Live Report Gaahl's Wyrd // The Great Old Ones // Auðn - Toulouse
Anibal BERITH
Journaliste

«Trois concerts de black metal envoûtants dans une ambiance intimiste, une des meilleures dates 2017 !»

Créé 04/12/2017
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C'est au retour du Party San, à la mi-août, que je découvre sur le réseau social le plus célèbre du monde, la date toulousaine du 4 décembre 2017 organisée par l'association locale organisatrice de concerts SPM Prod: Gaahl's Wyrd /The Great Old Ones /Auðn.

Je connais parfaitement les deux premiers groupes et pas du tout le troisième....Auðn? Un rapide détour par l'incontournable site Metal Archives et voilà que je découvre un groupe islandais, formé en 2010, à la tête d'un album au titre éponyme "Auðn" paru en 2014.
C'est sous l'impulsion du second album "Farvegir fyrndar" paru en novembre dernier, via le label français Season Of Mist, que le quintet islandais se retrouve à faire l'ouverture du célèbre Gaahl pour une tournée européenne dont un premier passage en France pour les black metalleux venus du froid.
C'est devant près de 200 personnes que cette belle brochette de blackeux va se produire ce soir au Metronum; non pas dans la grande salle mais dans la petite au rendu sonore meilleur et parfait pour cette musique exigeante et intrigante qu'est le black metal.

La salle commence à se remplir lorsque les islandais, tout juste sortis de leurs balances, foulent la petite scène pour défendre leur second album fraîchement paru trois semaines plus tôt.
C'est dans une ambiance sombre et glaciale que le quintet nous accueille vêtus de vestes de costumes, visages découverts (pas de capuches, ni de maquillage), la musique s'occupant de rendre leur prestation mystique et sobre.
Les musiciens sont en place, le frontman aux cheveux courts, Hjalti Sveinsson, domine son public le regardant tour à tour droit dans les yeux et se laisse à hurler son chant puissant et plaintif une fois l'intro aux guitares de "Veröld hulin" écoulée.
C'est l'intégralité du dernier album qui est interprété ce soir dans une ambiance puissante et ténébreuse, les deux guitaristes Andri Björn Birgisson et Aðalsteinn Magnússon, vivant pleinement leur musique, headbangant sans cesse tout au long du set de 3/4 d'heure.
Les titres se succèdent avec la même montée en puissance que sur l'album, mieux encore, car nous pouvons capter toute l'émotion des artistes partageant avec nous leur univers obscure et glacial, partageant avec nous un bout de l'atmosphère qui règne sur leur île.
Une première partie de haut vol qui laisse place à une seconde partie qui le sera tout autant.

Setlist Auðn: Veröld hulin / Lífvana jörð / Haldreipi hugans / Prísund / Ljósaslæður / Blóðrauð sól / Eilífar nætur / Skuggar / Í hálmstráið held.



Il ne s'écoulera qu'un petit quart d'heure avant que les bordelais de TGOO ne s'installent à la place des islandais, juste le temps de déguster un verre de vin pour moi et d'installer le cthulhu de Lovecraft pour eux, le symbole même de l'univers artistique et musical du quintet entraîné par le frontman et guitariste Benjamin Guerry.
Encapuchonnés sur fond de light tirant sur le bleu gris, c'est avec les trois premiers titres de leur troisième album "EOD: A Tale of Dark Legacy" que les français attaquent leur setlist de neuf titres.
TGOO a pas mal tourné cette année et on sent que le show est bien rôdé et qu'il se bonifie au fil des prestations. Le son est magique, on perçoit tous les instruments et en particulier la symbiose des trois guitares, le bassiste Benoit Claus (Gorod) calant son jeu sur celui du batteur, faisant presque l'amour à son instrument tellement il est emporté par la musique du combo.
Benjamin exprime sa rage et sa puissance vocale en scandant son texte, inspiré de l'oeuvre du célèbre écrivain américain Howard Phillips Lovecraft, avec détermination, quand les deux autres guitaristes, Jeff Grimal et Aurélien Edouard, ne démordent pas d'énergie même si leur attitude scénique est plus sobre.
Le batteur Léo Isnard ne démord pas de tout le set en déployant un dynamisme certain compte tenu de l'exigence du tempo imposé par les compositions de Benjamin.
La musique est prenante, enivrante, la prestation meilleure que celle à laquelle j'avais pu assister en mars dernier à Marseille au Jas'Rod, grâce à un rendu sonore de meilleure qualité et une ambiance globalement plus propre.
Un passage par l'ensemble de la discographie du groupe durant les 40 minutes du set, se clôturant logiquement par le dernier titre du dernier album "Mare Infinitum".

Setlist TGOO: Searching for R. Olmstead / The Shadow Over Innsmouth / When the Stars Align / Je ne suis pas fou / Antarctica / Visions of R'lyeh / The Ascend / Wanderings / Mare Infinitum



A la suite des ces deux show absolument envoûtants , c'est avec impatience que le public et moi-même attendons Ghaals Wyrd.

Ayant eu la chance et l'honneur d'échanger quelques mots avec LE personnage incontournable du black metal rendu mythique par son célèbre "Satan" un verre vin tournoyant dans sa main, le norvégien en impose par son charisme et sa froideur au premier abord. C'est avec une grande surprise que j'ai découvert un homme sensible et accessible qui n'a pas hésité à m'accorder quelques minutes juste avant d'aller dîner et de se mettre dans sa bulle.

Deux heures plus tard et deux concerts passés, c'est un Gaahl métamorphosé et transcendé qui foule la petite scène du Metronum. Maquillé comme à l'accoutumée, sa posture est impressionnante! Campé sur ses jambes, il dégage une aura puissante et hypnotique.
Il débute le set en chantant a capella, un set d' 1 heure 40, au cours duquel il retrace sa carrière artistique et musicale en reprenant les chansons de ses groupes passés God Seed, Gorgoroth et Trelldom.
Accompagné de ses musiciens à l'énergie dévastatrice, c'est sans pause que la setlist de 18 titres défile sous nos yeux ébahis, totalement envoûtés par le jeu de scène limite théâtral du norvégien.
Il est en perpétuel mouvement, tout au long de chaque morceau interprété, jouant avec ses musiciens, ces derniers se donnant à fond sans défaillir malgré le rythme imposé par le frontman, envoûtant son public en le cherchant du regard, l'approchant, le touchant même parfois.
Les premiers rangs boivent ses paroles et se laissent bercer par l'univers du norvégien jusqu'au dernier riff, jusqu'au dernier souffle de Kristian Eivind Espedal (ceci est une image).
Vu et très apprécié malgré un temps déplorable en septembre dernier au Fall Of Summer, le concert de ce soir donne une toute autre dimension au personnage, certainement dû au côté intimiste imposé par la faible affluence du public. Un des meilleurs concerts de cette année 2017!

Setlist Gaahls Wyrd: Steg (Trelldom cover) / Slave til en kommende natt (Trelldom cover) / Til Minne... (Trelldom cover) /Sannhet, Smerte og Død (Trelldom cover) / Sign of an Open Eye (Gorgoroth cover) / Awake (God Seed cover) / Aldrande Tre (God Seed cover) / Høyt opp i dypet (Trelldom cover) / Carving a Giant (Gorgoroth cover) / From the Running of Blood (God Seed cover) / Lit (God Seed cover) / Alt Liv (God Seed cover) / This From the Past (God Seed cover) / Incipit Satan (Gorgoroth cover) / Til Et Annet... (Trelldom cover) / Exit - Through Carved Stones (Gorgoroth cover) / Wound Upon Wound (Gorgoroth cover) / Prosperity and Beauty (Gorgoroth cover)



C'est totalement perché que je repars du Metronum après cette date exceptionnelle et la réunion de trois groupes aux prestations scéniques de très bon niveau. Toujours dommage que le public ne réponde pas présent à ce type d'événement car c'est une réelle chance de pouvoir assister à ce type de prestation. Merci encore à SPM Prod pour cette date exceptionnelle et merci aux artistes d'avoir fourni le meilleur d'eux-mêmes!

Anibal Berith