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YOUV'DEE, l'interview promo de ''Pas d'Accord''

United Rock Nations
Rock
06/04/2023
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On va attaquer avec la promotion de ''Pas d'accord'', ton nouvel album qui va arriver bientôt dans les bacs et forcé de constater qu'il y a un gros virage musical. Comment c'est arrivé ?

Je n'aime pas parler de virage, c'est plus une suite, une transition, je savais que je le ferais. Pour ceux qui m'écoutaient, je semais déjà pas mal d'indices. J'en parlais déjà beaucoup depuis 2016-2017, j'étais déjà très porté sur cette image de rock-star et petit à petit, j'ai commencé la musique juste en écrivant des textes vers 17-18 ans mais il fallait encore que j’apprenne à contrôler ma voix pour pouvoir essayer de faire ce que je fais aujourd'hui même si je suis encore loin de mon objectif.


Tu parles du contrôle de ta voix et sur certains de tes morceaux, on découvre ce qu'on l'on connait déjà dans l'univers du rap, l’auto-tune qui est plus ou moins intense selon les titres voire inexistants, à titre purement personnel, je trouve que sans auto-tune, ta voix passe super bien alors pourquoi avoir décidé de le conserver sur certains titres et pas d'autres ?

Parce que j'ai gardé des méthodes que j'avais déjà avant, donc forcément il y a des passages où je maitrise un peu plus ma voix et j'arrive à faire sans mais il y a aussi certains moments où... alors pourquoi m'en passer. Je ne prétends pas inventer le genre mais c'est aussi apporter à notre époque de la nouveauté, de mettre des synthés très actuels et c'est aussi vocalement toujours se servir de l'auto-tune, même si je sais que ça peut certaines fois paraître un peu rédhibitoire dans le milieu du rock, même si je sais qu'il y a certaines personnes à qui l'auto-tune ne plait pas.


Certains ont du être surpris de l'auto-tune surtout quand on a une voix et je trouve que tu as de la voix. Tu disais que tu dois encore travailler ta voix. Il y a probablement une transition ?

Je viens de faire mes premiers live radio, live télé où je n'ai pas l'auto-tune et j'ai l'impression d'entendre un autre chanteur. De base, je n'aime pas ma voix. Quand j'étais petit, utiliser l'auto-tune m'aidait à accepter ma voix. Sans savoir chanter, sans avoir aucune notion, c'est ce qui m'a permis de faire de la musique. Et puis j'étais vraiment fan de T-pain, ce rappeur qui l'a vraiment popularisé, donc j'y suis attaché même si je sais que maintenant, il y a certains moments où tu ne dois pas t'en servir, c'est un outil.


Tu mets un peu ta patte comme tu le disais tout à l’heure, tu ne renouvelles pas le genre mais tu innoves un peu en ajoutant une petite touche à toi, maintenant dans cette transition beaucoup plus rock, j'ai entendu aussi quelque facette assez pop, quelles sont les influences qui t’emmènent soit vers cette transition rock soit vers cette facette pop ?

Mes influences sont diverses et variées mais pour tout ce qui est très rock, j'ai toujours été un très grand fan de Linkin Park, Evanescence, je cite toujours ces deux groupes, parce que ce sont eux qui m'ont fait découvrir cette musique quand j'étais au collège, c'est avec eux que je me suis pris mes première gifles musicales. C'est une énergie que je voulais retransmettre, l'énergie que je trouvais en écoutant 'In The End' par exemple. Il y avait Nirvana et Deftones aussi, comme pas mal de jeunes, ce qui m'a emmené aussi vers le Punk parce que je regardais beaucoup de mangas et les opening et ending de ces mangas c'est du Kepunk.


Ca explique un peu donc toutes ces différentes variantes et facettes que tu possèdes en qualité d'artiste. ?

Dès que j'ai rencontré un guitariste, j'ai essayé de me poser et c'était très métalleux. Ça n'a pas été si concluant mais je savais déjà que ça pouvait donner quelque chose. Mon premier morceau rock que j'ai sorti officiellement c'était à la fin de mon premier projet qui s'appelait VDL (La Vie de Luxe). Je voulais sortir celui-ci puis en finir avec tout ce qui est média rap et le chemin traditionnel : Skyrock ensuite feater avec les grands rappeurs et devenir le gars qui feat les anciens et ensuite l'ancien qui feat les nouveaux et là je te dis, Gucci puis vol de voitures...

Donc j'avais commencé avec ce son qui s’appelait J-Rock (Japon Rock), c'était du punk californien, c'était mon premier test et c'était aussi un indice qui disait j'ai les capacités pour aller plus loin et me dire j'y vais. Donc l'édition d'après a été 100% rock-punk et maintenant on en est là avec ce nouveau projet. Je n'aime pas parler d'album, c'est plus un premier projet même si c'est vrai que c'est un album, je ne l'ai pas bosser comme tel..


Tu l'as travailler comment alors ? Si tu l'as pas bosser comme étant un album ?

Petit à petit, à force de bosser, tu fais un peu tout comme des albums, même les mix-tapes, j'essaie d'apprendre à les faire, mais là j'ai pas cherché une cohérence de type album, je bossais pendant la tournée quand je pouvais, j'écrivais des morceaux et j'en avais tellement qu'il fallait que j'en fasse quelque chose. Après j'ai essayé aussi de faire en sorte que ça ne passe pas trop du coq à l’âne, mais un album, non... je suis trop attaché au mot.


Quand on écoute l'album, il y a une très grande cohérence entre tous les morceaux, je comprends que tu ne l'ais pas travaillé comme un album, mais tu m’aurais dit que c'était un album ou que c'était un concept album, j'aurais confirmé, parce que quand on entend les textes, on sent quand même une déclinaison dans ta douleur, dans des choses du passé dont tu veux sortir, y a même une cohérence dans certains titres dans la façon dont ils se suivent. Peut être que je me trompe ?

Non c'est vrai que ça raconte une histoire même si ce n'était pas voulu à la base. Je parle exclusivement de moi, ce n'est pas très inclusif, ce que je veux dire c'est que certaines personnes conseilleraient d'écrire sans préciser le sexe, pour que tout le monde puisse se reconnaître. je parle beaucoup de mes déboires amoureux, de séparations, du fait d'être amoureux.


On a parlé de tous ces changements ont eu lieu et de toutes ces douleurs que tu as traversées, je trouve qu'on le lit aussi en regardant la pochette. Cette pochette où l'on voit ce conteneur poubelle. Comment la traduire, est ce que c'est j'ai mis mon passé à la poubelle et voici le nouveau Yuvdy ou c'est plutôt Yuvdy sort de la poubelle ?

De base, le projet devait s'appeler ''Taxidermie'' parce que je jouais beaucoup avec l'image du papillon. Comme tu disais c'était comme évoluer, ne pas rester figé, autant dans le musique que dans le reste, mais il fallait aussi prendre en compte la maison de disque qui pose certaines conditions pour faire en sorte que ça marche, que ça colle à une certaine image, que ça ne s'éloigne pas trop des sentiers battus et d'un autre côté tu as les fans qui veulent que tu fasses comme avant.

C'est pour ça qu'à la base je voulais m'épingler dans un cadre comme pour un papillon, pour représenter le fait de figer quelque chose de beau, de l'enfermer dans un tableau alors qu'il devrait être en train de voler. Et du coup l'image de la poubelle, c'est venu après en discutant avec un ami qui m'a dit pourquoi on ne se représenterait pas dans une poubelle. Et c'est vrai, qu'une fois que j'avais décidé d’abandonner le rap, que je m'étais prouvé que je pouvais aller jusqu'à Skyrock et faire comme tous les autres, j'ai décidé de retirer tout ce que j'avais sur mon instagram et je n'avais mis qu'une photo me représentant assis dans une poubelle entre les rats, et je me suis dis : ''voilà c'est ça, vous voulez me foutre à la poubelle alors je suis toujours ''beau''. On essaye de te foutre aux ordures quand tu n'écoutes pas, on te trouve moins intéressant donc je me suis retrouvé avec ce sentiment de pas être vu à sa juste valeur.


Tu donnes vraiment l'impression de ne pas avoir vécu une expérience positive côté rap

C'est vrai que c’était pas ouf parce que je me suis rendu compte qu'il devrait y avoir d'un côté les maisons de disques et d'un autre les maisons d'artistes, ça devrait être séparé, c'est mon point de vue, je juge peut être mais je trouve ça tellement facile que je n'arriverais pas à le faire, mais il faut bien de la musique pour tout le monde, c'est la musique du peuple.

Mais c'est vrai que j'en ai pas un très bon souvenir même si c'était une super aventure, c’était beaucoup de négatif, ce côté faut faire copain copain avec un tel. Par exemple, je n'aimais pas faire de featurings pour porter mon projet. On était pas forcément dans l'artistique. Tu dois bosser avec certaines personnes alors que là je suis pleinement épanoui. On peut se poser, chercher des rifs, chercher des idées de batterie, de structure, c'est tellement plus gratifiant, je m'amuse tellement plus.


Et d'ailleurs, toutes les mélodies, tu parles de rifs et de structures, est ce que tu es le seul à les travailler dans ton coin ou tu bosses avec un musicien ?

Ça dépend, j'ai des morceaux où j'ai fais toute la base par exemple sur les morceaux un peu punk, vu que c'est le premier truc que j'ai appris à faire à la guitare. C'est ce que j'aime bien avec quatre accords tu fais une chanson, c'est un luxe dont on se rend pas compte, des fois je bossais chez moi en amont, j'avais une idée alors que j'étais sous la douche, je l'enregistrais au dictaphone, après je faisais un deuxième mémo avec le rythme, je posais à la guitare et ensuite je faisais refaire le tout par mon pote Alex, qui est un très bon guitariste qui vient aussi du rap et qui n'avait jamais eu ce genre de propositions et qui maintenant s'épanouit, et on échangeait sur tel ou tel morceau, on partait dans un mood et petit à petit on chopait des rifs comme ça.

Le format de tes chansons, le projet a 15 titres mais il est court. Tes morceaux ont souvent une durée inférieure à 3 minutes, c'est une volonté ou c'est du hasard ?

Au même titre que l'auto-tune, j'ai gardé mes codes de base. Dans le rap, tu fais un morceau : un couplet, un refrain, 1mn30.
Par contre ça fait longtemps que je n'avais pas fait de morceaux aussi longs comme avec ''Suis-moi'' qui ne dure pas non plus 10 mn, mais là je pouvais me permettre de laisser parler les instruments, de mettre du solo par-ci, pour moi c'était déjà faire assez long, même si à terme j'aimerais pouvoir faire des sons qui peuvent durer 6 minutes parce que maintenant je peux retourner en arrière.

Mais là c'était une habitude, et puis des fois c'est juste parce que tu le sens comme ça, par exemple j'ai une intro, j'ai qu'un seul couplet, y a deux refrains et je me disais y a pas besoin d'ajouter un deuxième couplet.

On va parler de deux ou trois titres. Je pensais d'ailleurs au titre « rock'n'roll » qui change un peu des autres. Il commence calmement et puis d'un seul coup, ça explose, c'est très pop-punk US, il vient d'où ce titre ?

C'est marrant parce que j'en ai jamais vraiment parlé. Je m'en prenais plein la gueule, vu que je viens du rap, que je suis noir, que je suis en France, même ma propre communauté n'aime pas trop les choix que j'ai fais vu qu'ils n'ont pas l'habitude d'en voir, alors que le changement c'est top, heureusement on arrive en convertir quelques uns.

Mais j'étais un peu dans ce truc aussi où je me sentais pas très bien ou je ne pouvais pas revenir en arrière et tout recommencer parce que je n'étais plus le même. Je parle aussi des femmes quand je parle du ''temps qui file, qui le plus grand défi, que c'est le temps qui nous sépare''. J'étais dans cette tristesse et je voulais que ça pète parce qu'on retrouve toujours ces deux sentiments, le calme et la rage. Je voulais aussi marquer le coup, c'est pour ça que dans le clip, j'ai un kilt jaune super stylé, genre Jean-Paul Gautier que j'adore. C'était pour montrer : Voilà arrêter de faire c... parce qu'on n'est pas comme vous, moi, je suis qu'un mec normal avec un perfecto, c'est mon message de base. Soyez heureux et arrêtez de faire c... le monde. Du coup comme on ne sait jamais si on t'aime vraiment ou pas, j'ai trouvé ces paroles : ''Dis-moi quel est mon rôle, dis-moi où est ma place ici, t'en penses quoi de ta vie, parle vraiment, je ne comprends pas, pourquoi faire comme les autres ?''.

Ces descriptions que tu fais du morceau 'Rock'n'roll' m’emmène sur le second titre dont je voulais qu'on parle et qui est aussi le titre de ton album. J'ai l'impression que tu veux dire : Pas d'accord avec vous. Je pense que t'as le bon nom d'album parce qu'il dit : Merde, je fais ce que j'aime faire, je vais là où le vent m'emmène, tu n'es pas mon capitaine, tu n'es personne.

C'est tout à fait ça, au-delà de l'aspect où j'avais besoin de crier, d'aller dans cette énergie. Dans le message en tout cas, y a ce truc où tu te retrouves dans ce genre de situation. Et les gens on toujours l'habitude d'un schéma où d'un, tout ce qui est nouveau effraie, et de deux on sait pas le travailler. J'ai la chance d'avoir Olivier (ndl : son attaché de presse), au départ c’était pas gagner parce qu'on savait pas à quel média approcher, même mes parents me demandaient si mon but n'était pas de percer dans la musique et je devais leur expliquer encore une fois que mon but est d'être encore là à 70 ans, d'être booké à Rock en Seine parce que ça fait 5 ans que je n'ai pas joué. Je ne veux pas faire carrière pour m'acheter des voitures, être une star du rap et devoir me travestir. Je préfère être moi-même, que ça soit sur la musique, que sur la féminité ou le côté androgyne.

Quand j'ai fais ''Pas d'accord'', on m'a dit que c'était dangereux, que ça ne marcherait pas, même des amis qui au début étaient à tes côtés, te tournent le dos parce que t'es plus hype, tes parents s'inquiètent, tout ça comme s'ils ne savent pas qu'un buzz ça ne dure pas longtemps. Moi, je veux vivre 50 ans dans la musique donc pour apprendre j'avais besoin de faire ça, en plus je savais très bien que je recommençais le jeu d'une certaines façon, je repartais avec mes connaissances acquises auparavant, mais je savais très bien que j'allais gagner beaucoup moins d'argent.

'Mal de toi', ballade acoustique, qu'est ce que tu me dis sur ce titre ?

Pur hasard, je bossais en studio avec des amis qui m'ont fait écouter un morceau de guitare, je me suis mis derrière le micro, j'ai fais le son, ça a du prendre 5-6 mn, je parlais du fait que j'étais plus avec cette fille et je racontais l'histoire. Je suis content parce que c'était pas du tout prévu et le morceau dure moins d'une minute.
J'ai sorti l’harmonica que j'ai eu à 10 dollars quand j'étais au Canada et je l'ai rajouté au morceau alors que je ne sais pas du tout en jouer, j'ai même laisser mon ami raconter son blabla. Ce morceau n'a aucun sens de base mais il est super cohérent et c'est limite celui que le public apprécie le plus. J'adore ce morceau.

. Tu es en pleine tournée, comment elle se passe et peux-tu m'expliquer à quoi ressemble un concert de Youv'Dee ?

Ça se passe très bien, les morceaux n'étaient pas sortis quand j'ai commencé les concerts donc j'avais un peu d'appréhension. J'étais content de voir que le public était encore présent alors qu'il y en a une partie qui a arrêté de me suivre. Il y avait de l'appréhension de savoir si le public allait apprécier le fait que je ne fais pas tous mes anciens morceaux. J'en ai mis quelques-uns dans mon concert de base mais sinon c'était que les nouveaux et en plus j'attendais avec impatience de pouvoir présenter mon nouveau projet et j'étais très content des retombées, de constater qu'il y en est certains qui m'ont vu 6 fois, 10 fois et qui me disent : ''Je pensais pas que c'était possible mais c'était encore mieux que l'année dernière''. Cette année, j'ai une bassiste, j'arrive à un certain niveau, je pars de vieux pogo avec DJ avec dix potes derrière toi en ensemble Nike et maintenant j'ai un band et je joue de la guitare. .