Live Report PAIN + ENSIFERUM + ELEINE + RYUJIN @ La Machine du Moulin Rouge le 15/10/2023
« L'association Pain x Ensiferum pouvait étonner alors que ces deux groupes n'ont pas d'actualité musicale, mais le public a indéniablement été conquis de les retrouver sur scène en pleine forme ! »
Enora Journaliste
Electronic/Industrial Metal/Rock
15/10/2023
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Malgré une très belle affiche de rugby, la Machine du Moulin Rouge est presque entièrement remplie ce soir pour un concert organisé par Gamonbozia Inc. et Heart of Music, qui rassemble Pain (Industrial Metal, Suède) et Ensiferum (Folk Metal, Finlande), une association qui peut étonner il faut bien l’admettre, accompagnés d’Eleine (Symphonic Metal, Suède) et de Ryujin (Folk Metal, Japon).
RYUJIN
Ryujin, anciennement Gyze, ouvre les hostilités à l’heure et devant une salle déjà bien remplie et surtout visiblement motivée avec ‘Asian Chaos’ de l’album du même nom (2019). Si vous aviez assisté aux précédents passages de Gyze par la France, vous connaissez déjà la formation composée de Ryoji (guitare, chant) et Shuji Shinomoto (batterie), d’Aruta Watanabe (basse) et de Shinkai (guitare). Bien que relativement statique, la fosse semble apprécier la mélodie entraînante de ‘Samurai Metal’ ; soulignons toutefois que la très courte setlist de ce soir propose des morceaux très accessibles, voire stéréotypés, qui ne rendent pas justice à la discographie du groupe japonais.
Au regard de la rapidité des riffs et de la rythmique, le résultat global est plutôt propre. Les musiciens assurent leur rôle de chauffeurs de salle et amusent le public en agitant la tête. Entre les chansons, le frontman essaie de communiquer à coup de « Arigatô! » et « I want to hear your voice! ». Le public joue le jeu mais la batterie écrase tous les autres instruments sur ‘Dragon Calling’. Petit point de déception : le décor est composé en tout et pour tout d’un écran derrière le groupe ou est affiché leur nom avec deux dragons et un masque de démon japonais. Si les samples sonnent bien, le scream disparaît totalement sur ‘Raijin & Fujin’, ce qui n’empêche pas les fans d’applaudir chaleureusement cette performance.
Setlist de Ryujin :
1. Asian Chaos
2. Samurai Metal
3. Dragon Calling
4. Raijin & Fujin
ELEINE
Après un changement de set rondement mené, il est temps de passer du Japon à la Suède pour découvrir Eleine, un groupe formé en 2014 et qui compte déjà quatre albums. Tout s’éteint brusquement et les musiciens d’Eleine font leur entrée (toujours devant cet écran si peu esthétique) avant de se lancer dans ‘Enemies’. Madeleine Liljestam, la chanteuse, essaie de motiver le public en dansant au centre de la scène. La tendance qu’on pouvait pressentir se confirme avec ‘Never Forget’ et un show très chorégraphié avec des mouvements d’ensemble pour lesquels les musiciens s’alignent pour headbanguer dans le même sens. Si le son était correct pour Ryojin, on perd pas mal en qualité suivant les titres d’Eleine.
Rikard Ekberg (guitare, growl), Victor Jonasson (guitare) et Filip Stalberg (basse) affichent de grands sourires et jouent entre eux pour créer de l’animation sur scène. Madeleine Lijestam prend la parole avant ‘We Are Legion’ pour declarer : « Salut Paris, ça va ? Okay, that’s all the French I know but thank you for being here! We’re Eleine, we’re from Sweden and we’re so happy to be here! We just released a new album, do you want to hear some of it? This next song is our gift to you, our fans, because we wouldn’t be here today without you. » Si on l’entend clairement entre les morceaux, on la perd en revanche totalement lorsqu’elle chante puisqu’elle articule peu et est cachée par le son des samples et de la rythmique. ‘Blood in their Eyes’, ‘Ava of Death’, ‘We Shall Remain’ s’enchaînent et se ressemblent tous un peu mais l’énergie déployée a de quoi conquérir le public parisien qui répond présent !
Setlist d’Eleine :
1. Enemies
2. Never Forget
3. We Are Legion
4. War Das Alles
5. Blood in their Eyes
¬6. Ava of Death
7. We Shall Remain
8. Death Incarnate
ENSIFERUM
Dès l’arrivée d’Ensiferum sur scène, les fans se déchaînent (ce qu’on sentait un peu venir rien qu’avec le nombre de t-shirts du groupe qu’on a pu voir dans la salle depuis le début de la soirée !). En commençant avec ‘Andromeda’ et surtout ‘In My Sword I Trust’, le groupe finlandais se met la Machine du Moulin Rouge dans la poche, malgré un espace scénique encombré et pas optimisé. Le son est bien meilleur que pour Eleine ce qui permet également de mieux profiter des titres bien connus des Finlandais. Petri Lindroos (guitare, scream) tient son rôle avec le stoïcisme qu’on lui connaît, laissant le rôle d’amuseur à Sami Hinkka (basse, chant) qui le prend à bras le corps pour retrouver ce public français qu’il connait si bien ! Avec ‘Run from the Crushing Tide’, ceux qui ne le connaissaient pas peuvent découvrir le timbre de Pekka Montin (clavier, chant) et ses aigus terrifiants de hauteurs.
C’est un sans faute jusque-là mais Ensiferum a préparé une setlist qui a l’efficacité d’un show fédérateur de festival mais qui dissimule mal le fait qu’ils n’ont rien sorti depuis « Thalassic » (2020). Heureusement qu’en fin de concert, le frontman nous annoncera qu’ils foncent en studio dès que cette tournée est finie et qu’un nouvel album devrait voir le jour l’année prochaine ! Cependant, même sans nouvel album le public de ce soir fait un triomphe au groupe et agite la fosse de pogo et de slam. En introduction de ‘Lai Lai Hei’, une chanson toujours aussi attendue, Sami Hinkka invite ses « frères et sœurs du Metal » à chanter « assez fort pour que les fans de rugby dans le bar à côté » les entendent. C’est dans la joyeuse ambiance disco de ‘Two of Spades’ que s’achève cette performance généreuse.
Setlist d’Ensiferum :
1. Andromeda
2. In My Sword I Trust
3. Run from the Crushing Tide
4. Twillight Tavern
5. For Sirens
6. Heather Horde
7. One Man Army
8. Lai Lai Hei
9. Two of Spades
PAIN
Même si on sait souvent à quoi s’attendre avec Pain, il faut bien admettre que cela faisait un long moment qu’on ne les avait pas vus sur nos scènes parisiennes et le retour de déçoit pas avec un set qui démarre au quart de tour avec ‘Let Me Out’, ‘End of the Line’ puis ‘Nailed to the Ground’. Un peu comme avec Ensiferum, le groupe n’a pas de nouveauté à partager avec nous mais c’est assumé (en témoigne les quelques commentaires de Peter Tägtgren) et ça reste un plaisir de les voir sur scène ; d’autant que le décor a enfin légèrement changé. Pain continue de dérouler les morceaux, passant ainsi par toute sa discographie, de « Cynic Paradise » (2008) à « Dancing with the Dead » (2005) en passant par « Coming Home » (2016) et « Rebirth » (1999), pour le plus grand plaisir du public qui ne s’épargne aucune peine et fait honneur à la formation suédoise !
Comme fréquemment, la qualité sonore n’a fait que s’améliorer au fil de la soirée et Pain bénéficie donc d’un son impeccable où on ne perd ni la voix du frontman, ni la guitare de Sebastian Svalland, ni la basse de Jonathan Olson, ni les samples qui contribuent grandement à leur univers Indus. Le rythme martial se poursuit avec, glissé entre ‘Coming Home’ et ‘Same Old Song’ (que la fosse a repris à pleins poumons), une version acoustique de ‘Have A Drink On Me’. Le charisme de Peter Tägtgren, fièrement campé au milieu de la scène, n’est plus à prouver, tout comme l’efficacité des compositions qui voient les fans s’amuser et se laisser aller. L’ambiance lumineuse vient habiller les chansons de bleu, de violet et de rouge, leur offrant aussi des moments dans l’ombre assez appréciables. Après une cover des Rolling Stones, le groupe sort brièvement de scène avant de revenir pour ‘Party in my Head’, ‘I’m going out’ et l’obligatoire ‘Shut your Mouth’ qui achèvent, s’il le fallait, de convaincre le public !
Setlist de Pain :
1. Let Me Out
2. End of the Line
3. Nailed to the Ground
4. The Great Pretender
5. Call Me
6. Walking on Glass
7. Revolution
8. Zombie Slam
9. Suicide Machine
10. Monkey Business
11. Coming Home
12. Have a Drink on Me
13. Same Old Song
14. It's Only Them
15. Bye/Die
16. Gimme Shelter (The Rolling Stones cover)
17. Party in My Head
18. I'm Going In
19. Shut Your Mouth
Ending song - My Way
C’est donc une nouvelle soirée pleine de rebondissements (pas comparables à ceux que vivrons nos cœurs devant le replay du match de rugby du jour mais tout de même !) signée Garmonbozia Inc. ! Malgré un son inégal, Ryujin et Eleine ont tout fait pour aller à la rencontre de leur public et le préparer à la deuxième partie du programme, et Ensiferum et Pain, même sans actualité musicale récente, n’ont plus eu qu’à le cueillir pour l’emporter respectivement sur les terres du Folk et sur celles de l’Industrial. Le mélange que proposait l’affiche pouvait étonner, mais le résultat a indéniablement convaincu.
L'association Pain x Ensiferum pouvait étonner alors que ces deux groupes n'ont pas d'actualité musicale, mais le public a indéniablement été conquis de les retrouver sur scène en pleine forme !