Menu principal
Accueil(current) News Live Reports Interviews The Wall Chroniques Groupes Concerts

Live Report Wardruna, Dayazell - Paris - La Cigale

«Un voyage un millénaire en arrière, une puissance phénoménale, un public émerveillé»
ANIBAL BERITH
Journaliste
Folk/Ambient
14/10/2017
10126 vues
C'est avec grand intérêt que je viens assister ce soir au phénomène Wardruna, ce projet musical créé en 2003 par Einar Selvik (Kvitrafn), Kristian Espedal (Gaahl), et Lindy Fay Hella dont le but est de se replonger historiquement 900 ans en arrière en s'intéressant à la culture viking par la musique. L'objectif du groupe n'est pas de faire de l'authentique mais de faire quelque chose de nouveau avec de l'ancien plutôt que d'essayer de copier le passé, tout en y mettant tout leur coeur.

Le groupe norvégien originaire de Bergen occupe la tête d'affiche ce soir à La Cigale à Paris pour une date française unique avec comme première partie le groupe français originaire de Toulouse, Dayazell, qui propose une musique métissée et qui revisite de façon contemporaine les répertoires anciens et traditionnels du monde.

C'est devant une salle comble, que le quartet français à l'honneur et la lourde tâche d'ouvrir le bal devant un public venu essentiellement voir les norvégiens.
Il est 19h45, lorsque, Isao Bredel (nyckelharpa, chant), Guilhem Puech (darbouka, tar, tambour), Yann Righetti (cistre, oud) et Yann Voegel (flûtes à bec, chalumeau, ney, chant) prennent place sur la scène de La Cigale sur un fond de couleur bleutée.
Même si nous ne sommes pas dans le même registre que les norvégiens, la musique des français en a l'essence.
Occupant l'intégralité de la scène avec des instruments atypiques, le quartet nous emporte dès les premières notes dans leur univers au métissage évident. C'est la frontwoman, postée à gauche de la scène, qui donne le change et met en avant le groupe par son chant doux et gracieux. Délivrant une musique d'ambiance invitant au voyage, les musiciens optent pour une posture statique, le spectacle s'appréciant plus dans la musique et les effets de lumières que dans la gestuelle.
C'est par un set de 3/4 d'heure que les toulousains vont tâcher de convaincre un public calme et à l'écoute; bien que le combo n'a pas la puissance de Wardruna, il fait le job et a l'acclamation du public, bien que ce dernier s'impatiente de la venue imminente d'Einar Selvik à la longue barbe tressée et Lindy Fay Hella accompagnés de leur quatre musiciens.

PHOTO DAYAZELLE

Une vingtaine de minutes de patience au cours desquelles le public se déplace peu, de peur de se faire subtiliser sa place chèrement gagnée à l'arrivée! En effet, La Cigale est au complet ce soir et c'est sous un tonnerre d'applaudissement que Wardruna est accueilli à l'extinction des lumières de la salle.

Nous sommes dans le noir, seuls quelques éclairages blancs surplombent la scène mettant en valeur le frontman et leader du groupe, Einar Selvik, et Eilif Gundersen (musicien live du combo) tenant à bout de bras une sorte de trompette ancestrale, les deux hommes ouvrant leur set avec honneur en interprétant "Tyr", le premier titre de "Runaljod - Ragnarok" paru l'an passé et laissant entendre une prestation de qualité.
Le reste des membres plongé dans l'obscurité sort du noir, Eilif rejoindra ses acolytes au fond de la scène devant le grand drappé lumineux conférant quelque chose de mystique au sextet; Lindy Fay Hella rejoignant Einar sur sa droite, les norvégiens étant maintenant prêts à délivrer leur art sur près d'une heure et demie.
Vêtus d'habits traditionnels et arborant des instruments d'époques fabriqués spécialement pour retracer l'univers musical de leurs ancêtres vikings, c'est avec puissance et précision que Wardruna nous emmène dans leur culture ancestrale.
Le public est fasciné, personne ne bouge, personne ne parle, les gens sont là pour apprécier et se fondre dans cet univers passionnant et envoûtant.
Peu de discours, une courte pause entre chaque chanson acclammée de façon exponentielle au fur et à mesure de l'avancée de la setlist, la première moitié du set étant consacrée à "Runaljod - Ragnarok" et la seconde passant en revue les titres phares de "Runaljod - gap var Ginnunga" et "Runaljod - Yggdrasil".
Bien que ce soit assez statique, le change entre les deux chanteurs se fait à merveille, Lindy ne cessant de danser tout au long de la prestation. On ressent une grande complicité entre les deux leaders et la communion avec le public est totale.
Einar donne un court discours de remerciement avant d'interpréter le dernier titre de la soirée "Helvegen" en compagnie du groupe avant de nous offrir un bonus en solo avec la chanson "Snake Pit Poetry".

C'est sous un tonnerre d'applaudissement, une ovation générale du public, debout, que Wardruna nous quitte en nous saluant avec respect et émotion tel un final d'une pièce de théâtre dans une salle datant de 1887....une soirée chargée d'histoire et d'émotion.

PHOTO WARDRUNA

Merci à Garmonbozia pour cette date magnifique et unique en France, merci aux artistes de nous avoir délivré un si beau spectacle et merci au public d'être venu nombreux permettant de faire perdurer ce type d'événement.

Anibal Berith