Live Report Angelus Apatrida, Live Pandemic@La Riviera, Madrid
Anibal BERITH
Journaliste

«uuu»

Créé 20/03/2021
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Ce samedi, j'assistais pour la première fois à un live streaming avec public ! C'est Angelus Apatrida, le groupe de thrash espagnol, qui fut à l'initiative de ce spectacle pour son "Live Pandemic" à La Riviera à Madrid, ce 20 mars.

Le concept est simple : le quartette, originaire d'Albacete, a réalisé deux sets dans la soirée entre 18h00 et 22h30 (CET) avec, je pense, deux publics différents. De grosses précautions ont été prises quant aux mesures sanitaires puisqu'une pause d'une heure fut prise pour nettoyer et désinfecter la salle entre les deux prestations.
Premier show entre 18h00 et 19h15, uniquement pour l'audience présente, et second set entre 21h00 et 22h30 pour la seconde salve de public et pour le reste du monde en live streaming moyennant une contrepartie financière de 12€.

Faisant suite à la sortie récente de leur septième opus au titre éponyme, et à son accueil enthousiaste du public, le groupe se devait de faire quelque chose de marquant pour le promouvoir et ainsi satisfaire les fans !
Madrid faisant partie de cette rare zone géographique a être soumise à des restrictions sanitaires moins drastiques, il fut possible, pour les artistes espagnols, d'organiser un vrai concert avec une jauge réduite.
Sur ce postulat, il est évident que ce fut le modèle assis avec distanciation entre les gens qui fut retenu; le pit photo étant réservé aux professionnels chargés de filmer le concert avec pour but de capter au mieux le côté naturel de la prestation.

C'est donc à 21h00 très précises que le réalisateur lance la diffusion du spectacle ! L'attention visuelle est immédiatement captée par le back drop imposant à l'effigie du groupe se noyant sous les lights aux couleurs rouge sang qui inondent la scène et donc l'écran.
Le quartette ne tarde pas à faire son apparition sous les acclamations du public ravi de partager cette expérience même si le thrash, assis, ne présente pas un grand intérêt émotionnel. Mais, de nature plutôt optimiste, cette posture est mieux que rien et je peux vous assurer que le public va en avoir pour son déplacement (tout comme celui derrière son écran) !

C'est tout naturel que la setlist ouvre sur le premier titre de l'album en date avec par conséquent "Indoctrinate". Ce n'est pas surprenant que je vous écrive que le quartette est à fond d'entrée de jeu, d'autant plus qu'ils sont chauds du set délivré tout juste trois heures plus tôt ! Vu l'énergie déployée dès les premiers riffs et la montée en puissance à laquelle j'assiste tout au long de la prestation, je peux vous garantir que c'est du sport et que l'on peut qualifier cette prestation davantage de performance que de simple concert !
Je note toutefois une légère faiblesse dans le chant du frontman sur les trois premiers morceaux, qui sera vite corrigée au cours de l'interprétation des chansons choisies pour cette occasion unique.
Fidèles à eux-mêmes, le jeu de scène est énergique sans en faire des masses puisque les protagonistes sont relativement statiques derrière leur micro respectif. Toutefois, ils se provoquent régulièrement en duel à coup de soli et de rythmiques endiablées, le bassiste n'étant pas oublié !

Globalement, le retransmission est satisfaisante mais pas très qualitative car le son est perfectible. La batterie, réglée trop forte, supplante les guitares et le chant (timide au départ et qui s'essouffle en fin de prestation (ce n'est pas une critique; c'est factuel et c'est expliqué par la performance de deux sets de la part du quartette)). La réalisation pêche également avec des choix de cadrages approximatifs; on sent que l'équipe technique essuie les plâtres pour parler familièrement. Enfin, l'image est saturée par l'excès de lights pour lesquelles le choix des couleurs est en perpétuel changement dégradant ainsi la qualité visuelle avec un rendu qui frise, hélas, régulièrement.

Pour le côté émotionnel, je constate que tout le monde s'amuse et que la formation est ravie d'être là ! Guillermo prend le temps de parler au public tous les 3-4 titres alternant sans aucune difficulté entre l'espagnol et l'anglais afin de satisfaire tout le monde. C'est bienveillant et très professionnel; c'est une attitude qui mérite d'être saluée. Même si je suis à 900 km de là, assis derrière mon écran, la joie du quartette est palpable et c'est un vrai plaisir de pourvoir capter ces échanges intenses entre le groupe et ses fans chanceux d'être présents pour cette occasion !
De rapides passages de caméra sur le public montrent que ce plaisir est partagé et communicatif et que malgré les masques qui cachent les sourires, les yeux et la posture des gens les expriment avec davantage d'intensité !

Il est 22h, ça sent la fin du live, prévue pour 22h15, pour repartir de plus belle avec trois derniers titres joués à tambours battants ! Waouh ! Quelle énergie ! Comme un marathonien en bout de course qui trouve les ressources nécessaires pour tout donner afin d'achever la dernière ligne droite avec force et honneur ! C'est exactement ce qui se manifeste lors de ce dernier quart d'heure qui se transforme en une grosse vingtaine de minutes énergique et puissante au cours de laquelle s'enchaînent "Versus the World", "Sharpen the Guillotine" et "You Are Next" !

Il est presque 22h30, c'est la fin du show et de la retransmission, le quartette reste un moment sur la scène pour remercier tout le monde et quitte le plateau avec regrets. Je crois qu'en s'accordant une nouvelle pause d'une heure, ils auraient pu enchaîner un troisième set !
Bravo messieurs et merci pour ce spectacle !


Setlist :
Indoctrinate
Vomitive
Bleed the Crown
Immortal
Of Men and Tyrants
Childhood's End
Downfall of the Nation
Violent Dawn
We Stand Alone
End Man
Serpents on Parade
Give'Em War
Versus the World
Sharpen the Guillotine
You Are Next