Motionless in White - Dayseeker - Make Them Suffer - 17 Février - Zénith
«Motionless in White embrase Paris un mardi soir pas comme les autres»
PAULINE Journaliste
Metalcore
17/02/2026
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Motionless in White embrase Paris un mardi soir pas comme les autres !
Il y a des soirs où la routine vole en éclats dès les premières secondes. Ce mardi 17 février, la salle parisienne accueille une affiche taillée pour les amateurs de metal moderne et de sensations fortes : les Australiens de Make Them Suffer, les Américains de Dayseeker, et surtout les maîtres de cérémonie, Motionless in White. Une soirée construite en montée progressive, qui se transformera en véritable déflagration scénique, confirmant le statut du groupe de Scranton comme l’un des leaders du metal contemporain.
Make Them Suffer : une mise en jambes efficace, malgré quelques déséquilibres.
Dès leur entrée en scène, Make Them Suffer impose un son solide et parfaitement équilibré. La lumière, maîtrisée sans être envahissante, accompagne un show volontairement simple mais efficace. Le groupe ne cherche pas la surenchère visuelle : ici, c’est la musique qui prime.
Impossible de ne pas remarquer la présence de la claviériste et chanteuse, dont les parties vocales apportent un contraste saisissant entre chant clair et saturé. Pourtant, la mise en lumière semble paradoxalement la reléguer au second plan. Un choix artistique volontaire ou un simple déséquilibre scénique ? Quoi qu’il en soit, sa prestation vocale balaie toute ambiguïté : sa contribution est essentielle à l’identité sonore du groupe.
Si une légère impression de manque de cohésion scénique persiste, la fosse est déjà bien investie. Une partie du public est clairement venue pour eux : les premiers chants collectifs émergent, les premiers sauts aussi. Dès le quatrième morceau, les premiers crowd surfers apparaissent. En trente minutes, Make Them Suffer réussit pleinement sa mission : lancer la soirée.
Dayseeker : parenthèse mélodique et réception contrastée
Le passage de Dayseeker modifie immédiatement l’atmosphère. Le tempo ralentit, la tension retombe. Le groupe propose un metal alternatif très mélodique, presque introspectif. Techniquement irréprochable, le set séduit par sa précision sonore et une scénographie élégante, qui met particulièrement en valeur la voix du chanteur.
Mais le contraste avec la première partie est brutal. Là où Make Them Suffer misait sur l’impact, Dayseeker privilégie l’émotion. Le groupe reste relativement statique, malgré quelques tentatives d’interaction : mains levées, téléphones allumés, encouragements du public.
Un sursaut intervient sur l’un des morceaux les plus lourds du set, lorsque le chanteur invite la foule à se réveiller. Le public répond, timidement mais sincèrement. Et lorsque retentissent les premières notes de “Without Me”, manifestement leur titre le plus connu, la salle reprend enfin les paroles à l’unisson.
Malgré une réception globalement positive, l’ensemble manque d’intensité pour maintenir pleinement la dynamique enclenchée plus tôt.
Motionless in White : la démonstration d’un groupe au sommet de son art
Puis tout bascule.
Dès l’introduction, la salle explose. Sur les écrans géants, le désormais iconique chat animé tourne en boucle sur fond de Psytrance ( OIIAOIIA) , déclenchant instantanément les cris du public. La machine est lancée, et elle ne s’arrêtera plus.
Dès les premiers morceaux, la production impressionne : flammes, confettis, projections monumentales. Le quatrième titre, Thoughts & Prayers,voit même la batterie encerclée de feu, dans un pur moment de spectacle à l’américaine.
Sur scène, Chris Motionless impressionne par sa maîtrise vocale. Puissante sans jamais perdre en précision, sa voix navigue parfaitement entre agressivité et subtilité. Mais c’est surtout son interaction constante avec le public qui marque :
« Seriously… a fucking Tuesday? Next time we’ll make sure it’s on a fucking weekend! »
Le public, lui, ne demande rien d’autre que de continuer.
Un spectacle total, entre théâtre gothique et communion collective
Motionless in White ne se contente pas de jouer : le groupe construit un univers. Un groupe de danseuses (Cherry Bombs), changeant de tenue selon le morceau, rejoint la scène régulièrement , maniant flammes, scies sauteuses et autres accessoires, transformant ainsi le concert en véritable performance visuelle. La scénographie, relativement simple dans sa structure, devient spectaculaire grâce à ceux qui l’habitent.
Les temps forts s’enchaînent :
- “Voices”, baigné de couleurs LGBTQIA+, repris massivement
- “Werewolf”, déclenchant des cris unanimes
- “Slaughterhouse”, précédé d’un tutoriel vocal improvisé par Chris
- “Cyberhex”, accompagné d’une pluie d’étoiles et d’une mer de téléphones allumés
- “City Lights”, moment suspendu où la salle entière s’illumine
Le set est intelligemment construit, alternant déflagrations et respirations. Les circle pits s’élargissent, la fosse entre en ébullition, tandis que d’autres spectateurs restent figés, contemplatifs face au spectacle.
Lorsque Chris présente “City Lights” comme un morceau pour les fans de la première heure, l’émotion devient palpable.
Plus tard, il dédie “Eternally Yours” au public, prenant même le temps de distribuer des roses dans la foule.
Le lien entre le groupe et son public est total.
Une soirée qui confirme la puissance scénique de Motionless in White
Ce concert rappelle une évidence : Motionless in White est aujourd’hui une machine scénique parfaitement rodée. Leur capacité à combiner puissance musicale, esthétique visuelle et interaction humaine les place dans une catégorie à part.
Là où Make Them Suffer a posé des bases solides et où Dayseeker a offert une parenthèse émotionnelle, Motionless in White a transformé la soirée en véritable expérience immersive.
Un mardi soir ordinaire devenu, le temps de quelques heures, un moment hors du temps. Et au vu de la réaction du public, une chose est certaine : Paris répondra présent, quel que soit le jour de la semaine.
Set list :
1 - Meltdown (no second verse/chorus)
2 - Sign of Life
3 - A-M-E-R-I-C-A
4 - Thoughts & Prayers
5 - Voices
6 - Afraid of the Dark (second chorus played instead of the first one and no second verse)
7 - Werewolf
8 - Hollow Points
9 - Necessary Evil
10 - Slaughterhouse
11 - Rats
12 - Disguise
13 - Nothing Ever After (ILLENIUM cover)
14 - Scoring the End of the World
15 - City Lights
16 - Not My Type: Dead as Fuck 2
17 - Cyberhex (no second verse/chorus)
18 - Another Life
19 - Eternally Yours