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Report DET VAR et HRAFNGRIMR au Petit Bain le 30/10/2023

« Le Petit Bain s’est transformé en repaire de vikings et d’amateurs de Pagan/Ambient pour une soirée qui a tenu ses promesses avec Det Var et Hrafngrímr qu’on espère revoir très prochainement sur scène ! »
Enora
Journaliste
Neo-nordique/Ambient
30/10/2023
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Avant de commencer ce live-report, rappelons que deux obstacles majeurs se sont érigés contre cette date organisée par Base Productions : l’annonce du concert, le même soir, de Ho99o9, Perturbator et Carpenter Brut à l’Olympia ; et l’annulation de la participation de Nytt Land à la tournée qui devait avoir lieu. C’est donc dans un Petit Bain peu rempli que Det Var et Hrafngrímr s’apprêtaient à se produire. Mais qui dit public moins nombreux dit aussi public de passionnés, et de ce point de vue-là, les fans de Pagan / Néo-nordique / Ambient ont répondu présents !

DET VAR

En quelques mots, Det Var est un groupe français de Neo-Folk né en 2020 de l’association de Thomas Annson (ex-Nemost) et Johan Henser (ex-Gohrgone) mais c’est à sept qu’ils montent sur scène ce soir. Enfin, monter sur scène est un grand mot tant l’entrée en matière est chaotique : la musique annonçant le début du concert est à peine plus forte que les morceaux sur lesquels le public patientait, les lumières ne s’éteignent pas et personne ne se rend vraiment compte qu’ils sont sur le point de commencer… Cette ambiance étrange dure et dure jusqu’à ce que les lumières s’éteignent enfin et que les fans puissent acclamer Det Var comme il se doit pour ‘Wyrd’ et sa rythmique hypnotique. Les passages chantés répondent aux cordes mais les voix se perdent parfois sous l’ensemble instrumental. Après un rapide « Bonsoir le Petit Bain ! », les musiciens enchaînent avec ‘Vi Red Sammen’. Tout est en place musicalement mais on ne peut s’empêcher de s’étonner du manque d’articulation des deux chanteurs, campés derrière leurs micros ornés de ramures de cerf, et de la chanteuse, plus à l’arrière de la scène, qui perdent, par la même occasion, des opportunités de faire entendre leurs harmoniques.

Il est enfin temps de faire les présentations même si, d’après les cris du public, une bonne partie de la salle connaît le groupe : « Nous sommes Det Var, et on est très content d’être ici ce soir ! Enfin à domicile ! ». Après un interlude chanté, et une petite correction sonore qui permet au chanteur principal d’être aussi audible que ses camarades, voici ‘Kråke’, puis ‘Steinrøtter’. Le jeu de scène est très sobre et les harmonies vocales sont de plus en plus équilibrées au fil du set. L’un des chanteurs de Det Var profite d’une pause entre deux titres pour remercier Danny Louzon (Hurakan) qui a réalisé leurs deux derniers clips, à savoir ceux de ‘Steinrøtter’ et de ‘Forræder’ que nous entendrons peu après. Les compositions sont belles mais manquent peut-être un peu d’audace, donnant l’impression de répéter la même structure et d’avoir recours aux mêmes artifices ; mais le groupe n’en est qu’au début d’une carrière qu’on lui souhaite longue ! Après un nouvel interlude qui met en avant les percussions, le groupe appelle le chanteur de Hrafngrímr, qui s’est sans doute caché si on en croit ce qu’ils nous disent, pour interpréter leur dernière chanson de la soirée, ‘Herlighet’.

Setlist de Det Var :
1. Wyrd
2. Vi Red Sammen
(Interlude chant)
3. Kråke
4. Steinrøtter
5. Vergen
6. Forræder
(Interlude percussions)
7. Herlighet

HRAFNGRIMR

La pause permet au public d’échanger avec les membres de Det Var qui rejoignent assez vite la fosse du Petit Bain pour laisser la place à l’installation de Hrafngrímr. Rebelote après le départ raté du premier groupe mais d’une manière encore plus étonnante puisque cette fois les lumières s’éteignent…et le public n’en a rien à faire, éparpillé à travers la salle et poursuivant ses discussions. Et le lancement d’une musique de fond ne va pas y changer grand-chose, ni l’arrivée du percussionniste Nicolas Derolin sur scène, rapidement rejoint par le reste du groupe qui n’est presque pas applaudi. Il faut les premières mesures de ‘Vinátta’ pour finalement capter l’attention du Petit Bain, et heureusement car les musiciens ne tardent pas à déployer devant nous un morceau étonnant de richesse et de complexité ! Les harmonies vocales sont très bien tenues et le duo vocal, composé de Mattjö Haussy et de Christine Roche, n’hésite pas à s’approcher au plus près des premiers rangs pour les inviter à les rejoindre dans cette performance qui s’annonce déjà très intéressante.

Le chanteur profite d’une pause après ‘Þrír harfnar’ pour déclarer : « Est-ce que ça va, le Petit Bain ? Nous sommes Hrafngrímr. On vient à moitié de Paris et à moitié d’un peu partout. La prochaine chanson parle de dualité, de justice et de règlements de compte : ‘Holmgánga’. » Le son est globalement très bon mais le choix d’un lightshow stroboscopique étonne et ne fait pas nécessairement honneur à l’atmosphère qui accompagne leur musique. La palette vocale de Mattjö se révèle dans toute sa diversité et le timbre de Christine, très différent des voix féminines assez lisses qu’on entend généralement dans ce registre, est un régal ! Les musiciens, Mostefa Elkamal et Hindrik Hjorvard, chacun d’un côté de la scène, sont moins statiques que ceux de Det Var mais surtout on les voit interagir, se regarder, se toucher l’épaule, dégageant une image de camaraderie à laquelle le public semble très réceptif.

Annonçant un hommage à leur ami Mike, décédé du Covid, le groupe invite la fosse scander quelques mots avec eux sur ‘Blót’ qu’ils dédient à « tous ceux qui nous sont chers et qui sont tombés ». Si le vieux norrois pose de sérieux problème aux fans, qui essaient pourtant de faire de leur mieux, l’initiative est louable. La performance se poursuit avec ‘Rúnir’ et ‘Óvnir’, des chansons très incarnées et qui permettent de pleinement prendre la mesure de la ferveur qui anime les musiciens de Hrafngrímr, puis une jam session à la spontanéité absolument délicieuse ! Il faut néanmoins insister sur le plus gros (et seul ?) point noir de cette performance : le son est coupé d’un coup à la fin de chaque morceau, ce qui nous force presque à quitter l’univers de Hrafngrímr plutôt que de laisser planer les dernières notes dans l’air. S’il n’y a qu’une seule chose à améliorer, c’est bien celle-là !

La superbe performance du groupe se poursuit avec ‘Einherjar’ et ‘Sextándi’ qui, comme les chansons précédentes, reprennent des textes de l’Edda de Snorri Sturluson. Dans cette dernière partie du set, le Petit Bain se vide de manière inexpliquée, d’autant plus qu’il n’est pas si tard que ça et que les musiciens communiquent beaucoup et invitent le public à participer autant que possible et à se laisser aller au rythme entêtant de leurs compositions. La fin est annoncée avec ‘Fylgja’ qui précède une très jolie conclusion puisque Det Var rejoint Hrafngrímr sur scène pour une jam. Au terme de cette magnifique prestation, je ne peux que vous inviter à écouter Hrafngrímr sur album pour découvrir toutes les subtilités de leurs créations auxquelles il n’est pas facile de rendre hommage dans les conditions du live mais qui méritent qu’on leur prête l’oreille.

Setlist de Hrafngrimr :
1. Vinátta
2. Þrír harfnar
3. Holmgánga
4. Blót
5. Rúnir
6. Óvnir
7. Jam session (improvisation)
8. Einherjar
9. Sextándi
10. Fylgja
11. Jam session avec Det Var

En conclusion, le Petit Bain s’est transformé en repaire de vikings et d’amateurs de Pagan/Ambient pour une soirée qui, malgré la très regrettable absence de Nytt Land, a tenu ses promesses. Bien que peu nombreux, le public a donné de la voix pour Det Var et Hrafngrímr qu’on espère revoir très prochainement sur scène !

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