Live report de Thy Art Is Murder àl'Elysée Montmartre le 20/10/2023
Yann
Journaliste

«Le groupe conclut magistralement avec ‘Reign of Darkness’ et ‘Puppet Master’ qui assurent aux fans de quitter l’Elysée Montmartre ravis et épuisés après s’être autant donnés !»

Créé 20/10/2023
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Live report : Enora Nattfödd
Photos : Yann Sauzereau


Le vendredi 20 octobre, Garmonbozia Inc., en accord avec Avocado Booking, nous avait concocté une affiche 100% Deathcore qui rassemblait Thy Art Is Murder (Australie), Whitechapel (États-Unis), Fit For An Autopsy (États-Unis) et Spite (États-Unis) à l'Elysée Montmartre !

Au-delà de cette programmation de haute-volée, cette tournée a attiré beaucoup d’attention avec l’annonce du 22 septembre dans laquelle Thy Art Is Murder expliquait se séparer du chanteur CJ McMahon qui était le frontman du groupe depuis 2009, avec toutefois une petite interruption entre 2015 et 2017. Dans la foulée, les fans découvraient que l’album « Godlike », qui sortait ce même 22 septembre via Human Warfare, avait été intégralement ré-enregistré avec un nouveau chanteur. Quelques jours plus tard, un nouveau communiqué indiquait que Tyler Miller (The Guild, Aversions Crown) reprenait la position de chanteur du groupe.

Maintenant que cette situation rocambolesque a été tirée au clair, revenons sur cette soirée débordante d’énergie !


SPITE

Les membres de Spite devaient vraiment avoir hâte de rencontrer leur public parisien puisqu’ils étaient déjà en position sur scène avant l’extinction des lumières. Les samples de ‘Made to Please’ commencent à s’élever mais la batterie de Josh Miller ne tarde pas à l’écraser, et à écraser la quasi-totalité des mélodies mais passons… Avant d’enchainer à toute vitesse sur ‘Caved In’, un Darius Tehrani (chant) totalement survolté lance un « Let me see your horns! ». Le public n’avait pas vraiment besoin de cette invitation tant il s’agite déjà, jusqu’à ce qu’un circle pit se lance sur la chanson suivante. Si le frontman est littéralement possédé sur scène, se promenant à grandes enjambées sur toute la longueur de la scène et agitant la tête dans tous les sens, les musiciens ne sont pas en reste et font des grimaces. Après deux mots pour nous apprendre que Spite vient de Californie et qu’il s’agit de leur première performance à Paris, le groupe poursuit méthodiquement, toujours avec le public dans sa poche. Entre le groove des compositions et les lumières rouges et blanches qui illuminent la scène, tout semble rassemblé pour une super performance de chauffe de salle ! Bravo à Spite et espérons les revoir très prochainement !

Setlist de Spite :
1. Made to Please
2. Caved In
3. Some Things You Should Know...
4. IED
5. The Root of All Evil
6. Thank You, Again
7. Dedication to Flesh
8. Kill or Be Killed


FIT FOR AN AUTOPSY

La salle continue de se remplir pendant et après le passage de Spite sur scène – rappelons que le concert est sold-out – et la ferveur qui agite la fosse alors que les lumières s’éteignent pour Fit For An Autopsy ne trompe pas : le groupe a des fans dans la salle ! Fumée et lumières rougeoyantes marquent l’entrée en matière du groupe qui démarre avec un efficace ‘A Higher Level of Hate’ qui confirme que si le son s’est un peu amélioré, la qualité globale ne va pas rendre justice aux compositions des Américains. Après ‘Black Mammoth’, Joe Badolato (chant) lance : « We are Fit For An Autopsy and it’s so good to be back in Paris! », qui sera à peu près la seule chose qu’il répétera au fil du show. ‘Savages’ confirme que le public attendait le groupe de pied ferme puisqu’il l’honore d’un circle pit énergique. Assez logiquement, c’est le dernier album, « Oh What the Future Holds » (2022, Nuclear Blast), qui est mis en avant, en particulier avec la conclusion qui voit s’enchainer ‘Pandora’ et ‘Far From Heaven’. Malheureusement, ces morceaux perdent de leur puissance tant les samples, les lignes de guitare de Pat Sheridan et Tim Howley, et même la voix sont effacées par la batterie de Josean Orta (et en particulier par sa caisse claire). Cela n’empêche cependant pas le public de se déchainer et d’afficher tout son amour pour Fit For An Autopsy tout au long de la performance.

Setlist de Fit For An Autopsy :
1. A Higher Level of Hate
2. Black Mammoth
3. Savages
4. The Sea of Tragic Beasts
5. Hellions
6. Pandora
7. Far From Heaven


WHITECHAPEL

Même après un changement de set, le public semble avoir du mal à passer à autre chose après Fit For An Autopsy, et cela explique sans doute les réactions étonnées sur les passages en chant clair de ‘I Will Find You’, pourtant parfaitement maîtrisés par Phil Bozeman dont le timbre se révèle dans toute sa richesse. La surprise ne dure pas et, dès les premières notes de ‘A Bloodsoaked Symphony’, les fans montrent toute leur ferveur, chantent les refrains à pleine voix et se donnent pour mission de retourner la fosse. Dans la lignée de Spite et Fit For An Autopsy, Whitechapel semble avoir décidé de laisser toute la place possible à sa musique et de limiter les prises de parole puisqu’à part un : « We really appreciate what you guys are doing here tonight, it means the world to us! », les pauses entre les titres seront écourtées au maximum.

Les albums les plus récents sont au cœur de ce concert avec ‘Doom Woods’, ‘Forgiveness Is Weakness’ et ‘We Are One’ tirés de « The Valley » (2019, Metal Blades Records) et ‘A Bloodsoaked Symphony’ et ‘I Will Find You’ tirés de « Kin » (2021, Metal Blades Records) ce qui permet de profiter de la riche palette vocale du frontman ; contrairement à Fit For An Autopsy, Whitechapel a conçu sa setlist de façon à valoriser ces capacités. Ben Savage, Alex Wade et Zach Householder (guitares) et Gabe Crisp (basse) se relaient pour occuper l’espace scénique alors que le public multiplie les slammeurs et scande le nom du groupe qui continue de dérouler ses morceaux avec maîtrise et un son bien meilleur qu’au début de la soirée ! Après un show aussi réussi, on ne peut que prier pour que l’exil qu’annonce leur dernière chanson soit de courte durée !

Setlist de Whitechapel :
1. I Will Find You
2. A Bloodsoaked Symphony
3. The Saw Is the Law
4. We Are One
5. Forgiveness Is Weakness
6. Doom Woods
7. End of Flesh
8. Prostatic Fluid Asphyxiation
9. This Is Exile


THY ART IS MURDER

Soyons honnêtes, on ne sait toujours pas pourquoi Thy Art Is Murder a décidé d’ouvrir son show avec ‘We Like To Party’ de Vengaboys et dans des lumières multicolores… On se croirait dans une fête de village et cela n’a aucun lien avec la suite du concert donc mettons ça sur une éventuelle envie de dédramatiser le départ de CJ McMahon et l’arrivée de Tyler Miller. Les choses sérieuses commencent quand même assez rapidement avec un combo ‘Destroyer of Dreams’ et ‘Slaves Beyond Death’ sur lequel la fosse se lance dans un circle pit effréné ! Petite maladresse de setlist : ‘Make America Hate Again’ et ‘Blood Throne’, qui se ressemblent énormément, se suivent. Cela n’entame pas la motivation des fans mais cela ne permet pas d’illustrer la diversité des ambiances musicales du groupe. Nous poursuivons la démonstration live de « Godlike » (22 septembre 2023, Human Warfare) avec ‘Join Me in Armageddon’ qui bénéficie d’une chute de fausse neige particulièrement esthétique, pouvant évoquer la performance de Slipknot sur ‘Gently’ dans leur live Disasterpieces en 2002.

Si certains regretteront que Thy Art Is Murder ne s’exprime pas sur la séparation d’avec CJ McMahon et sur l’arrivée de Tyler Miller, nous préférons souligner leur souhait de laisser leur musique prendre le pas sur le drama ; d’autant plus que le nouveau chanteur tient parfaitement son rôle, avec professionnalisme et maîtrise vocale. Après le monumental succès de ‘Holy War’, il se présente rapidement et explique avoir eu une journée très compliquée (il s’est blessé et a dû recevoir des points de suture deux heures avant le show) mais être à nouveau en pleine forme maintenant qu’il voit le public aussi survolté ! La qualité sonore a enfin atteint son niveau optimal et permet de pleinement savourer l’exceptionnel jeu de batterie de Jesse Beahler qui livre une performance impeccable, mais aussi de la basse de Kevin Butler et des guitares de Sean Delander et d’Andy Marsh. Après un tout petit rappel, le groupe conclut magistralement avec ‘Reign of Darkness’ et ‘Puppet Master’ qui assurent aux fans de quitter l’Elysée Montmartre ravis et épuisés après s’être autant donnés !

Setlist de Thy Art Is Murder :
Introduction - We Like to Party (Vengaboys)
1. Destroyer of Dreams
2. Slaves Beyond Death
3. Make America Hate Again
4. Blood Throne
5. Join Me in Armageddon
6. Bermuda
7. Human Target
8. Holy War
9. The Purest Strain of Hate
10. Godlike
11. Keres
12. Everything Unwanted
RAPPEL
13. Reign of Darkness
14. Puppet Master


La soirée a tenu toutes ses promesses en rassemblant quatre groupes qui ont rivalisé de vitesse, d’énergie et d’invectives pour motiver leur public ! Spite ne s’est épargné aucune peine pour séduire le public parisien avant que Fit For An Autopsy prenne le relais en obtenant un investissement total des fans. Whitechapel puis Thy Art Is Murder n’ont plus eu qu’à surfer sur ce défoulement joyeux et généreux grâce à des setlists efficaces et menées d’une main de maître. Beaucoup attendaient la tête d’affiche au tournant et le groupe a fait ses preuves avec un professionnalisme indiscutable.