1/ Comment vous sentez-vous à quelques jours de la sortie de "The Modern Art of Setting Ablaze"?
Je suis persuadé qu'il s'agit de notre meilleur album. Nous avons hâte qu'il sorte, et c'est aussi un poids en moins sur nos épaules. Nous sommes sacrément fiers de ce que nous avons réalisé, et nous sommes sur le point de le crier au monde entier, et ça, c'est vraiment la meilleure partie! Nous avons travaillé tellement dur sur cet album, et nous sommes presque à la fin d'un été rempli de festivals, d'interviews et de dates de promotion, donc là nous sommes plutôt en mode "mission accomplie, place aux vacances!" maintenant. Vraiment, ça ne pourrait pas être plus parfait!
2/ Vous avez donné beaucoup de concerts ces 2 dernières années. Cela a-t-il eu un impact sur vous, sur votre inspiration, et sur votre processus de création? Si oui, qu'est-ce que cela vous a apporté?
Eh bien, on ne soupçonne pas tout le travail et tous les efforts que l'on investit dans ce petit groupe. Comme nous faisons tout nous-même, c'est devenu un travail à plein temps pour chacun de nous; quant aux concerts, c'est le côté fun de la chose, même si ce n'est que le haut de l'iceberg. C'est un peu notre récompense. Ne vous méprennez pas, jouer un set de Mantar de 50 minutes reste un exercice des plus difficiles pour nous, mais ça nous ramène à la réalité, à la raison pour laquelle nous faisons tout cela.
3/ Lorsque nous avons écouté le nouvel album, nous l'avons trouvé moins sombre que le précédent, plus lourd aussi, et plus groovy. Es-tu d'accord avec notre ressenti?
On ne réfléchit pas tellement à ce que ça va donner lorsque nous écrivons de nouveaux morceaux, donc le fait que l'album sonne moins sombre n'est pas quelque chose de prémédité. C'est ainsi, on ne l'explique pas, tout comme les tonalités hardcore sur certaines chansons. Comme nous ne sommes que tous les deux, l'essentiel pour nous ce sont les riffs et le groove, et, dans le meilleur des cas, qu'ils s'accordent parfaitement ensemble.
4/ Où avez-vous enregistré l'album, et avec quel producteur? Pourquoi ces choix?
Nous avons enregistré l'album à Gainesville, en Floride, au Black Bear studios, avec Jonathan Nunez. Nous avions enregistré les deux premiers albums à Bremen et à Hambourg avec notre ami Timo Höcke, donc nous avons voulu sortir de notre zone de confort et essayer de nouvelles choses cette fois-ci. Nous avons voulu quelque chose de nouveau pour ce troisième album: on ne peut pas se contenter faire et refaire sans cesse la même chose. Un nouveau son et un nouveau point de vue peuvent soulever des différences intéressantes. Au final, ça s'est révélé être un bon choix, et travailler au soleil, mais sans jouer du reggae, nous a fait du bien.
5/ Parlons de certaines chansons de cet album
a/ Taurus est assez différente du reste de l'album, et a un tempo bien particulier. Vous pouvez nous en dire plus?
Pour être honnête, il s'agit de ma préférée. Il y a ce passage hyper lourd, apocalyptique à la fin, qui est très sympa à jouer. Ça a été l'une des premières chansons que nous avons écrites pour cet album. J'ai trouvé un beat, mais ça ne plaisait pas à Hanno. Donc il m'a forcé à ne pas trop penser comme un batteur mais plutôt en termes d'images, celle notamment où je rouerais quelqu'un de coups, et de le traduire ensuite à la batterie. Ça a l'air farfelu comme ça, mais c'est ainsi que nous sommes parvenus à écrire cette chanson.
b/On aime beaucoup le slow tempo de "The Formation of NIght". Tu peux nous en dire plus sur cette chanson?
Comme Taurus, c'est l'une des premières chansons que nous avons écrites. On a commencé à travailler dessus à l'été 2017, lorsque nous répétions entre deux festivals. Nous avons ensuite tourné jusqu'à la fin de l'année, et nous l'avons terminée en Janvier 2018. C'est du Mantar typique, qui combine des riffs lourds et un chant sombre. On aime vraiment bien ces morceaux midtempo. On pourrait presque dire que c'est une chanson rock, mais le chant de Hannos la transforme en un morceau bien à nous.
6/ Quels sujets abordez-vous sur ce nouvel album?
Eh bien... qu'il faut regarder autour de soi. La situation politique mondiale est grottesque et terrifiante à la fois. Nous ne considérons pas Mantar comme un groupe politique, mais nous restons malgré tout chacun des citoyens. Certaines problématiques se sont frayées jusqu'aux paroles, ou ont influencé l'écriture de l'album, comme "Age of the Absurd", qui n'y va pas par quatre chemins.
7/ L'artwork est fascinant. Plus intense, plus dense. Peux-tu nous dire un mot sur ce dernier et sur l'artiste que vous avez choisi?
On en a déjà parlé sur les réseaux sociaux, et il y a d'aileurs un peu plus d'informations sur le livret du CD. La pochette est une oeuvre d'art intitulée "Lichtbringer" réalisée par Bernhard Hoetger, chez nous à Bremen, durant la période hitlérienne. Il vénérait Hitler et voulait s'attirer ses faveurs... Mais il n'y réussit pas, quell dommage! Ce que nous voulons faire passer à travers cela c'est que le système "être humain" et l'instinct des gens est toujours aussi faible qu'il y a 2000, 500 ou 80 ans et que cela restera ainsi. Il n'y a donc aucune oeuvre d'art qui exprime mieux cela que celle sur notre pochette. Les gens sont faibles et suivent de faux leaders. Cela ne changera jamais, malheureusement.
8/ Nous avons assisté à votre concert à PartySan l'année dernière; il était terrible! Comment faites-vous pour avoir autant d'énergie sur scène?
Merci! Je me souviens que c'était un concert plutôt pas mal, oui. Il y avait ces flammes géantes sur scène, lorsque nous jouions, et crois-moi, ces trucs tiennent sacrément chaud!
Pour en revenir à ta question: nous avons l'habitude de jouer en donnant le maximum de nos personnes, et à vrai dire, on ne sait pas faire autrement. D'ailleurs, on n'a jamais appris à jouer de nos instruments correctement. On met simplement les amplis à 11 et c'est parti! La scène, c'est notre petite agression-thérapie. Et si tu ne sais ni dancer ni chanter correctement, tu te dois d'au moins transpirer autant que possible pour impressionner ton public!
9/ Vous jouerez votre unique concert français le 7 Décembre. À quoi peut-on s'attendre?
On va faire de la muscu d'ici à Décembre, et vous présenter un spectacle où vous pourrez admirer nos muscles saillants et huilés entre chaque chanson. Je pense que les gens apprécieront. C'est une petite expérimentation!


