Bleed From Within - After The Burial - Great American Ghost - Le Bataclan
«l’Écosse en feu au cœur de la capitale»
PAULINE Journaliste
07/10/2025
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Ce 7 octobre, Paris s’est embrasée sous les riffs acérés de Bleed From Within, venus défendre leur metalcore massif et fédérateur devant une salle bien remplie, prête à encaisser le choc.
Deux premières parties bien senties avaient déjà préparé le terrain — notamment Great American Ghost, qui, sans avoir perdu de sa superbe, a une fois de plus déchaîné la fosse.
Deuxième fois pour moi que j’assiste à un concert de Great American Ghost, et toujours la même intensité : riffs pachydermiques, voix écorchée vive et section rythmique qui frappe sans relâche.
Le public, un peu timide au départ, finit par se laisser emporter, surtout quand le frontman Ethan Harrison— hilare — lance un tonitruant « J’veux voir un fuckin wall of death ! » en français.
Le micro sature, la sueur coule, et la salle devient un champ de bataille.
Militants dans l’âme, le groupe glisse un message de soutien à la Palestine avant d’enchaîner sur une avalanche de riffs. Le set se clôt sur un slam jusqu’à la console son de la part du chanteur , sous un tonnerre d’applaudissements.
Place ensuite à After the Burial, qui frappe encore plus fort. Leur son ? Un rouleau compresseur.
Les huit cordes se disputent la basse dans un duel de fréquences abyssales. Le public, désormais chauffé à blanc, forme spontanément un circle pit dès le quatrième morceau, extrait de leur nouvel EP.
Le cinquième titre, Lost in the Statics, met tout le monde d’accord : riffs tranchants, envolées techniques impeccables, et un groove chirurgical.
Remplaçant au pied levé leur bassiste blessé, le groupe ne perd rien de son impact. Le set, visuellement très sombre et esthétique, est sublimé par deux poursuites lumineuses façon lanternes japonaises, encadrant la batterie.
Ovation méritée à la fin du show.
Quand Bleed From Within entre en scène, les lumières plongent la salle dans une pénombre électrique. Le temps d’ouvrir sur “Live in on a Prayer” et c’est parti !
La batterie, surélevée, trône au centre, tandis que les premiers accords de « Violente Nature », premier morceau de leur dernier album et donc de la set list de ce soir, explosent dans un déluge de lumière synchronisé.
En tout ça ne sera pas moins de 8 morceaux sur 15 extraits du dernier opus Zénith , sorti en avril 2025, qui viendront frapper nos oreilles ce soir.
Le groupe déroule ensuite Sovereign, massif, viscéral, avec un premier wall of death demandé par le frontman lui-même. La communion est totale : les slameurs volent, les pogos s’enchaînent, et le sourire ne quitte pas les visages des Écossais.
Sur “I Am Damnation”, la fosse devient incontrôlable. Le public hurle les refrains, les bras levés, tandis que les guitares s’entrelacent dans un chaos organisé. “Stand Down” voit les fans reprendre en chœur « out for war » en réponse au « out for blood » de chaque refrains , un moment de pure fusion entre scène et salle.
Vient ensuite “A Hope in Hell”, break aérien et émotion palpable : les téléphones s’allument, éclairant la salle comme une mer d’étoiles. La tension redescend à peine avant “Crown of Misery”, portée par un message d’entraide et de solidarité.
La foule, en transe, couvre presque la voix du chanteur tant elle hurle les paroles. L’émotion est réelle, sincère.
Le groupe enchaîne sans répit, jusqu’à “Night Crossing” et son solo de batterie ravageur. Puis “God Complex” et “Hands of Sin” viennent finir de confirmer la puissance brute du quintet.
“Edge of Infinity”, somptueux, apporte une touche d’élégance avec ses nappes de violon avant que la tempête ne reprenne.
Enfin, “The End of All We Know” clôture le set dans une explosion d’énergie. Cornemuses et percussions viennent rappeler les racines écossaises du groupe, tandis que le public reprend les refrains à pleins poumons.
Avant de quitter la scène, le chanteur remercie Paris avec un vibrant “Viva la France !”, saluant les premières parties et le public :
“La seule chose proche d’un concert à la maison, c’est d’être ici, à Paris.”
Ovation générale. Rideau.
Une soirée d’une intensité rare, où Bleed From Within a prouvé, une fois encore, qu’ils comptent
parmi les valeurs les plus sûres du metal européen actuel.