Interview de Théo, programmateur du Rise & Fall Festival
United Rock Nations

17/10/2018
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1) Cette année, le Rise & Fall souffle ses deux bougies. La première édition a été un succès. Vous attendiez-vous à un tel engouement ?



Je savais qu'il y avait de l'attente car j'ai régulièrement des demandes d'une partie du public de concerts « très amplifiés » qui me reproche de ne pas en proposer assez dans la saison du Camji qui se veut (et se doit) d'être plutôt généraliste, mais j'ai été tout de même très surpris et content de cet accueil !
Après, je ne l'ai pas vraiment vu venir étant donné que le festival s'est monté sur une occaz de programmation sans idée préconçue de proposer un vrai festival. En effet, l'origine de cet événement sur plus de dix jours vient du calage des deux dates consécutives d'Ultra Vomit et Dagoba... Ensuite tout s'est enchainé très vite... j'ai partagé l'info de ce weekend fort sympathique à quelques organisateurs de concerts locaux qui se sont emballés et qui ont voulu participer à l'aventure. Du coup, un collectif de divers acteurs locaux est né quatre mois avant novembre 2017.
Oui, je sais ce que vous vous dites : l'engouement des organisateurs du coin aurait du me mettre la puce à l'oreille ! ;-)


2) Malgré la taille humaine du festival, vous réussissez à attirer des groupes à forte notoriété tels que Napalm Death ou Mass Hysteria. Comment sélectionnez-vous les groupes ?



Du coup, cette année, nous avons appréhendé l'organisation dans une démarche globale de monter un vrai festival. La première étape a été de créer une ossature de la programmation avec les têtes d'affiches. Donc, de recenser celles qui tournent sur la période, de choisir celles qu'on va approcher et ensuite de jongler avec les plannings. Pas simple d'ailleurs !
La deuxième étape fût de choisir les premières parties adéquates en toute objectivité ! ;-)
La sélection des groupes se fait soit sur live (merci le HellFest), soit sur écoutes des nombreuses sollicitations reçues dans l'année. À tout ceci s'ajoute les échanges entre les différentes structures organisatrices.
Aussi, je pense que les « fameux » groupes à forte notoriété aiment tout autant les lives en clubs (plein de sueur.... et de bière) que les Open Air ! Cela leur procure des sensations très différentes avec une tout autre adrénaline, parait-il !?! En plus, c'est plus facile de rendre un petit lieu sold out. ;-)


3) Parlez-nous de la programmation de l'édition 2018.



Même si ça n'est pas encore sur cette édition que ça en sera le plus flagrant, le Rise & Fall se veut un festival des musiques « énervées » qui englobe toutes les esthétiques musicales qui délivre de l'énergie. En bref, ça n'est pas juste un nouveau festival de metal.
La prog de cette année s'est construite sur une année entière par rapport à celle de la première édition qui le fût sur quatre mois. Ça laisse un petit peu plus de temps à la réflexion.
Dans un premier temps, les quatre têtes d'affiches : Napalm Death, Mass Hysteria, Triggerfinger se sont proposées. À ce moment, j'ai bondi ! J'ai commencé par me dire que pour une deuxième édition, nous n'étions pas ridicules.
Ensuite, avec nos amis bressuirais et parthenaisiens (Boc'Hall et Diff'Art) nous avons approché Punish Yourself, Nostromo et Birds In Row.
En parallèle, une idée bien antérieure au festival qui était d'accueillir La Colonie De Vacance à Niort me trottait dans la tête... Mais, j'avais conscience, non pas que la proposition serait décalée car celle-ci était pleinement assumée, mais qu'il nous fallait un partenaire d'envergure dans la ville. Alors, l'envie de surprendre le public (réciproque à la Scène Nationale) nous a poussé à collaborer avec Le Moulin Du Roc et de proposer cette nouvelle forme de concert.
Ensuite, un gros travail de fond réalisé collectivement par l'Alternateur, La Dynamo et Accès Rock autour des découvertes a fourni l'essentiel du programme. L'idée étant de favoriser la scène régionale mais pas que !
Aussi, l'idée de surprendre par le décalage n'a pas été qu'au niveau de la prog. Nous aimons bousculer les traditions et casser les codes, c'est pourquoi un nouveau lieu comme le restaurant Le Hangar qui propose le heavy blues chamanique des Dätcha Mandala c'est chouette !!!


4) En termes d'accueil et d'organisation, quelles sont les nouveautés de cette édition 2018 ?



En termes d'accueil du public, il n'y pas vraiment de gros changement. Nous avons fait en sorte qu'aucun événement se chevauche pour que, dans l'idéal, tout le monde puisse tout voir. Un pass en édition super limitée est proposé. Nous proposerons tous les soirs de la petite restauration rapide pour le confort du public. (Faut bien manger sur douze jours consécutifs ;-)).
Par contre, la vraie nouveauté, c'est qu'un vrai « Off » s'est invité à l'histoire avec d'autres partenaires. En effet, cinq ou six concerts gratuits vont être proposés en after work (Apéro) avant les concerts payants.


5) Y-a-t'il un artiste que vous auriez aimé avoir et que vous n'avez pas réussi à intégrer dans cette nouvelle édition ?



Metallica ;-)) !!!
Non, plus sérieusement, c'est difficile pour moi de répondre car je pars du principe que si ça n'est pas pour cette année, ce sera sur une prochaine. Je n'aime pas ruminer et subir la frustration, je préfère avancer et me projeter dans le futur. Par contre, je lance un message personnel à un certain Igorrr : « Je vous aurai un jour, je vous aurai !!! ».


6) Le Hellfest a vendu ses 55.000 pass en 2h. Quelle est votre ambition future : de devenir un grand festival aussi prisé que le Hellfest ?



Pas du tout...
Certes, le Hellfest donne des ailes et apporte beaucoup d'idées pour nous en tant qu'organisateurs mais notre configuration originelle est tout autre. En effet, nous sommes presque un contraire ; c'est un festival d'été, nous sommes un festival d'hiver ; c'est un open air, nous sommes un festival de petits lieux éparpillés dans la ville ; il dure trois jours, nous : douze.
Après, sans être devin, je vois bien un gros concert de clôture à l'avenir. Mais je pense qu'il est bon de s'émanciper progressivement sans griller les étapes. Nous avons tout de même doubler le budget par rapport à la première édition et nous sommes passer d'une jauge cumulée de 1900 personnes à 3600, c'est pas trop mal pour seulement deux ans d'existence non !?!