Live-report HALESTORM @ Salle Pleyel, le 13/11/2019 !
Peetoff
Journaliste

«Halestorm a signé un show énergique, lumineux et impeccable où le charisme de Lzzy Hale a brillé, tout comme le bonheur que les musiciens ont à jouer ensemble !»

Créé 13/11/2019
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Report : Enora Nattfödd
Photo : Peetoff

C'est une grande soirée que Base Productions et Distortion Concerts ont préparé au public parisien, rassemblé à la Salle Pleyel en ce mercredi 13 novembre pour un concert placé sous le signe de la puissance des femmes sur la scène Rock/Metal ! Ainsi, New Years Day, In This Moment et Halestorm, respectivement menés par Ashley Costello, Maria Brink et Lzzy Hale, vont se produire au cours d'un show qui s'annonce impressionnant visuellement et vocalement pour ces groups portés par des personnalités aussi fortes. Le premier groupe vient défendre l'album « Unbreakable », sorti en 2019 (via Century Media Records), le second a un album en cours de réalisation mais s'appuie sur le récent « Ritual » (2017, via Atlantic Records), et la tête d'affiche continue de promouvoir son dernier album en date, « Vicious », paru en 2018 (via Atlantic Records).

A peine arrivés sur scène, les musiciens de New Years Day ont compris leur mission à la perfection : chauffer le public en restant dans le ton. Dès les premiers morceaux, la performance est techniquement propre et visuellement très agréable, bien qu'on puisse regretter que les places assises occupent autant d'espace, ce qui ne permet pas forcément de créer cette ambiance de concert Rock qu'on aime tant, mais on s'en accommodera tant la Salle Pleyel est belle ! Ashley Costello prend à coeur son rôle de frontwoman et n'hésite pas à communiquer avec le public parisien : « Très bien Paris, étant donné que nous sommes le groupe d'ouverture pour In This Moment et Halestorm, c'est mon travail de faire que cette fosse se déchaîne ! Levez les bras, je veux savoir que vous êtes ici ! Je veux vous voir et savoir qui vous êtes ! »

La chanteuse sait se rendre sympathique et engager un bon contact avec le public qui ne se fait pas prier pour applaudir chaudement. Elle n'hésite d'ailleurs pas à parcourir la scène à grandes enjambées alors que les musiciens, plutôt au second rang, font tout pour l'accompagner. Les deux guitaristes, Nikki Misery et Jeremy Valentyne, se rapprochent d'elle et motivent la fosse. Ashley Costello reprend : « Faîtes du bruit pour nos frères et nos soeurs d'In This Moment ! Faîtes du bruit pour nos frères et nos soeurs de Halestorm ! C'est déjà notre dernière chanson, nous vous aimons Paris ! C'était incroyable d'être ici avec vous ce soir ! ». Après (‘Unbreakable' ?), elle remercie une nouvelle fois le public, qui fait honneur à la performance du premier groupe de la soirée, puis les musiciens sortent de scène en triomphe.

Setlist de New Years Day :
1. Come for Me
2. Kill or Be Killed
3. Fucking Hostile (Pantera cover)
4. Shut Up
5. Skeletons
6. Defame Me

Les lumières s'éteignent et la chanson ‘Don't Stop Believin' (Small Town Girl)' de Journey s'élève, mais rien ne se passe malgré les acclamations qui montent du public. Finalement la musique se coupe et le show commence réellement avec des bruits de forêt par une nuit d'orage. La tension croît jusqu'à ce que le rideau qui cache la scène tombe, révélant la chanteuse, Maria Brink, et ses deux danseuses. Au centre de la scène, vêtue de blanc, elles ressemblent à trois vestales, errant dans les enfers puisque les musiciens du groupe ont le visage couvert d'un masque. L'ambiance est immédiatement au rendez-vous et le sabbat, dans un show très à l'américaine, peut commencer avec la cover ‘Fly Like an Eagle'. La voix est immédiatement en place et le côté solennel et hypnotique agit sur le public de la Salle Pleyel. Au terme de la chanson, la vierge révèle son visage et ‘River of Fire' débute. Si le côté très chorégraphié du set peut déplaire à certains, le moins qu'on puisse dire c'est que l'aspect purement scénique est plus que réussi ! La frontwoman n'en oublie d'ailleurs pas son rôle et invite le public parisien à taper des mains en rythme alors qu'elle parcourt la scène. Elle communique assez peu avec le public, à l'exception de quelques : « Je veux vous entendre Paris, qui est avec nous ce soir ? », et laisse la priorité au spectacle.

Alors que les deux danseuses bénissent le public, le riff de ‘Natural Born Sinner' commence à se faire entendre. Les musiciens font corps pour inviter les fans à s'investir encore davantage en criant et agitant la tête. Le batteur, Kent Diimmel, est complètement dans son rôle, affichant un sourire mi-bestial, mi-fou. Il suffit que la prêtresse demande à la fosse de brandir le poing pour que tout le monde s'exécute avec ferveur. Entre chaque titre, Maria Brink disparaît dans la petite tente qui occupe l'arrière de la scène pour changer de costume, et les musiciens retournent en coulisses. Les danseuses reviennent, le visage couvert d'un masque de loup alors que des cloches retentissent dans le lointain, accompagnées de hurlement pour ‘Big Bad Wolf'. « Paris, est-ce que vous êtes prêts ? » hurle la chanteuse depuis sa tente avant de faire son entrée. Chris Howorth, Travis Johnson et Randy Weitzel sont pris en chasse pas les trois louves que rien n'arrêtent ! A la fin de la chanson, les musiciens s'amusent à faire hurler le public, encore et encore, avant que des lumières rouges évoquant un brasier ne s'allument au centre de la scène et que le groupe ne fasse monter la pression avant ‘Blood'!

Après cette chanson, un pupitre orné du terme « Whore » écrit en grosses lettres rouges est apporté sur scène et il n'y a plus guère de mystère quand à la chanson qui va conclure ce show alors que le discours « I have a dream » de Martin Luther King se fait entendre dans le lointain. « Laide… Sans valeur… Vulgaire… Sale petite pute. » commence à déclamer Maria Brink avant de poursuivre ainsi : « Voyez-vous, mesdames et messieurs, c'est ainsi que j'étais appelée lorsque j'étais une petite fille. J'étais traitée comme de la merde, comme si je n'allais jamais rien faire de ma vie. Donc cette chanson est une invitation à vous lever et à faire face contre les attentes des gens quant à qui vous êtes ou qui vous devriez être. Si je peux aider, inspirer et transformer toute cette haine en amour, tout cette douleur en pouvoir, alors je suis fière de vous dire ceci : Paris, ce soir, je serai ta pute. Si vous connaissez les paroles, chantez avec nous ! C'était un honneur de jouer devant vous ce soir, merci beaucoup ! ». La conclusion n'aurait pas être plus grandiloquente, alors merci In This Moment !

Setlist d'In This Moment :
Introduction song: Salvation
1. Fly Like an Eagle (Steve Miller Band cover)
2. River of Fire
3. Natural Born Sinner
4. Big Bad Wolf
5. Blood
6. Whore

Après un nouvel entracte, les lumières s'éteignent, ‘Back in Black' qui flottait alors dans l'air disparaît, et le public se prépare à accueillir Halestorm, très attendu ce soir et à qui les précédents groupes ont fait honneur. Et après un silence, Lzzy Hale fait une entrée en scène très vocale et d'une puissance incroyable ! Le reste du groupe la rejoint pour ‘Do Not Disturb', dans une version très groove et sensuelle. Solidement campée au centre de la scène, le guitariste d'un côté et le bassiste de l'autre, la chanteuse-guitariste rayonne de force et de beauté. Elle prend rapidement la parole : « Comment ça va Paris ? Merci beaucoup d'être ici avec nous ce soir, c'est un plaisir ! Est-ce que vous êtes prêts ? » et en effet, la puissance de ‘Love Bites (So Do I)' mérite qu'on s'y prépare, d'autant plus que l'ensemble est agrémenté d'un show lumineux parfaitement à la hauteur. Les musiciens sont musicalement en place et la restitution des titres est impeccable et terriblement entraînante !

Après un rapide changement de guitare et un « Bonsoir Paris, nous sommes Halestorm » qui déclenche un moment d'hystérie dans le public, voici ‘Mz Hyde', dont le refrain est, bien entendu, repris par la fosse qui brandit le poing en rythme alors que la chanteuse s'amuse à chauffer la salle inlassablement. La batterie d'Arejay Hale démarre alors que sa soeur, toujours joueuse, déclare : « Tu es le plus sexy Paris, alors est-ce que tu veux une chanson sexy ? (elle rit) J'ai beaucoup attendu avant de vous dire ça ! Cette chanson est pour nos fans inconditionnels à Paris et pour tous ceux qui nous découvrent ici ce soir ! » Et cette chanson, si chaleureusement dédiée au public de la Salle Pleyel n'est autre que ‘I Get Off', suivie sans transition de ‘Black Vultures', une chanson iconique du dernier album du groupe, « Vicious » (2018, via Atlantic Records).

Dans des lumières vertes plutôt étranges, le public se met à acclamer le groupe qui reste silencieux, en retrait, pour mieux lancer ‘Familiar Taste of Poison' dans un moment solennel où la chanteuse prend son temps pour chaque syllabe avec sobriété et sensibilité. Après un couplet dans ce registre vibrant, le groupe bascule sur ‘Amen', mettant le public à contribution sur les choeurs. Cela offre d'ailleurs l'occasion de souligner le très bon travail du bassiste, Josh Smith, autant du point de vue instrumental que du point de vue vocal. Après un moment instrumental d'ensemble, Joe Hottinger et Lzzy Hale disparaissent en coulisse pour un duo basse-batterie, auquel succède un solo de batterie seule qui plaît beaucoup au public. Alors que les fans prétendent de le siffler, Arejay Hale repart de plus belle pour les impressionner encore plus. Il en profite pour prendre la parole : « Je vous aime tellement ! Et c'est pour ça que j'ai décidé d'amener avec moi, depuis les Etats-Unis, mes grosses baguettes ! » et avec un air ravi, il brandit deux baguettes de batterie de plus d'un mètre chacune avec lesquelles il recommence un solo. Il est alors rejoint par le reste du groupe et ‘Freak Like Me' démarre en trombe.

Sans prendre le temps de respirer, la chanteuse s'adresse une nouvelle fois à son public : « Alors Paris, la prochaine chanson est pour toutes les filles dans la salle ce soir ! Et encore merci de nous accueillir ce soir ! Maintenant Paris, je veux vous entendre hurler ! ». Logiquement, c'est ‘Uncomfortable' et son discours plein de sens qui est offert aux fans, effrayant de vitesse mais qui reste dansant. Si Maria Brink s'en est tenue à son rôle, Lzzy Hale n'hésite pas à aller au contact du public : « Paris, nous vous aimons tellement ! Paris, you make me vicious ! », ce qui introduit la chanson du même nom. Le public est en feu et Halestorm utilise de cette passion à son avantage, un grand sourire sur le visage, avant de poursuivre avec « Apocalyptic ». La frontwoman annonce alors une chanson qui n'a encore jamais été jouée à Paris mais dont elle veut nous faire profiter ce soir car, en concert de Rock, tout le monde est égal, et la chanson qui porte ces valeurs est ‘Chemicals'.

Le temps passé et la performance scénique du groupe ne faiblit pas, mais même les meilleures choses ont une fin. Après de nouveaux remerciements, ‘Killing Ourselves To Live' est annoncé avant que le groupe ne quitte la scène dans le noir et sous des applaudissements nourris. Après le rappel, ce sont les excellentes ‘I Am the Fire', puis ‘Here's to Us' et ‘I Miss the Misery' qui sont jouées et voient le public se déchaîner comme un remerciement ultime à Halestorm qui a tout donné à travers un show musicalement impeccable, scéniquement explosif, et terriblement honnête !

Setlist de Halestorm :
1. Do Not Disturb
2. Love Bites (So Do I)
3. Mz Hyde
4. I Get Off
5. Black Vultures
6. Familiar Taste of Poison
7. Amen
Drum + Bass solo
Drum solo
8. Freak Like Me
9. Uncomfortable
10. Vicious
11. Apocalyptic
12. Chemicals
13. Killing Ourselves to Live
RAPPEL
14. I Am the Fire
15. Here's to Us
16. I Miss the Misery

Ce soir, aucun groupe n'a à rougir de sa performance et la soirée est allée crescendo puisqu'après une entrée en matière que New Years Day a mené d'une main de maître en mettant le public parisien dans l'ambiance avec des titres efficaces et un show sympathique, In This Moment a transporté la Salle Pleyel dans son univers à la force de son groove et du charisme de sa meneuse. Finalement, Halestorm a signé un show énergique, lumineux et impeccable où le charisme de Lzzy Hale a brillé, tout comme le bonheur que les musiciens ont à jouer ensemble !