Mi-Reï : Au départ, nous étions 4. Avec Lewis, on se connait depuis le collège, nous sommes devenus amis en 6ème et on nourrit une amitié solide depuis. Lorsque notre précédent groupe se sépare, je lui propose d’entamer une nouvelle aventure musicale ensemble, moi toujours à la guitare, mais aussi avec Clyde, un mec super qui faisait du sport avec Lewis et moi comme 2ème guitariste (rôle qu’il a tenu jusqu’à décembre 2021), et Maskim à la batterie. Lewis sera à la basse, mais aussi, pour la première fois, au chant.
Maskim : Je résidais à Château double et par le biais d’un ami commun, j’ai rencontré Mi-Reï. En décembre 2016, Mi-Reï me dit qu’il cherche un batteur, et lors d’une répète / rencontre, j’ai fait la connaissance de Lewis et Clyde, notre ancien deuxième guitariste. Les premières fois furent spéciales pour moi, Lewis n’avait pas encore trouvé sa voix et l’alchimie n’avait pas encore pris. Puis très vite, nos caractères très différents se sont entendus, et l’entente musicale a suivi.
Lewis : Mi-rei résume bien la chronologie. Je n'étais pas chanteur, et les premières répètes avec ce nouveau groupe ont été difficiles. Finalement, après un peu de temps, j'ai pu me libérer du stress, et enfin sortir un son correct avec ma voix.
Qu’est-ce qui vous amené chacun à la musique ?
Maskim : La musique classique.
Lewis : Au lycée, avec un groupe de potes, nous voulions faire un groupe de ska punk, influencé par Mad Caddies, NOFX, Bad Religion, Pennywise. C'était un délire, j'ai choisi la basse car mon grand frère en avait une. Très vite, avec mon pote Guillaume (qui d'ailleurs a enregistré une guitare sur la chanson “l’Empire du Data”) nous nous sommes mis à composer et avons fondé le groupe Crazy Nuque. Ensuite, Mi-Rei nous a rejoints et après quelque temps, lui et moi avons fondé un autre groupe, Minuit 37.
Mi-Reï : Lewis ! (rires)
Racontez-moi votre parcours musical à chacun ?
Maskim : J’ai 17 ans, culture musique classique, et transformation en métalleux aux cheveux longs et tout ce qui va avec :) découverte de la percussion Djembé et autres depuis quelque temps mais surtout la présence d’un pion au lycée qui me donne l’opportunité et les clés pour commencer la batterie au sein du groupe du lycée, et ça ne m’a plus lâché. De belles rencontres musicales par la suite comme ‘Canapacoustik’ qui me feront fouler la scène quelques fois, et rentrer dans ce monde.
Lewis : Je commence la basse en 2000, au lycée. Autodidacte. J'ai principalement fait du punk rock, ska punk. J'ai joué dans quelques groupes sur Nice également. En 2004, on fonde un groupe de rock, Minuit 37, avec Mi-Reï et ma chérie de l'époque. En 2016, le groupe se sépare et on monte un autre projet, Monsieur Chétif, avec Mi-Reï. C'est à cette occasion que je me mets à chanter (j'écrivais déjà des textes pour Minuit 37, mais ne chantais pas). Je fais aussi un peu de piano, de guitare et de la batterie.
Mi-Reï : Je suis à la Fac, j’ai 19 ans, et je commence la guitare le 03/03/2003 quand Lewis me propose une offre que je ne peux pas refuser : si j’apprends à jouer de la gratte, je pourrai intégrer son groupe de ska punk. J’achète donc une copie de Stratocaster d’occasion et une méthode de guitare, et c’est parti ! Autodidacte, je passe des heures à travailler sur des tablatures ou à l’oreille et, aujourd’hui encore, je suis incapable de déchiffrer une partition… Un an plus tard, je suis fin prêt et j’intègre la formation. Ma carrière est lancée ! Depuis, j’ai joué dans plusieurs groupes de reprises comme de compos, qui ont tous un point commun : Lewis en faisait partie. On se connait depuis 30 ans, et on joue de la musique ensemble depuis 20 ans… C’est d’ailleurs le titre d’une de nos chansons ! Je joue également (mal) du ukulélé.
Quels sont vos sources d’inspirations pour les textes ?
Lewis : Principalement ce que je vis, ou la manière dont je perçois le monde. Je peux évoquer un sujet très personnel, comme un sentiment amoureux, une rupture, la perte d'un être cher, la nostalgie. Je puise aussi au fond de moi pour voir quelles sont mes peurs, doutes, joies, moteurs, je les scrute, cherche à les comprendre et les décris en cherchant à donner une forme poétique à mon écriture. Mon envie de changer mon quotidien est aussi traitée dans des chansons comme ‘Je Sabote’ ou ‘20 Ans’. Il m'arrive aussi de vouloir traiter des sujets qui m'émeuvent comme les violences faites aux femmes, minorités, etc. Je défends les valeurs humanistes sur d'autres chansons comme dans ‘La Voie de la Paix’ ou ‘Fils d'Alep’.
Comment et en combien de temps a été créé ‘’Mille images de toi’’ ?
Lewis : Les chansons contenues dans “Mille Images de Toi” ont été composées entre 2017 et 2022. Nous n'en avons retenu que 10, mais il faut savoir que nous en avons composé plus d'une vingtaine. On les enregistrera peut-être un jour, en l'état. De plus, en 2022, nous avons aussi enregistré un EP de 3 titres appelé ‘Juste le Silence’. L'album a été enregistré chez Mickael Mouton et Quentin Humbert, en décembre 2022 en 3 jours. Quentin a enregistré des pistes de guitare acoustique sur ‘Meilleur’ et ‘La Complainte d'un Homme Debout’. Mickael a fait une piste de piano sur “Mon Frère” et Guillaume Poulain une guitare sur ‘l'Empire du Data’ et ‘Je Sabote’. On avait vraiment envie de faire participer les potes, de s'amuser tout en travaillant.
Est-ce un travail de composition et d’écriture de groupe ?
Lewis : J'écris les textes de nos chansons. Très souvent, ils accompagnent une base de chanson, un squelette sur lequel j'ai posé la partition de la basse. Ensuite, je soumets à Mi-Reï qui va lui ajouter les accords et la ligne mélodique, ce qui peut modifier mon chant, ma mélodie. A ce stade, il y a beaucoup d'allers-retours entre lui et moi. Ensuite, on travaille à 3 sur la partie rythmique, les ponts, les breaks, les enchaînements. Pour finir, avec Maskim, on se concerte sur les harmonies à la voix.
Mi-Reï : La plupart du temps, Lewis vient avec une base ou une idée, et j’essaie de mettre en valeur cette ossature en transmettant une émotion avec ma guitare. Certaines de nos chansons ont évolué au fil du temps, que ce soit dans leur rythme, leur structure ou leur durée, comme notre chanson ‘Meilleur’, qui n’a plus grand chose à voir avec sa version initiale : tout a été modifié… jusqu’au titre de la chanson !
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps depuis 2017 pour enregistrer un premier album ?
Lewis : Alors je rappelle qu'on a enregistré un EP en décembre 2021, qui est paru en janvier 2022. Ensuite, il faut savoir que tout est auto-produit et que nous avons tous un métier en dehors de la musique. Donc produire un album coûte pas mal d'argent et de temps. De plus, nous souhaitions vraiment être sûrs des morceaux à mettre dans l'album. Nous les avons donc joués pendant des années en live, pour voir ceux pour lesquels la réaction du public était la plus forte. On a aussi bossé sur le clip de Meilleur, réalisé par Florian Puech. Ça nous a pris plus de trois mois pour tout boucler.
Quels sont vos projets de date pour 2023 ?
Lewis : La saison a déjà bien débuté avec 5 concerts en mai. Nous avons une date à finaliser en juin, puis en juillet nous jouons le 1 à la Fête du Dragon à Draguignan, le 20 au Plan-de-la-Tour, le 22 au Monster’s Art à Fréjus, et le 29 au Festival des Nuits Blanches du Thoronet. En août, nous nous produirons le 12 à Ampus et le 17 à Draguignan. Nous sommes également en train de voir pour la première fois comment boucler la saison d'hiver.
Quels sont vos besoins aujourd’hui (label, tourneur, attaché de presse…) ?
Lewis : Maintenant que l'album est sorti, que le set est en place, on souhaite le jouer régulièrement sur scène et le faire découvrir à un public le plus large possible. Il nous faudrait principalement un tourneur pour nous permettre d'avoir accès à un maximum d'événements, festivals, salles, premières parties, etc. Nous sommes aussi en recherche d'un community manager pour nos réseaux sociaux et d'une personne pour nous filmer lors des shows.
La comparaison avec Kyo est inévitable sur ce dernier album, êtes-vous d’accord avec ça ?
Mi-Reï : Je n’écoute pas Kyo, loin de mes influences musicales et, au départ, je n’étais pas super enchanté d’être comparé à un groupe qui souffre d’une réputation de rockeurs pour midinettes (rires). Après, je me suis dit que cette comparaison signifiait qu’on arrivait à transmettre des émotions à travers nos chansons et que c’était donc un beau compliment.
Lewis : Je ne sais pas trop. Je n'écoute pas Kyo en dehors des chansons connues sorties il y a 20 ans (‘Le Chemin’, ‘Dernière Danse’). Je ne pense pas qu'ils m'inspirent. Je reconnais une certaine similitude dans la façon d'écrire des mots doux sur certaines chansons. Je te dirais que musicalement, je me sens plus proche de groupes comme Luke ou Deportivo. J'aime leurs textes, univers et musique.
Maskim : Perso je n’écoute pas de Kyo….à tort peut être, je ne sais pas La comparaison ne me dérange pas. Personnellement, je nous souhaite la même carrière