KADAVAR et guest (HORISONT, SATAN'S SATYRS, THE SHRINE)- Paris
Thomas BARBOTIN
Journaliste

Créé 17/11/2015
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Quand il a été question de retourner dans une salle de concert quatre jours après ces attentats horribles, c'est un « oui » général qui s'est fait entendre.

Bien sûr, il était hors de question de rester chez soi. Pourtant ce mardi 17 novembre 2015 dans le métro en direction du Trabendo mon estomac se nouait et aux vues des premières personnes que je croisais dans la salle je ne devais pas être le seul à avoir une boule au ventre.

Arrivé devant le Trabendo on sentait que les choses avaient changé : palpation de sécurité et fouille des sacs en haut de l'escalier. Bizarrement, pour une fois, ça faisait plaisir. Après avoir photographié et attentivement lu le plan de sécurité de la salle et vérifié les sorties de secours (qui avaient eu droit à des affichages supplémentaires), je me place vers l'avant de la scène. La salle n'est pas encore remplie et le public se regarde avec un air nouveau, celui qui dit : « on se connait non ? On s'est déjà croisé dans un concert ? On va continuer à kiffer le son ? On les emmerde hein ? »


Place à la musicuqe. Dès les premières notes de Horisont qui ouvrait le concert, tout le monde se rapproche et au bout de quelques chansons le public commence à danser de plus en plus à coup de headbanging et de début de pogo timide. Le combo Suédois à la lourde tâche de chauffer la salle. Chaque fois que je me retourne celle-ci est de plus en plus remplie et les regards hésitant du début disparaissent pour donner lieu à un joyeux bordel souriant qui ne finira pas de grandir tout au long de la soirée.


Quelques minutes, le temps de changer de groupe et les regards du début sont devenus discussions. Le besoin de parler, de se dire que ça fait du bien de se sentir vivant et d'être là de bouger de crier de sauter se fait évident. Quand Satan's Satyrs, le trio ricain originaire de Virginie arrive sur scène, le public est déjà bien chauffé à bloc et c'est reparti de plus belle. Un set un peu moins bon musicalement à mon gout mais qui envoyait au demeurant une bonne énergie, avec Clayton Burgess, le chanteur/bassiste qui se déchaine dans tous les sens. Dans la fosse le public s'oublie à la musique et pogote de plus belle .


Le temps que The Shrine arrive sur scène les discussions reprennent. Tout le monde sourit, vit. Arrive vers moi un mec qui pogotait pas loin depuis le début du concert, un collier de barbe fourni et un sourire énorme. Il commence à m'expliquer qu'à l'origine il avait tout une semaine de concerts de prévu à commencer par celui de vendredi au Bataclan dont il a réchapper mais qu'il a tenu à être absolument a celui-ci pour ne pas associer ce qui s'est passé le 13 novembre à un concert. Il me demande de le prendre en photo avec son pote. On continue la discussion. On parle musique et a la première note de guitare on se retourne et crie.

The Shrine arrive sur scène et l'ambiance monte d'un cran. La salle s'est considérablement remplie depuis le début de la soirée et dès les premières notes, le pogo reprend avec encore plus d'entrain. Sur « Nothing Forever », Josh Landau, le guitariste ira jusqu'à jouer porté par le public. C'était bon ! C'était puissant ! The Shrine nous gratifie d'un final à couper le souffle en invitant Beb, le chanteur du groupe Rémois des années 80, Soggy pour interpréter la reprise « Waiting For The War ». Beb un mix entre Iggy Pop et doc Emmett Brown finira par enflammer le public grâce à sa prestation énergique.


Apres le changement de plateau c'est au tour de Kadavar d'entrer sur scène après un message en hommage aux victimes et des remerciements pour notre présence de la part des quatre groupes. A partir de là tout s'emballe : le pogo devient énorme et cela devient presque impossible de photographier. Après quelques morceaux, je range l'appareil ! Nous sommes poussés sur scène par le public en délire.

Tout le meilleur de Kadavar y passe : « Lord of the Sky », « Pale Blue Eyes » « The Old Man » « Into The Night » et « Stolen Dreams » du nouvel album « Berlin » mais aussi les plus anciens « Doomsday machine », « All Our Thoughts » et « Come Back Life » (qui conclut le concert). Vers la fin de la prestation de Kadavar, le pogo va grandir en intensité et le public de devant se met à slamer bientôt rejoint par le chanteur de The Shrine qui se jette dans la foule.


Le concert se terminera par une invasion de la scène et des embrassades à tout va des musiciens et du public. Un concert unique de par le moment, où tout le monde a pu se lâcher et retrouver sa foi en la musique et au live et retrouver le sourire.

Longue vie à la musique.
Peace .

Thomas Barbotin


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