Michael Schenker Fest / Dream Theater
Laurent Sage
Journaliste

«Deux monstres partageant la scène du Festival. Deux concerts, deux ambiances.»

Créé 13/11/2019
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Bon an mal an, le festival Guitare en Scène poursuit son bonhomme de chemin et permet à tout amateur de guitare de trouver son compte. Tous les tyles ( à tendance rock quand même) sont mélangés et la volonté de limiter la jauge des spectateurs rend ce festival très agréable à suivre.

Aujourd'hui place au hard rock et au prog metal avec la venue de deux poids lourds du genre : Michael Schenker Fest et Dream Theater.

Pour une fois, la salle couverte ne sera pas pleine mais cela n'empêchera pas Michael Schenker de passer la majeure partie de son temps avec la banane. C'est si rare que cela mérite d'être souligné. Le principe de son groupe "Fest" est la présence de trois chanteurs : Robin Mc Auley, Graham Bonnet et Gary Barden, des acolytes de longue date. ‘Doctor, Doctor' nous met tout de suite dans le bain et c'est Graham qui chante le premier couplet. Quelques difficultés au chant et c'est Gary Barden suivi de Robin qui enchaînent.
En grande forme, Michael nous délivre un titre instrumental et il n'a rien perdu de sa verve. Le show est constitué d'anciens morceaux du répertoire de Msg, Scorpions ( avec ‘Coast to Coast'), Ufo et de " Fest". Nous avons donc droit à une sorte de best-of de sa carrière. Les musiciens ont l'air de s'amuser tout en restant très pros, à la germanique, c'est à dire pas trop d'exubérance. Chris Glen s'amuse de temps en temps à porter un casque laser….
‘Rock Bottom' nous renvoie aux fastes années de la collaboration entre le Schenk et le légendaire groupe anglais.Michael en profite pour nous balancer une impro d'un peu plus de dix minutes. C'est sûr, c'est propre, pas une fausse note mais peut être un peu long. Difficile pour peut être pour des non-fans ultimes de guitare. Mais ça fait partie du personnage.

Pour clotûrer le set, rien de tel qu'un bon vieux ‘Lights Out' pour nous rappeler que Michael est un excellent compositeur et le contraste avec ses nouvelles chansons est flagrant.Il lui manque ce petit soupçon de folie, de légèreté qu'on adorait à l'époque d'Ufo et Scorpions. Néanmoins il fût plaisant de le voir sur scène avec un sourire radieux tout le long du set.


La tête d'affiche de la journée est Dream Theater et la foule semble bel et bien être venue un peu plus pour eux. Pour apprécier un groupe de prog metal, il faut déjà avoir une grande affinité avec ce style si particulier où la technique est utilisée pour proposer des morceaux "techniques". Le dernier album "Distance Over time" n'ayant pas reçu de bonnes chroniques et les échos de la prestation au Hellfest du groupe ne nous laissent pas présager un bon concert.

Le concert débute avec ‘Untethered Angel' et le public a l'air ravi d'entendre sur scène une nouvelle composition. Mais il faut l'avouer, c'est froid, clinique, chirurgical et les musiciens ne laissent transparaître aucune émotion. C'est clairement joué admirablement mais il manque la chaleur, le contact avec le public. Le groupe joue néanmoins quelques morceaux forts de leur discographie comme ‘ Peruvian Skies' ou ‘The Dance Of eternity' . Les lights sont sobres, à l'image du groupe mais la prestation d'ensemble du groupe est ternie par la prestation vocale de James Labrie qui n'a plus les capacités vocales ( peut être est ce passager) pour monter dans les aigus et meême parfois, c'est sa justesse qui fait défaut. Contraste avec les autres musiciens qui sont au top. A sa décharge, une voix n'est pas un instrument comme les autres où il suffit de changer ses cordes où utiliser des effets pour regagner de sa superbe.

Même la célébration de l'anniversaire de John Petrucci n'a pas suffi à réchauffer l'ambiance. Dommage, un concert étant un moment de partage, il faudrait que les musiciens s'ouvrent un petit peu pour pouvoir communier avec leur public.

Les membres du groupe sont des monstres de technique mais hélas, trop de technique tue la technique et il faut vraiment entrer dans les morceaux ( ou être musicien) pour en apprécier la quintessence. Le show se déroule à l'américaine, c'est à dire carré, joué froidement ( pour ce style musical).

Le public a néanmoins l'air ravi pour le plus grand nombre et en redemande. Le groupe termine son show avec "As I Am" issu de ce qui est sûrement l'album le plus heavy de Dream Theater " Train of Thought" et laisse le public enchanté.

Le groupe revient en France pour deux concerts en France : le 26 janvier à La Seine Musicale et le 27 janvier à la Halle Tony Garnier. Peut être que les membres du groupe auront pu recharger leurs batteries et proposer un set plus chaud et tourné vers le public.

Setlist Dream Theater :
Untethered Angel
A Nightmare to Remember
Fall Into the Light
Peruvian Skies
Barstool Warrior
In the Presence of Enemies, Part I
The Dance of Eternity
Lie
Pale Blue Dot
Rappel :
As I Am