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Hellfest 2026, la première journée

«L'équilibre entre anciens et nouveaux, entre metal accessible et explorations plus pointues dessine déjà le portrait de cet Hellfest 2026»
CARMZIOFA
Rédacteur en Chef
18/06/2026
25 vues
Ça commence toujours par quelque chose qui ressemble à une rumeur. Des colonnes de fumée au loin depuis l'autoroute, des tentes de toutes les couleurs qui poussent dans les champs aux abords de Clisson, des t-shirts noirs qui envahissent les quais de gare de Nantes — et soudain, une certitude : le Hellfest est de retour. Pour la 19ᵉ fois depuis ses débuts en 2006, le plus grand festival de musiques extrêmes de France allume ses feux dans le vignoble nantais, et cette édition 2026 n'a pas manqué de faire parler d'elle avant même que la première note soit jouée. Les pass quatre jours écoulés en moins d'une heure et demie dès leur mise en vente, une canicule annoncée dès les premiers jours, et une statue monumentale d'Ozzy Osbourne inaugurée à l'entrée du site : le décor est posé.

Ce jeudi d'ouverture joue la carte de l'accessibilité et de l'amplitude. Sur la Mainstage 1, la soirée monte crescendo depuis les solides We Came As Romans et The Plot In You jusqu'à Bring Me The Horizon en headliner, le groupe de Sheffield qui incarne mieux que quiconque cette génération de metal alternatif au carrefour de tout. Pendant ce temps, la Mainstage 2 propose un antidote de choix avec la paire Deep Purple et Alice Cooper — deux monuments du rock classique qui rappellent que Clisson a toujours su accueillir autant les pionniers que les héritiers. La Warzone s'ouvre sur Social Distortion et son punk rock américain chargé de blues et de cicatrices, tandis que la Valley met en lumière le stoner et le desert rock avec Truckfighters, Elder et Kadavar.

C'est aussi le soir où l'on prend la mesure du site, où l'on retrouve ses repères, où l'on décide de son camp : ceux qui ne quitteront pas les Mainstages de tout le festival, ceux qui feront de la Valley leur nouveau terrain de jeu, et les irréductibles de la Temple et de l'Altar qui programment déjà mentalement leur itinéraire pour les trois prochains jours. Ce premier round est celui de toutes les premières fois : première bière sur le site, premier circle pit, première découverte inattendue. L'édition 2026 du Hellfest est officiellement en marche.

WE CAME AS ROMANS


Mainstage 1, 18 juin, 16h00

C'est avec We Came As Romans que je commence ma journée et le groupe n'a pas seulement ouvert le Hellfest il a littéralement rempli la Mainstage 1. Depuis mon premier Hellfest en 2018, je n'avais jamais vu autant de monde massé devant la scène principale pour le premier concert du festival.

Portés par des titres récents comme ALL IS BEAUTIFUL..., bad luck, Darkbloom ou encore Black Hole, les Américains ont livré 40 minutes d'un metalcore efficace et fédérateur, transformant un créneau d'ouverture souvent calme en véritable démonstration de force. Une affluence exceptionnelle qui confirme la montée en puissance du groupe auprès du public européen.

Setlist
ALL IS BEAUTIFUL...
bad luck
red smoke
Cold Like War
lake of fire
Lost in the Moment
culture wound
Darkbloom
no rest for the dreamer
where did you go?
Black Hole
BECAUSE WE’RE DOOMED
Daggers


TRUCKFIGHTERS


Valley, 18 juin, 16h00

Alors que 35° s’affiche sur mon téléphone, Truckfighters investit la scène de la Valley. Malgré la chaleur, il y a du monde pour le combo originaire d’Örebro.

Durant 40 minutes, le trio suédois va nous livrer avec énergie son stoner rock, fusionnant riffs massifs et groove psychédélique. Ne portant qu’un short et des baskets rouges, le guitariste « Dango » est déchainé et arpente la scène de gauche à droite. Plus statique, le chanteur-bassiste « Ozo » incite à chanter avec ses « make some noise » ou « test your mouth ressources ». Belle entame.


SATANIC SURFERS


Warzone, 18 juin, 16h45

Voilà donc les Satanic Surfers à Clisson. Pour la toute première fois. Les Suédois de Lund débarquent sur la Warzone auréolés d'une réputation bien méritée : fer de lance du punk mélodique scandinave des années 90, aux côtés de Millencolin et No Fun At All, le groupe a contribué à forger un son qui a marqué des générations entières de skaters et de punks. L'attente est donc légitime. Et le cadre idéal : en ce jeudi après-midi brûlant, la Warzone est entièrement dédiée au punk rock à roulettes, avec Shelter, Lagwagon et All Time Low dans la foulée. La salle est faite, il ne reste plus qu'à jouer.

Le petit diable iconique du backdrop surveille les débats depuis le fond de scène. Les riffs partent, la machine s'enclenche: 'Catch My Breath', 'Puppet', 'Head Under Water' — les titres s'enchaînent dans un ordre quasi identique à celui des dates australiennes de mars. Le set est rodé, carré, sans bavure. Des twin guitars, du pop-punk, des refrains qui fonctionnent bien sur disque. Mais voilà le problème : ça fonctionne bien sur disque mais pas trop en live.
Le set suédois est assez poussif. Les titres ne sont pas subliminés par la scène, ils s'y contentent d'exister, sans jamais vraiment prendre feu. On attendait l'urgence, l'étincelle, cette énergie brute qui transforme un concert de punk mélodique en quelque chose de viscéral. Elle ne vient pas.

Andy essaie de parler en français, expliquant qu'ils viennent de Suède et qu'ils font de la musique extrême. Le geste est sympathique, mais l'essentiel manque à l'appel : la connexion. Clairement les Satanic Surfers n'auront pas réussi à transformer l'essai.

Trente ans de carrière, une première au Hellfest, et l'on repart sans avoir été séduit. C'est peut-être le format festival en plein air qui ne leur convient pas, peut-être l'heure de passage, peut-être simplement cette journée où le soleil tapait trop fort pour que la mayonnaise prenne. Toujours est-il qu'on attendait les Satanic Surfers depuis trop longtemps pour repartir les mains vides.

Rodrigo Alfaro - batterie, chant
Magnus Blixtberg - guitares
Max Hudden - guitares
Andy Dahlstrom - basse

Setlist
The Usurper
...And the Cheese Fell Down
Worn Out Words
Catch My Breath
Puppet
Madhouse
Hero of Our Time
Tribute
Egocentric
Got to Throw Up
The Treaty and the Bridge
Head Under Water


MIKKEY DEE & FRIENDS


Mainstage 2, 18 juin, 16h45

Par FredH
Pour mon premier concert en main stages, ce sont Mikkey Dee et ses deux acolytes qui débarquent pour faire revivre l’esprit du célèbre bombardier musical anglais. D’emblée, « The best drummer in the world », comme le surnommait son regretté pote Lemmy, annonce qu’il ne s’agit pas de Motörhead, mais promet en revanche d’en retrouver toute l’énergie. La première moitié de la setlist propose des morceaux assez rares ('Killers', 'Love Me Like a Reptile', 'In the Name of Tragedy', 'Shoot You in the Back', 'I Got Mine').

Si le chanteur-bassiste Viktor Skatt évoque avec respect l’influence déterminante de celui qui fut « 49% Motherf**ker, 51% Son Of A Bitch », Mikkey confie combien ces chansons lui sont chères et que ses deux potes disparus lui manquent. Pour les derniers titres, les gros classiques sont de sortis : 'Sacrifice', 'Born to Raise Hell' chantée par le guitariste, 'Killed by Death' beuglée par Chuck Garric (le bassiste d’Alice Cooper), 'Ace of Spades', ' Overkill'. Oui, vous nous manquez Lemmy & Phil.

Par Nowa
Impossible de parler de rock'n'roll sans évoquer Mikkey Dee. Ancien batteur de Motörhead et membre actuel de Scorpions, le Suédois débarque au Hellfest avec un projet spécialement conçu pour célébrer l'héritage de Lemmy Kilmister.

Le concept est simple : une bande de musiciens prestigieux réunis pour reprendre les classiques de Motörhead. Les festivaliers devraient avoir droit à une avalanche de riffs légendaires et de refrains repris en chœur. Pour les amoureux du hard rock à l'ancienne, ce rendez-vous s'annonce incontournable.

Setlist
Iron Fist
Stay Clean
Metropolis
Killed by Death
Bomber
Going to Brazil
Ace of Spades
Overkill


THE PLOT IN YOU


Mainstage 1, 18 juin, 17h30

Par FredH
Cette édition n’a démarré que depuis 1h30 et les scènes principales sont bondées. Que de monde. Le mélange de chaleur et de consommation (sans modération) d’alcool fait déjà des « victimes ». Ici et là, on voit des premiers étourdissements et des personnes qui tentent de s’extirper de cette marée humaine concentrée.

C’est une ovation qui accueille The Plot In You pour les entrées en scène. Aujourd’hui, les Américains ont choisi de mettre en avant leurs productions les plus récentes. Malgré la forte chaleur, le combo déroule un set de qualité grâce notamment à un Landon Tewers passant avec aisance de passages rugueux aux refrains les plus posés. Musicalement irréprochable, la formation exécute son metalcore avec une précision remarquable.

Par Nowa
Changement d’ambiance sur la Mainstage 1 avec The Plot In You. Les Américains ont livré un set intense et moderne, alternant mélodies aériennes et déferlantes metalcore. Porté par des titres comme "Divide", "Don't Look Away" et l’incontournable "FEEL NOTHING", le groupe a confirmé son statut de valeur sûre de la scène actuelle.

Longtemps considéré comme l'un des secrets les mieux gardés du metalcore américain, The Plot In You connaît aujourd'hui une véritable explosion de popularité grâce à des morceaux devenus viraux comme "Left Behind" ou "Feel Nothing".

Porté par le charismatique Landon Tewers, le groupe navigue entre passages ultra mélodiques, ambiances sombres et déflagrations metalcore particulièrement efficaces. Leur montée en puissance ces dernières années leur vaut aujourd'hui une place de choix sur la Mainstage du Hellfest.

Il est temps pour moi de m'accorder une petite pause fraîcheur car le soleil cogne énormément aujourd'hui, direction la zone VIP et le coin presse pour voir si il n'y a pas de conférence de presse prévu aujourd'hui et malheureusement non. Je tiens à souligner un point, ils ont enfin installé la clim dans l'espace presse, quel plaisir car avant c'était une fournaise et il était compliqué d'interviewer les artistes dans les pièces prévues à cet effet.

Setlist
Divide
You Get One
Don't Look Away
Spare Me
Closure
Forgotten
Been Here Before
Silence
Left Behind
FEEL NOTHING


GRANT HAUA


Hellcity, 18 juin, 17h50

Pendant ce temps-là (non pas à Vera Cruz mais) à la Hellcity avec HellHaine
Si le site du Hellfest nous offre suffisamment de scènes pour nous amuser, il ne faudrait pas oublier les trois scènes extérieures (Hell Stage, Purple House et HellCity) qui offrent aussi des petits concerts vraiment chouettes. C’est donc dans une ambiance plus confidentielle que je vais voir GRANT HAUA, un bluesman néo-zélandais qui baragouine un petit peu de français et qui va nous proposer un sacré moment guitaristique.

Seul avec ses deux guitares, on va pouvoir admirer de très près (pas de crash barrières) toute la virtuosité et la générosité du monsieur, qui comme nous, sue à grosses gouttes, mais pour autant ne se ménage pas. Les présents ne s’y trompent pas : pas de chichis, de l’humour, de l’amour, de la sincérité et de l’humilité, les traits d’un grand musicien et de belles compositions. S’il passe près de chez vous, n’hésitez pas, vous ne le regretterez pas !

THE PRETTY RECKLESS


Mainstage 2, 18 juin, 18h15

Par le Rédacteur en Chef
Mené par l'incontournable Taylor Momsen, The Pretty Reckless s'est imposé au fil des années comme l'une des formations majeures du hard rock contemporain. Depuis la sortie de ''Death by Rock and Roll'' en 2021, le groupe n'a cessé de monter en puissance : deux ans de tournée en support d'AC/DC, une prestation au MusiCares Person of the Year Gala 2026, une autre au Rock and Roll Hall of Fame avec Soundgarden — la machine est en plein régime. Et en ce jeudi 18 juin, à quelques jours seulement de la sortie de leur cinquième album ''Dear God'' (attendu le 26 juin via Fearless Records), les New-Yorkais s'offrent la Mainstage 2 pour leur premier Hellfest.

Avec son mélange de puissance, de mélodies accrocheuses et d'attitude rock'n'roll assumée, la formation américaine dispose de tous les ingrédients pour marquer cette édition 2026. Et je dois vous dire que j'ai été extrêmement séduit par le show des Américains — et tout particulièrement par Taylor. Clairement, une vraie bête de scène. Elle sautille pour arriver, elle sautille pour partir, et entre les deux, elle ne tient pas en place une seule seconde. Elle prend tout l'espace de la scène, file à chaque extrémité, se colle dos à dos avec le guitariste Ben Phillips, se laisse glisser presque jusqu'au sol. Oui, elle joue sur son côté chipie et provocatrice dans sa gestuelle — mais cela n'enlève rien à l'efficacité des titres, bien au contraire.

Sur 'When I Wake Up' — l'un des singles du nouvel album, un morceau punk et tranchant où Taylor décrit un rêve qui vire au cauchemar — elle descend dans le pit et chante debout sur la barrière de sécurité tandis que les musiciens assurent en arrière-plan. Le titre joue par trois fois de ses silences fracassants, coupant l'air brûlant avant de rugir de plus belle — et la fosse répond chaque fois par des rugissements et des poings levés. Et justement, Ben Phillips a droit à son heure de gloire avec un magistral et long solo de guitare qui démontre qu'au-delà du charme indéniable de la demoiselle, il y a un vrai projet musical solide, une formation qui tourne comme une mécanique bien huilée. On comprend pourquoi The Pretty Reckless a autant de succès aux États-Unis et au-delà.

Mon gros coup de cœur de cette première journée, sans hésitation.

Et si comme moi vous avez été séduit par ce concert, réservez vos places pour leur passage au Zénith de Paris le 24 novembre — et profitez en pour découvrir ''Dear God'', qui sort dans les bacs le 26 juin.

Par FredH
C’est étonnamment un quintette qui débarque sur la mainstage 1 à 18h15. D’ordinaire quatuor sur disque, le combo intègre aujourd’hui un cinquième et très discret comparse en tant que guitariste rythmique. Face à la foule particulièrement dense, Taylor Momsen capte tous les regards dès son arrivée.

Que ce soit en venant chanter près des barrières de sécurité (pour le plus grand plaisir des veinards frontrow) ou de part et autre de la scène, la chanteuse multiplie les interactions. Le groupe déroule son rock hard efficace, nourri de blues et porté par cette voix toujours aussi impressionnante. Ben Phillips profite lui aussi de plusieurs moments de mise en avant grâce à ses nombreux solos. La setlist pioche dans l’ensemble de la discographie du groupe tout en présentant en exclu « a couple of new one » (sortie de leur cinquième opus « Dear God » le 26/06/26). Malgré quelques coupures sonores par moments, le concert reste très plaisant et efficace.

Taylor Momsen – chant, guitare rythmique
Ben Phillips – guitare lead, chœurs
Dan Rothchild (touring musician) — guitare rythmique, claviers, chœurs
Mark Damon – basse
Jamie Perkins – batterie

Setlist
Death by Rock and Roll
Since You're Gone
Follow Me Down
For I Am Death
When I Wake Up
Make Me Wanna Die
Heaven Knows
Going to Hell


BREAKING BENJAMIN


Mainstage 1, 18 juin, 19h05

Par le Rédacteur en Chef
Il y a des concerts que l'on attend depuis longtemps, trop longtemps peut-être. Breaking Benjamin n'avait pas remis les pieds en Europe depuis huit ans — et pour une raison bien connue des fans : Benjamin Burnley souffre d'une phobie intense de l'avion, qui l'a longtemps coupé du Vieux Continent. Ce soir à Clisson, il s'explique lui-même depuis la scène : il ne prend pas l'avion, il est venu en bateau. Le geste mérite le respect. Le concert, lui, est plus discutable.
Huit ans après sa dernière venue en Europe, Breaking Benjamin fait un arrêt-concert de quasi une heure à Clisson.

Onze titres, pas un de plus. La setlist est un best-of bien calibré qui traverse toute la discographie du groupe, de 'Polyamorous' — extrait du tout premier album ''Saturate'' (2002) — jusqu'à 'Something Wicked', le nouveau single annoncé lors de la tournée, en passant par les incontournables 'So Cold', 'Breath', 'Dear Agony' et 'Failure'. Tout cela est propre, carré, sans aspérité.

Et c'est bien là le problème. On attendait une communion, une explosion, l'émotion de retrouvailles rares. On se retrouve face à un set solide mais distant. Malgré quelques coupures sonores par moments, le concert reste très plaisant et efficace — mais l'efficacité seule ne suffit pas quand on sait qu'une grande partie du public français voit le groupe pour la toute première fois, et peut-être pour la dernière avant plusieurs années encore. On attendait plus d'énergie, plus de communion avec le parterre, ce moment de connexion qui justifie qu'on traverse l'Atlantique sur un bateau.

Il faut tout de même saluer le moment 'The Diary of Jane'. L'hymne reste intact, le riff toujours aussi imparable, et la fosse répond présent. Ce titre-là, au moins, transcende les limites du set. C'est le pic émotionnel de la soirée, celui qui rappelle pourquoi Breaking Benjamin a bâti une telle base de fans fidèles.

Pour le reste, on restera sur notre faim. Un concert correct de la part d'un groupe qui, compte tenu de la rareté de ses apparitions européennes, avait les moyens de marquer bien davantage les esprits. Premier concert en France de l'histoire du groupe — la note historique est là, le frisson, moins.

Par FredH
Huit ans après sa dernière venue en Europe, Breaking Benjamin fait un arrêt-concert de quasi une heure à Clisson. Dès la première chanson ('I Will Not Bow'), la foule montre que le combo originaire de Wilkes-Barre, en Pennsylvanie, à bien fait de traverser l’atlantique. A chaque morceau, l’auditoire réagit et s’époumone à reprendre en chœur les refrains, malgré la chaleur. En grande forme, le chanteur Benjamin Burnley confie d’ailleurs que « c’est un cadeau d’entendre les gens chanter » leurs chansons. Les cinquante minutes passent finalement trop vite. Bonne prestation.

Par Nowa
Pour leur première apparition au Hellfest, Breaking Benjamin risque de faire très mal. Le groupe de Pennsylvanie est devenu au fil des années une référence incontournable de l'alternative metal américain grâce à des hymnes comme "The Diary of Jane", "Breath" ou encore "I Will Not Bow".

Mené par Benjamin Burnley, le groupe alterne passages lourds et refrains massifs capables de faire chanter toute la Mainstage. Leur venue est particulièrement attendue par les amateurs de rock américain des années 2000 qui n'ont que rarement l'occasion de les voir en Europe. Le groupe nous explique d'ailleurs que pour des raisons écologiques ils ne voyagent pas en avion, ils sont donc venus en bateau. Ce qui renforce encore plus l'exclusivité de les voir sur scène aujourd'hui :)

Benjamin Burnley – chant, guitare rythmique
Jasen Rauch – lead guitare, programmation
Keith Wallen – guitare rythmique, chœurs
Aaron Bruch – basse, chœurs

Setlist
I Will Not Bow
Until the End
Blow Me Away
So Cold
Polyamorous
Dear Agony
Something Wicked
Breath
Awaken
Failure
The Diary of Jane


DEEP PURPLE


Mainstage 2, 18 juin, 20h00

Par le Rédacteur en Chef
Il y a des groupes qui n'ont plus rien à prouver. Deep Purple est de ceux-là. Presque soixante ans de carrière, des albums fondateurs du hard rock et du heavy metal, une discographie qui a forgé des générations entières. Et pourtant, ils sont là, à Clisson, par une soirée qui commence enfin à se rafraîchir après une journée caniculaire frôlant les 40 degrés. Le soleil décline, et Deep Purple investit la Mainstage 2.

'Highway Star' ouvre le bal, et le ton est immédiatement donné : propre, puissant, rodé. La formation qui se présente ce soir est celle des vétérans assumés. Quand on cumule l'âge de Ian Gillan (80 ans), Roger Glover (80 ans), Ian Paice (77 ans) et Don Airey (77 ans), on frôle les 314 ans à eux quatre — et le respect s'impose.

Et la voix de Gillan tient même si elle n'est plus celle des sommets de ''Machine Head'' ou de ''Deep Purple in Rock'', bien sûr. Les parties instrumentales sont étirées pour lui laisser respirer — l'intro de 'Lazy' est ponctuée d'un solo de guitare de Simon McBride puis d'une fantaisie de clavier de Don Airey qui convoque en quelques notes Toccata, Mr. Crowley et, pour le plus grand plaisir du public français, quelques mesures de La Marseillaise — déjà bien chauffé par le début de la Coupe du Monde.

Mais quand Gillan entre, il entre. Sur 'Into the Fire', sur 'When a Blind Man Cries' surtout — moment de poignance absolu. Sur 'Lazy', Ian Gillan joue de l'harmonica. Un geste simple, presque intime, qui rappelle les origines blues du groupe et donne au set une couleur différente, plus organique. Simon McBride, le guitariste irlandais venu remplacer Steve Morse, confirme lui aussi qu'il a pleinement pris ses marques : il sait aller du feeling pur au technique sans jamais trahir l'ADN Purple.

Est-ce que le concert est parfait ? Oui, dans le contexte du groupe actuel et de leur âge. Et pour finir en beauté, 'Black Night', 'Space Truckin'' et l'incontournable 'Smoke on the Water' en clôture remettent tout le monde dans la même direction.

Deep Purple est une institution. Ce soir à Clisson, ils en ont fait la démonstration avec la dignité et la solidité de ceux qui n'ont plus rien à démontrer — juste à célébrer ce qui reste.

Par FredH
C’est un concert bien tranquille que va nous proposer Deep Purple. Musicalement, ça tourne bien. Que d’incontournables du rock à leur répertoire : 'Highway Star', 'When a Blind Man Cries', 'Space Truckin'', 'Black Night', et bien évidement le classique de chez classique 'Smoke on the Water' en final. Seulement voilà, le chanteur Ian Gillian, souvent tremblotant, n’a plus de voix.

Alors, pour l’économiser, on rallonge la sauce avec de longues parties instrumentales. On étire les intros ('Lazy') et les titres. Et un solo de guitare puis un autre de claviers (avec quelques bribes de la 'Toccata', 'Mr. Crowley' ou encore 'La Marseillaise'). Nul doute que ces musiciens de légende prennent plaisir mais ce n’est peu être pas/plus le cas dans le public. Il y a un moment où il faut savoir arrêter avant les concerts de trop.

Par Nowa
Voir Deep Purple au Hellfest en 2026 est presque irréel tant le groupe fait partie de l'histoire du hard rock. Plus de cinquante ans après la sortie de classiques comme "Smoke on the Water" ou "Highway Star", les Britanniques continuent de parcourir le monde avec une élégance et une maîtrise qui forcent le respect.

Dès l'arrivée de Ian Gillan, le public répond présent et les premiers riffs de Simon McBride rappellent immédiatement pourquoi il a été choisi pour succéder à Steve Morse. Malgré les années, le groupe conserve une incroyable énergie et alterne habilement les incontournables de son répertoire avec quelques titres plus récents.

Comme souvent avec Deep Purple, les moments instrumentaux occupent une place importante. Les solos de clavier de Don Airey et les interventions de Ian Paice sont accueillis avec enthousiasme par un public conquis. Lorsque résonnent les premières notes de "Smoke on the Water", toute la Mainstage chante à l'unisson. Une véritable leçon de hard rock donnée par des légendes vivantes.

Ian Gillan – chant
Simon McBride – guitares
Don Airey – claviers
Roger Glover – basse
Ian Paice – batterie

Setlist
Highway Star
A Bit on the Side
Hard Lovin' Man
Into the Fire (+ solo de guitare)
Arrogant Boy
Lazy
When a Blind Man Cries
Diablo (+ solo de claviers)
Space Truckin'
Black Night
Smoke on the Water


PAPA ROACH


Mainstage 1, 18 juin, 21h20

Par le Rédacteur en Chef
La nuit commence à tomber sur Clisson, les températures daignent enfin descendre sous les 32 degrés, et la Mainstage 1 accueille l'un des concerts les plus attendus de cette première journée. Papa Roach. Quatrième passage du groupe au Hellfest — Jacoby Shaddix le soulignera lui-même depuis la scène, avec la fierté tranquille de celui qui sait qu'il est ici chez lui.

Dès 'Even If It Kills Me', le ton est posé : jets de flammes, masse sonore, tempo d'enfer. Le groupe entre sur scène comme on entre en guerre — proprement, efficacement, sans tergiverser. Papa Roach est peut-être l'un des groupes issus de la vague nu-metal de la fin des années 90 qui a le mieux traversé les âges. Pas en rinçant inlassablement les mêmes classiques, mais en continuant d'écrire, de se renouveler, de tourner avec la faim de ceux qui ont encore quelque chose à prouver. 'Blood Brothers', 'Dead Cell' (mon morceau préféré), 'Getting Away With Murder', 'Kill the Noise' — le catalogue est balayé avec une cohérence et une générosité rares.

Jacoby Shaddix est tout ce qu'on attend d'un frontman de Mainstage : il harangue, il descend dans la fosse des photographes pour chanter nez à nez avec les premiers rangs, il signe une guitare tendue par une fan entre deux morceaux. Communicatif, humain, drôle — sans jamais relâcher l'intensité. Mais il prend aussi le temps de mettre en lumière ses musiciens, de partager le devant de scène. Vingt-cinq ans de carrière n'ont pas entamé cet esprit de camaraderie qui circule entre les membres du groupe comme un courant électrique.

Les moments les plus forts de la soirée sont peut-être les plus intimes. 'See U in Hell', nouveau titre introduit par des images de la série animée Devil May Cry, invite sur scène Jagger, l'un des fils de Jacoby. Puis vient 'Braindead', exécuté avec le jeune Brixton — à peine 13 ans, déjà à l'aise sur les parties vocales initialement enregistrées par Toby Morse. La fosse, déjà conquise, fond littéralement. Il y a quelque chose de beau et de rare dans un père qui partage une scène de cette dimension avec ses enfants.

Le run final est une machine à remonter le temps. 'Between Angels and Insects' en version synthwave ouvre un medley nu-metal anthologique 'Nu Metal Time Machine'. En quelques minutes, le groupe rend hommage à toute une génération à travers des clins d'œil à Korn, Deftones, Limp Bizkit et System Of A Down. Les grandes heures du genre défilent, la fosse se soulève, et 'Last Resort' referme le set sur une explosion collective. Trop court, mais trop bon.

Par FredH
C’est sur une légère baisse des températures (il fait encore 31° tout de même) et une fraicheur bienvenue que les musiciens de Papa Roach font leurs entrées. Le show part à 100 à l’heure avec un premier titre explosif et une succession de jets de flammes.

Durant le set, en bon frontman, Jacoby Shaddix fait le boulot avec quelques punchlines bien senties (NdT : On est à la maison […] merci pour votre Energie […] êtes-vous prêt pour emmener ce show a un autre niveau ?). Le meneur va aussi descendre dans la fosse des photographes pour haranguer la foule et chanter près des barrières. Arrivés jusqu’à là, certains slammeurs, auront même le droit à une accolade avec le vocaliste.

Parmi les autres bons moments, citons les deux titres joués avec ces deux plus jeunes fils ('See U in Hell' avec Jagger puis 'BRAINDEAD' avec un impressionnant Brixton à peine âgé de 13 ans). Et puis, il y a cette guitare sèche parvenue jusqu’à la scène, qui sera signée par le chanteur et le guitariste avant d’être restitué à son très jeune propriétaire heureux. Bref, une prestation aussi généreuse qu’énergique.

Par Nowa
Toujours aussi efficace en festival, Papa Roach a livré un concert très énergique devant une Mainstage bien remplie. Dès "To Be Loved", Jacoby Shaddix descend chanter à la crash barrière avant de demander un énorme wall of death au public.

Le show alterne entre classiques et titres récents avec plusieurs moments marquants. Un invité rejoint le groupe sur "Even If It Kills Me" pour assurer une partie rappée, tandis que le fils de Jacoby monte sur scène durant "BRAINDEAD", offrant une séquence particulièrement touchante.

Malgré un problème technique sur une partie de l'écran géant situé à droite de la scène, l'ambiance ne retombe jamais. Le groupe enchaîne également un medley hommage à KoRn, Deftones, Limp Bizkit et System Of A Down, repris en chœur par les fans. Cerise sur le gâteau, un spectateur a même réussi à faire signer sa guitare par Jacoby et Jerry Horton en plein concert.

Jacoby Shaddix – chant
Jerry Horton – guitares, choeurs
Tobin Esperance – basse, choeurs
Tony Palermo – batterie
Anthony "Twan" Esperance - guitares (touring musician)

Setlist
Even If It Kills Me
Blood Brothers
Dead Cell
...To Be Loved
Kill the Noise
Getting Away With Murder
See U in Hell
California Love (reprise de 2Pac)
Liar
Forever
Scars
Help
Born for Greatness
Between Angels and Insects
Infest
Nu Metal Time Machine : Blind (Korn), My Own Summer (Deftones), Break Stuff (Limp Bizkit), Chop Suey! (System Of A Down)
Last Resort


ALL TIME LOW


Warzone, 18 juin, 22h10

La Warzone accueille en clôture de cette première journée l'un des groupes les plus solides de la scène pop-punk internationale. All Time Low ne débarque pas en terrain conquis — ils y reviennent, avec la décontraction et l'efficacité de ceux qui ont fait du festival leur territoire naturel depuis des années.

Ce soir pourtant, il manque quelqu'un. Jack Barakat, guitariste et âme du groupe depuis ses origines dans les lycées de Baltimore, est absent pour raisons de santé. Dan Swank qui le remplace, assure ses parties avec sérieux — le job est fait. Mais c'est évidemment Alex Gaskarth qui porte le mot. Car ce 18 juin est un jour particulier : c'est l'anniversaire de Jack, qui fête ses 38 ans loin de la scène. Alors Gaskarth demande au public de chanter Joyeux Anniversaire — et la Warzone s'exécute, des milliers de voix réunies pour un guitariste absent, quelque part de l'autre côté de l'Atlantique. Le genre de moment spontané et sincère qui rappelle ce qu'est All Time Low dans le fond : un groupe de potes, avant tout.

Le reste du set n'a rien à envier à l'émotion de cet instant. La setlist de la tournée ''Everyone's Talking!'' traverse vingt ans de carrière avec une fluidité remarquable : 'Damned If I Do Ya', 'Weightless', 'Missing You', 'Something's Gotta Give', 'Sleepwalking', 'Monsters' — le catalogue est profond, les hymnes s'enchaînent, et la Warzone suit sans hésiter.
Moment inattendu et franchement bienvenu : le groupe interprète 'Hate This Song', collaboration officielle avec I Prevail, Alex Gaskarth s'appropriant sans complexe les parties scream du titre. C'est la prise de risque du set, et elle paie — la fosse bascule dans une énergie qu'on n'attendait pas forcément, et c'est réjouissant.

L'enchaînement final est imparable : 'The Weather', introduit par un solo de batterie de Rian Dawson, puis 'Lost in Stereo' et l'inusable 'Dear Maria, Count Me In', hymne absolu qui fait chanter toute la Warzone à l'unisson, confettis et bras levés. La connexion est totale, Jack ou pas. Un set maîtrisé, sincère, porté par une générosité communicative.
Prompt rétablissement à Jack — et bon anniversaire.

Alex Gaskarth – Chant, guitare rythmique
Dan Swank – guitare rythmique, claviers,choeurs (touring member)
Zack Merrick – basse, chœurs
Rian Dawson – batterie

Setlist
SUCKERPUNCH
Weightless
PMA
Damned If I Do Ya (Damned If I Don't)
Dark Side of Your Room
Time-Bomb
Backseat Serenade
Something's Gotta Give
The Weather
Lost in Stereo
Sleepwalking
Hate This Song (All Time Low & I Prevail song)
Monsters
Little Bit
Dear Maria, Count Me I


ALICE COOPER


Mainstage 2, 18 juin, 22h30

Par FredH
La nuit est tombée et Alice Cooper accompagné de ses six musiciens déboule sur la MS2. Assister à un concert du pape du Shock Rock, c’est forcément toujours un moment à part. Malgré ses 78 piges, le « Coop’ » assure toujours autant. Quelle présence scénique.

A chaque morceau/hit ('No More Mr. Nice Guy', 'I'm Eighteen', 'Hey Stoopid', 'Poison', 'School's Out' et même 'Smells Like Teen Spirit' de Nirvana), mister Vincent Furnier (pour les intimes) change de costumes (camisole, blouse de médecin ensanglantée, …) ou d’accessoires (canne, couteau, …). Chaque chanson devient un mini-film d’horreur rock : un acolyte-faux photographe trop zélé qui se fait transpercer d’une lance, des complices masqués venant torturer le maitre, la créature de Frankenstein, un mannequin en plastique à martyriser… et évidement, la fameuse guillotine pour une séquence de décapitation toujours impressionne. Musicalement, ça assure sévère avec notamment le récente recrue en date, la guitariste Anna Cara venue remplacer temporairement et avec brio miss Nita Strauss absente pour cause d’un imminent heureux évènement. Bref, une heure de pure régalade.

Par Nowa
Un concert d'Alice Cooper n'est jamais simplement un concert. C'est un véritable spectacle mêlant rock, théâtre, horreur et humour noir. À 78 ans, le maître du shock rock continue d'offrir l'un des shows les plus divertissants de la planète.

Le rideau tombe et les classiques s'enchaînent immédiatement. Entouré de ses fidèles musiciens, Alice multiplie les changements de costumes et les mises en scène macabres. Guillotine, camisole, faux sang et créatures inquiétantes font naturellement partie du décor.

Musicalement, difficile de faire plus efficace. "No More Mr. Nice Guy", "Poison", "Feed My Frankenstein" ou encore "School's Out" déclenchent à chaque fois une réaction immédiate du public. Même les festivaliers venus par curiosité se laissent rapidement embarquer dans cet univers unique.

Setlist
Hello, Hooray (Judy Collins cover) (Snippet)
Who Do You Think We Are (Snippet / I’m Alice and Welcome to the Show references at the end)
No More Mr. Nice Guy
I'm Eighteen
Feed My Frankenstein
Dirty Diamonds
Hey Stoopid
Poison
Guitar Solo
Brutal Planet (Band solos)
Ballad of Dwight Fry
Cold Ethyl
Only Women Bleed
Second Coming (Snippet / Guillotine)
Going Home (Snippet / With « Feel so strong » from Hello Hooray at the end)
School's Out / Another Brick in the Wall, Part 2
Smells Like Teen Spirit (Nirvana cover)
I'm Always Chasing Rainbows (Harry Carroll song) (Alice Cooper version)


HOMMAGE À OZZY OSBOURNE


Mainstage, 18 juin, 23h30

Alice Cooper et sa bande quittent à peine le mainstage 2 que les trois écrans géants diffusent une vidéo de 'Mama, I'm Coming Home' nourrie d’images de concerts et d’interventions marquantes du regretté Madman. Instant recueillement pour les milliers de spectateurs amassés (inclus votre serviteur). Alors que le titre s’achève et qu’un « LET’S THE MADNESS BEGIN » s’affiche sur les écrans à côté d’un portrait du Prince ouf Darkness, c’est 'Bark at The Moon' qui retentit. Le ciel de Clisson se voit alors illuminer par un feu d’artifice durant toute la chanson. Bel hommage tout en sobriété. RIP Mister Osbourne.

BRING ME THE HORIZON


Mainstage 1, 18 juin, 23h45

Pour clôturer cette première journée, le Hellfest accueille l'un des groupes les plus importants du metal moderne : Bring Me The Horizon dont je suis personnellement fan ! Longtemps considéré comme un groupe de deathcore, le quintette de Sheffield a constamment repoussé les limites de son style pour devenir un véritable phénomène mondial.
Le show débute dans une ambiance futuriste, fidèle à l'univers développé autour de l'album "POST HUMAN". Les écrans géants envahissent la scène tandis que Oli Sykes apparaît sous les acclamations de dizaines de milliers de personnes.

Visuellement, le spectacle est impressionnant. Entre les vidéos dystopiques, les effets pyrotechniques et les interactions avec le public, le groupe maîtrise parfaitement les codes des très grandes productions. Mais derrière cette débauche de moyens, les chansons restent l'élément central. "MANTRA", "Teardrops", "Parasite Eve", "Shadow Moses" ou encore "Can You Feel My Heart" sont reprises en chœur par l'intégralité de la foule.

Le pit explose sur les morceaux les plus lourds tandis que les passages plus mélodiques offrent des moments particulièrement émouvants. Le final sur "Throne" et "Drown" laisse Clisson épuisé mais heureux après plus d'une heure trente d'un concert spectaculaire.

Une clôture parfaite pour cette première journée du Hellfest 2026 sur la Mainstage 1.

Setlist
DArkSide
The House Of Wolves
MANTRA
Happy Song
Teardrops
AmEN!
Kool-Aid
Shadow Moses
Kingslayer
Antivist
Follow You
Can You Feel My Heart
Doomed
Drown
Throne

SOCIAL DISTORTION


Warzone, 18 juin, 00h30

Par le Rédacteur en Chef
Minuit approche. La Warzone accueille en clôture absolue de cette première journée un groupe qui n'a plus rien à prouver depuis longtemps — et qui, pourtant, revient avec plus à dire que jamais.

Social Distortion débarque sur un fond de 'Rebel Rebel' de David Bowie, Mike Ness et ses compagnons d'Orange County traversant la scène avec ce swagger inimitable, cette cool attitude qui ne s'apprend pas. Une Gibson Les Paul ornée d'une rose sur la tête de manche. Pas d'écran géant, pas de pyrotechnie, pas de chorégraphie. Juste des hommes et leurs guitares.

Avant d'attaquer le premier titre, Ness prend le micro. Il confie qu'après tant de temps passé dans les backstages, il est heureux — sincèrement heureux — d'être enfin sur scène. La phrase prend une résonance particulière quand on sait ce qu'il y a derrière : Mike Ness se remet d'un cancer qui a sérieusement menacé de mettre un terme à cette aventure de plus de quarante-cinq ans. Ce soir à Clisson, il ne joue pas pour la gloire ou les stats de streaming. Il joue parce que c'est ce qu'il fait depuis 1979, parce que c'est ce qui le tient debout. Et ça s'entend.

'Born to Kill' ouvre le set — le titre de leur huitième album, sorti en mai 2026 après quinze ans d'absence discographique, produit avec Dave Sardy et porté par des collaborations avec Benmont Tench et Lucinda Williams. Le groupe n'a pas rompu avec l'essentiel : punk rock, blues, et cette vision de l'Amérique des bas-côtés que Mike Ness défend depuis toujours avec la conviction d'un Springsteen de la côte ouest. 'No Way Out', 'Partners in Crime', le morceau éponyme — les nouvelles compositions tiennent parfaitement la route face aux classiques.

Et Ness le dit lui-même, avec sa franchise habituelle : "No fireworks, no bullshit, just a couple of guys with guitars." La phrase résume tout. Pas de feux d'artifice, pas d'artifices — juste la musique, brute et honnête. Dans une journée festivalière saturée de productions millimétrées et de jets de flammes, ça fait l'effet d'une fenêtre ouverte.

'Ball and Chain' est, comme toujours, une vibe absolue. 'Story of My Life' déclenche une réaction massive dans la fosse, repris en chœur avec la ferveur des grandes occasions. Et avant 'Don't Drag Me Down', Ness glisse quelques mots sur la politique américaine actuelle — fidèle à lui-même, sans filtre, il présente des excuses pour le comportement de son pays, rappelant que Social Distortion a toujours été du côté de l'inclusivité et de ceux qui luttent. Le public de la Warzone répond avec chaleur.

Une heure de punk rock californien pur, sans compromis, sans concession. La plus belle façon de clore cette première journée.

Par FredH
Pour conclure ma première journée, j’opte pour Social Distortion à la Warzone. Bien m’en a pris. En heure de temps, le combo va m’embarquer avec son punk rock des plus énergique. Mike Ness et ses potes sont heureux d’être là (« It’s good to see you all tonight! ») et le public ne s’y trompe pas. Rescapé d’un cancer des amygdales, le chanteur-guitariste est clairement en forme. Sa voix est intacte malgré le temps et son récent combat cotre cette saloperie de crabe.

Qu’importe si la zone de guerre n’est pas complètement remplie comme un œuf (en même temps cela facilite le circulation), l’ambiance est totalement folle. Les californiens vont interpréter plusieurs classiques de leurs répertoire (dont 'Story Of My Life') mais aussi plusieurs compos du récent « Born To Kill » sorti il y a quelques semaines. Ici, pas de triche, pas de gros lights ni d’explosions ou autres flammes, simplement « quelques gars sur scène avec leurs guitares » comme l’annonce le leader américain. Trop court mais trop bon.

Mike Ness – chant, lead guitare
Jonny "2 Bags" Wickersham – guitare rythmique, choeurs
Brent Harding – basse, choeurs
David Hidalgo Jr. – batterie
David Kalish – claviers (tour musician)

Setlist
Born to Kill
Untitled
Tonight
No Way Out
The Creeps
Mommy's Little Monster
Partners in Crime
Ball and Chain
Story of My Life
Reach for the Sky
Dear Lover
Don't Drag Me Down


ALESTORM


Mainstage 2, 18 juin, 01h20

Pour clôturer cette première journée du Hellfest dans la bonne humeur sur la Mainstage 2, Alestorm a une nouvelle fois transformé la Mainstage 2 en gigantesque fête pirate. Entre les canards gonflables, les déguisements et les nombreux circle pits, l'ambiance était complètement folle malgré l'heure tardive.

Christopher Bowes enchaîne les plaisanteries entre les morceaux tandis que le public reprend en chœur des titres comme "Mexico", "P.A.R.T.Y.", "Drink" ou encore "Fucked With An Anchor". Un concert festif, absurde et parfaitement calibré pour terminer la soirée avec le sourire.

Setlist
Keelhauled
Killed to Death by Piracy
The Sunk'n Norwegian
Zombies Ate My Pirate Ship
Mexico
Under Blackened Banners
Banana
Nancy the Tavern Wench
Alestorm
The Storm
P.A.R.T.Y.
Shit Boat (No Fans)
Interlude
Drink
Fucked With an Anchor
Rumpelkombo
Saturday Night (Sqeezer song)


Le Hellfest 2026 est officiellement lancé. Dès les premières heures de cette 19ᵉ édition, Clisson a retrouvé ce mélange unique d’effervescence, de passion et de convivialité qui fait sa réputation bien au-delà des frontières françaises. Entre retrouvailles entre festivaliers, premiers riffs résonnant sur les différentes scènes du site et longues marches entre la Valley, la Warzone et les Mainstages, ce jeudi avait des allures de grand retour à la maison pour des dizaines de milliers de passionnés.

Ce premier jeudi a tenu toutes ses surprises : une ouverture de festival qui donnait le ton sans chercher à écraser. La Mainstage 1 a progressivement monté en puissance jusqu'à Bring Me The Horizon, dont le show a confirmé leur statut de headliner incontestable. De l'autre côté, Deep Purple et Alice Cooper ont rappelé avec classe que le rock classique n'a pas dit son dernier mot.

Ce que cette première journée confirme surtout, c'est que l'édition 2026 s'ouvre avec les bonnes intentions. L'équilibre entre anciens et nouveaux, entre metal accessible et explorations plus pointues sur la Valley ou l'Altar, dessine déjà le portrait d'un Hellfest qui sait à qui il s'adresse — et qui n'a pas peur de déplaire aux uns pour conquérir les autres. Rendez-vous demain pour ce qui s'annonce comme la journée la plus chargée symboliquement de l'édition.