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Alcest, Svalbard & Doodseskader - 6 décembre 2024 - L'Olympia

«L'Olympia sous la pleine lune, souvenir d'un autre temps»
LEA
Journaliste
Black Metal (early), Post-Metal/Shoegaze (later)
22/12/2024
1059 vues

Doodseskader


Je les découvre, ils sont deux sur scène. Le batteur, Sigfried Burroughs et le bassiste d’Amenra, Tim De Gieter. Leur dernier album est sorti en mars 2024. Ils arrivent sur scène sur fond de hard techno, mélangée à des sonorités comme empruntées à un semblant de haka. L’atmosphère dans laquelle ils nous plongent est étrange, singulière, très sombre, autant dans les sonorités que dans les formes et les lumières. Le bassiste est voûté, le kick est violent. Derrière eux, l’écran affiche tantôt les paroles des chansons en direct, tantôt des visuels abstraits, des silhouettes. NO LOVE LOST, en rouge carmin ; les textes sont sombres. Tim prend la parole : « C’est dingue que vous écoutiez, Paris c’est beau », il s’exprime comme dans un souffle, dans un râle mortuaire, il gueule. Il dédie ce set à Alcest qui leur a permis la tournée.


Pastel Prison
The Sheer Horror Of The Human Condition
It's Not An Addiction If You Don't Feel Like Quitting
Innocence (An Offering)
FLF
People Have Poisoned My Mind To A Point Where I Can No Longer Function


Svalbard


Puis vient le tour de Svalbard - issu du nom d’un archipel norvégien -, après une pause où le public s’est rassemblé dans le hall de l’Olympia, pour s’abreuver entre deux sets. C’est aussi la première fois que je vois ce groupe de post-hardcore de bristol (UK) sur scène, on me parle de Serena Cherry, la chanteuse, et de ses poses photogéniques. Effectivement, elle a une tendance à se cambrer avec sa guitare en bout de bras, faisant flotter ses cheveux en arrière dans un grand sourire. Elle prend la parole en français « C’est génial d’être avec alcest, j’adore paris ! » puis continue en anglais « You are the loudest crowd of the tour »/ « Vous êtes la foule la plus bruyante de notre tournée ». Ils alternent pour chanter, parfois Liam Pheelan au scream, parfois elle. Le visuel derrière eux est dans la droite ligne de leurs albums, sombre, dessiné, traits apparents.
Ils prennent du plaisir à jouer sur cette scène et on l’air heureux de participer.


Eternal Spirits
Disparity
Open Wound
Defiance
To Wilt Beneath the Weight
Faking It



Alcest


Les rideaux ont été tirés pour préserver le secret jusqu’au bout, pour ne pas dévoiler la scénographie. Lorsque ceux-ci s’ouvre, nous sommes plongés dans une atmosphère douce, brumeuse, trouble. On pourrait se croire en Camargue grâce aux roseaux, cannes de Provence qui jonchent la scène, ainsi que les deux hérons qui gardent et surplombent l’ensemble. La lune, elle, est grosse et ronde, lumineuse au dessus de leur tête. Ils rentrent calmement en saluant la foule et sont applaudis par l’Olympia entier. Ils sont contents d’être à Paris, d’être de retour en France, car « ça fait un moment [qu’ils sont] sur la route », nous dit Neige, qui prend la parole tous les deux morceaux. Lorsqu’il annonce jouer Sapphire, la foule redouble de cris et applaudissements, c’était peut être le morceau le plus attendu. Le bleu qui illumine la scène est feutré et profond, rappelant la cover de Spiritual Instinct. Les lumières qui éclairent le set sont harmonieuses et sont en lien avec chaque album dont est tiré le morceau qu’ils jouent.

À la fin du concert, parmi les derniers morceaux, Souvenir d’un autre monde. « J’aurai jamais pensé jouer ce morceau à l’Olympia quand je l’ai composé », nous livre Neige, calme. Sentant qu’il a besoin de plus d’accompagnement, il met la main à côté de l’oreille, faisant signe qu’ils veulent être applaudis plus fort. Il remercie Doodseskader et Svalbard de les avoir accompagné et d’avoir joué avec eux sur cette mythique scène de l’Olympia.
La lune parfois change de couleur, c’est comme si les éléments les accompagnaient. Le concert arrive sur sa fin et ils jouent L’adieu, comme dernier morceau. Une fin à l’instar du concert : douce mais puissante, mélancolique mais profonde, d’une longue durée mais toujours trop courte quand il s’agit d’un groupe si précis musicalement et introspectif à l’écoute.


Komorebi
L’Envol
Améthyste
Protection
Sapphire
Écailles de lune - Part 2
Flamme jumelle
Le miroir
Souvenirs d'un autre monde
Oiseaux de proie

Encore:
Autre temps
L’Adieu