KISS édition spéciale 45 ans de carrière

Kiss annonce la fin de sa carrière avec son "End Of The Road Tour", United Rock Nations a souhaité rendre hommage à ce premier album sorti le 18 février 1974

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A un moment où Kiss s'apprête à tirer le rideau de sa longue carrière avec le "End of The Road" tour, nous avons souhaité célébrer le 45ème anniversaire de la sortie de leur premier album éponyme. Que l’on adore ou on déteste Paul, Gene, Ace et Peter Criss, il ne fait aucun doute que Kiss aura marqué l’histoire du rock depuis le début des années 70.
Deux de nos journalistes se sont prêtés à l’exercice de la chronique de ce premier album, qui aura marqué l’histoire du groupe. En effet, 45 ans après, Kiss interprète toujours sur scène 6 des 10 titres de ce premier opus.
C’est parti ! Retour vers le passé, au 18 février 1974 via Casablanca Records en mode vinyle !

    Infos :
  • Groupe : Kiss
  • Album : Kiss
  • Maison de disque : Casablanca
  • Nombre de titres : 10 titres
  • Date de sortie : 18 février 1974
  • Durée : 36 minutes

kiss édition spéciale 45 ans de carrière
Carm ZIOFA, Rédacteur en chef

La chronique de
Carm ZIOFA

vieille photo de kiss datant de 1974

Produit par le duo Richie Wise et Kenny Kerner (Gladys Knight, Brother Louie), le groupe New Yorkais KISS publie son premier album, via Casablanca Records. Découvert par Bill Aucoin et Neil Bogart lors d’un concert à l’Hôtel Diplomat en aout dernier, Paul Stanley (chant, guitare), Ace Frehley (guitare soliste), Gene Simmons (chant, basse) et Peter Criss (chant, batterie) œuvrent dans un rock classique, plus pêchu que le « School’s Out’ d’Alice Cooper sorti il y a deux ans et moins catchy que le « Vol.4 » de Black Sabbath sorti également il y a deux ans.

Mais ce qui fait l’originalité, du combo new yorkais c’est son aspect visuel. La photo de couverture, signée Joel Brodsky (The Doors, Van Morrison), témoigne le côté théâtral de Kiss : « l’homme étoile », Paul Stanley, « l’homme de l’espace », Ace Frehley, « l’homme vampire », Gene Simmons et « l’homme chat », Peter Criss arborent leur maquillage. A ce sujet, il semblerait que leurs shows sont explosifs dans le sens propre du terme.

Sur le plan musical, tout commence avec « Strutter », sorte de titre Stonien survitaminé qui révèle la fascination qu’éprouve Paul pour les femmes de la scène glitter de New York. La rythmique est groovy à souhait et l’entame de l’album est plutôt réussie. A ce sujet, l’esprit des Stones revient également sur « Let Me Know » à l’exception de la fin explosive, en mode solo sur fonds de riffs hard-rock.

On bascule du côté de la soul avec « Nothin’ To Lose » : touches de piano (Bruce Foster en guest), un chant plus chaud (Gene et Peter se le partage) et un titre qui évoque la sodomie (« I thought about the back door, I didn’t know what to say. But once I had a baby, I tried every way. She didn’t want to do it. But she did any way »).

« Firehouse » est le titre au cours duquel Gene crache du feu sur scène. Il parait que c’est impressionnant. Pour autant, si la chanson fonctionne en live, le choix du low-tempo casse la dynamique du début de l’album.

Fort heureusement, « Cold Gin » (écrit par Ace) ramène de l’énergie. Et même si la rythmique est en mid-tempo, les riffs sont efficaces. Probablement un des meilleurs titres de l’album avec notre deuxième coup de cœur, « Deuce ». Sur ce dernier, la voix rauque de Gene fait des merveilles, les riffs sont terriblement efficaces, les chœurs apportent du corps et le solo de Ace est dantesque. A ce sujet, notons qu’Ace développe un style nouveau et ses riffs sont particulièrement reconnaissables. Un bon point pour se différencier dans la jungle des groupes de rock qui sortent en ce moment.

On ne s’attardera pas sur le très perfectible instrumental de « Love Theme from Kiss » tout comme la reprise de « Kissin Time » de Bobby Rydell qui n’apporte rien de nouveau.

En revanche, les deux titres qui concluent ce premier album éponyme méritent notre attention : « 100,000 years » met en évidence une basse féroce et une approche plus expérimentale (notamment la partie batterie / chant suivi d’un solo de guitare en finesse) tandis que « Black Diamond » met en évidence les talents de chanteur de Peter Criss et sa voix cassée. Le texte qui rend hommage à la ville de New York risque fort d’être un classique du groupe, avec son intro acoustique et sa fin en slow-tempo avec un solo lancinant d’Ace.

Si Kiss a souhaité marquer les esprits avec ce premier album, on peut affirmer que leur objectif est réussi. Derrière les aspects visuels du groupe, il y a 4 musiciens qui apportent chacun leur contribution, au service d’un rock direct et efficace. L’avenir nous dira si ce jeune groupe new yorkais sera capable de renouveler la réussite de ce premier opus.

The Effigy, Rédacteur en chef

La chronique de
The Effigy

kiss à Central Park New-York en 1974

Considéré comme un échec à sa sortie avec seulement 300.000 exemplaires vendus, la première sortie discographique de KISS ne marque pas les esprits et se fait relativement descendre par la critique musicale de l'époque. Les neufs titres de l'album sont pourtant des succès lors des prestations du groupe qui cartonne en concert et voit sa fan-base s'agrandir chaque jour un peu plus. Tout au long des déjà 46 ans de carrière du groupe, ces titres ont gardés pour la plupart une importance non négligeable à chaque show joué.

Alors qu'en est-il actuellement ? Pourquoi cet album qui contient des titres qui éclatent les viscères n'a-t-il pas été reçu à sa juste valeur lors de sa sortie? Replongeons-nous dans cette époque où certain groupes sont vénérés avec trois accords alors que rien ne sera pardonné à KISS.

Déjà, parlons du son de cet album qui malheureusement ne rendra jamais justice à l'énergie dégagée en live. Les démos enregistrées par Eddie Kramer en 1973 avaient réussi à reproduire ce son rugueux et la distorsion exploitée en live. Quelque part, il y avait dans ces démos bien plus de la rage dégagée par ce jeune groupe, ce que nous ne retrouvons pas dans l'album enregistré par Kenny Kerner et Richie Wise. Le son est très bon mais le rendu des guitares est assez doux au niveau de l'agressivité, ce qui éloigne l' ensemble de ce que peut-être un concert de Kiss. La différence est également présente sur certains tempos bien plus lents que la cadence donnée en concert certainement due à l'adrénaline. En effet, tous les enregistrements publics de l'époque dévoilent un groupe qui ne se préoccupe pas de reproduire à l'identique sa vitesse d'exécution.

Les titres de Stanley sont accrocheurs et démontrent un savoir-faire d'écriture pour séduire un public plus large. « Strutter », « Firehouse » ou encore « Let Me Know » sont directs et sans fioritures. Mais Stanley sait aussi exceller dans un « 100,000 Years » possédant une partie instrumentale ravageuse. Simmons quant à lui balance entre rock avec « Nothin To Loose » et heavy avec un « Deuce » qui ne quittera que rarement la set-list jusqu'à nos jours. Si Ace n'est pas encore assez sûr de lui pour chanter, il offrira néanmoins le second titre heavy avec le très bon « Cold Gin » chanté par son compère Simmons. Bref, au niveau des chansons, nous avons là une belle brochette de tubes Kissiens, des morceaux qui entreront dans les annales quelques années plus tard grâce au très célèbre Alive.

Plus tard dans l'année, l'album ressortira avec l'addition de la reprise du « Kissin' Time » de Bobby Ridell écrit par Bernie Lowe et Karl Mann. Pas vraiment au goût du groupe, cette reprise enregistrée pour un concours du plus long baiser était plutôt un espoir de Bill Aucoin et Casablanca records de relancer les ventes du disque.

Cet album vaut beaucoup plus que ce qui a pu être dit à l'époque, mais il est vrai, aurait pu avec un meilleur producteur, sonner encore bien mieux, rendant justice à l'écriture de ces titres d'anthologies. Quoiqu'il en soit, nous avons avec ce premier album éponyme, le lancement d'un des plus grands groupes du monde. D'un groupe qui a d'abord cru en lui et qui n'a pas hésité à se proclamer les meilleurs. De cette conviction est née la légende, et la critique ! Car il va de soi qu'un groupe qui joue de son image et du jeu de scène va tout d'abord marquer le monde par cela, bien avant de le marquer par ses qualités musicales souvent amoindries. Et pourtant... Il suffit de regarder le nombre de grands musiciens qui ont eu cette envie de jouer grâce à KISS pour se rendre compte qu'il y a quelque chose de bien plus grand, de bien plus fort que cette simple image, il y a un tout ! Que l'on aime ou pas, KISS a posé sa première pierre discographique ce 18 février 1974 et sillonne le monde depuis lors. Et rien que pour cela, nous pouvons tirer notre chapeau et dire : merci les gars !