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Hellfest 2025, la quatrième journée vue sous l'oeil du Rédacteur en Chef

«Clap de fin et dernier coup de coeur : Blood Command»
CARMZIOFA
Rédacteur en Chef
22/06/2025
185 vues

Clisson, dernier round


Clisson, 22 juin 2025

Quatrième et dernier chapitre de cette odyssée sonore à Clisson. Le Hellfest touche à sa fin, mais l’intensité, elle, ne faiblit pas : l’heure est à la célébration totale, à l’embrasement final.
Aujourd’hui, on ne compte plus les heures ni les décibels, on savoure chaque riff comme si c’était le dernier.

THE CHAINSAW MOTEL


Mainstage 2, 22 juin 2025, 10h30


Ambiance poisseuse, riffs abrasifs et tension permanente : The Chainsaw Motel distille un rock sombre et cinématographique, à mi-chemin entre film d’horreur et road trip sous acide. Leur univers, aussi hypnotique que dérangeant, promet une plongée sans retour dans les bas-fonds du rock alternatif. Ce matin, Clisson ouvre les portes d’un motel où personne ne dort tranquille.

Et tout démarre avec 'Shard of Hope' aux accents Mansonien voir un coté Slipknot sur certaines intonations vocales. Ça headbangue et ça interpelle le public. On retrouve les mêmes influences sur 'Head Out'. Avant d'enchaîner le 4ème titre, Romain a tenu à remercier Orel, son batteur pour l'avoir soutenu après son AVC et sa chérie qui était dans le public, sans qui, il ne serait pas sur la scène du Hellfest.

'Down the Row' dépote avec son influence Korn et pour finir, l'ensemble du public headbangue sur 'YMMS'. Clairement The Chainsaw Motel arbore un métal énergique et puissant axé sur les annèes 90-2000 absolument jouissif. Merci.

Setlist
Intro
Shard of Hope
Deaf God
Head Out
As Above So Below
Down The Row
YMMS


BASTARDANE


Mainstage 1, 22 juin 2025, 11h05

Avec leur son massif et crasseux, Bastardane incarne la nouvelle génération du heavy alternatif américain, entre sludge, grunge et metal rugueux. Mené par Castor Hetfield à la batterie, le trio refuse les étiquettes faciles et impose une identité brute, sans concession. Pas là pour surfer sur un nom, mais pour en découdre à coups de décibels.

Malgré cette présentation honorable, je dois avouer que je n'ai pas accroché à l'énergie déployée par Bastardane. En effet, musicalement leur musique est beaucoup plus complexe qu'elle ne paraît et l'immédiateté attendu en live est moins évidente.



BLOOD COMMAND


Mainstage 2, 22 juin 2025, 11h40


Véritable ovni venu de Norvège, Blood Command explose les codes avec son mélange furieux de punk, hardcore, pop sucrée et riffs assassins. Mené par une frontwoman survoltée, le groupe enchaîne les uppercuts sonores avec une énergie contagieuse et un sens aigu du chaos mélodique. C’est violent, dansant, barré… et totalement addictif.

Sur scène, Nikki Brumen (la frontwoman actuelle) est une tornade : elle domine l’espace avec une aisance impressionnante. Son énergie est à couper le souffle, entre sauts, roulades et positions suggestives. Elle anticipe chaque réaction du public : un mouvement de hanche, un regard intense ou un roulement au sol suffit à déclencher un circle pit. C’est presque une chorégraphie, aussi calculée qu’instinctive.

Vocalement, elle est une force brute, dans la tradition post-hardcore de la bande. Son chant alterne hurlements gutturaux, voix roque et passages mélodiques étonnamment puissants. Son titre « A Villain’s Monologue », qu’elle a introduit en live cette année, met particulièrement en valeur son registre étendu. Malgré la violence des riffs, on entend sa voix perçante, toujours parfaitement projetée, jamais étouffée.

Elle ne laisse jamais le public respirer : entre chaque morceau, elle harangue la foule, l’invite à des chants, à bouger, à créer des cercles sauvages. Le live devient un véritable échange, plus qu’un concert, presque un rituel collectif. Même les moments « suggestifs » – comme lorsqu’elle se roule par terre ou tourne son arrière-train (toujours habillée, mais bien visible) – ne sont jamais gratuits. Tout est pensé pour amplifier l’intensité de la performance.

Le début du concert est percutant avec 'Ctrl + Art + Delete', un morceau nerveux et rythmé, qui permet à Nikki d’entrer dans l’arène en fanfare. Les titres phares ('Cult Drugs', 'Heaven’s Hate', 'The Plague'…) sont rendus avec une intensité rare. Et puis ce climax final avec 'A Villain’s Monologue' puis 'Cult of the New Beat': un finish électrisant.

Musicalement, Blood Command mélange hardcore, punk, disco-pop et métal – un cocktail explosif qui les rend difficilement classables. Avec Nikki aux vocaux, la faction live devient une version amplifiée et brutale de leur côté « deathpop », où la puissance sonore rencontre la sensualité scénique. Leur dernier album, World Domination (2023), confirme cette direction, déjà amorcée avec Praise Armageddonism (2022). Ces morceaux résonnent différemment en live – plus intenses, plus viscéraux.

Bref ! Une frontwoman qui manipule la scène comme un terrain de jeu, une voix qui cisaille l’air, une interaction salutaire avec le public, et une setlist calibrée pour maintenir une tension constante. Blood Command réussit ce pari : allier violence et séduction, brutalité et groove, pour un concert inoubliabe.

Setlist
Ctrl + Art + Delete
Cult Drugs
Heaven's Hate
The Plague on Both Your Houses
Forever Soldiers of Esther
We Could Be Heaven
A Villain's Monologue
Cult of the New Beat


Rideau sur Clisson, mais pas sur la flamme. Le Hellfest 2025 s’achève, laissant derrière lui son cortège de souvenirs brûlants, de riffs inoubliables et de communion totale. Quatre jours hors du temps, où la musique a encore prouvé qu’elle peut rassembler, exalter et transcender.

Au sein de notre rédaction, nous nous sommes répartis les live-reports. N'hésitez pas â découvrir ceux des autres journalistes. Chacun d'entre eux a choisi ses scènes et vous dévoile ses coups de coeur. Pour ma part, voici les miens : Sex Pistols, The Southern River Band, Blood Command, Hellacopters et Howard.

À l’année prochaine, les amplis n’auront pas le temps de refroidir.

Marc
Rédacteur en Chef