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BORN OF OSIRIS - Une soirée incroyable a la Rayonne

«Une soirée mémorable avec Born Of Osiris, Entheos, Ingested, The Voynitch Code»
ALAIA
Journaliste
Deathcore
29/05/2025
682 vues
Nous arrivons, un peu à la bourre après quelques galères de transports (merci les TCL…), juste après le set de The Voynich Code. Et là, frustration immédiate : j’avais hâte de les voir, et vu les visages surexcités de ceux qui sortaient de la salle, je me doute qu’on a raté un sacré moment. Tant pis, on file se rafraîchir avec une boisson, et on se faufile tout devant pour ENTHEOS, le groupe que j’attendais le plus de la soirée.

Sur scène, le setup est minimaliste, épuré. Aucun artifice : juste les musiciens, concentrés, et Chaney Crabb qui attire tous les regards dans sa longue robe noire, les cheveux lâchés jusqu’aux hanches, avec une allure très witchy. Dès les premières notes, elle s’impose. Sa présence est magnétique, presque intimidante.

Le son, un savant mélange de prog, de tech death, et de lignes vocales aériennes mais brèves, enveloppe la salle comme un orage maîtrisé. Chaque morceau est une démonstration de technicité et de précision. Malheureusement, le volume est assez bas pour un concert de metal – étonnamment bas même. Et la salle, pas encore remplie, semble un peu endormie. C’est un contraste étrange : la musique est dense, puissante, mais l’ambiance reste étonnamment calme. Ça manque de répondant. Les musiciens se donnent pourtant à fond, on sent qu’ils essaient d’embarquer le public, de le secouer. Ils appellent au mosh, au circle pit… mais ça ne prend que timidement, avec quelques élans très hésitants.

Moi, au premier rang, j’ai les yeux qui brillent. Voir ce groupe que j’admire tant, de si près, c’est un moment que je n’oublierai pas. Chaque riff, chaque break, chaque regard de Chaney, j’étais folle. Une performance d’une précision hallucinante, même si l’ambiance générale de la salle n’était pas à la hauteur. Le set reste l’un de mes moments préférés de la soirée.

SETLIST ENTHEOS :
All for Nothing
Absolute Zero
An End to Everything
I Am the Void
Life in Slow Motion
A Thousand Days
The Sinking Sun

Petit détour ensuite vers les stands de merch pour souffler un peu, profiter du calme relatif et jeter un œil aux T-shirts. La fréquentation toujours étonnamment basse donne presque l’impression d’un événement privé. À peine le temps de papoter qu’INGESTED démarre. Et là, on accourt à la salle : grosse claque directe (musicale, hein, je précise).

Je ne connaissais le groupe que de nom, vaguement, mais dès la première minute, je suis conquise. Leur son est énorme, massif, gras. Les lights parfaitement calées sur leurs morceaux, une banderole imposante derrière eux… et un chanteur qui déboule avec un accent anglais bien épais, qui fait sourire, ils ont une aura très chaleureuse sur scène.
Les vocaux sont violents, variés, crades comme on aime. Et le pit ? Timide au départ, mais il ne faudra que quelques breakdowns pour qu’il explose. Circle pit, wall of death, pogos en furie : le public s’éveille enfin. Même moi j’ai failli me jeter dedans, mais vu la violence du mur humain qu’ils ont lancé à Skinned and Fucked, j’ai préféré rester en vie.

SETLIST INGESTED :
Titanomachy
Endgame
Altar of Flesh
Impending Dominance
Invidious
Copremesis
Cremated Existence
Skinned and Fucked

On sort du pit avec des étoiles dans les yeux et une grosse soif. La température grimpe sérieusement dans la salle. Pendant que je bois un coup avec quelques potes, je vois Chaney Crabb s’installer à sa table de merch. Moment parfait pour aller la saluer. Je lui glisse quelques mots, la félicite pour le show, et lui prends un patch. Elle est super sympa, souriante, malgré une voix visiblement bien fatiguée. Pendant le concert, j’avais noté qu’elle galérait un peu sur certains passages vocaux – je pense qu’elle était malade. Et vu ce qu’elle a tout de même délivré… respect total.

On entend les premières notes de Born of Osiris résonner, alors on fonce. La salle s’est bien remplie entre-temps. L’ambiance est déjà plus électrique. Mais la scène… vide. Le départ surprise de leur guitariste la veille (annoncé sur leurs réseaux) se fait clairement sentir. Ils ne sont plus que trois : Ronnie Canizaro au chant, Cameron Losch à la batterie, et un seul guitariste, Nick Rossi. Le reste, c’est des backtracks. C’est propre, carré, mais visuellement, ça manque un peu de relief.

Le son, à nouveau plus bas que celui d’Ingested, me laisse perplexe, c’est potentiellement le changement de lineup qui à un peu tout bousculé. Le strobo s’emballe un peu trop parfois, mais la vibe est là. Et surtout, le public, cette fois, est chaud. Les paroles hurlées au premier rang, les pogos qui s’enchaînent, les circle pits qui s’ouvrent en masse… Une personne se fait même porter jusqu’à la scène, atterrit juste devant Ronnie, qui lui tend le micro pour un duo improvisé. La foule explose. C’est un vrai moment de communion, de défoulement collectif. Malgré la formation réduite, Born of Osiris assure, en mode guerriers.

SETLIST BORN OF OSIRIS :
Open Arms to Damnation
Bow Down
Elevate
A Mind Short Circuiting
Divergency
White Nile
Empires Erased
In Desolation
Through Shadows
Ascension
Torchbearer
Abstract Art
Brace Legs
The War That You Are
Rosecrance
Machine

Un immense merci à Sounds Like Hell Productions pour cette soirée mémorable à La Rayonne. Certes, une fréquentation en demi-teinte, mais musicalement, la claque était là. Et moi, je repars le cœur plein et les oreilles bourdonnantes.