Poison Ruïn : interview écrite du leader Mac Kennedy Poison Ruïn : interview écrite du leader Mac Kennedy 

Poison Ruïn : interview écrite du leader Mac Kennedy
Anibal BERITH
Journaliste

30/04/2023
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Pour la sortie du premier album de groupe de post-punk Poison Ruïn, Anibal Berith a pu s'entretenir avec le fondateur du groupe, Mac Kennedy, juste avant le concert donné à Toulouse le 30 avril 2023 organisé par l'association Bitume Rugueux au Skate Park Le Petit.

Mac Kennedy: Je suis Mac Kennedy et je suis chanteur /guitariste dans Poison Ruïn et vous êtes sur United Rock Nations


Anibal Berith : Merci beaucoup Mac pour cette interview et ta disponibilité juste avant le show. Je t’avoue découvrir le groupe grâce cette interview. Peux-tu nous décrire le groupe en quelques mots ?


MK: Au départ l’idée était d’enregistrer un projet musical basé sur du punk old school (classique et anarchique) en ajoutant des touches plus actuelles car c’est avec ce style plus moderne que j’arrive à m’exprimer. Du coup Poison Ruïn mélange punk old school, post-punk, crust avec des paroles inspirées de dark medieval, dark fantasy. C’est une contemplation critique du monde moderne dans lequel nous vivons et le côté fantasy permet de nous en évader.


AB: Votre premier album intitulé « Härvest » Est disponible depuis la mi-avril via Relapse Records. Comment s’est faite cette rencontre entre le label et vous ?


MK: Relapse est installé près de chez nous à Philadelphie. Nous connaissons du monde qui bosse là-bas et d’autres artistes qui sont chez eux. Alors que nous cherchions un label spécialisé dans le punk., nous avons appris que les gens de Relapse aimaient ce que l’on faisait; nous nous sommes rencontrés dans leurs bureaux et tout s’est fait naturellement. Bosser avec eux est confortable. Ils ne nous ont rien exigés. Nous avons pu conserver notre son, notre identité et ça c’est très important pour moi que ça puisse se passer ainsi. Ils voulaient juste pouvoir nous distribuer tel quel, ce fut donc très facile pour nous.


AB: Est-ce un plus pour le groupe d’être chez un label aussi prestigieux ?


MK: Oui c’est vraiment très bien pour nous ! Nous sommes très chanceux et très heureux tu sais. C'est grâce à eux que nous sommes en tournée en Europe. Ca fait trois semaines que nous tournons et toutes nos dates ont été géniales depuis le début. Globalement nous avons eu pas mal de monde à chaque fois, beaucoup de fans qui nous voyaient pour la première fois et qui ont aimé nos prestations.


AB: C’est votre première fois en Europe et donc j’en déduis que c’est votre première fois en France avec trois dates, Marseille, Paris et Toulouse; comment est le public français à votre égard ?


MK: Le public est incroyable et très enthousiaste. On ressent beaucoup d’énergie de leur part et le mosh pit est totalement fou !! C’est très excitant et nous sommes vraiment très heureux d’être là.


AB: « Härvest » est votre premier album. Il s’ajoute à vos deux premiers EP. Comment avez-vous travaillé sur ce disque ? Est-ce que ce fut différent que de travailler sur vos Ep ?


MK: En fait nous avons gardé le même concept que nous avions sur nos Ep. Nous avons donc repris la même symbolique, la même imagerie. Nous avons travaillé davantage sur le son et sur le corps des textes. On a écrit plus de chansons afin d’en avoir suffisamment pour enregistrer un album. C’était une bonne combinaison pour nous de faire comme ça.
Pour les Ep, on cherchait juste à faire des chansons kick ass. Il n’y avait que 4 ou 5 compositions à faire. Pour un album, il fallait proposer quelque chose d’autre aux gens, quelque chose de plus dense, de plus intéressant à écouter et pas seulement des tubes à se mettre sous la dent. On a voulu qu’ils vivent une expérience différente de celle vécue avec nos Ep. On ne s’est pas mis la pression. Nous sommes un groupe de copains qui s’est fait tout seul en jouant des concerts localement. Nous tâchons de travailler dur, de donner le meilleur de nous mêmes. En résumé, pour écrire cet album, l’approche est restée la même que celle du départ. C’est notre façon de travailler et notre vision à nous tous.


AB: Comment s’est passé l’enregistrement, le mixage et le mastering ?


MK: Pour l’enregistrement, ce fut très simple puisque c’est moi qui ai tout fait de A à Z. Pour le reste nous avons travaillé avec Arthur Rizk; c’est une légende ! Il a compris notre vision du projet et nous a donné le son que nous voulions. Il nous connaît bien et il sait que nous aimons le son mainstream du heavy metal et il a travaillé dans ce sens. Je suis très heureux d’avoir pu travailler avec lui et du résultat que nous avons pu obtenir.


AB: Ta musique est un mélange de punk old school, de post punk et d’imagerie médiévale. Expliques moi les sources de ton inspiration ?


MK: Oui, en effet j’aime beaucoup l’imagerie médiévale et tout ce qui est en rapport avec le milieu de l’heroic fantasy. J’aime aussi les films des 80s, les jeux vidéos, les clips vidéo de cette époque. Je ne cherche pas à aller vers cette imagerie mais je m’en sers pour donner du sens à mes chansons et aux messages que je souhaite transmettre. Ce n’est pas nouveau, la musique Métal s’inspire beaucoup de cet univers et selon moi, ça donne une image « Bad ass », ça me plaît et ça plait à notre public. C’est donc logique pour le groupe et moi-même d’aller dans cette direction. C’est la raison aussi pour laquelle nous avons fait le choix de ce chevalier brandissant une faux pour la pochette du disque.


AB: En moins de 3 ans, j’ai l’impression qu’avec Poison Ruïn, tu as impulsé un nouveau style de punk tout en accentuant la notoriété du groupe, comment l’expliques-tu ?


MK: Pour être honnête, c’est difficile à expliquer. Je pense que nous proposons quelque chose de différent à partir de bases solides et connues. Du coup le public arrive à être surpris dans un univers qu’il connaît déjà. Ensuite comme je le dis souvent , nous donnons le meilleur de nous-mêmes dans notre processus créatif et ça se ressent dans les compositions. Tout est travaillé sans ne rien laisser au hasard, de la musique au visuel en passant par les textes et toute la partie technique. Maintenant pourquoi ça marche pour nous et aussi rapidement, je ne sais pas l’expliquer (rires). En live, les gens s’amusent, sautent partout, connaissent les paroles de nos chansons, c’est vraiment excitant et très cool pour nous.


AB: Travailles-tu sur le prochain album ?


MK: Alors oui par le fait que je compose en permanence. Je ne peux pas m’en passer. J’ai toujours des idées. Alors j’écris, j’enregistre un peu de stuff, et je vois ce que ça donne sans pour attendre quelque chose de fini pour le moment. Il se peut donc que nous sortions un single ou un ep. Nous sommes sur un gros label et nous avons envie de prendre le temps de sortir quelque chose de bien, et oui c’est prévu de proposer du nouveau matériel.


AB: Le mot de la fin ?


MK: Merci beaucoup pour cette interview et bon show pour tout à l'heure !