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HELLFEST 2026, report de la quatrième journée

«Une journée 100% doom, punk et hardcore de haut vol»
CARMZIOFA
Rédacteur en Chef
21/06/2026
46 vues
Dernier jour. Ce mot sonne toujours un peu trop tôt au Hellfest. Après trois journées épuisantes et exaltantes, ce dimanche 21 juin — Fête de la Musique, comme pour rappeler que la culture n'est jamais loin — vient refermer cette 19ᵉ édition avec une dernière carte maîtresse : une journée entière dédiée au punk, au hardcore et au sludge metal sudiste, dans toute la diversité que ces termes peuvent recouvrir.

La Mainstage 1 s'offre une programmation 100 % punk californien et pop-punk, un choix assumé et réjouissant qui convoque une décennie entière de culture skate, de lycéens en colère et de refrains entêtants. The Ataris, Pennywise, les Dwarves, The Bones : autant de noms qui évoquent des époques et des esthétiques différentes mais qui partagent cette même croyance fondamentale que deux minutes de punk bien exécuté peuvent changer une journée.

La Warzone joue dans son registre de prédilection avec Circle Jerks, Buzzcocks, Agnostic Front et The Adicts — un alignement qui pourrait presque se lire comme un cours accéléré d'histoire du punk des années 80. La Valley, quant à elle, garde ses armes les plus lourdes pour la fin : Corrosion of Conformity en milieu d'après-midi, et Down en clôture absolue du festival, Phil Anselmo et ses acolytes de la Nouvelle-Orléans pour une nuit tardive et lugubrement belle dans l'air chaud de Clisson.

Ce dimanche est la journée du Hellfest pour ceux qui connaissent vraiment leur affaire. Moins spectaculaire en termes de noms commerciaux, elle est peut-être la plus honnête, la plus cohérente, la plus punk au sens profond du terme. Une conclusion qui ne cherche pas à en mettre plein la vue mais à finir comme on a commencé : dans la sueur, le bruit, et la conviction que rien de tout cela ne sert à rien d'autre qu'à être pleinement vivant.

NOT SCIENTISTS


Mainstage 1, 21 juin, 11h05
Par FredH
Dimanche matin : 4e jour qui s’annonce pire que les autres niveau chaleur et les organismes sont déjà pas mal éprouvés, pour autant il y a quand même du monde devant la MS1 pour NOT SCIENTISTS. Petit challenge de lever les foules au matin sous déjà 68° (ou à peu près ^^) mais beaucoup ont répondu présents et ça sera sans regret.

Un set simple, direct et efficace. Une setlist pertinente pour 30 min. Les mecs envoient : c’est rapide, nerveux et ça fait le public se dandiner allègrement. Ils ont chaud, on a chaud, mais eux comme nous, tout le monde est content d’être là. Malgré la distance physique entre les gars sur scène (et ouais c’est grand la MS !) la complicité est là et ça enchaîne.

Petit bémol me concernant : front-row j’entendais peu la voix de Fred (guitariste), dommage car le chœur apporte vraiment aux morceaux, mais bon, je me le chantais dans la tête . Un bon concert (trop court) plein de fraîcheur (si si la chaleur c’est dans la tête), en espérant les revoir un peu plus haut dans le running-order une prochaine fois pour un set plus long.

Par Nowa
Pour ouvrir cette dernière journée, Not Scientists investit la Mainstage 1 avec son post-punk aussi efficace qu'entraînant. Le quatuor lyonnais enchaîne les morceaux accrocheurs et démontre qu'il a toute sa place sur une scène de cette envergure. Le public, qui continue d'affluer en ce début de journée, répond déjà avec enthousiasme aux refrains. Le groupe livre un set énergique, fluide et sans temps mort, parfait pour lancer cette ultime journée du Hellfest sur les chapeaux de roue.

Setlist
ENDGAME
Rattlesnake
Like gods we feast
Paper Crown
HURRICANE
CAUGHT IN A WEB
Perfect World
Leave Stickers on our Graves


REVNOIR


Mainstage 2, 21 juin, 11h40

Révélation de la scène alternative française, Revnoir propose un mélange moderne de metalcore, d'électro et de chant féminin. Une prestation qui attire rapidement la curiosité des festivaliers. Le groupe impressionne par son énergie et son aisance sur scène. Les passages mélodiques alternent avec des breakdowns puissants et le public réserve un très bel accueil à cette jeune formation.

Setlist
New World
Burn Me Alive
Lost in the Dark
Echoes
Crimson Skies
Blackout

THE DWARVES


Mainstage 1, 21 juin, 12h15

Par le Rédacteur en Chef
Quarante ans de provocations, de concerts expéditifs et de disques scandaleux : The Dwarves sont l'une des formations punk les plus irrévérencieuses de l'histoire underground américaine. Formé à Chicago dans les années 80 avant de migrer vers San Francisco, le groupe autour du chanteur Blag Dahlia n'a jamais cédé sur rien, ni sur les pochettes suggestives, ni sur les concerts à moitié nus, ni sur les fake-deaths pour faire parler.

En 2026, ils arrivent au Hellfest avec ''Jenkem'', treize petites bombes hardcore en guise de carte de visite. Mauvais goût, violence, scatologie : autant de délicieux ingrédients dont ces iconoclastes usent et abusent depuis la fin des années 80, qui ont contribué à écrire la légende de ce groupe inclassable. Provocateurs dans l'âme, les Dwarves divertissent autant qu'ils choquent ou mystifient les foules avec des blagues graveleuses et potaches.

Ce dimanche, le soleil est déjà brutal, la Mainstage 1 se réveille doucement et ces énergumènes de San Francisco débarquent pour mettre le feu avec la finesse d'un marteau-piqueur dans une bibliothèque. Le ton est donné d'entrée : Blag Dahlia, survivant de lui-même, harangue la fosse avec ce mélange de charisme authentique et de mauvais esprit constitutif. Les chansons durent en moyenne deux minutes, parfois moins, s'enchaînent sans interruption notable, et chacune fonctionne comme une petite bombe à fragmentation de punk hardcore. La fosse matinale, qui n'avait peut-être pas prévu de se livrer à une thérapie de choc à midi, s'est retrouvée à pogotter avec une conviction dont elle-même semblait surprise. Et c'était exactement ce dont cette dernière journée avait besoin pour démarrer.

Par Nowa
Impossible de confondre The Dwarves avec un autre groupe. Fidèles à leur réputation, les Américains livrent un concert aussi provocateur que déjanté, entre punk hardcore et humour grinçant. Comme à leur habitude, le groupe ne s'embarrasse pas de fioritures. Les morceaux s'enchaînent à toute vitesse dans une ambiance totalement punk, avec une Mainstage 1 déjà bien agitée dès la fin de matinée.

Blag Dahlia (Blag Jesus) – chant
Gianluca 'Ginger' Panero – guitare
Nick Oliveri – basse, chant
Snupac – batterie

Setlist
Massacre
Anybody Out There?
Everybodies Girl
Unrepentant
Way Out
Everybody's Girl
Surfing the Intercourse Barn
Let's Fuck
Act Like You Know


RESOLVE


Mainstage 2, 21 juin, 12h50

En quelques années, Resolve s'est imposé comme l'une des références du metalcore français. Porté par des compositions modernes et une énergie communicative, le groupe confirme une nouvelle fois son ascension sur la Mainstage. Le public répond immédiatement aux appels du chanteur et les premiers gros mosh pits de la journée se forment devant la scène. Une prestation puissante qui confirme le statut grandissant du groupe.

Setlist
Human
Molotov
Death Awaits
Older Days
Smile
Sandman
Between Me and the Machine
Emerald Skies


THE BONES


Mainstage 1, 21 juin, 13h35

Karlskrona, Suède, 1996 : quatre types se réunissent pour jouer un punk rock gras, huilé, quelque part entre Social Distortion, Johnny Cash et les Devil Dogs. Trente ans plus tard, The Bones tiennent toujours leur promesse d'un rock taillé à la serpe, sans ornement inutile, efficace comme un coup de poing. Leur discographie va de l'EP ''Horrorway'' aux albums ''Burnout Boulevard'' et ''Flash the Leather'', chroniques de la vie sur la route et des lendemains qui déchantent. Peu connus du grand public mais vénérés par la scène punk européenne, ils se produisent pour l'une de leurs rares apparitions en France.

The Bones, c'est le genre de groupe qui ne fait jamais la une des magazines et qui pourtant remplit ses salles partout en Europe depuis vingt-cinq ans sur la force d'une seule chose : ils jouent comme si c'était leur dernier concert. Marcus Petersson, voix rendue rauque par des années de tournée intensive, cheveux en désordre, posture de type qui n'a pas dormi depuis trois jours — est exactement ce que l'étiquette "punk rock" promettait sans toujours livrer.

La Mainstage 1 du Hellfest, c'est un cadre disproportionné pour un groupe de leur calibre, et les Suédois le savent. Plutôt que d'en être intimidés, ils s'en emparent avec la décontraction de gens qui ont vu d'autres salles et d'autres contextes. Les titres s'enchaînent avec la fluidité d'un groupe qui connaît son affaire sur le bout des doigts. Pas de grande dramaturgie, pas d'effets de manche : juste du punk rock taillé dans le bois brut, servi par des gens qui y croient encore après trente ans. Une belle surprise de cette dernière journée.

Marcus "Beef Bonanza" Petersson – chant, guitare
Jonas "Boner" Andersén – chant, guitare
Andi Nero – basse
Fredrik "Spooky Fred" Andersén – batterie


FULCI


Altar, 21 juin, 14h20

Direction l'Altar pour découvrir Fulci, formation italienne dont le nom rend hommage au réalisateur de films d'horreur Lucio Fulci. Après une introduction aux sonorités sombres et inquiétantes, le combo bascule rapidement vers un death metal massif teinté de gothic doom et d’accents horrifiques. Les riffs sont lourds, le chant particulièrement caverneux et les nombreux passages mid-tempo donnent immédiatement envie de secouer la tête. L’efficacité est là. Malgré une chaleur déjà écrasante, les premiers rangs répondent présents. L’audience se laisse porter par cette avalanche de gros riffs qui ne cherche tout sauf la subtilité. Solide et brutale.

SCOUR


Temple, 21 juin, 15h10

La chaleur a beau être suffocante, et même s’il faut être un peu maso pour être sous tente, Temple est bien remplie pour Scour. Le projet du bassiste John Jarvis et de Mister Phil Anselmo délivre un set extrêmement violent et agressif, porté par une section rythmique impressionnante. C’est bien simple, les trois quart d’heure de set ne vont être qu’une succession de blastbeats destructeurs couplés à des riffs black metal par-dessus. Phil semble prendre un réel plaisir à évoluer dans ce registre inhabituel pour lui. Musicalement, l'ensemble se montre carré même si assez linéaire et bourrin sur la durée. Si les amateurs de musiques extrêmes ont du apprécier, j’avoue avoir du mal à aller au bout.

THE ATARIS


Mainstage 1, 21 juin, 15h10

Changement d'ambiance avec The Ataris, qui apportent une touche de punk rock californien à cette dernière journée. Le groupe enchaîne les classiques devant un public conquis d'avance. Les refrains sont repris en chœur par les festivaliers, notamment sur leur célèbre reprise de "The Boys of Summer". Un concert simple, efficace et résolument feel good.

Setlist
In This Diary
Unopened Letter to the World
The Hero Dies in This One
Takeoffs and Landings
Boxcar (Jawbreaker cover)
The Boys of Summer (Don Henley cover)
Eight of Nine
Your Boyfriend Sucks
San Dimas High School Football Rules
Car Song

BUZZCOCKS


Warzone, 21 juin, 16h00

Ils ont tout inventé ou presque : le punk-rock pop, l'amour adolescent transformé en énergie punk, la première tournée des Sex Pistols. Fondés à Bolton, Manchester, en 1976, les Buzzcocks de Pete Shelley et Howard Devoto ont changé la face du punk britannique en montrant qu'une chanson de deux minutes pouvait être à la fois rugueuse et mélancolique. La mort de Pete Shelley en décembre 2018 aurait pu tout arrêter, mais Steve Diggle a décidé de maintenir le groupe en vie, avec le guitariste Mani Perazzoli comme complément indispensable. Ces classiques absolus que sont 'Ever Fallen in Love', 'Orgasm Addict' ou 'What Do I Get' continuent de résonner avec une fraîcheur intacte. Les vétérans du punk anglais ont encore beaucoup sous le coude : force discrète à l'influence indiscutable.

Et il y a quelque chose d'émouvant à voir les Buzzcocks sur la Warzone du Hellfest en 2026. Un groupe fondé il y a cinquante ans, qui a traversé le punk originel, la mort de son chanteur emblématique, et qui se retrouve là, sous un soleil de plomb de 35 degrés à Clisson, à jouer 'Orgasm Addict' devant des gamins de vingt ans qui n'étaient pas nés quand Pete Shelley a écrit la chanson. Steve Diggle porte tout ça avec une légèreté remarquable. Il joue, il sourit, il harangue la fosse avec l'enthousiasme d'un vétéran qui sait ce qu'il a entre les mains et qui refuse de s'en excuser. La setlist est un best-of quasi parfait qui remonte le fil de l'histoire en quarante minutes chrono, de 'What Do I Get ?' à 'Harmony in My Head', avec le sommet absolu de 'Ever Fallen in Love' qui déclenche une communion collective inattendue dans l'après-midi clissonnaise. Seul regret, le groupe n'a pas profité de ce nouveau public pour jouer des titres de son nouvel album ''Attitude Adjustment''(à l'exception de 'Queen of the Scene').

La Warzone, qu'on pouvait redouter un peu froide face à un groupe de cette génération, a répondu avec une générosité qui dit beaucoup sur la qualité et la durabilité de ce répertoire. Les Buzzcocks n'ont pas besoin d'être spectaculaires — leurs chansons font le travail depuis un demi-siècle, et elles le font encore.

Steve Diggle – guitare, chant
Mani Perazzoli – guitare, chant
Chris Remington – basse
Danny Farrant – batterie

Setlist
What Do I Get?
I Don't Mind
Everybody's Happy Nowadays
Queen of the Scene
Senses Out of Control
Sick City Sometimes
Why Can't I Touch It?
Destination Zero
Love You More
Orgasm Addict
Manchester Rain
Ever Fallen in Love (With Someone You Shouldn't've)
Harmony in My Head


BLACK VEIL BRIDES


Mainstage 2, 21 juin, 16h00

Avec son univers visuel toujours aussi travaillé, Black Veil Brides fait son retour au Hellfest. Entre heavy metal moderne et hard rock, le groupe délivre un show parfaitement maîtrisé.
Le public répond présent dès les premières notes de "Knives and Pens". Les classiques s'enchaînent et Andy Biersack multiplie les interactions avec les premiers rangs. Une prestation solide qui satisfait autant les fans de longue date que les curieux.

Setlist
Knives and Pens
Bleeders
Hallelujah
Vindicate
Certainty
Rebel Love Song
Revenger
Faithless
The Legacy
In the End


PARLOR


Purple House, 21 juin, 16h20

Pendant ce temps-là à la Purple House (= l’étuve) avec HellHaine
PARLOR a joué à la Purple House et on en est sorti vivant !!! enfin je crois. J’ai longtemps réfléchi à y aller parce que bon la réputation de la Purple House n’est plus à faire et qu’à 68° dehors (oui toujours) y’avait moyen de clamser là-dedans. Finalement, ne pouvant pas ne pas y aller et soutenir une petite pépite française, j’ai bu tout ce que je pouvais boire d’eau avant d’y aller, je me suis trempée autant que possible et je suis rentrée dans la fournaise.

Par chance, il y avait à quelques rares occasions des petits brins d’air mais bon, j’ai mouru comme l’âne mais ça valait le coup. On a donc retrouvé PARLOR dans la cage et malgré les conditions, ils ont été impeccables, trempés mais impeccables ! et quelque part, ces conditions ont ajouté un petit quelque chose à leur musique nawak et jouissive. Le groupe mené par leur chanteur Arthur - qui tel un lion, a fini par s’échapper de la cage pour en faire le tour et aller s’amuser avec le public – nous a offert un set tout en intensité et en rage.

Leur hardcore chaotique était parfaitement adapté à cette scène et le son a rendu hommage à la déferlante de notes qu’ils nous ont asséné. Le quatuor a tout donné malgré la fournaise, ils ont mis à mal les personnes qui ont assisté à ce moment, et le pire c’est qu’on était contents ! Bref, on a sûrement perdu des points de vie, mais qu’est-ce que ça valait la peine d’y être !!

EYEHATEGOD


Valley, 21 juin, 16h50

A partir de maintenant (FredH), ce sera « mon cul à la Valley » jusqu’à la clôture et pour cet enchainement inespéré de groupes venant de la scène « Nola ». C’est donc Eyehategod qui ouvre ce « sludge fest’ » dans le fest’. Avec Mike Williams et sa bande, il ne faut s’attendre à rien de spectaculaire. « Simplement », des gars, des amplis, une batterie et du son, poisseux et dégueulasse, pratiqué depuis plusieurs décennies.

Peu d’interaction avec la foule (si ce n’est les gestes explicites de Jimmy Bower signifiant d’aller nous faire « vous savez quoi »). Malgré la forte chaleur, la Valley a fait le plein et l’on note plusieurs fans secouer vigoureusement la tête ou lever les poings. Avec Eyehategod, c’est tout l’un (c’est très bon) ou tout l’autre (on passe à côté). Aujourd’hui, on était plutôt sur un jour avec.


PENNYWISE


Mainstage 1, 21 juin, 16h50

Véritable institution du punk rock californien, Pennywise retrouve le Hellfest avec son énergie intacte. Entre hymnes fédérateurs et rythme effréné, le groupe transforme rapidement la Mainstage 2 en immense terrain de jeu pour les amateurs de circle pits. Les classiques s'enchaînent sans temps mort et le public répond présent du début à la fin. Une prestation efficace qui rappelle pourquoi Pennywise reste une référence du punk mélodique.

Setlist
Peaceful Day
Straight Ahead
Wouldn't It Be Nice
Same Old Story
My Own Country
The World
Fuck Authority
Do What You Want (Bad Religion cover)
Fight for Your Right (Beastie Boys cover) (Partial)
Pennywise
Society
Stand by Me (Ben E. King cover)
Bro Hymn

CIRCLE JERKS


Warzone, 21 juin, 17h45

Keith Morris, l'une des grandes voix du punk hardcore américain, a fondé les Circle Jerks en 1979 après avoir quitté Black Flag. Avec leur premier album ''Group Sex'' (1980), un chef-d'œuvre de quinze minutes à peine et quatorze chansons explosives, le groupe de Los Angeles s'est imposé comme l'une des formations fondatrices du hardcore californien. Après une longue mise en sommeil, le groupe s'est reformé en 2020 avec le line-up classique et tourne depuis avec une conviction intacte. Keith Morris incarne cet esprit du hardcore originel : sans compromis, sans filet, 100% punk. Sauf que la réalité d'un concert des Circle Jerks en 2026 est légèrement plus complexe — et beaucoup plus intéressante — que le résumé ne le laisse entendre.

Le concert démarre bizarrement. Pas de riff immédiat, pas d'assaut frontal — Keith Morris prend le micro et présente ses musiciens un par un, à la façon d'un compère de soirée, incluant dans le tour de présentation l'ingénieur du son, salué comme s'il était membre à part entière du groupe. L'assistance rit, un peu déconcertée. On n'est pas exactement sur la même longueur d'onde que les autres groupes de la matinée. Morris, soixante-dix ans au compteur et l'air d'un homme qui a survécu à des décennies que beaucoup n'auraient pas traversées, prend son temps. Il explique que le punk existait bien avant qu'on lui colle l'étiquette "hardcore" — qu'à l'époque, c'était l'ère des platform boots, que ses contemporains s'appelaient Mott the Hoople et David Bowie, et que ce qu'ils ont fondé s'est construit en réaction à tout ça, pas dans le vide.

Puis vient la musique, et là tout s'accélère. 'World Up My Ass', 'Beverly Hills', 'I Just Want Some Skank' — les titres s'enchaînent avec la densité compressée qui est la signature du groupe : courts, brutaux, quasi-interchangeables dans leur virulence, et pourtant parfaitement distincts pour qui les connaît.

Mais Morris ne s'arrête pas là. Entre les morceaux, il parle. Beaucoup. Il évoque la Social Security, avec ce mélange de sarcasme et d'amertume sincère qui lui est propre : à son âge, disait-il en substance, il devrait être en train de toucher sa retraite fédérale plutôt que de jouer du punk dans un festival français — mais tant qu'il peut se payer à manger et garder un toit, il continue. Il trouve le public un peu mou, trop sage, comme aux funérailles — « I hope you're gonna move a little more than that » — et le pit finit par se débloquer progressivement sous la pression rhétorique.

Le moment le plus saisissant arrive avant 'Moral Majority'. Morris demande s'il y a des chrétiens dans le public. Il laisse passer un silence. Puis il parle de cette catégorie de gens — les nationalistes chrétiens blancs, ceux qui agitent leur Bible comme une arme, ceux qu'on appelait autrefois la Moral Majority et qu'on appelle aujourd'hui d'autres noms tout aussi peu recommandables. Il dit : « When we wrote this song, when Greg and I wrote this song, we had a group of people back then, we called them the white fucking moral majority » — et le groupe enchaîne sur le titre. Dans un Hellfest de 60 000 festivaliers européens qui n'ont pas voté Trump, le discours sonne différemment que sur une scène de Las Vegas face à des fans MAGA — mais l'énergie de la chanson, elle, ne perd rien de sa pertinence.

Un concert bancal dans sa forme, lumineux dans sa substance — exactement le genre de show que seul un groupe de cette génération et de cette trempe pouvait livrer.

Keith Morris – chant
Greg Hetson – guitare
Zander Schloss – basse
Joey Castillo – batterie

Setlist
Deny Everything
Letterbomb
In Your Eyes
Back Against the Wall
Behind the Door
I Just Want Some Skank
Beverly Hills
When the Shit Hits the Fan
Under the Gun
Coup d'état
Moral Majority
Don't Care
Live Fast Die Young
Wild in the Streets
I, I & I
Beat Me Senseless
World Up My Ass
Wasted
Revenge
Nervous Breakdown
What's Your Problem
Question Authority


THREE DAYS GRACE


Mainstage 2, 21 juin, 17h45

Pour son retour au Hellfest, Three Days Grace attire une foule impressionnante. Le groupe canadien alterne entre ses plus grands classiques et ses morceaux récents, porté par une énergie communicative. L'alternance entre les deux chanteurs apporte une vraie dynamique au concert. Les refrains de "Animal I Have Become" ou "I Hate Everything About You" sont repris à pleins poumons par le public, offrant l'un des moments forts de l'après-midi.

Setlist
Dominate
Animal I Have Become
So Called Life
The Good Life
I Am Machine
Time of Dying
The Mountain
I Hate Everything About You
Mayday
Painkiller
Never Too Late
Riot

CORROSION OF CONFORMITY


Valley, 21 juin, 18h40

C’est avec un « Fuck the rules, Fuck the System, Fuck you » lâché par Pepper Keenan que le gig est lancé. Pour une heure, le chanteur-guitariste de Corrosion of Conformity et ses trois comparses vont nous envoyer des compos majoritairement extraites du récent « Good God / Bad Man » et d’un de leur meilleur skeud « Deliverance ».

Même si on crève de chaud (39°), ce mélange de riffs lourds et de groove décontracté est un vrai régal, malgré Ah si, mon petit bonheur du set, un titre de « Blind », et quel morceau ('Vote with a Bullet').

RISE AGAINST


Mainstage 1, 21 juin, 18h40

Toujours aussi engagé, Rise Against livre un concert intense où se mêlent puissance, mélodies et messages forts. Les Américains confirment une nouvelle fois leur statut de valeur sûre des festivals. La fosse ne cesse de bouger pendant toute la durée du concert. Entre les morceaux les plus énergiques et les passages plus mélodiques, le groupe trouve le parfait équilibre et quitte la scène sous une belle ovation.

Setlist
Re-Education (Through Labor)
Under the Knife
Satellite
Give It All
Help Is on the Way
Ready to Fall
The Good Left Undone
Prayer of the Refugee
Swing Life Away
Chamber the Cartridge
Savior


AGNOSTIC FRONT


Warzone, 21 juin, 19h45

Roger Miret et Vinnie Stigma incarnent à eux seuls l'histoire du New York hardcore. Fondé en 1980, Agnostic Front est l'un des groupes fondateurs de la scène NYHC, avec des albums comme ''Victim in Pain'' (1984) et ''Cause for Alarm'' (1986) qui ont posé les bases d'un sous-genre entier. Leur musique, à la croisée du punk hardcore et du metal crossover, a influencé des centaines de groupes. Vinnie Stigma, pilier indéboulonnable depuis l'origine, est une institution. Roger Miret, qui règne au micro depuis 1983, est la voix de toute une culture. Légendaire hardcore new-yorkais dans toute sa brutalité : rapide, vindicatif, plein de rage. Agnostic Front a posé les fondations d'une scène entière avec une sincérité sans compromis et une énergie explosive. Sur scène, c'est le chaos et la communion — un mur de son, des hymnes hardcore comme des uppercuts soniques.

La Warzone était pleine pour accueillir ce pilier important de l'histoire du hardcore. Le groupe a démarré sans attendre avec le titre 'AF Stomp' puis 'Way of War' avec l'arrivée sur scène de Roger Miret qui a immédiatement demandé au public de former un circle pit — ce que celui-ci a fait sous le soleil brûlant de Clisson. Le groupe a enchaîné les morceaux avec très peu de pauses entre chacun, juste le temps de prendre un peu d'eau. Roger Miret, entre les titres, a tenu des discours d'union face à ce qui cherche à nous diviser, insistant sur ce qui lui importe vraiment : des amitiés vraies, des gens sur qui on peut compter.

Le concert était aussi un show de l'inépuisable Vinnie Stigma, qui affiche 70 ans au compteur. Il bouge, prend sa pose habituelle les deux poings sur chaque côté du ventre, salue le public avec un grand sourire et sillonne la scène en permanence. Même si on peut le voir parfois reprendre son souffle par cette chaleur et sans ombre, c'est une sacrée performance. Il a d'ailleurs été célébré en ayant la possibilité de chanter l'un des derniers titres du set, tandis que Roger Miret demandait au public de scander son nom — Stigma levant alors sa guitare avec son nom gravé dessus.

Comme d'habitude, pour clore le set, Roger Miret rend hommage aux Ramones avec une reprise de 'Blitzkrieg Bop', estimant que sans eux, le hardcore n'aurait pas pu exister. Un concert de classe, un groupe d'une intégrité rare, et une des belles heures de ce dimanche de clôture.

Roger Miret – chant
Vinnie Stigma – guitare
Craig Silverman – guitare
Mike Gallo – basse
Danny Lamagna – batterie

Setlist
AF Stomp
Way of War
The Eliminator
My Life My Way
You Say
For My Family
Friend or Foe
Fall of the Parasite
Matter of Life & Death
Victim in Pain
Your Mistake
Blind Justice
Old New York
Sunday Matinee
Peace
Crucified
Power
Gotta Go
Police State
Addiction
Blitzkrieg Bop


ARCHITECTS


Mainstage 2, 21 juin, 19h45

Quelques mois après la sortie de leur dernier album, Architects revient au Hellfest avec un show toujours aussi massif. Le groupe alterne entre ses nouveaux morceaux et les incontournables de sa carrière et le public répond immédiatement aux appels de Sam Carter, les circle pits se multiplient devant la Mainstage. Les refrains de "Doomsday" et "Animals" sont repris par des milliers de festivaliers, confirmant une nouvelle fois la place d'Architects parmi les têtes d'affiche du metal moderne.

Setlist
Elegy
Whiplash
Doomsday
Black Lungs
Blackhole
Impermanence
Broken Mirror
Brain Dead
when we were young
Everything Ends
Seeing Red
Animals


ACID BATH


Valley, 21 juin, 20h50

On les espérait l’an passé en tant que « Very special guest » de la Valley, c’était finalement Hermano/John Garcia qui était venu (quel panard quand on y repense). Les Dieux du metal (et l’orga) nous ont entendus et ça y est, cette année, Acid Bath est là.

Pour leur première apparition au festival de l’enfer, les pionniers du sludge made in Louisiane vont nous offrir dix morceaux extraits de leurs « seulement » opus studio (« When the Kite String Pops » de 1994, « Paegan Terrorism Tactics » de 1996). Entre les chansons, aucune communication, à part un seul « We are here to destroy the sun » (NdT : Nous sommes là pour détruire le soleil », il fait encore 34° à 21h) lâché par un des guitaristes. L'attente était immense, on n’a pas été déçus ».

THE HIVES


Mainstage 1, 21 juin, 20h50

Impossible de rester immobile devant The Hives. Fidèles à leur réputation, les Suédois livrent un concert débordant d'énergie où Pelle Almqvist monopolise l'attention avec son charisme et son humour. Le chanteur passe son temps à haranguer la foule et obtient une réponse immédiate du public. Les classiques s'enchaînent dans une ambiance électrique, faisant de ce concert l'un des plus funs de la journée.

Setlist
Enough Is Enough
Main Offender
Hooray Hooray Hooray
Paint a Picture
Bogus Operandi
Hate to Say I Told You So
Countdown to Shutdown
Come On!
Tick Tick Boom
Legalize Living
Walk Idiot Walk
The Hives Forever Forever The Hives


THE ADICTS


Warzone, 21 juin, 21h55

Ipswich, 1975. Quatre adolescents créent un groupe dont le look emprunté à Orange Mécanique de Kubrick deviendra une marque de fabrique mondiale. The Adicts, emmenés par le chanteur Monkey (Keith Warren) grimé en Alex DeLarge, pratiquent un punk rock mélodique et festif qui doit autant à la culture des skinheads anglais qu'aux Ramones. ''Sound of Music'' (1982), leur album de référence, reste une pépite absolue du punk britannique de la seconde vague. Leurs shows sont de véritables happenings visuels, carnavals électriques où le public ne sait plus où donner de la tête.

Clore la Warzone du dernier jour du Hellfest, c'est une mission que peu de groupes pourraient assumer avec autant d'aplomb que les Adicts. Monkey débarque sur scène. Monkey arrive les bras grands ouverts, dans une pose de showman absolu. Ce qui frappe immédiatement : une immense cape holographique et irisée déployée comme deux ailes de papillon géant — rouge, rose, argentée, couverte de sequins et de reflets qui captent toutes les lumières de la scène violette. Elle occupe les deux tiers de l'image et crée un effet visuel spectaculaire, à mi-chemin entre le music-hall et le carnaval de Venise. En dessous, un gilet noir à étoiles dorées, une ceinture rouge vif, et un pantalon holographique argenté et doré — du sol au plafond, il brille de partout. Sur la tête, le chapeau melon noir iconique, bien vissé. Le visage est grimé de blanc avec les lèvres sombres — le maquillage Alex DeLarge signé Adicts, intact depuis 1975.

Monkey balance des cartes de jeux dans le public, se couvre de confettis issu dans chapeau. Bref ! Un concert de The Adicts ne serait jamais un concert sans tout ces artifices qui transforment un concert en pièce de théâtre sans jamais sacrifier l'urgence punk du truc. La Warzone a tenu bon malgré l'épuisement de quatre jours de festival et des températures caniculaires, et les festivaliers qui avaient survécu jusqu'à cette heure-là méritaient exactement ce genre de clôture : festive, légèrement surréaliste, arrosée de confettis et de 'Viva la Revolution'. Leurs grandes chansons qui n'ont pas vieilli d'une ride. Monkey, qui court, danse et interagit avec la fosse avec une énergie que bien des frontmen de vingt ans lui envieraient, rappelle à chaque concert pourquoi l'esthétique Adicts n'a été copiée par personne. Un final de Warzone à la hauteur d'une journée punk de haute tenue.

Monkey (Keith Warren) — chant
Pete Dee (Pete Davison) — guitare
Highko Strom - guitare
Kiki Kabel — basse
Kid Dee (Michael Davison) — batterie
Setlist
Let's Go
Joker in the Pack
Horrorshow
Johnny Was a Soldier
How Sad
4321
Numbers
Troubadour
Angel
You're All Fools
My Baby Got Run Over by a Steamroller
Just Like Me
Rockin' Wrecker
Who Spilt My Beer?
Fuck It Up
Crazy
Chinese Takeaway
Bad Boy
Viva la revolution
You'll Never Walk Alone


BAD OMENS


Mainstage 2, 21 juin, 21h55

Très attendu par les fans de metalcore moderne, Bad Omens confirme son immense popularité avec une Mainstage 2 noire de monde. Le groupe livre un show visuellement travaillé, alternant passages atmosphériques et explosions de puissance. Noah Sebastian captive immédiatement le public par sa présence scénique, tandis que les jeux de lumières accompagnent parfaitement l'ambiance des morceaux. Entre émotion et violence, Bad Omens propose une prestation particulièrement marquante.

Setlist
Specter
Glass Houses
THE DEATH OF PEACE OF MIND
Dying to Love
CONCRETE JUNGLE
Nowhere to Go
Limits
ARTIFICIAL SUICIDE
V.A.N
Left For Good
What It Cost
Like a Villain
Just Pretend
Impose

DOWN


Valley, 21 juin, 23h15

Pour conclure cette édition 2026 côté Valley, quoi de mieux que Down à la Valley ? On a beau être rincé après 4 jours de festival et cuits par la canicule du jour, impossible de ne pas être là. C’est une véritable ovation qui accueille Pepper Keenan, Kirk Windstein, Jimmy Bower, Pat Bruders et de Phil Anselmo (pieds nus) à leurs entrées.

Pour sa setlist du jour, en plus de deux titres extraits de « Down II : A Bustle in Your Hedgerow » ('Ghosts Along the Mississippi', 'Lysergik Funeral Procession'), le groupe va nous régaler avec pas moins de dix morceaux (sur les treize de l’album) puisés dans le cultissime « NOLA ». Du pur bonheur en barre. Phil échange régulièrement avec le public, rendant notamment hommage à Dimebag Darrell, Vinnie Paul et Ozzy Osbourne (avant 'Lifer') ou saluant les « badass troopers » lui faisant face (avant 'Hail the Leaf'). Le final ('Bury Me in Smoke'), opéré avec plusieurs copains en invité (dont les membres de Corrosion of Conformity), arrive bien trop vite.

THE OFFSPRING


Mainstage 1, 21 juin, 23h15

Pour clôturer cette édition 2026 côté Mainstage, The Offspring offre un véritable best-of de sa carrière. Les Californiens enchaînent les tubes devant une Mainstage comble, transformant Clisson en immense karaoké punk rock. Le public chante chaque refrain du début à la fin. Entre "Come Out and Play", "Why Don't You Get a Job?", "Pretty Fly (For a White Guy)" et "Self Esteem", le groupe ne laisse aucun temps mort et conclut le festival dans une ambiance exceptionnelle.

Setlist
SUPERCHARGED Intro
Come Out and Play
All I Want
Want You Bad
Staring at the Sun
Hammerhead
Bad Habit
Electric Funeral / Paranoid (Black Sabbath cover) (Snippet)
Crazy Train (Ozzy Osbourne cover)
In the Hall of the Mountain King (Edvard Grieg cover)
Love Story (Taylor Swift cover)
Hit That / Original Prankster
Gotta Get Away (With drum solo ending)
Why Don't You Get a Job?
Pretty Fly (for a White Guy)
The Kids Aren't Alright
You're Gonna Go Far, Kid
Self Esteem


Dernier jour. Les corps portent les stigmates des trois nuits précédentes, mais il y a dans ce dimanche une énergie particulière, ce mélange d'urgence et de nostalgie anticipée propre aux fins de festival. Et pendant que notre équipe de rédaction quittait le site, quelque chose dans l'air de Clisson ressemblait à ce sentiment rare qu'on ne sait pas tout à fait nommer : la satisfaction d'avoir été exactement au bon endroit, au bon moment. À l'année prochaine, Hellfest, pour ton 20ième anniversaire.