3 ans se sont écoulés entre votre précédent EP et ce nouvel opus, avez-vous mis à profit le confinement pour sa création ?
Le travail d’écriture et de composition s’est effectivement fait en partie pendant le confinement. David à commencer par puiser son inspiration dans les livres qu’il lisait sur le moment. Certains textes parlent d’une vision proche du confinement et d’autres sont plus cosmiques, avec plus de recul sur l’ensemble.
Musicalement, David s’est nourri de 57 ans d’écoute, du disco, en passant par le punk, le grunge.
Etienne, tu travailles avec le groupe depuis quasiment le début, mais comment s’est fait la rencontre ?
David est le leader du groupe, c’est lui qui amène les chansons avec une base de guitare sèche. Il s’entoure de musiciens car il se définit comme un chanteur plus que comme un musicien. Il a su s’entourer de 3 musiciens exceptionnels, qui apportent aussi leurs idées sur les arrangements. C’est eux qui sont venus me voir, j’avais déjà travaillé avec Jérémy (guitare) et Benjamin (batterie). Nous nous sommes connus, car nous répétions à Saint Ouen dans les mêmes locaux, qui est un pôle multi artistique. J’y étais résident pendant une vingtaine d’années. J’y ai croisé beaucoup de musiciens dont David et ses compères. L’occasion de travailler ensemble s’est produite comme cela.
Vous l’avez enregistré en combien de temps cet album ?
Nous avons commencé en février 2021, à Pantin dans un des locaux d’Etienne, en sous-sol. Nous y avons fait aussi les photos pour la cover. Etienne voulait un certain type de son, donc nous avons enregistré en prise live, avec les instruments enregistré sur le vif. La partie live a été assez rapide. Au bout de quelques jours, nous sommes allés dans son deuxième studio, où nous avons fait les re-recording, les voix et les chœurs, et de rajouter des instruments comme du violon ou du saxophone. Ivan le bassiste, a aussi fait quelques claviers. De mars à mai, Etienne a fait le mix puis le mastering. Ce qui a pris le plus de temps, ce sont surtout les arrangements. Etienne arrive à mettre très facilement à l’aise, lors des sessions d’enregistrement et c’est un vrai bonheur de travailler ensemble. Les 3 musiciens avec qui David travaille, Ivan, Jérémy et Benjamin, ont une super culture musicale mais très éclectique. Le bassiste vient du Jazz, le guitariste du Blues, et le batteur de tout. David, vient du Indie rock américain (les Pixies, Sonic Youth…). Du coup Etienne apporte un vrai regard extérieur sur le projet final.
Comment es-tu intervenu sur le disque Etienne ?
Je fais un travail à l’ancienne pour le son de Not Your Animal, un peu comme un groupe des 70’s. D’abord, nous sommes tous dans la même pièce, et ils jouent tous ensemble. Moi, j’essaye de capter un moment, un peu comme une photo. Je vais essayer de capter les moments qui sont cool. J’ai des moyens modernes d’enregistrement, qui peuvent me permettre de ‘tricher’, mais le but c’est vraiment de saisir le bon moment. Ce moment de grâce, où lorsqu’un groupe joue en live soit fun et vraiment agréable.
La cover de l’album au niveau couleur est beaucoup plus sombre que celle de votre 1er EP, pourquoi ce choix ?
Au rendu effectivement on est dans l’opposition, mais au départ l’intention est la même. La pochette de l’EP est assez dystopique et post-apocalyptique. Elle a été faite par le frère du batteur qui est graphiste. Dans le fond, tu peux y voir des éoliennes, dans un milieu désertique, à la Mad Max. L’homme au premier plan, c’est notre guitariste, transformé en image pochoir. Pour la cover de l’album, c’était donc dans le sous-sol du studio d’Etienne, que la photo a été prise. Le graphiste a choisi de mettre des yeux d’aliens sur nos visages, comme si nous étions devenus des mutants qui vivent sous terre. Le but était de garder cette idée, de fin du monde.
Quel est votre bilan actuel sur l’industrie de la scène ?
La plupart des artistes ont écrit fiévreusement pendant le confinement, et sont partis enregistré au dé confinement. 2022, reste une année positive, nous avons enfin pu vraiment refaire des concerts, autant pour les musiciens que pour le public. En un mot, ça a été la libération. Nous avons de plus en plus, un sentiment de normalité retrouvée et ça fait du bien.