Arrivée à la LDLC Arena, la file d'attente est un peu plus grande qu'on pensait et nous ratons donc malheureusement la première partie.
Mais une fois dedans, même si on savait que c'était quasi-complet...Salle blindée. Vraiment blindée.
En entrant, je m’attendais à me battre pour les places en gradin et pourtant, petit miracle, c’est placement libre! On trouve rapidement quatre sièges pour notre petit groupe d’amis, très bien placés! Juste assez pour respirer. En fosse, en revanche, c’est noir de monde. Electric Callboy à Lyon (ou ailleurs, peu importe la ville : l’énergie, elle, est universelle), ça ne pardonne pas.
Qui dit Electric Callboy d’ailleurs dit: costumes. Je vois de la couleur partout, des perruques,des tenues dignes des meilleures vidéos des aerobics années 80. Du fluo, du léopard, des guêtres; ça met le sourire aux lèvres direct et on sait à quoi s’attendre pour la soirée niveau humour.
Les lumières s’éteignent.
Le public commence à applaudir en rythme avec les lights qui clignotent, comme si la salle entière servait de métronome géant. Au centre, un grand rideau noir rectangulaire masque la scène. Rien que les premières secondes d’éclairage promettent quelque chose d’énorme.
On le sent. Ça va être le chaos. Le bon chaos.
Le rideau tombe et “TANZNEID” ouvre le bal dans une ambiance monumentale. Imagerie noir et blanc sur les écrans, petits explosifs qui claquent, confettis qui volent dès les premières minutes: Electric Callboy ne fait jamais les choses à moitié. Le groupe allemand, passé maître dans l’art du metalcore électro-débile-assumé, prouve encore qu’il a transformé le kitsch en arme de destruction massive.
Ils enchaînent avec “Still Waiting”, la reprise de Sum 41, et là… toute la salle chante. Vraiment. Du fond de la fosse jusqu’aux derniers gradins. Petite mention au son : malgré la largeur impressionnante de la salle, il est hyper propre, surtout en hauteur. C’est précis, puissant, ça ne bave pas. Un bonheur.
Puis arrive “Tekkno Train”.
Écran géant avec une vidéo 3D de train lancé à pleine vitesse, et eux débarquent en tenues de conducteurs, lumières rouges agressives, ambiance rave industrielle. Les lights sont complètement folles. C’est millimétré, dynamique, ça claque dans tous les sens. On est à mi-chemin entre un concert metal et une comédie musicale sous acide.
Petite interlude improbable : un robot qui zappe des stations radio, comme si on cherchait la prochaine vibe. C’est absurde mais très très bien fait, réaliste et bien animé. Donc parfait.
Et évidemment… “Hypa Hypa”.
Les tenues iconiques sont de sortie, le fond néon kitsch explose la rétine, et la salle devient une énorme chorale sur les “OH! OH! OH!”. La température monte de dix degrés en trois minutes. C’est la méga ambiance. Le genre de moment où tu regardes autour de toi et tout le monde sourit comme un idiot.
“MC Thunder” continue la montée en pression. La moitié des gradins se lève d’un coup. Derrière eux, des images 3D de voitures survitaminées, et une pluie de confettis pailletés s’abat sur nous. Yahooooo, effectivement.
Ils enchaînent avec “Neon” puis “Pump It” : les costumes précédents s’arrachent façon strip chorégraphié, révélant les tenues de workout ultra 80’s. Les paroles défilent derrière eux en rythme, et un wall of death se forme en fosse pendant que les effets pyro s’activent sur scène. C’est sportif. Pour eux. Pour nous.
Petit moment bavarois : ils font danser la salle entière façon fête de village géante, avant de balancer un remix dubstep hyper gras le temps d’un changement de tenue. Nous avons donc là un espèce de MEGA TECHNO MIX (Hurrikan / Overkill / All the Small Things / Bodies), version Electric Bassboy, comme ils l'appellent. Un mashup complètement fou qui mélange nostalgie pop-punk, nu-metal et électro lourde. On ne comprend plus rien. On adore.
Changement total d’ambiance avec “Revery”.
La “chanson sérieuse de la montagne”, comme je l’appelle. Visuels magnifiques : robots géants, paysages épiques, tons bleutés et effets pyrotechniques plus maîtrisés, presque cinématographiques. On se rappelle que derrière le second degré permanent, Electric Callboy sait aussi créer de vrais moments d’intensité.
“Hate/Love” plonge la salle dans une ambiance cimetière spooky, décor gothique qui s’illumine avant de littéralement prendre feu. Les escaliers sur scène s’éclairent eux aussi, ajoutant des couches d’effets lumineux hyper travaillés. C’est un vrai show visuel, pensé dans les moindres détails.
Après “Mindreader” et le délire mashup improbable “Monsieur Moustache vs. Clitcat / Muffin Purper-Gurk / We Are the Mess / Crystals”, arrive le solo de batterie.
Et quel solo.
Frank Zummo (oui, ce Frank Zummo, Sum 41) démonte tout. Puissance, précision, showmanship. Pendant ce temps-là, les chanteurs descendent… dans le public.
Ils chantent “Fuckboi” en acoustique au milieu de la foule, puis entament “Everytime We Touch” à moitié en version douce, presque fragile. Et soudain…switch! Le groupe se dépèche de retourner sur scène pour reprendre à fond, vitraux géants à leur effigie en fond d’écran qui se brisent visuellement au moment du drop, pyro qui explose. Ils étaient DANS le pit il y a trente secondes. Maintenant c’est l’apocalypse sur scène.
“MC Thunder II (Dancing Like a Ninja)” arrive avec un énorme flingue à confettis et une ambiance délirante. Ça saute partout.
Ils finissent une première fois sur “Elevator Operator”, sous une pluie massive de confettis et d’effets pyrotechniques. On se dit que c’est déjà incroyable.
Mais… surprise (ou pas), il y à un BIS!
“RATATATA” (avec BABYMETAL), et ma pote qui hurle à côté de moi comme si sa vie en dépendait. Je la rejoins très vite. C’est ça Electric Callboy, on se laisse pousser des ailes, on se fait emporter par cette énergie complètement déjantée.
“Spaceman” débarque avec une énergie cosmique.
Et enfin, “We Got the Moves”. L’hymne ultime. Pyro à fond, confettis en quantité industrielle, lumières dans tous les sens, la salle entière en mouvement.
Electric Callboy confirme une chose : ils ne font pas juste des concerts. Ils montent des spectacles. Entre autodérision totale, précision scénique redoutable et énergie communicative, ils ont réussi à transformer la salle en gigantesque fête électro-metal.
Je suis ressortie lessivée. Heureuse. Et avec encore des confettis dans les cheveux.
Une soirée que je ne suis clairement pas prête d’oublier.
Merci encore à Veryshow pour cette invitation, et un bravo à toutes les personnes qui ont travaillé sur ce spectacle époustouflant.