa discographie sans se cantonner au dernier album pour lequel seulement deux titres sont joués.
Malgré le calme relatif du public et c'est souvent le cas en black metal, l'atmosphère n'en était pas moins malsaine et énergique ! Les suédois ont donné au fans ce qu'ils attendaient: blasphèmes, sang, violence, incantations et rituels...qu'une seule envie, c'est quand la prochaine date !

Merci aux organisateurs Execution Management et Garmonbozia pour cette belle date, aux artistes pour leur prestation de qualité, aux techniciens son pour leur incroyable travail et au public qui a su se montrer respectueux de cet univers si spécial que véhicule le black metal.


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