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JINJER, une soirée magistrale au Transbordeur

«Une soirée technique, mais viscerale»
ALAIA
Journaliste
Groove Metal / Progressive Metal
03/02/2026
142 vues
Mon arrivée au transbordeur se passe sans hic, cette fois j’ai prévu le coup et j’arrive à l’heure. Même avec la file d’attente qui fait le tour de la rue, je ne rate rien!
Je parle avec des amis le temps de rentrer, on parle de qui on a le plus hâte de voir, quelles sont nos prédictions pour la setlist…
Une fois la sécurité passée, je m’attarde au merch, je suis curieuse de voir ce qu’offrent les groupes. Rien ne me tape vraiment dans l’oeil, à part un pull à capuche de Unprocessed avec la dernière couverture d’album, la petite chauve-souris… Non, je résiste !

Un de mes amis me tire soudainement la manche, Textures vont entrer en scène, il faut se dépêcher.

TEXTURES
Les darons du djent. C’est vraiment le premier descriptif qui me vient en tête: le groupe formé en 2001 faisaient partie des pionniers du genre, mélangeant death, thrash, mathcore, progressif… Je me suis clairement pris une claque. Moi qui ne connaissais pas le groupe (et ait fait exprès pour me laisser surprendre en live), c’était magistral.
On se faufile à travers le public pour se mettre à l’avant de la scène vers la gauche, pour prendre le plus d'énergie dans la gueule.
Ils sont arrivés sur une musique d’entrée instrumentale, très épique, et même si la salle est un peu éparse au niveau du public, on sent l’amour et le soutien: car oui, ce groupe après une pause d’une dizaine d’années, revient aux devants de la scène.
Et quel retour!
Des lights et une scénographie simple, bon, c’est le premier groupe à jouer et je soupçonne que Jinjer ont pas mal de choses à mettre en place, donc ça ne reste pas étonnant.
Ce qui est bluffant par contre, c’est leur show, ou peut-être pas, mais on sent l'expérience. Les morceaux s’enchaînent fluidement, c’est propre, ils ont une energie folle et interagissent à fond avec le public sans trop nous parler. Ils donnent, et ça se ressent à fond.
Six membres de groupe, un claviériste, un batteur, deux guitaristes, un bassiste et un chanteur, tous avec des cheveux magnifiques, défoncent la scène en deux deux.
Beaucoup dans le public connaissent et chantent les morceaux, ça fait chaud au coeur du groupe et ça se voit, un concert exceptionnel.

SETLIST:
Closer to The Unknown
New Horizons
Reaching Home
Timeless
Measuring the Heavens
Awake
Laments of an Icarus

Et oui j’ai commencé à écouter toute leur discographie par la suite, oui oui.

Petite pause, le temps de prendre un verre d’eau et on y retourne pour mes chouchous:
UNPROCESSED.

Pas de surprise, c’est incroyable dès les premières minutes.
En début on entend la petite voix électronique de l’album qui nous parle d’anges, avant l’entrée fracassante des musiciens sur “111” (les chiffres angéliques tout ça tout ça).
Les lights restent majoritairement dans des tons proches des esthétiques des sorties; donc bleu pour le dernier album, rouge pour certains des singles du dernier album…etc.
Le son est impeccable, et les changements de lumière complètement accordés avec les chansons et variations de rythme un peu brusques de ce groupe de djent impressionnant.
Comme vous pouvez le deviner, ils sont aussi bons en live que sur les albums, le set est encore plus travaillé que quand j’avais pu les voir en première partie de TesseracT en 2024 (Paris); malgré quelques backings pour les soutenir, tout est live. Le bassiste vient en aide en chant et surtout scream à Manuel(chant/guitare) et me laisse sur le cul, il a une voix incroyable pour des backings, en plus d’être immensément bon sur son instrument.
Manuel au chant reste incroyable, et s’amuse clairement, il nous improvise des variations des lignes mélodiques pendant qu’il joue, il se lâche, malgré ses interactions un peu timides avec le public lorsqu’il nous parle.
Sur “Glass” ils demandent à ce qu’on tende nos lumières de téléphone, et j’essaye, mais je hurle les paroles trop fort pour continuer de le faire. Je vous ai dit que j’adorais ce groupe? Oui ? Je vous le redis alors. J’adore ce groupe.
On approche la fin du set, et ils lancent un circle pit immense sur “Snowlover”, et demandent le plus de slammeurs possible; je porte même un gamin qui fait peut-être son premier crowd-surf, ce qui met un sourire immense sur le visage des musiciens sur scène qui l’encouragent.

SETLIST:
111
Sleeping With Ghosts
Beyond Heaven’s Gate
Thrash
Glass
Sacrifice Me
Snowlover
Lore
Solara
Terrestrial

Un set que je ne suis pas prête d’oublier, ça c’est certain.

Je fonce reprendre quelque chose de frais à boire, avant de monter à l’étage du Transbordeur, pour avoir une vue plus sereine pour Jinjer (je suis petite).

JINJER
Alors déjà… scénographie folle.
Un immense écran trône derrière eux, et la batterie est installée sur une estrade surélevée, elle-même habillée d’écrans. Même les drums ont leurs propres projections, séparées du reste. C’est du sur-mesure. Tout est pensé pour eux. Pour leur identité. Pour leur puissance.

Les lumières s’éteignent et “Duél” lance le set. Le son est superbe. Clair, massif, précis. On entend chaque nuance, chaque ghost note, chaque respiration. Et quand Tatiana entre en scène… wow. Robe blanche en dentelle, corset ajusté, silhouette presque fragile — contraste total avec la violence contrôlée qu’elle s’apprête à balancer.

Ils enchaînent sur “Green Serpent” et là… les visuels sont INCROYABLES.
Animations en noir et blanc, serpents verts qui traversent l’écran géant, esthétique qui ressemble à des illustrations anciennes. C’est artistique, sombre, élégant. Jinjer ne fait pas dans le décor générique : chaque morceau a son univers visuel propre.

Et la voix de Tatiana en live ? Bluffante.
Vraiment. Les transitions chant clair / growl sont d’une propreté indécente. Les changements de rythme sont CLEAN, les enchaînements entre les morceaux sont d’une fluidité hallucinante. On sent le groupe ultra rodé, ultra précis.

Tatiana prend la parole :
“On m’a dit que Lyon aimait le hardcore… est-ce que vous voulez du hardcore ?”
La salle hurle.

Et elle se met à danser de façon presque espiègle sur “Fast Draw”.
Derrière eux, des balles de fusil circulent sur les écrans.
L’ambiance est tendue, presque cinématographique avant que “Vortex” me fasse hurler malgré moi, l’énergie monte encore d’un cran. Les lights découpent la scène, mettent chaque solo en lumière, offrent à chaque musicien son moment. Le bassiste groove comme un métronome possédé, les guitares sont tranchantes, et derrière, les projections s’adaptent à la moindre variation. C’est millimétré.

“Disclosure!” et “Tantrum” sont incroyables, on continue à voir leur prouesse technique, et l’énergie et l’amour qu’ils donnent à leur fans.

“Teacher, Teacher!” et “Judgement (& Punishment)” déclenchent une réaction massive du public. Les têtes bougent à l’unisson. Ça pogote en bas, ça headbang en haut. Malgré la technicité du groupe — prog, groove metal, touches presque jazzy — ça reste viscéral.

Sur “Kafka”, une lyric video apparaît derrière eux. Les mots défilent pendant que le groupe déroule avec une précision chirurgicale. Les changements de tempo sont fous, mais tout est exécuté sans accroc. C’est propre.

“I Speak Astronomy” (oui j’étais très agréablement surprise qu’ils la jouent), apporte une respiration plus aérienne, presque planante, avant que “Perennial” ne fasse frissonner la salle entière. Ce morceau en live… c’est une expérience. L’intensité monte progressivement, Tatiana habite chaque seconde, se déplace avec aisance sur toute la largeur de la scène, sans jamais perdre le contrôle.

Puis vient “Pisces”. Évidemment.
Le morceau qui les a propulsés mondialement grâce à cette fameuse live session devenue virale. Et même en sachant ce qui arrive… le contraste vocal frappe toujours aussi fort. Autour de moi, ça chante, ça retient son souffle, puis ça explose. J’avoue, j’ai chanté toute la chanson moi aussi.

Le set principal se termine sur “Someone's Daughter” et “Rogue”, délivrés avec une énergie intacte. Pas une baisse de régime. Pas une approximation.

Ils quittent la scène.

Mais reviennent vite pour le rappel avec “Sit Stay Roll Over”.
Dernière décharge d’adrénaline. Dernier moment de chaos contrôlé.

Ce qui me frappe le plus en sortant, c’est la maîtrise.
Tout était calibré pour eux : les lumières, les projections, la scénographie, le son. Même les drums avaient leurs propres projecteurs indépendants. Chaque détail semble pensé pour sublimer leur identité.

Jinjer, ce n’est pas juste technique. Ce n’est pas juste puissant.
C’est intelligent, artistique, et terriblement efficace en live.
C’est une réelle expérience, et j’aurais pas pu espérer mieux comme première fois pour voir ce groupe légendaire. Tatiana fait partie des chanteuses que j’admire le plus, elle fait partie de celles qui ont pavé le chemin pour les femmes dans le metal, je ressors de cette salle très émue.

Je redescends de l’étage avec les oreilles qui sifflent légèrement, le cœur bien rempli, et cette sensation d’avoir assisté à quelque chose de parfaitement exécuté.

SETLIST:
Duél
Green Serpent
Fast Draw
Vortex
Disclosure!
Tantrum
Teacher, Teacher!
Kafka
Judgement (& Punishment)
Hedonist
I Speak Astronomy
Perennial
Someone's Daughter
Rogue
Pisces
BIS: Sit Stay Roll Over

Trois groupes. Trois claques différentes. Mais Jinjer… quelle démonstration.

Un immense merci au Transbordeur, aux groupes et leurs techniciens, et surtout à Veryshow pour l’invitation. C’est certainement une soirée que je ne vais jamais oublier.