Clisson, troisième round
Clisson, 20 juin 2026
Le samedi du Hellfest a toujours quelque chose de particulier. C'est la journée où les corps accusent les deux premières nuits de festival mais où l'adrénaline prend le relais, où le site atteint une densité humaine maximale, où la cathédrale de métal déploie sa pleine puissance. Ce 20 juin 2026, la troisième journée de cette 19ᵉ édition ne déroge pas à la règle. Elle tient même toutes ses promesses, et elles sont considérables.
Car si le jeudi avait posé ses jalons avec l'énergie frontale de Bring Me the Horizon et si le vendredi avait soulevé la foule autour d'Iron Maiden célébrant un demi-siècle de carrière, le samedi change de braquet. La Mainstage 1 passe en mode nu-metal et metal alternatif, portée par un Limp Bizkit en tête d'affiche qui s'annonce comme l'un des moments les plus attendus — et les plus discutés — du festival. La Mainstage 2, de son côté, offre un après-midi thrash d'anthologie avec Anthrax et Megadeth en fermeture de soirée, ce dernier dans le cadre de sa tournée d'adieux.
Mais c'est peut-être la Warzone qui frappe le plus fort ce samedi, avec une programmation hardcore qui va de Cancer Bats à Hatebreed en passant par les Cro-Mags, alignant sans respiration les groupes qui ont façonné la scène extrême de ces trente dernières années.
Cette journée du samedi est un concentré brut de ce que le Hellfest sait faire de mieux : mettre face à face des générations différentes, des esthétiques contradictoires, des publics qui ne se seraient peut-être jamais croisés ailleurs, et les faire vibrer ensemble autour d'une même religion du son et de l'énergie.
INSANITY ALERT
Mainstage 2, 20 juin, 11h40
Fondé à Graz en Autriche, Insanity Alert s'est imposé depuis la fin des années 2000 comme l'une des formations les plus jouissives du crossover thrash européen. Leur recette est simple et imparable : des riffs thrash à toute vitesse, un sens de l'humour aussi décapant que leurs blast beats, et un frontman — Heavy Kevy — dont l'énergie sur scène semble fonctionner à des carburants non homologués. Sept ans après leur dernier passage à Clisson en 2019, le retour était attendu. 2019-2026 : 7 ans de malheur sans pouvoir se régaler des prestations déjantées de ces fêlés du bulbe et de leur pitre-en-chef, l'infatigable Heavy Kevy ! Ambiance de fête survoltée assurée et incitation à la ripaille sans la moindre modération avec le retour aux affaires d'Insanity Alert, qui plus est en cette journée qui fait la part belle au thrash metal.
11h40 du matin. 32 degrés annoncés. La Mainstage 2 est encore à moitié endormie. Et Insanity Alert arrive comme une boule de flipper incontrôlable dans un couloir d'hôpital. Heavy Kevy débarque sur scène dans sa combinaison habituelle de festivard possédé, et c'est parti pour quarante minutes de crossover thrash aussi subtil qu'une luge lancée sur l'autoroute. La MS2 allait rapidement être retournée, comme elle l'avait été par les passages de Locomuerte un peu plus tôt — et Insanity Alert n'a pas déçu à ce titre.
Le set dévale les classiques du groupe à une vitesse indécente : ''Shredator'', ''Glorious Thrash'', ''Twist-off Betrayal'' — chaque titre fait le travail en moins de deux minutes, et l'ensemble des festivaliers présents, même ceux qui n'avaient pas encore eu leur café, se retrouvent à headbanguer sans avoir vraiment décidé de le faire. C'est là la marque des grands groupes de festival : l'adhésion est automatique, presque involontaire.
Deux moments font sortir le set de la norme habituelle. D'abord, ''Run to the Pit'' — leur déclaration d'amour thrashisé à Iron Maiden, dont la simple évocation à ce festival la veille du headliner le plus attendu de l'édition prend une résonnance particulière. La Mainstage 2 du samedi matin répond avec l'enthousiasme du croyant reconnaissant un cantique. Ensuite, ''Moshemian Thrashody'' : leur version crossover de Bohemian Rhapsody de Queen, absurde, irrésistible, et qui transforme le solo de guitare de Brian May en une débauche de palm-mutes d'anthologie. Le public reprend le refrain avec la ferveur de gens qui ont attendu ce moment toute leur vie sans le savoir. C'est ridicule, c'est génial, c'est Insanity Alert.
Pour clore le tout, le groupe remercie le public avec la même énergie qu'ils avaient en arrivant, c'est-à-dire beaucoup. Bilan : quarante minutes de bonheur thrash pur, un public réveillé pour toute la journée, et le sentiment que ce samedi allait être brutal dans le bon sens du terme.
Heavy Kevy — chant
Andreas Pronegg — guitare
B.Bonecrusher — guitare
Skuggs — basse
Misch — batterie

CANCER BATS
Warzone, 20 juin, 15h25
Formés à Toronto en 2004, les Cancer Bats sont devenus au fil des années l'un des groupes de hardcore les plus fiables du circuit festival. Leur cocktail brasse punk, hardcore, sludge et stoner avec une urgence qui ne faiblit pas d'un album à l'autre. Concassant à l'envi punk, hardcore et metal, les Canadiens proposent un cocktail brut où la rugosité du riffing et la sauvagerie du chant se taillent la part du lion. Groupe de scène par essence, c'est sur les planches et dans le pit que le cocktail Molotov musical cancerbatien prend tout son sens. Les prestations de 2011 et de 2019 sont passées à la postérité. Hellfest
Un troisième passage au Hellfest pour les Canadiens, et le constat reste le même : la Warzone est leur territoire naturel. Le set est dense, sans fioriture, Liam Cormier arpentant la scène avec l'intensité d'un homme qui a quelque chose à prouver. La chaleur des 32 degrés se marie assez bien avec leur son de fournaise, et la fosse répond avec l'enthousiasme attendu. Rien de révolutionnaire par rapport à leurs précédentes visites, mais une valeur sûre du genre exécutée proprement et avec engagement. Le set manque peut-être du coup d'éclat qui marque, mais pour les amateurs de hardcore direct et sans détour, c'est du bonheur pur.
Liam Cormier – chant
Jackson Landry – guitare
Jaye R. Schwarzer – basse
Mike Peters – batterie

ENHANCER
Mainstage 1, 20 juin, 16h55
Le retour d'Enhancer au Hellfest faisait incontestablement partie des événements de cette édition 2026. Plus de quinze ans après sa séparation, le groupe emblématique de la Team Nowhere retrouvait une scène qui semblait taillée pour lui. À cela s'ajoutait une promesse alléchante : plusieurs invités prestigieux devaient venir célébrer avec eux cette page importante de l'histoire du neo metal français.
Autant le dire d'emblée : j'attendais énormément de ce concert. Quelques jours auparavant, j'avais eu la chance d'assister à leur prestation au Forum de Vauréal. Dans une salle à taille humaine, Enhancer avait livré un concert incandescent, porté par une proximité avec le public et une intensité de chaque instant. C'est précisément cette comparaison qui rend ce passage au Hellfest un peu frustrant.
Pourtant, tout semblait réuni. Les premiers morceaux installent immédiatement l'univers du groupe, entre riffs massifs, samples électroniques et refrains fédérateurs. Le public répond présent, heureux de retrouver une formation qui a marqué toute une génération de fans de fusion française. Musicalement, le groupe reste solide et les titres ont remarquablement résisté au temps.
Le concert prend une autre dimension avec l'arrivée des invités. Niko de The Arrs rejoint le groupe sur ''Hardcore Version Dancefloor'', avant que Joey Starr ne fasse son apparition pour interpréter ''J'arrive'' puis ''Qu'est-ce qu'on attend'', offrant un joli clin d'œil aux racines rap qui ont nourri toute une partie de la scène fusion française. Les références à Pleymo viennent compléter cette réunion de famille particulièrement attendue. Sur le papier, difficile d'imaginer affiche plus séduisante.
Et pourtant…
Je n'ai jamais retrouvé la déflagration ressentie quelques jours plus tôt à Vauréal. Était-ce l'immensité de la Mainstage ? Une prestation plus calibrée pour un festival ? Une émotion moins palpable que dans une salle de quelques centaines de personnes ? Sans doute un peu de tout cela. Les invités apportent leur lot de nostalgie et déclenchent les acclamations, mais ils ne suffisent pas à recréer cette impression d'urgence qui m'avait tant marqué lors du concert précédent.
Cela ne signifie évidemment pas que le concert soit mauvais. Loin de là. Les musiciens restent parfaitement en place, les morceaux fonctionnent toujours aussi bien et le public prend visiblement beaucoup de plaisir. Simplement, lorsque l'on a vécu une prestation aussi intense quelques jours auparavant, il est difficile de ne pas comparer.
Ce concert restera donc comme une belle célébration du retour d'Enhancer et de toute une époque du metal français, mais aussi comme l'une des rares petites déceptions personnelles de ce Hellfest 2026. Parfois, les plus beaux souvenirs naissent justement dans les salles les plus modestes
Bill – chant
Vida – chant
Nitro – chant
Difré – guitare
Davy – guitare
Eda – DJ / séquenceur
MarQ – basse
Nejo – batterie
Setlist
Electrochoc
Street Trash
Hardcore Version Dancefloor (avec Niko de The Arrs)
K.O.
That's My People
J'arrive (avec Joey Starr)
Qu'est ce qu'on attend (avec Joey Starr)
Pas sommeil
Street Playground
United Nowhere (avec Pleymo)
Ce soir c'est grand soir (avec Pleymo)
Cinglés
Hot

ANTHRAX
Mainstage 2, 20 juin, 19h30
Quarante ans de carrière, des millions de disques vendus, une place incontestable parmi les Lorsque l'on évoque le Big Four du thrash metal américain, Anthrax occupe une place particulière. Plus festif que Slayer, moins démonstratif que Megadeth et toujours animé par ce sens du groove qui lui est propre, le groupe new-yorkais est depuis plus de quarante ans l'une des valeurs sûres de la scène metal. Pourtant, en arrivant au Hellfest, un imprévu vient bouleverser la donne.
Quelques heures avant le concert, Charlie Benante annonce qu'une blessure à la main droite l'oblige à interrompre temporairement sa tournée européenne. Pour assurer les concerts, c'est le Britannique Darby Todd, déjà aperçu avec Devin Townsend ou The Darkness, qui prend place derrière les fûts. Une responsabilité immense lorsqu'il s'agit de remplacer l'un des batteurs les plus influents du thrash metal.
Dès ''A.I.R.'', Darby Todd dissipe pourtant les premières inquiétudes. Son jeu est puissant, précis et parfaitement en place. Sans chercher à imiter Charlie Benante, il respecte l'esprit des morceaux tout en y apportant sa propre énergie. Pour un remplacement décidé dans l'urgence, la performance force le respect et constitue sans doute l'une des très bonnes surprises de ce concert.
Autour de lui, Anthrax déroule une prestation irréprochable sur le plan technique. Scott Ian distribue ses riffs avec l'autorité qu'on lui connaît, Frank Bello multiplie les déplacements et les échanges avec le public, tandis que Jon Donais reproduit les parties solistes avec une précision remarquable. Joey Belladonna, quant à lui, reste un frontman particulièrement charismatique, dont la voix continue de porter les grands classiques du groupe avec une étonnante aisance.
Le public répond naturellement présent lorsque retentissent ''Madhouse'', ''Caught in a Mosh'', ''Indians'', ''I Am the Law'' ou encore ''Antisocial'' repris en cœur par le public, bien sûr. Les premiers rangs s'agitent et l'ambiance reste excellente tout au long du concert.
Et pourtant…
Malgré toutes ces qualités, je suis resté un peu sur ma faim. J'ai trouvé le son des guitares brouillon et celui de la batterie un peu "casserole" (ce qui n'est pas le cas de l'enregistrement du concert dur Arte). Il m'a manqué ce petit supplément d'âme qui fait parfois toute la différence. Là où Iron Maiden, Limp Bizkit ou même Insanity Alert avaient réussi à créer une véritable connexion émotionnelle avec le public, Anthrax donne davantage l'impression de dérouler un concert parfaitement maîtrisé que de vivre un moment exceptionnel. La machine fonctionne, mais elle ne me surprend jamais vraiment.
Il ne s'agit évidemment pas d'un mauvais concert. Bien au contraire. Anthrax prouve une nouvelle fois qu'il reste une référence incontournable du thrash metal, et la prestation de Darby Todd mérite d'être saluée tant le défi était immense. Simplement, à l'issue du set, je ressens davantage le respect que l'enthousiasme, d'autant plus que j'ai en mémoire leur gigantesque show du Download France en 2016.
C'est peut-être aussi cela, le Hellfest. Même les plus grands groupes peuvent parfois laisser une impression plus mesurée lorsque les attentes sont immenses. Anthrax livre un concert solide, professionnel et parfaitement exécuté, mais qui, en ce qui me concerne, ne parvient jamais à provoquer cette étincelle qui transforme une belle prestation en souvenir impérissable.
Joey Belladonna – chant
Scott Ian – guitare rythmique
Jonathan Donais – guitare lead
Frank Bello – basse
Darby Todd – batterie
Setlist
Among the Living
Got the Time
Madhouse
Caught in a Mosh
Medusa
Keep It in the Family
It's for the Kids
Antisocial
Indians
MEGADETH
Mainstage 2, 20 juin, 21h50
C'est une page de l'histoire du metal qui se tourne. Dave Mustaine a annoncé que la tournée 2026 sera la dernière de Megadeth, une tournée d'adieu qui accompagne la sortie de leur ultime album studio.
Après Anthrax, le Hellfest enchaîne donc avec un autre monument du Big Four. Quarante ans après la sortie de ''Killing Is My Business… And Business Is Good!'', Megadeth continue de défendre son héritage avec une exigence musicale qui force toujours le respect. Dave Mustaine revient une nouvelle fois à Clisson avec une formation particulièrement solide et un catalogue qui reste l'un des plus impressionnants de l'histoire du thrash metal.
Dès 'Hangar 18', le niveau technique saute aux yeux. Les riffs fusent avec une précision chirurgicale, les solos s'enchaînent sans la moindre approximation et la section rythmique déroule un véritable rouleau compresseur. Dirk Verbeuren impressionne une nouvelle fois derrière les fûts, tandis que James LoMenzo apporte toute la puissance nécessaire à des morceaux devenus incontournables. À la guitare, Teemu Mäntysaari confirme qu'il s'est parfaitement intégré au groupe, reproduisant les parties les plus complexes avec une aisance remarquable.
Le public répond immédiatement présent. 'Wake Up Dead', 'Sweating Bullets', 'Symphony of Destruction', 'Peace Sells' ou encore 'Holy Wars... The Punishment Due' déclenchent des chœurs impressionnants. Malgré les décennies, ces morceaux conservent une efficacité redoutable et rappellent pourquoi Megadeth demeure une référence absolue du thrash metal.
Reste la question de Dave Mustaine.
À la guitare, le fondateur du groupe reste un musicien exceptionnel. Son toucher, son sens du riff et son autorité naturelle demeurent intacts malgré ses récentes déclarations indiquant qu'il avait des problèmes de santé au niveau de sa main.En revanche, sa voix montre aujourd'hui les effets du temps. Certains passages demandent davantage d'efforts, quelques lignes vocales perdent en puissance et les morceaux les plus exigeants révèlent parfois une certaine fragilité. Rien de dramatique, mais suffisamment perceptible pour ne pas passer totalement inaperçu.
Cela n'empêche pourtant jamais le concert de fonctionner. Parce que Megadeth est aujourd'hui bien plus que la seule performance vocale de son leader. Le groupe s'appuie sur une qualité d'exécution remarquable et sur un répertoire qui traverse les générations sans prendre une ride. Chaque classique déclenche instantanément la réaction du public, comme si les imperfections vocales devenaient finalement secondaires face au plaisir de retrouver ces compositions sur scène.
Visuellement, la prestation reste sobre. Peu d'artifices, peu d'effets spectaculaires : Megadeth laisse avant tout parler sa musique. Une approche qui correspond parfaitement à l'identité du groupe et qui contraste avec les productions plus ambitieuses proposées par d'autres têtes d'affiche du festival.
Sans être le concert le plus marquant de cette troisième journée, Megadeth confirme une nouvelle fois qu'il demeure une valeur sûre de la scène metal mondiale. Le temps a naturellement laissé son empreinte sur la voix de Dave Mustaine, mais certainement pas sur son talent de compositeur ni sur la qualité des musiciens qui l'accompagnent. Une prestation solide, portée par des classiques intemporels et un groupe qui continue de défendre son héritage avec une remarquable exigence.
Dave Mustaine – chant, guitare
Teemu Mäntysaari – guitare
James LoMenzo – basse
Dirk Verbeuren – batterie
Setlist
Tipping Point
Hangar 18
Take No Prisoners
Sweating Bullets
I Don't Care
Hook in Mouth
Let There Be Shred
A Tout le Monde
Mechanix
Poison Was the Cure
Countdown to Extinction
Tornado of Souls
Symphony of Destruction
Peace Sells
Holy Wars... The Punishment Due

LIMP BIZKIT
Mainstage 1, 20 juin, 23h10
S'il fallait désigner le concert le plus fédérateur de cette troisième journée, il y aurait sans doute peu de débats. Plus de trente ans après sa création, Limp Bizkit continue de diviser lorsqu'il est question de discographie. En revanche, lorsqu'il monte sur scène, une chose fait quasiment l'unanimité : Fred Durst et sa bande restent des bêtes de live.
Quelques minutes avant le début du concert, la Mainstage affiche déjà complet. Des festivaliers de toutes générations se pressent devant la scène, preuve que le nu metal continue d'occuper une place particulière dans le cœur du public. Lorsque les premières notes retentissent, la réaction est immédiate : des milliers de bras se lèvent et une immense clameur accompagne l'entrée des musiciens.
Fred Durst apparaît dans son personnage du moment, fidèle à son goût pour l'autodérision et les métamorphoses. En quelques secondes, il reprend le contrôle de la foule avec une aisance déconcertante. Son charisme reste intact. Il joue avec le public, multiplie les échanges, encourage les pogos, provoque les premiers rangs et transforme rapidement cette immense Mainstage en véritable terrain de jeu.
Derrière lui, la machine Limp Bizkit tourne à plein régime. John Otto retrouve immédiatement ce groove si caractéristique, Sam Rivers imprime une basse toujours aussi percutante, tandis que Wes Borland, fidèle à lui-même, fascine autant par son look que par son jeu de guitare. Ses riffs restent l'une des signatures les plus reconnaissables du nu metal, alternant lourdeur, groove et expérimentations sonores avec une facilité déconcertante.
La setlist enchaîne les classiques sans laisser le moindre répit. ''Break Stuff'', ''Rollin' (Air Raid Vehicle)'', ''My Generation'',''Nookie'', ''My Way'' ou encore ''Take a Look Around'' déclenchent des chœurs gigantesques, d'autant plus que la nouveauté de cette nouvelle tournée sont les textes des chansons qui s'affichent en fond d'écran. Chaque refrain est donc chanté par le public, chaque break devient prétexte à un nouveau circle pit, et chaque intervention de Fred Durst est accueillie comme celle d'un vieux copain revenu faire la fête.
Ce qui frappe surtout, c'est le plaisir communicatif qui se dégage de la scène. Rien ne paraît forcé. Les musiciens s'amusent autant que le public. Cette décontraction donne au concert une spontanéité qui contraste agréablement avec certaines prestations plus millimétrées vues plus tôt dans la journée. Limp Bizkit ne cherche pas à impressionner techniquement ; il cherche à faire passer un bon moment. Et il y parvient avec une facilité déconcertante.
Le public joue lui aussi un rôle essentiel dans la réussite de cette prestation. Des premiers rangs jusqu'au fond de la Mainstage, l'ambiance ne retombe jamais. Les festivaliers chantent, sautent, dansent et répondent au moindre appel de Fred Durst. Cette communion permanente rappelle à quel point les morceaux de Limp Bizkit ont marqué toute une génération, bien au-delà des frontières du metal.
Lorsque les dernières notes résonnent dans la nuit clissonnaise, une évidence s'impose. J'attendais beaucoup de ce concert, et je n'ai pas été déçu. Bien au contraire. Limp Bizkit vient de livrer l'une des prestations les plus réjouissantes de cette édition 2026 du Hellfest. Un concert généreux, festif, incroyablement vivant, qui rappelle qu'au-delà des débats qu'il suscite depuis ses débuts, le groupe reste l'un des plus redoutables entertainers de la planète metal.
Fred Durst – chant
Wes Borland – guitare
DJ Lethal – platines
Kid Not - Basse
John Otto – batterie
Setlist
Break Stuff
My Generation
Livin' it Up
Hot Dog
My Way
Nookie
Full Nelson
Eat You Alive
Rollin' (Air Raid Vehicle)
Gold Cobra
Behind Blue Eyes
Take A Look Around
Break Stuff

Bilan J3
Clisson, 20 juin 2026
Si le vendredi était la journée d'un seul groupe, ce samedi a été celle de tous les groupes à la fois — et c'est précisément ce qui en fait la journée la plus épuisante et la plus exaltante du festival. Entre Anthrax puis Megadeth en soirée et les poids lourds de la Warzone, il a fallu choisir. Et choisir, au Hellfest, ça fait toujours un peu mal.
Limp Bizkit en headliner a confirmé que le nu-metal était bel et bien de retour auquel j'associerai mon deuxième coup de coeur de la journée, Insanity Alert. Ce samedi restera la journée des arbitrages impossibles — mais aussi celle où chacun aura trouvé son Hellfest à lui.
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