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Live Report@Profanatica [USA] // Demonomancy [Italie] + Vomi Noir [Tlse]

«Profanatica se déplace en France et sème la terreur aux Pavillons Sauvages ! C'était à ne pas louper !»
ANIBAL BERITH
Journaliste
Raw Black Metal
13/11/2019
2298 vues
Après une semaine déjà très chargée en concerts dans la ville rose, voilà que la mi-novembre approche avec son lot de concerts qui ne désemplit pas !
Mauvais temps de rigueur, froid et pluie qui s'abattent sur la capitale de l'Occitanie, un temps idéal pour aller en salle pour écouter du bon black metal old school et minimaliste dans un lieu qui s'y prête.

C'est dans le quartier des Minimes, en périphérie toulousaine, aux Pavillons Sauvages que les hostilités prennent place.
La date est passée presque inaperçue et heureusement les réseaux sociaux et le bouche à oreille ont réussi à mobiliser bien plus de personnes que les prévisions annonçaient !
Très peu de monde à l'ouverture des portes à 20h, une seule personne buvant sa bière…Alex Cox le bassiste de Profanatica avec qui nous avons pu échanger quelques mots avant le show.

Rapidement, le monde s'est densifié aux portes du local des Pavillons faisant office d'habitation, de bar et de salle de concert.
Optant pour un principe communautaire, pas de prix fixe à l'entrée, juste une contribution libre du public permettant à l'organisation de payer le cachet des groupes, subvenir aux besoins financiers de l'association et proposer de nouvelles dates !

Trois groupes ce soir, du grindcore avec les toulousains Vomi Noir jouant à domicile, les italiens Demonomancy accompagnant les américains Profanatica dans leur tournée européenne.

Il est 21h lorsque Vomi Noir prend place sur la modeste scène des Pavillons Sauvages.
C'est sur un sol bétonné surplombé d'une estrade correcte que le trio toulousain délivre ses compositions d'une moyenne d'une minute, c'est dire si la setlist est dense !
Peu de pause, 30 minutes de set joués à toute vitesse. Le trio en harmonie au rythme des blast beats imposés par le batteur, Laurent, arborant un t shirt à l'effigie de la première Démo/Ep parue en 2016 et dont la cover est l'oeuvre du guitariste/frontman Pierre assurant également les compositions du groupe. Peu de communication avec le public entre les titres, ce qui n'enlève rien à la sympathie du groupe aux racines death old school, et au plaisir palpable qu'ils ont à jouer ensemble.
De plus, l'ambiance dans le pit est au diapason. Timide au démarrage, l'amélioration du son au cours du set contribue à dérider le public massivement blackeux et profiter de la musique rapide des toulousains pour s'amuser et faire de ce début de soirée une jolie fête.



Une courte pause s'impose avant d'accueillir les italiens de Demonomancy. C'est en tenue de circonstance que le trio est venu défendre son dernier, et second opus, « Poisoned Atonement » paru en 2018.
Vêtus de cuir et maquillés de noir autour des yeux, bassiste et guitariste sont dos à la scène face au batteur équipé d'un micro suspendu à la bouche afin d'assurer les back voices.
Délivrant un black old school bien fichu, les italiens statiques derrière leurs instruments sont parfaitement dans le ton de la soirée. Les riffs sont old school et le tempo varié alternant mid tempo et blast beats modérés. Le chant black aux relents death est amplifié par la réverb du micro accentuant ainsi la noirceur de l'ambiance. Le rouge dégoulinant des lights confère un univers diabolique et prépare à la tête d'affiche de la soirée Profanatica.



Encore en tenue décontractée tout juste avant sa prestation, le trio américain, emmené par Paul Ledney, membre fondateur du groupe, assure une partie du merch et en profite pour échanger quelques mots avec les fans.
Une grande partie du public, très connaisseur, s'est spécialement déplacé pour assister à ce show, ayant la chance que cette tournée passe par Toulouse.
Distillant un black metal radical et dévastateur, c'est en tenue de moines sataniques et corpse paint que Profanatica assure la promotion de son dernier méfait « Rotting Incarnation of God » paru courant octobre (2019).
Alex Cox (le bassiste) et Adam Besserer (le guitariste) en position dominante devant Paul derrière les fûts et au chant, donnent une impression de suprématie ! Visages figés, on est loin de la sympathie qu'ils dégagent naturellement ; les artistes sont absorbés par leur personnage scénique et collent parfaitement à leur univers musical qui se veut blasphématoire et anti-religieux.
Le son est équilibré, les riffs millimétrés, le tempo linéaire et répétitif, l'ambiance musicale du trio est martiale et envoûtante délivrant un aspect malsain magnifié par l'attitude inexpressive des protagonistes.
¾ d'heure de show s'arrêtant brutalement sur ‘I Arose' ; Paul, Alex et Adam quittant la scène sans un mot restant aussi glacials que tout au long du set.



Merci à l'association Les Enfants Sauvages pour cette date improbable et au combien fédératrice pour les passionnés du genre !