IMPUREZA
Altar, 19 juin, 10h30
Finalement, j’ai opté pour Impureza à Altar comme entame. La tente rouge est remplie mais pas bondée (normal il n’est que 10h30). Le combo franco-espagnol propose un « Hispanic Metal » en fusionnant brutal death metal et influences espagnoles.
Les morceaux sont plutôt techniques avec souvent des guitares flamencos bien amenées pour briser la violence. Sur plusieurs titres, une bailaora (comprendre une danseuse) rejoint les musiciens pour un peu de grâce au milieu de la tornade sonore. Malheureusement, surtout en début de set, le groupe doit faire face à des problèmes de son (souvent brouillon). Cela dit, le quintette ne lâche rien avec notamment le chanteur qui réussit a faire réagir l’auditoire (plutôt sage) présent. Tout cela donne envie de revoir dans de meilleures conditions.

BLACKRAIN
Mainstage 1, 19 juin, 11h05
Direction les mainstages où je vais y passer pas mal de temps aujourd’hui. Il est que 11h00 du matin et déjà 25°. Changement d’ambiance avec Blackrain et leur glam accrocheur.
Trente minutes plutôt énergiques et sans temps morts pour le combo savoyard. Accompagné par de nombreux clips plutôt réussis qui passent sur les grands écrans, le groupe embarque les scènes principales qui se remplissent tranquillement. Le public réagit bien. Le dernier morceau (« UNTAMED ») donne lieu à un Braveheart entre festivaliers en guise de clôture. Sympa.

RETURN TO DUST
Mainstage 2, 19 juin, 11h40
Par FredH
Première fois en Europe et donc à Clisson pour Return To Dust. Dès le premier titre, on comprend que la musique du quatuor américain tient ses bases sur le mouvement grunge des années 90. Les harmonies vocales (chants doublés par l’un des guitaristes et le bassiste) et les compositions ne trompent pas. On pense immédiatement à Alice in Chains. Avec seulement trente minutes alloués, pas de longs discours entre les morceaux. Agréable découverte même si rien de novateur sous le fort soleil de Clisson.
Par Nowa
Pour démarrer ma deuxième journée du Hellfest, c'est Return To Dust que je vais voir sur la Mainstage 2. Le jeune groupe américain propose un rock alternatif fortement inspiré de la scène grunge des années 90 et le résultat fonctionne plutôt bien en live.
Malgré une affluence encore raisonnable à cette heure de la journée, les festivaliers présents semblent réceptifs aux mélodies mélancoliques et aux gros riffs du quatuor. Les harmonies vocales rappellent parfois Alice In Chains tandis que les morceaux plus lourds apportent suffisamment d'énergie pour réveiller un public encore en phase d'échauffement surtout avec leur reprise du titre "Hey Ya!" de Outkast, une agréable surprise de bon matin.
Setlist
Black Road
Face Down
Sweet Escape
When You Look at Me
Hey Ya! (OutKast cover)
Bored
Belly Up

KILLUS
Temple, 19 juin, 12h15
Depuis plus de vingt-cinq ans, Killus défend une vision sombre et théâtrale du métal industriel. Les Espagnols ont progressivement construit leur réputation grâce à une esthétique soignée mêlant influences horrifiques, métal moderne et sonorités électroniques. En 2024, le groupe a publié '' Years Feeding the Monster'', une sortie symbolique célébrant un quart de siècle de carrière. Présent sur les scènes européennes depuis de nombreuses années, Killus continue d'entretenir une identité forte qui lui permet de se démarquer dans un univers particulièrement concurrentiel.
Ouvrir un vendredi de Hellfest à 12h15 sous la chaleur de la Temple, c'est une mission que peu de groupes accomplissent avec autant de relief. Killus n'a pas attendu l'heure de pointe pour imposer sa loi. Le concert à l'esthétique industrielle léchée est spectaculaire par le charisme d'un chanteur qui gratifie le public d'une superbe reprise d'ABBA et d'une énergie qui fait plaisir à voir.
L'ambiance shock rock tourne à plein régime dès les premières secondes : les lumières crépusculaires, les arrangements électro-sombres et la présence magnétique de Javi Ssagittar créent immédiatement une bulle dense dans laquelle le public se laisse volontiers aspirer. Le set déroule un catalogue solide, de 'H.E.L.L.' à 'Feel the Monster', avant que la reprise de 'Gimme! Gimme! Gimme!' d'ABBA ne vienne clore le tout avec une jubilation décomplexée. Sur le papier, le choix fait sourire. Sur scène, il explose. C'est bien simple : dans cet écrin du métal extrême, Killus a prouvé qu'un groupe de métal industriel espagnol peut faire danser Clisson dès midi. Pas rien.
Javi Ssagittar, chant
Ruk, guitares
Premutoxx, basse, claviers
Anhell, batterie
Setlist
Skeletons of Society
Man‐Made Tragedy
H.E.L.L.
Ascending Antichrist
Imperator
Free
Grøtesk
Stranger Things
White Lines
Paralyzed
Hypocrisy
Ultrazombies
Feel the Monster
Gimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight) (ABBA cover)

WINGS OF STEEL
Mainstage 1, 19 juin, 12h15
Par FredH
Avec un nom comme Wings of Steel (Ndt : Ailes d'acier), cela laisse peu de doute sur le style proposé par le combo fondé par le chanteur suédois Leo Unnermark et le guitariste américain Parker Halub. Durant une demi-heure, on va avoir le droit à du hard rock/heavy metal à l’esprit old school (donc un rien cliché). Malgré des petites galères de son (qui vont rapidement s’arranger) sur le premier titre, les regards et les sourires complices entre Parker et Léo ne trompent pas. Les musiciens semblent prendre plaisir à être là (une première pour eux) et ce malgré le fait que les mainstages soient encore bien loin d’être bondées (vu le créneau du déjeuner et la température cela se comprend). Il est plus que près probable que d’ici quelques années le groupe soit plus haut dans la programmation. C’est tout le bien qu’on lui souhaite.
Par Nowa
Retour au heavy metal traditionnel avec Wings Of Steel. Les Américains n'ont besoin que de quelques minutes pour convaincre les amateurs de riffs old-school venus en nombre devant la Mainstage 1.
Le groupe déroule une prestation énergique portée par la voix impressionnante de Leo Unnermark. Les influences de Judas Priest et du heavy metal des années 80 sautent immédiatement aux oreilles mais l'ensemble reste suffisamment moderne pour éviter le simple hommage nostalgique.
Les refrains de "Cry of the Damned" et "Winds of Time" sont particulièrement bien accueillis par le public qui répond présent malgré la chaleur déjà bien installée.
Setlist
Burning Sands
Liar in Love
Saints and Sinners
Winds of Time
Wings of Steel
Cry of the Damned

REZN
Valley, 19 juin, 12h50
Placés en début d’après-midi sous la Valley, les Américains de Chicago n’avaient pas forcément la mission la plus simple : capter un public encore en phase de montée en régime, coincé entre découvertes matinales, chaleur, déplacements et premières grosses affiches de la journée.
Les morceaux s’installent lentement, presque en suspension, avant de laisser surgir des murs de guitares lourdes, des nappes psychédéliques et cette voix lointaine qui semble davantage flotter au-dessus du son que le diriger. Le stoner-doom du groupe n’est jamais uniquement massif : il est brumeux, spatial, parfois presque shoegaze, traversé par des textures de synthé et de saxophone qui lui donnent une couleur immédiatement identifiable. Je ne connaissais pas le groupe et j'en avais entendu parlé et c'est la raison pour laquelle je suis allé les voir
Du coup, difficile cependant de donner un avis totalement tranché sur un concert de ce type lorsqu’on ne s’y est pas immergé de bout en bout. REZN ne cherche pas à séduire immédiatement, encore moins à provoquer l’adhésion par la puissance seule. C’est une musique de climat, d’épaisseur, de patience. Pour les amateurs du genre, la prestation a certainement offert ce qu’ils étaient venus chercher : une traversée lourde, hypnotique et enveloppante. Pour les autres, elle a pu rester plus distante, presque opaque, comme si le groupe jouait derrière un voile de fumée sonore.
REZN n’a pas livré le concert le plus spectaculaire de la journée, mais a installé un monde. Et au Hellfest, c’est déjà beaucoup.
Rob McWilliams — chant, guitare
Phil Cangelosi — basse
Patrick Dunn — batterie
Spencer Ouellette — synthétiseurs, saxophone, lap steel, claviers

BROTHERS OF METAL
Mainstage 2, 19 juin, 12h50
Par FredH
« We are Brothers of Metal, We are True Metal Warriors ». Voilà les mots prononcés par l’un des chanteurs lorsque la petite équipe entre en scène. Bien que disposant de trois skeuds studio (dont le dernier remonte à 2024), les Suédois ont préféré se concentrer majoritairement sur des morceaux fédérateurs extraits de leurs deux premiers efforts ('Fimbulvinter', 'Njord' , 'Ride Of The Valkyries', 'Hel' rebaptisé aujourd’hui « Hel-fest »).
Le temps file assez vite en compagnie de nos très sympathiques vikings jusqu’à la ballade rassembleuse de clôture reprise en chœur par une foule par des fans venus nombreux (Yggdrasil). J’ai vu et ne suis clairement pas déçu.
Par Nowa
L'ambiance change radicalement avec l'arrivée de Brothers Of Metal. Les Suédois transforment immédiatement la Mainstage 2 en immense fête viking où les cornes imaginaires remplacent les traditionnels horns métalliques.
Entre les chants guerriers et les refrains fédérateurs, le public participe constamment. "Prophecy of Ragnarök", "Yggdrasil" ou encore "Son of Odin" sont repris à pleins poumons par les fans tandis que les musiciens multiplient les interactions avec la foule.
Un concert particulièrement fun qui apporte une belle dose de bonne humeur au milieu de cette journée très heavy metal.
Setlist
Prophecy of Ragnarök
Fire Blood and Steel
Chain Breaker
Yggdrasil
Hel
Theft of the Hammer
Son of Odin

SORTILÈGE
Mainstage 1, 19 juin, 13h35
Par FredH
Second passage au Hellfest pour Sortilège depuis sa renaissance de 2021. Ne disposant que de quarante minutes, le chanteur Christian « Zouille » Augustin et ses comparses vont droit au but avec leur compos heavy metal puisées dans les différents opus du groupe.
Des titres récents, extraits de « Apocalypso » ('Poséidon', 'Vampire') et du « Le Poids de l'Ame » (chanson éponyme) sont mêlés aux classiques du groupe en provenance des années 80 ('D'ailleurs', 'Chasse le Dragon', 'Mourir pour une Princesse', 'Amazone', 'Sortilège' en clôture). Les refrains de ces « vieux morceaux » sont repris par les fans des premières heures (dont mézigue). Peu avant la fin, Christian dédie le concert à son ami Bruno Ramos, décidé il y a un an tout-pile. Pur plaisir nostalgique.
Par Nowa
C'est toujours un plaisir de voir Sortilège sur une scène du Hellfest. Véritable monument du heavy metal français, le groupe continue de défendre son héritage avec une énergie impressionnante.
Dès les premiers titres, plusieurs générations de fans se retrouvent réunies devant la Mainstage 1. Les classiques "Délire d'un fou", "Majesté" ou encore "Marchand d'hommes" provoquent une réaction immédiate du public qui connaît parfaitement les paroles.
Setlist
D'ailleurs
Progéniture destructrice
Vampire
Chasse le dragon
Poseidon
Le Poids De L'âme
Mourir pour une princesse
Amazone
Sortilège

TESSERACT
Mainstage 2, 19 juin, 14h20
Exit les dragons et les princesses, place à TesseracT et son univers bien plus sombre. Ce créneau de début d’après-midi et la chaleur (pourtant encore bien éloignée des extrêmes prévus dimanche) n’aident pas à s’immerger totalement dans le metal progressif aussi technique que captivant du groupe britannique.
Malgré ces conditions, et bien que beaucoup de festivaliers se sont déplacés pour voir Steve Harris & Cie, les Anglais ne déméritent pas, soutenus par un light-show des plus soigné (plusieurs colonnes de lumières disposées à différents endroits). Les musiciens sont en pleine forme, à l’image du chanteur Daniel Tompkins, parfait dans son rôle, et venu grimé pour l’occasion. Tout cela donne envie d’en voir plus et dans une salle/horaires plus adaptés.

QUEENSRYCHE
Mainstage 1, 19 juin, 15h05
Par le Rédacteur en Chef
Véritable institution du métal progressif américain, Queensrÿche continue d'écrire son histoire plus de quarante ans après sa création. Avec des albums devenus des références absolues comme ''Operation: Mindcrime'' ou ''Empire'', le groupe a profondément marqué l'évolution du heavy métal à partir des années 1980. Depuis l'arrivée du chanteur Todd La Torre, Queensrÿche connaît un regain de créativité salué par les fans et la critique. Son dernier album studio, ''Digital Noise Alliance'', est paru en 2022.
Un passage en milieu d'après-midi sur la Mainstage 1, créneau ingrat avant l'arrivée d'Accept et de l'enchaînement titanique de la soirée. Le gros du public était bien là pour Queensrÿche, mais la setlist n'est pas des plus accrocheuses dans ses premiers titres, l'ensemble s'inscrivant dans une efficace linéarité qui manque toutefois d'un tantinet de piquant. Todd La Torre assure avec ses cordes vocales irréprochables, Michael Wilton joue avec la maîtrise qu'on lui connaît, et les extraits d'''Operation: Mindcrime'' font leur effet sur les connaisseurs.
Mais l'alchimie du moment ne s'embrase pas vraiment. Un concert correct, bien exécuté, qui manquait peut-être de l'urgence nécessaire pour s'imposer dans une journée aussi chargée.
Par FredH
Etant grand fan de « Operation : Mindcrime et « Empire », j’attendais vraiment la prestation de Queenryche. Alors que j’espérais pouvoir entendre un ou deux titres de ces deux albums, c’est carrément un retour aux toutes premières heures que nous a proposé le combo originaire de Bellevue, Washington. Outre les deux opus précités, on a eu le droit à des morceaux sélectionnés dans le 1er EP homonyme, « The Warning » et « Rage for Order ».
Au micro, Todd La Torre est impérial avec par moments ses pointes aiguës maîtrisées à la perfection mais aussi deux-trois petits growls venus d’ailleurs et glissés ici et là. Moi, je m’époumone sur 'Anarchy-X', 'Eyes of a Stranger', 'Revolution Calling' et les deux morceaux éponymes extraits de mes deux skeuds préférés de la formation américaine. Attente pleinement satisfaite.
Par Nowa
Place à l'une des légendes du metal progressif avec Queensrÿche. Les Américains livrent une prestation très solide portée par un Todd La Torre impressionnant du début à la fin.
La setlist fait la part belle aux classiques et le public répond immédiatement présent sur "Operation: Mindcrime", "Empire" ou encore "Jet City Woman". Musicalement irréprochable, le groupe enchaîne les morceaux avec une facilité déconcertante et démontre qu'il reste une référence dans son domaine.
Todd La Torre – chant
Michael Wilton – lead guitare
Mike Stone – guitare rythmique, choeurs
Eddie Jackson – basse, choeurs
Casey Grillo – batterie
Setlist
Queen of the Reich
Operation: Mindcrime
Speak
NM 156
Screaming in Digital
Eyes of a Stranger
Neue Regel
Empire
I Remember Now
Anarchy-X
Revolution Calling

SINSAENUM
Altar, 19 juin, 15h55
Petite escapade à Altar pour quarante-cinq minutes avec Sinsaenum. Durant ce laps de temps, le groupe de Fred Leclercq, bassiste de Loudblast et Kreator mais ici guitariste, ne va pas faire de quartier.
D’entrée, Fred lâche un « we play death fucking metal » sans équivoque. Etonnamment, mais peut-être ai-je raté un épisode, l’ami Stéphane Buriez (meneur de Loudblast) n’est pas sur scène (on va y revenir). Qu’importe cette absence, le quintette va nous rouler dessus. Moment de kiffe personnel avec la boucherie dédiée à l’ex-Slipknot Joey Jordison, leur ancien frère d’arme de 2016 jusqu’à son décès en 2021 ('Last Goodbye'). Trois quart d’heure bien utilisée.
BLOODYWOOD
Mainstage 2, 19 juin, 15h55
S'il y a bien un groupe qui a surpris une partie du public ce vendredi, c'est Bloodywood. Les Indiens ont littéralement retourné la Mainstage 2 avec leur mélange unique de metal moderne, de rap et d'instruments traditionnels. Ils avaient joué sur la même scène en 2023 mais c'était pour une ouverture de journée.
Dès les premières notes de "Dana Dan", les premiers circle pits apparaissent et l'ambiance ne retombera jamais. Le groupe dégage une énergie incroyable et les festivaliers répondent présents sur chaque refrain. Les musiciens occupent constamment l'espace et réussissent à transformer cette fin d'après-midi en véritable fête. Mon premier coup de coeur de la journée pour ma part :)
Setlist
Dana Dan
Aaj
Nu Delhi
Gaddaar
Bekhauf
Halla Bol
Machi Bhasad (Expect a Riot)

ACCEPT
Mainstage 1, 19 juin, 16h45
Accept à 16h45 et pour seulement 50 minutes ?! Choix de programmation étrange pour un combo qui a plus d’un demi-siècle d’existence et qui est en tournée « 50th Anniversary ». Qu'à cela ne tienne, le combo de Wolf Hoffmann a justement misé sur une setlit comprenant que de très vieux titres (le medley « The riffology » : 'Demon's Night / Starlight / Losers and Winners / Flash Rockin' Man') et plusieurs de ses très nombreux hits ('Metal Heart', 'Restless and Wild', 'Princess of the Dawn', 'Balls to the Wall' et 'Fast as a Shark' avec en soutien Fredrik Åkesson, guitariste d’Opeth).
Parmi les festivaliers à reprendre en chœur les refrains, un certain Stéphane « Bubu ». Petit susucre, en milieu de set, on a le droit à un invité vocal en la personne de de Todd LaTorre de Queensrÿche (qui officiait sur cette même MS1 deux heures plus tôt). Cela ne rajeunit personne mais qu’est ce gros et bon best-of live fait toujours du bien.

SEPULTURA
Mainstage 2, 19 juin, 17h40
Par FredH
Fin 2026, Sepultura tirera définitivement sa révérence. Alors, assister à ce concert, leur dernier en France, c’est forcément un moment particulier pour votre serviteur qui suit le groupe depuis « Beneath The Remains » en 1987. Vu le monde amassé devant les scènes principales, je ne suis visiblement pas le seul.
Durant leurs cinquante minutes imparties, le quatuor va nous ravir avec bons nombres de ses classiques ('Inner Self', 'Attitude', 'Refuse/Resist', 'Arise', 'Ratamahatta' beuglée en duo vocal par le guitariste Kisser et le hurleur Green, la bourrine quoi que raccourcie 'Roots Bloody Roots').
Cela étant, et plus surprenant, le combo a inclus à sa setlist trois des quatre titres issus du récent ultime EP studio « The Cloud of Unknowing » et qui passent plutôt bien l’épreuve du live ('All Souls Rising', 'Beyond the Dream', 'The Place'). Très souriant, Derrick (moustache grise) est visiblement ému par ce dernier gig. Andréas, lui, après avoir remercié la foule pour les quarante ans de soutien, parle de l’action de Savage Lands (partenariat avec le Hellfest), l’ONG où 100 % des royalties de la musique servent à protéger la biodiversité.
Quelques invités entrent donc en scène (dont entre autres Sylvain Demercastel, Alissa White-Gluz, Frédéric Leclercq, Dirk Verbeuren). pour un jam tribal et percussif ('Kaiowas'). Dernier rendez-vous français réussi pour la formation américano-brésilienne.
Par Nowa
L'émotion était forcément présente au moment d'accueillir Sepultura. Cette tournée d'adieu marque la fin d'une aventure de plus de quarante ans et le public du Hellfest a tenu à rendre hommage aux Brésiliens.
Le groupe démarre fort avec "Inner Self" avant d'enchaîner les classiques. Les pits se multiplient sur "Ratamahatta", tandis que "Kaiowas" offre un moment plus atmosphérique particulièrement apprécié.
Le final sur "Roots Bloody Roots" transforme la Mainstage 2 en immense champ de bataille. Un concert intense, chargé d'émotion, qui rappelle l'importance de Sepultura dans l'histoire du metal.
Setlist
Inner Self
All Souls Rising
Kairos
Attitude
The Place
Interlude (video package of the recording of “Roots” with the Xavante tribe)
Kaiowas (Percussion jam with guests including Alissa White-Gluz plus members of Crypta, Kreator and Megadeth)
Beyond the Dream
Refuse/Resist
Arise
Ratamahatta (shortened; with drum solo as intro)
Roots Bloody Roots

CEREMONY
Warzone, 19 juin, 18h35
Depuis sa formation en Californie au début des années 2000, Ceremony n'a cessé de surprendre son public. Initialement identifié comme l'un des groupes les plus radicaux de la scène hardcore américaine, le quintette a progressivement fait évoluer son identité musicale vers des territoires post-punk, new wave et rock alternatif, sans jamais perdre son intensité ni son caractère.
Son dernier album, ''Vanity Spawned by Fear'', paru en 2023, illustre parfaitement cette évolution artistique permanente. Passé d'un punk hardcore virulent, à la limite de la powerviolence, à un post-punk aux contours presque indie rock, c'est le grand écart que proposent les Californiens — un parcours tortueux, sombre et plein de traumatismes qui n'en est pas moins une réussite immense.
Voilà le genre de concert qui justifie à lui seul l'existence d'un pass festival. Ceremony n'est pas un groupe facile à caser dans une programmation de métal et de rock extrême — pas vraiment métal, pas vraiment punk, pas vraiment post-punk non plus. Et pourtant, la Warzone les a accueillis avec une attention et une ferveur qui disent beaucoup sur la maturité du public hellbangers.
Dès les premiers morceaux, Ross Farrar impose sa présence. Pas de longs discours, pas de mise en scène superflue : le chanteur canalise toute l'énergie du groupe vers un seul objectif, maintenir une tension permanente. Il est une présence hors-norme sur scène, habité par quelque chose qui dépasse la simple performance, oscillant entre confession intime et cri de colère. Il garde à la main le cable de son micro qu'il enroule parfois autour de sa tête. Clairement, une présence scénique qui marque. Derrière lui, Anthony Anzaldo et Andy Nelson alternent riffs abrasifs et passages plus mélodiques, tandis que Justin Davis et Jake Casarotti verrouillent une section rythmique d'une efficacité redoutable.
Face à eux, la Warzone répond immédiatement. Les premiers circle pits se forment dès l'entame du concert, les stage dives s'enchaînent et les premiers rangs vivent chaque morceau comme une véritable décharge d'adrénaline. L'ambiance reste intense sans jamais perdre cet esprit de communion propre aux concerts hardcore, où le public devient presque un sixième membre du groupe.
Le choix de la setlist reflète parfaitement la carrière de Ceremony. Les classiques des débuts côtoient des compositions plus récentes issues de ''Vanity Spawned by Fear'', démontrant que le groupe assume pleinement toutes les périodes de son évolution. Loin de casser le rythme, ces incursions plus modernes apportent au contraire davantage de relief à une prestation qui refuse toute monotonie.
Ce qui impressionne le plus reste finalement la capacité de Ceremony à conserver une identité unique. Là où beaucoup de groupes oscillent entre hardcore et post-punk au risque de perdre leur personnalité, les Californiens réussissent à faire cohabiter violence, mélodie et urgence avec une étonnante cohérence. Chaque titre possède sa propre couleur tout en participant à une montée en puissance continue.
Le son est tendu, précis, les chansons se succèdent sans temps mort avec une force narrative rare. Les reprises — ''Pressure's On'' de Red C et ''California Über Alles'' des Dead Kennedys — tombent comme des gifles naturelles dans le fil du set, sans ostentation. Un moment authentiquement fort, l'une des bonnes surprises de cette journée, et la preuve que les interstices du Hellfest sont parfois là où tout se passe.
Ross Farrar - chant
Anthony Anzaldo - guitares
Andy Nelson - guitares, choeurs
Justin Davis - basse
Jake Casarotti - batterie

HELLOWEEN
Mainstage 1, 19 juin, 18h35
Par FredH
A peine le temps de récupérer, c’est au tour de Helloween de débarquer sur la MS1. Evoluant depuis plusieurs années désormais en configuration septuor, la formule est bien rodée, entre précision chirurgicale et bonne humeur générale. Cette année, pas d’énorme citrouille pour porter l’ensemble batterie. La nouvelle scénographie se veut plus moderne. Notons ici le monstrueux kit du frappeur Dani Löble comprenant quatre grosses caisses ?!
Disposant de trois chanteurs (le tandem principal Kiske/Deris et le guitariste Kai Hansen), la formation germanique peut donc proposer ses compos avec un (chacun d’eux peut donc avoir son moment à lui), deux voire trois vocalistes.
Sans grande surprise (et mon bon plaisir), les deux opus références « Keeper of the Seven Keys » sont bien représentés ('Future World' et 'Twilight of the Gods' pour la « Part I » et 'March of Time', 'Dr. Stein', 'Eagle Fly Free', 'I Want Out', la dernière partie de 'Keeper of …'). Le complément est fait du matériel plus récent. A ce titre, les chansons puisées dans le dernier effort en date (« Giants & Monsters ») rencontrent un bon accueil live ('Into the Sun' et surtout 'This Is Tokyo'). Chouette moment.
Par Nowa
Moment très attendu sur la Mainstage 1 avec le retour de Helloween. Les Allemands déroulent un show parfaitement calibré entre nostalgie et puissance actuelle, porté par les voix complémentaires de Michael Kiske et Andi Deris.
Le public chante à pleins poumons sur "Eagle Fly Free" et "Dr. Stein", tandis que "Future World" transforme la fosse en immense chorale. Le groupe alterne énergie et moments plus mélodiques sans jamais perdre en intensité. Une prestation grand public, fédératrice et parfaitement taillée pour le Hellfest.
Setlist
March of Time
The King for a 1000 Years
Future World
This Is Tokyo
We Burn
Twilight of the Gods
Ride the Sky
Into the Sun
Drum Solo
Power
I Want Out
Encore:
Initiation
Eagle Fly Free
Dr. Stein
Keeper of the Seven Keys (Outro only)

OPETH
Mainstage 2, 19 juin, 20h00
J’aurais personnellement préféré voir/entendre Opeth à la nuit tombée (pour une ambiance bien « creepy » vous voyez). Cette petite frustration passée, il faut reconnaitre que même sur un créneau de 20h-quasi 21h, cela fonctionne aussi malgré la chaleur.
Les Suédois ont profité de ce laps de temps alloué pour dérouler un set aussi subtil qu’intense, porté par un Mikael Åkerfeldt toujours aussi charismatique. Les derniers morceaux en date ('§1' et '§7' issus de « The Last Will and Testament ») s’intègrent parfaitement aux classiques du combo. Avec un humour pince-sans-rire, le frontman a détendu une atmosphère globalement contemplative. Avec seulement cinq titres joués dont un final danteque ('Deliverance'), on reste sur goût de trop peu. On n’aurait pas dit non à un peu de rabe.
ROTTING CHRIST
Temple, 19 juin, 20h35
Changement total d’ambiance sous la Temple avec Rotting Christ. Les Grecs installent une atmosphère sombre et presque rituelle dès les premières minutes du set. Je dois avoué que j'ai peu l'habitude d'aller sous les tentes, mais de temps en temps il m'arrive d'apprécier quelques groupes de ce style.
Porté par Sakis Tolis, le groupe développe un black metal très atmosphérique, presque hypnotique. Les rythmiques martiales et les chœurs incantatoires plongent le public dans une ambiance quasi cérémonielle. Un concert immersif, intense et parfaitement adapté à la tente.
Setlist
Dies Irae
Demonon Vrosis
Kata Ton Daimona Eaytoy
Apage Satana
dub-sag-ta-ke
Like Father, Like Son
Elthe Kyrie
King of a Stellar War
Non Serviam
Societas Satanas (Thou Art Lord cover)
Grandis Spiritus Diavolos
The Raven
IRON MAIDEN
Mainstage 1, 19 juin, 21h00
Par le Rédacteur en Chef
Difficile d'imaginer une affiche du Hellfest sans penser immédiatement à Iron Maiden. Cette tournée 2026 revêt une dimension particulière puisqu'elle s'inscrit dans les célébrations du cinquantième anniversaire du groupe à travers le monde. Célébrant 50 ans de carrière, la Vierge de Fer reprend la route à l'occasion du second volet de son Run For Your Lives Tour — sans aucun doute la tournée la plus mémorable que la bande à Steve Harris ait jamais livrée au regard de sa setlist concentrée sur les neuf premiers albums de sa féconde carrière et des moyens techniques dantesques déployés à cette occasion. Hellfest
Un détail capital pour cette édition : Nicko McBrain, qui a pris sa retraite en décembre 2024 après 44 ans de service, est remplacé derrière les fûts par Simon Dawson (British Lion).
À peine les premières notes de ''The Ides of March'' retentissent-elles que la Mainstage 1 se transforme en une immense marée humaine. Soixante mille personnes, ou presque, reprennent chaque refrain avec une ferveur rarement observée, comme si chacun avait conscience d'assister à l'une des grandes célébrations de cette dix-neuvième édition du Hellfest. Il faut dire que cette tournée Run For Your Lives, imaginée pour célébrer les cinquante ans du groupe, puise exclusivement dans les neuf premiers albums d'Iron Maiden, offrant aux fans une véritable plongée dans les années fondatrices du groupe.
La première surprise vient d'un homme que beaucoup attendaient avec curiosité : Simon Dawson. Succéder à Nicko McBrain relevait presque de l'impossible. Pourtant, dès les premiers morceaux, le nouveau batteur trouve naturellement sa place derrière les fûts. Son jeu, légèrement plus direct et plus sec, insuffle une énergie nouvelle sans jamais trahir l'esprit des compositions. Très vite, les interrogations disparaissent pour laisser place à une évidence : Iron Maiden continue d'avancer.
Devant lui, Steve Harris reste l'infatigable chef d'orchestre de cette mécanique parfaitement huilée. Les trois guitaristes se partagent les harmonies avec une précision chirurgicale tandis que Bruce Dickinson impressionne une nouvelle fois. À bientôt soixante-huit ans, le chanteur parcourt la scène sans relâche, alternant courses, mimiques théâtrales et interventions en français qui déclenchent régulièrement les acclamations du public. Vocalement, il affiche une maîtrise qui force le respect, donnant à des titres comme ''Phantom of the Opera'', ''Infinite Dreams'' ou ''Rime of the Ancient Mariner'' une intensité remarquable.
La scénographie constitue elle aussi un véritable spectacle. Chaque morceau bénéficie de son propre décor, entre toiles monumentales, effets pyrotechniques, changements d'ambiance et apparitions successives d'Eddie sous différentes formes. Sans jamais tomber dans la surenchère gratuite, le groupe parvient à transformer chacune de ses chansons en véritable tableau vivant, rappelant pourquoi Iron Maiden demeure l'une des références absolues en matière de spectacles live.
Musicalement, difficile de trouver le moindre temps faible. Le retour de morceaux rarement joués comme ''Murders in the Rue Morgue'', ''Killers'', ''Phantom of the Opera'' ou ''Infinite Dreams'' ravit les fans de longue date, tandis que les incontournables ''The Trooper'', ''Run to the Hills'', ''Hallowed Be Thy Name'' ou ''Fear of the Dark'' provoquent des chœurs gigantesques repris par l'ensemble de la foule. Peu de groupes peuvent aujourd'hui s'appuyer sur un catalogue aussi riche tout en maintenant un tel niveau d'exécution pendant plus de deux heures.
Lorsque résonnent les dernières notes de ''Wasted Years'', chacun sait qu'il vient de vivre bien davantage qu'un simple concert. Iron Maiden n'a pas seulement livré une démonstration de savoir-faire ; le groupe a rappelé pourquoi, cinquante ans après sa création, il continue d'incarner une certaine idée du heavy metal : ambitieuse, spectaculaire, généreuse et profondément fédératrice. Sans doute l'un des très grands moments de cette édition 2026 du Hellfest.
Par FredH
Vu la grande quantité de tee-shirts à l’effigie d’Eddie observés aujourd’hui, c’est bien pour Iron Maiden que de nombreux fans sont venus. Avec cette tournée mondiale « Run For Your Lives », le combo anglais propose un voyage dans le temps. La setlist se concentre donc sur la période 1980 (1er opus homonyme) à 1992 (« Fear of the Dark »).
Tous les albums entre ces deux dates sont représentés sauf « No Prayer for the Dying ». Que d’incontournables du heavy metal ('Murders in the Rue Morgue', 'Wrathchild', 'Killers', 'The Number of the Beast', …, 'Run to the Hills'). Le batteur historique et respecté Nicko McBrain n’est plus là mais son remplaçant Simon Dawson s’en sort plutôt bien.
Fidèle à lui-même, Bruce Dickinson parle beaucoup entre les titres et quasi intégralement en français. Le britannique évoque Gaston Leroux, auteur du « Fantôme de l’Opéra » pour lancer la chanson du même nom. Il s’étonne que sa gourde ne contienne « que de l’eau » alors qu’il aurait souhaité un bon vin à la place.
En forme, le frontman arpente la scène avec une inépuisable énergie et ses gestuelles quelques peu théâtrales. Qu’il soit coiffé d’un masque à plumes, accoutré d’une tenue militaire, ou tenant en main la hampe de son union jack, le bonhomme s’est faire réagir cette immense foule pourtant déjà acquise. Ses traditionnels « Scream for me » marchent toujours. Alors qu’il reste quinze minutes théoriques et que certains pensent que c’est la fin, le sextette revient pour trois rappels ('Aces High' introduit par le 'Churchill's Speech', 'Fear of the Dark' et 'Wasted Years' et son put*** de solo). Bref, avec ces oldies, Iron Maiden Lives.
Par Nowa
C’est l’événement de la journée : Iron Maiden au Hellfest. La Mainstage 1 est littéralement pleine à craquer bien avant le début du show, et l’entrée sur "Doctor Doctor" déclenche une montée de tension énorme.
Le groupe déroule une setlist monumentale, entre classiques absolus et morceaux plus rares. Bruce Dickinson est impérial, tandis que les trois guitaristes occupent la scène avec une précision chirurgicale. Eddie fait plusieurs apparitions qui déclenchent systématiquement l’hystérie.
"The Trooper", "Fear of the Dark", "Run to the Hills" et "Hallowed Be Thy Name" sont repris par des dizaines de milliers de voix. Un concert gigantesque, à la hauteur du statut du groupe.
Bruce Dickinson – chant
Steve Harris – basse, choeurs
Dave Murray – guitares
Janick Gers – guitares
Adrian Smith – guitares, choeurs
Simon Dawson – batterie
Setlist
Murders in the Rue Morgue
Wrathchild
Killers
Phantom of the Opera
The Number of the Beast
Infinite Dreams
Powerslave
2 Minutes to Midnight
Rime of the Ancient Mariner
Run to the Hills
Seventh Son of a Seventh Son
The Trooper
Hallowed Be Thy Name
Iron Maiden
Rappel:
Aces High
Fear of the Dark
Wasted Years


SABATON
Mainstage 2, 19 juin, 23h15
Place ensuite à la machine de guerre Sabaton. Comme toujours, le groupe transforme la Mainstage 2 en champ de bataille géant avec une scénographie massive et des effets pyrotechniques omniprésents.
Joakim Brodén mène les opérations avec son charisme habituel et enchaîne les hymnes guerriers. Le public répond immédiatement sur "Ghost Division", "Primo Victoria" ou encore "The Attack of the Dead Men".
Un show ultra efficace, calibré pour les festivals, où chaque refrain devient un chant de guerre collectif.
Setlist
Ghost Division
Yamato
The Red Baron
The Last Stand
Great War
Stormtroopers
Christmas Truce
Soldier of Heaven
Night Witches
I, Emperor (with Napoleon character onstage and singing of La Marseillaise)
The Attack of the Dead Men
Bismarck
Hordes of Khan
Templars
Primo Victoria
Swedish Pagans
To Hell and Back

BLOOD INCANTATION
Altar, 19 juin, 23h50
Blood Incantation en tête d’affiche à Altar, cela ne peut pas se manquer (même si Mastodon est programmé au même créneau en Valley…. grrrr).
Pour son heure de set, le quatuor américain a interprété l’intégralité d’ « Absolute Elsewhere » ('The Stargate [Tablet I-II-III]' et 'The Message [Tablet I-II-III]') et un petit bonus en clôture ('Vitrification of Blood (Part 1)'). Après des voyages dans le passé au cours de la journée avec Accept, Helloween ou encore Queensryche, c’est un cosmique trip que nous propose le chanteur-guitariste Paul Riedl (faux sosie de Gerard Jugnot avec des cheveux longs) et ses potes. Leur fusion de death metal et de rock progressif psychédélique transporte. Les nombreux moments de contemplation sont parfois entrecoupés de headbangs furieux. Immersif et captivant.
ULTRA VOMIT
Mainstage 1, 19 juin, 00h50
Par le Rédacteur en Chef
Il est près d'une heure du matin lorsque les lumières de la Mainstage s'éteignent. Après une journée dominée par les légendes du heavy metal, place à un tout autre registre. Enfin… pas tant que ça. Car derrière leurs textes absurdes et leurs parodies irrésistibles, Ultra Vomit possède aujourd'hui un statut unique dans le paysage métallique français : celui d'un groupe capable de faire rire des dizaines de milliers de personnes tout en leur administrant une véritable leçon de metal.
Dès ''Évier Metal'', la fête est lancée. Devant une Mainstage noire de monde, les Nantais n'ont besoin que de quelques secondes pour déclencher une immense vague de bonne humeur. Les premiers rangs chantent chaque parole, les pogos se mettent immédiatement en mouvement et les sourires se lisent jusque sur les visages des festivaliers venus découvrir le groupe.
Comme toujours, Nicolas Patra mène la cérémonie avec un sens du timing remarquable. Les interventions sont courtes, parfaitement dosées, laissant toute la place aux morceaux. Car si Ultra Vomit cultive l'autodérision, jamais le groupe ne donne l'impression de se moquer de son public. Au contraire, il célèbre avec lui toutes les facettes du metal, en multipliant les clins d'œil aux styles, aux groupes et aux clichés que chacun reconnaît instantanément.
Musicalement, difficile de prendre le quatuor en défaut. Les riffs sont redoutablement efficaces, les changements de registre parfaitement exécutés et la section rythmique ne laisse jamais retomber la pression. C'est d'ailleurs là toute la force d'Ultra Vomit : derrière chaque gag se cache une véritable démonstration de savoir-faire. Les parodies fonctionnent parce qu'elles sont jouées avec une précision irréprochable.
Le public répond présent du début à la fin. ''Ricard Peinard'', ''Tikawahukwa'', ''Je collectionne des canards (vivants)'' ou encore ''Mouss 2 Mass'' provoquent d'immenses chœurs repris par une foule entièrement acquise à la cause des Nantais. Impossible également de ne pas sourire devant l'enchaînement ''Une souris verte / Phoned to Death / I Like to Vomit'', véritable condensé de l'humour décalé qui fait la réputation du groupe.
Puis vient le final. ''La Puissance du Pouvoir'', ''Kammthaar'' et surtout ''A.N.U.S.'' concluent cette heure de folie dans une ambiance de communion générale. Des milliers de téléphones illuminent la Mainstage tandis que le public reprend les paroles avec un enthousiasme communicatif. Une image aussi improbable que magnifique, parfaitement représentative de ce qu'est devenu Ultra Vomit : un groupe capable de transformer la dérision en véritable moment de partage.
On pourrait réduire Ultra Vomit à un simple groupe humoristique. Ce serait pourtant passer à côté de l'essentiel. Derrière les jeux de mots, les costumes et les références potaches se cachent quatre musiciens remarquables qui connaissent leur metal sur le bout des doigts. C'est précisément cette sincérité qui explique leur succès. Ils ne parodient pas le metal : ils lui rendent hommage.
Après Iron Maiden, il fallait réussir à maintenir l'énergie de plusieurs dizaines de milliers de festivaliers jusqu'au bout de la nuit. Mission accomplie. Ultra Vomit n'a pas seulement fait rire le Hellfest : il lui a offert l'une des plus belles fêtes de cette édition 2026.
Par Nowa
Clôture parfaite de cette journée avec Ultra Vomit. Le groupe nantais transforme une nouvelle fois la Mainstage en énorme défouloir humoristique où le metal devient prétexte à toutes les parodies possibles. Ils remercient d'ailleurs Iron Maiden qui a joué juste avant sur la Mainstage 1 d'avoir fait leur première partie haha !
Entre "Kammthaar", "Évier Metal" et "Calojira" (avec la venue surprise de Christian Adreu, guitariste de Gojira) le public alterne entre rires et gros moshpits. Les musiciens enchaînent les blagues et détournements avec une maîtrise totale du second degré. Un final complètement barré qui laisse le Hellfest dans un état euphorique.
Nicolas « Le roi Fetus » Patra — chant, guitare
Emmanuel « L'elfe Manard » Colombier — batterie, choeurs
Fabien « Jojo Framboise ou Le nain Flockos » Le Floch — guitare, choeurs
Matthieu « Le farfadet » Bausson — basse
Setlist
Evier metal
Le Coq
Doigts de Metal
Quand j'étais petit
Takoyaki
Miction: Impossible (Sonde de B!te)
Tikawahukwa
Ricard Peinard
Patatas Bravas
Mortal konkass
Toxoplasma Gondii (Felinus Santus)
Je collectionne des canards (vivants)
Calojira
Crazy Train
Mouss 2 Mass
Dead Robot Zombie Cop From Outer Space II
La puissance du pouvoir
Kammthaar
A.N.U.S.

THE GATHERING
Temple, 19 juin, 00h55
Comme unique concert en Temple pour moi sur cette édition, j’ai choisi The Gathering. Difficile de ne pas opter pour ce gig avec Anneke Van Giersbergen de retour, de manière limitée malheureusement, avec ses anciens camarades.
Ordinairement refuge pour les formations de Black, folk ou de funeral doom, le chapiteau bleu s’offre ici le metal rock progressif du combo originaire d'Oss. Bien que The Dillinger Escape Plan et Ultra Vomit soient programmés en même temps, le tente est tout de même bondée.
Dès l’entrée de la chanteuse néerlandaise, l’accueil est tout bonnement dingue. Comment de pas craquer face à ce visage souriant et cette voix douce et chaleureuse si reconnaissable ? Assez logiquement, c’est elle qui attire l’attention et les regards, même si les instrumentistes qui l’accompagne sont sans reproche. La foule est comme envoûtée. C’est ce qu’on appelle un moment de grâce.
Avec cette deuxième journée désormais dans les livres, le Hellfest 2026 confirme tout le bien que l'on pouvait en attendre. Du lever de rideau jusqu'aux derniers accords de la nuit, les festivaliers ont une nouvelle fois navigué entre découvertes, confirmations et prestations d'artistes qui continuent d'écrire l'histoire des musiques extrêmes. La diversité de la programmation a permis à chacun de composer son propre parcours, passant d'une scène à l'autre au gré de ses envies et des nombreuses propositions offertes par le festival.
On le savait depuis des mois : ce vendredi allait être la journée d'Iron Maiden. Et Iron Maiden a tout écrasé sur son passage, comme prévu. La tournée ''Run For Your Lives'', centrée sur les neuf premiers albums du groupe, un moment qui restera sans doute comme l'une des images fortes de cette 19ᵉ édition.
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