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ULTRA VOMIT EN INTERVIEW EXCLUSIVE

CELINE DEHEDIN
Journaliste
Death Metal/Grindcore (early), Various (later)
26/01/2026
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Vous avez intitulé l'album "Le Pouvoir de la Puissance", mais le dernier morceau s'appelle ‘La Puissance du Pouvoir’. Est-ce une tentative désespérée de nous perdre dans un paradoxe philosophique ou aviez-vous juste trop de mots cools dans le désordre ?

Au départ quand j’ai commencé à composer le morceau, le titre était ‘La Puissance du Pouvoir’ cela faisait écho à une expression qu’utilisait souvent notre guitariste Fabien Le Floch, il me racontait être allé voir le dernier Top Gun au cinéma, et citer ‘le Pouvoir de la Puissance’, et il m’a dit ‘ ah non c’est nul’. Du coup nous avons appelé l’album comme ça et nous avons gardé le titre de départ dans un but de confusion, j’avoue. Ce qui nous a fait rires c’est l’idée que sur le sticker il y est marqué ‘nouvel album Le Pouvoir de la Puissance inclus La Puissance du Pouvoir’.

Vous annoncez "16 tubes et une bouse". Est-ce que vous vous êtes mis d'accord à l'unanimité sur laquelle était la bouse, ou y a-t-il eu des bagarres internes pour défendre le titre en question ?

Il y a eu des bagarres internes, mais nous savons très bien de quel morceau, il s’agit, quand on parle de la bouse. Nous avons bien identifié un morceau, mais nous ne le disons pas, pour que chacun se fasse son opinion. C’est à la libre interprétation de chacun. Ça ne sera peut-être pas la même bouse pour tout le monde.

Fred Duquesne a encore fait un travail monumental. Est-ce difficile de garder son sérieux en studio quand on enregistre des riffs aussi massifs que ceux de ‘Kings of Poop’ avec des paroles aussi... poétiques ?

Fred a été incroyable, c’était déjà fantastique de travailler avec lui sur "Panzer Surprise". Mais, sur cet album, Fred a été encore plus impliqué dans la production et franchement nous sommes très contents du résultat. Les prises de chant, sont des moments où on rigole beaucoup. C’est là où les morceaux prennent leur côté fun et marrant. Par contre sur l’enregistrement de tout le reste, nous sommes très sérieux, ça n’empêche pas qu’il y ai des petits vannes qui fusent entre nous. Tout est réalisé dans la bonne humeur mais avec professionnalisme.

Entre "Panzer Surprise" et ce dernier opus, on sent que vous avez encore passé un cap technologique. Est-ce que c'est une stratégie pour que les gens disent : ‘ C'est idiot, mais qu'est-ce que ça joue bien !’ ?

Pour moi, c’est très important de garder cette solidité, pour le live aussi. Quand les gens viennent nous voir en concert, et qu’ils nous disent à la fin ‘Waouh mais ça joue’, c’est toujours un compliment agréable à recevoir. Je me rappelle, lorsque nous avons enregistré ‘Kammthaar’ sur l’album précédent, Fred nous a demandé : ‘ Vous êtes sûr de vouloir faire un son aussi massif ?’ On s’est regardé avec les autres membres et nous voulions mettre tous les potards au maximum, pour que le côté fun vienne du chant. Idem pour le clip, nous avons fait un clip, très professionnel.

Pourquoi avoir attendu 2024 pour nous donner la suite de ‘Dead Robot Zombie Cop from Outer Space’ ? Est-ce que le budget effets spéciaux du scénario était trop élevé ?

Je pense que faire un numéro 2 avant le 1, pour moi c’est une évidence, parce que c’est drôle.

‘Toxoplasma Gondii’ s'attaque à un parasite bien réel. Est-ce que l'un d'entre vous a fini par développer une obsession inquiétante pour les chats durant l'écriture de ce morceau ?

On était déjà fichu avant. Nous avons tous déjà ce petit virus, on est tous gaga des chats dans le groupe. On en a tous au moins un.

Comment s'est faite la rencontre avec les gars de Crisix sur ‘Patatas Brava’s ? Est-ce que la collaboration a été payée uniquement en tapas et en bière ?

Nous avions déjà joué ensemble, j’avais revu Bibi, le guitariste à Rennes, nous avions discuté et ça avait bien matché entre nous humainement. Nous avions passé toutes une soirée ensemble. Ensuite, je suis allé en vacances à Barcelone, leur région d’origine. Nous nous sommes retrouvés là-bas. Il nous a emmené dans des bars à Tapas, pour goûter des spécialités locales, et quand j’ai goûté les Patatas Brava’s, j’ai adoré. L’histoire est un peu la même que pour le morceau ‘Takoyaki’. Du coup le featuring est parti de là.

Avec ‘GPT (À l'instant)’, vous vous attaquez à la tech. Est-ce que vous avez essayé de demander à ChatGPT d'écrire une chanson d'Ultra Vomit, ou avez-vous eu trop peur qu'il soit plus drôle que vous ?

Et bien figures-toi que je l’ai fait, par contre je ne suis pas assez calé pour composer des morceaux via l’intelligence artificielle. En fait, je n’ai même pas envie de savoir parce que ça me fait peur, même si je trouve ça dingue. En vrai, le résultat était pas mal mais c’était nul, on aurait dit des paroles de Manar, comme sur le titre ‘évier métal’.

Le morceau ‘Auto-Thunes’ semble se moquer des dérives modernes. Est-ce votre manière de dire que vous êtes devenus de vieux métalleux grincheux, ou est-ce juste pour le plaisir de martyriser les oreilles des puristes ?

On décrit ce qui se passe dans le morceau, c’est quelque chose d’un peu absurde. Nous avions une mélodie et nos premières paroles étaient étonnantes voir nulles. C’est encore Manar, qui a sauvé le morceau.
25 ans de carrière, c'est un exploit, surtout pour un groupe qui ne fait ‘jamais rien de sérieux’. Quel regard portez-vous sur votre évolution depuis les débuts ? Est-ce que le fait d'être devenus des piliers de la scène française, respectés par leurs pairs, rend l'exercice de la parodie plus difficile ou au contraire, vous donne-t-il une liberté totale pour aller encore plus loin dans l'absurde ?
A chaque fois, que nous regardons dans le rétroviseur, on trouve ça fou, d’être arrivé là. Le succès s’est fait tellement progressivement. C’est toujours choquant de jouer sur des scènes d’anthologie ou des gros festivals, mais ça s’est fait en douceur, donc nous le vivons bien. C’est un peu un accident, quand nous avons commencé à Nantes, jamais on ne s’est projeté si loin, en se disant qu’un jour, nous allons en vivre et que nous allons durer aussi longtemps. Aujourd’hui, je le vis plus comme une liberté, mais aussi parce que nous avons pris confiance, en ce que nous faisons. Lorsque nous sortons quelque chose, je regarde les commentaires mais, ça me touche moins qu’il y a 20 ans.

Après Mollo sur le Caca et A.N.U.S, quelle est la prochaine étape de l'évolution humaine selon Ultra Vomit ? Doit-on s'attendre à un album concept sur le système digestif complet pour les 25 prochaines années ?

Je ne te cache pas que nous avons envie d’aller naturellement sur ces sujets-là, car les textes ont tendance à se diriger en dessous de la ceinture, assez facilement. Et là j’envoie une dédicace à Flockos, car nous avons tendance à dévier sur des sujets graveleux.

En concert le 12/02 à l’Usine- Istres (13) et le 13/02 au Palais Nikaïa- Nice (06).