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Dark Funeral, une date mémorable à La Rayonne

«Une soirée infernalement géniale avec Dark Funeral»
ALAIA
Journaliste
Black Metal
14/01/2025
1286 vues
Je suis arrivée à la Rayonne aux alentours de 18h30, alors que le set de Kami no Ikari avait déjà commencé. Je me mets tout devant pour bien voir le groupe, la salle est assez vide mais il est encore assez tôt.

KAMI NO IKARI
Le groupe est là, et je me fais happer tout de suite par leur énergie. Le chanteur saute dans tous les sens, et ce malgré le public clairsemé. Ils portent tous des tenues assorties rappelant des samouraïs modernes, avec des chemises noires ornées du logo du groupe. Le chanteur, lui, se distingue avec une veste noire et rouge et des lentilles rouges qui ajoutent quelque chose d’un peu dérangeant à son look scénique.

Le son est assez bas comparé à ce que j’ai l’habitude d’entendre à La Rayonne, probablement pour réserver les volumes les plus élevés aux groupes suivants. Heureusement, j'arrive juste avant un wall of death — timing parfait pour ressentir une bouffée d'énergie. Peu à peu, le pit se réveille et gagne en intensité, même si l’ensemble reste relativement calme. Le chanteur nous demande de nous baisser, de sauter, de bouger nous impliquant dans la mise en scène — et, malgré la simplicité du set, je note une énergie plus brute et nerveuse que ce que j’avais entendu sur leurs enregistrements.

Ils concluent par de gros remerciements, saluant un public qui semble encore un peu réservé. Leur prestation, bien que courte, pose les bases pour une soirée prometteuse.

EX DEO
Le changement d’ambiance est immédiat avec Ex Deo. Sur scène, ils arborent des tenues de soldats romains, et des panneaux de boucliers renforcent leur thématique historique. Une imposante bannière affichant leur nom domine la scène, et tout, de leur présence à la mise en scène, respire la force tranquille.

Le groupe, à ma grande surprise, est originaire du Québec, et leur énergie dégage une vibe death metal épic à la fois imposante et accessible. Leur formation est classique; deux guitares, basse et batterie, mais le chanteur se distingue par sa manière de jouer son personnage et quelques petites mises en scène qui renforcent l’immersion. Un solo de batterie impressionnant vient démontrer leur technicité. Le set est parsemé d’instrumentaux et de passages parlés qui font très ambiance de film de guerre.
Si ce n’est pas totalement mon style, je dois reconnaître que leur énergie est vraiment prenante, le public oscillant entre des pogos modérés et un enthousiasme croissant. Et j’ai beaucoup aimé leur jeu scénique.

FLESHGOD APOCALYPSE
Fleshgod Apocalypse entre en scène de façon magistrale. Le chant lyrique résonne tandis qu’un drapeau italien et un piano imposant viennent mettre en place une scène baroque : bougies, crânes, pieds de micro sculptés. Tout est étudié pour plonger la salle dans une ambiance baroque et sombre.

Dès les premiers morceaux, l’énergie est communicative. La chanteuse lyrique est extraordinaire, ajoutant une profondeur incroyable à leurs compositions. Leur technicité est flagrante, et les quatre membres qui assurent les parties vocales ajoutent une richesse rare dans ce registre. Ils enchaînent avec fluidité, et leurs morceaux sont un savant mélange d’un death metal technique et immersif, avec un opéra baroque superbe.

Un moment fort de leur set est l’apparition de Julien Truchan de Benighted pour “The Fool”. Sa contribution, ponctuée de pig squeals déchaînés, électrise littéralement la foule. Malgré un problème technique au micro de la chanteuse en début de morceau, elle se rattrape brillamment. Le set est impressionnant d’énergie et d’attention aux détails, des lumières au jeu scénique. Un autre petit moment drôle reste aussi le chanteur qui nous encourage pour chanter une Marseillaise en agitant son drapeau italien.
Cela reste pour moi le set le plus mémorable de la soirée, de part sa fluidité pour tous les enchaînements, leurs échanges avec le public, leur prestance et leur musicalité tout simplement.

DARK FUNERAL
Les lumières s’éteignent, la fumée envahit la scène, et l’entrée de Dark Funeral est aussi épique qu’on pouvait l’imaginer. Leurs costumes, leur corpse paint et les décors — pentacles, croix inversées, backdrop Nosferatu — préparent la salle à un black metal pur et dur. Une intro sombre annonce « GOD IS NOT HERE TODAY », et la salle est déjà complètement prise.

Le chanteur (avec une moustache incroyable), dirige le public avec charisme. Le son est impeccable, chaque instrument se distingue tout en s’intégrant au reste. Les jets de fumée en synchro avec les temps forts de chaque chanson ajoutent vraiment à la puissance visuelle. Malgré des transitions un peu longues, ils livrent une performance merveilleusement sombre, où technique et ambiance se rencontrent.

Les moments forts abondent : The Arrival of Satan’s Empire joue sur une rapidité déconcertante, tandis que When I’m Gone démarre par une intro plus douce et mélodique avant de basculer dans une intensité typique du black metal. A un moment, le chanteur agite un drapeau français, provoquant des hurlements dans la foule et une Marseillaise spontanée, petit rappel du set de Fleshgod Apocalypse.

La soirée se déroule sans soucis, je me fais emporter par la musique sombre et intense du groupe, ne connaissant pas tous les morceaux je découvre avec plaisir.
Juste quelques chansons avant la fin (faute de transports), je repars avec la sensation d’avoir assisté à une soirée marquante à plus d’un titre. Chacun des groupes a apporté son énergie propre, et la progression de l’ambiance, du set de Kami no Ikari jusqu’à la clôture magistrale de Dark Funeral, m’a fait vibrer du début à la fin.

Je remercie encore La Rayonne et Sounds Like Hell d’avoir organisé ce concert magistral, et surtout de m’avoir permis d’enfin voir un groupe que j’admire depuis des années.