GUITARE EN SCENE / JOUR 2 / 14 Juillet
Laurent Sage
Journaliste

«le "gros" festival à taille humaine.»

Créé 13/09/2022
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Ce jour est placé sous le signe du blues et de l'expérimentation ( Jeff BECK). Une effervescence s'empare du festival et cela se remarque déjà plusieurs kilomètres avant l'arrivée : contrôles de police et barrages routiers. La raison ? La venue de Johnny DEPP et la crainte de voir une manifestation des Femen. finalement, il n'en sera rien.

La journée commence fort avec une belle surprise en la "personne" de ONE RUSTY BAND. Un duo "déjanté" de blues rock où cigar-box, washboard, claquettes et acrobaties se mêlent. Le duo est sympathique , Léa assure ses parties de claquette, de washboard , batterie et acrobaties sous un soleil de plomb. Elle assure avec humour la transition entre les morceaux. Musicalement, c'est du très bon blues rock, Greg assure à la guitare et au chant. Les compos s'écoutent très bien et on se prend un malin plaisir à taper du pied. On passe un excellent moment, original et musicalement, c'est top. Si vous voyez le nom du groupe sur une affiche près de chez vous, ne les manquez pas, vous passerez un excellent moment.

Le premier à prendre possession de la grande scène est Robert CRAY. Guitariste blues mêlant les influences rhytm'n'blues, soul & jazz. Avec 25 albums au compteur et ses 5 Grammy Awards, inutile de dire qu'il sait ce qu'est la scène. Par contre, son style plaira sûrement plus aux amateurs de jazz qu'à l'amateur de blues rock. C'est une musique peut être plus intellectuelle qu'organique (ou peut être ne suis je pas habitué à ses sonorités). Toujours est-il que le public présent est en communion ( le public présent aujourd'hui était vraiment différent de celui de la veille), et le groupe balance ses compos sans temps mort. Une partie du public étant assis, difficile d'avoir une ambiance concert "classique". C'est donc sous les applaudissements que le groupe quitte la scène.

L'ambiance commence à monter, car la vedette du soir va enchaîner sur la même scène et surtout, le public attend avec impatience l'arrivée de Johnny DEPP pour cinq morceaux. Bien évidemment on voit quelques pancartes brandies par quelques fans de l'acteur : " Johnny, we love you" mais cela reste anecdotique. Le public présent étant plutôt constitué de fans de musique.

Jeff BECK. fait son entrée, accompagné de sa section rhytmique entièrement féminine et le moins que l'on puisse dire c'est qu'elles sont sacrément bonnes musiciennes. Jeff ne chante pas mais fait parler sa guitare. Il est un des précurseurs de la guitare électrique et du heavy avec son groupe " Yardbirds" (en remplacement d'Eric CLAPTON), et il toujours aimé créé de nouvelles sonorités et mélanger différentes musiques. Alors, c'est vrai, on écoute religieusement mais pour ma part, c'est trop "psychédélique", technique et je ne trouve pas ma dose d'émotion. Le public quant à lui a l'air d'être sous le charme. Arrive le moment tant attendu où Johnny DEPP arrive sur scène pour jouer quatre morceaux de leur album réalisé en commun (18) et une reprise de VELVET UNDERGROUND. On en va pas y aller par quatre chemins : voix sans reflet, jeu de guitare plus que basique et charisme absent. Si ce n'avait été Johnny DEPP, on se serait demandé ce que ce musicien venait faire sur scène. Je le préfère avec HOLLYWOOD VAMPIRES, dans un registre plus rock/hard rock. Les réactions dans le public étaient d'ailleurs mitigées à son. sujet. Toujours est il que la venue de Jeff BECK était un évènement car cela fait treize ans que l'organisation essayait de le faire venir. La persistance a du bon.

Pour clôturer la soirée, sur la "petite" scène, voici Christone KINGFISH Ingram, jeune prodige d'une vingtaine d'années, qui s'est taillé une place de choix dans le coeur des aficionados américains du blues avec ses deux albums en trois ans ( le premier étant produit par Buddy GUY). Il a aussi joué à la Maison Blanche devant les Obama, été interviewé par Elton JOHN et raflé cinq Blues Music Awards. Pour planter le décor.
Et là, toute la différence avec Robert CRAY éclate des les premières notes. C'est beaucoup plus "rentre-dedans" et "agressif", on est beaucoup plus dans le domaine du rock. KINGFISH fait corps avec sa guitare (peut être a t-il vendu son âme au diable à l'instar de Robert JOHNSTON). Les yeux fermés, il envoie ses solos joués avec feeling, pas mal d'improvisation, le tout secondé par une section rhytmique made in blues. Le public ne se trompe pas et accompagne de cris nombre de ses envolées. On se projette volontiers dans un club, une bière à la main, en train d'écouter le musicien exprimer son art au travers de ses compos gorgées de feeling. C'est l'essence même du blues que l'on retrouve dans sa prestation. Ce fût un grand moment et le public lui a bien rendu hommage.

Mais, avec Guitare en Scène, il y a toujours des moments magiques comme cette jam qui va réunir Marco MENDOZA et ses musiciens, GUS G, Maggy LUYTEN, Dino JULESIC et Joel O'KEEFE pour quelques reprises joués à leur sauce. Le public, malgré l'heure tardive est présent et c'est avec un plaisir non feint que les musiciens jouent pour notre plus grand plaisir des reprises de THIN LIZZY, DEEP PURPLE ( oui, "Smoke On The Water" est de la partie), RAINBOW , AC/DC pour "Highway To Hell" avec qui de mieux que Joel O'KEEFE au chant ? Des sourires échangés tout le long de cette jam montrent le plaisir que les musiciens ont à jouer ensemble. C'est aussi pour ces moments ci que le festival GUITARE EN SCENE est spécial et apprécié par de nombreux festivaliers et musiciens. Plaisir est le maître mot.


Rendez vous demain avec deux pointures internationales qui viendront fouler les planches du festival