Interview avec Karl Willetts de MEMORIAM pour la sortie de "To The End" ! Interview avec Karl Willetts de MEMORIAM pour la sortie de "To The End" ! 

Interview avec Karl Willetts de MEMORIAM pour la sortie de "To The End" !
Anibal BERITH
Journaliste

22/03/2021
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Traduction by Émilie Calas / Des milliers de mots
Des milliers de mots

Avant aujourd’hui, je t’ai interviewé tous les ans car avec Memoriam, vous composiez un album par an. Mais tu me manques, Karl, l’année dernière, vous n’avez pas sorti d’album !



Karl : C’était un peu voulu car on avait travaillé à un rythme assez effréné jusque-là : trois albums en trois ans, c’est plutôt rapide. On a donc pris la décision, après le troisième album, de faire une petite pause pour faire le point sur ce qu’on avait accompli et prendre du recul sur notre travail. Le dernier album, Requiem of Mankind, avait été un succès et on était très content d’être à ce stade. On peut dire qu’avec le dernier album, on a trouvé notre identité en tant que groupe. On était en quête de nous-mêmes, on faisait des essais, des tests, et c’est génial d’être dans une dynamique aussi créatrice mais c’est vraiment à partir du troisième album qu’on a trouvé le son qu’on recherchait, grâce à notre collaboration avec Russell, quand on était au studio Parlour, on a mûri ensemble. On voulait prendre un peu de temps pour réfléchir à ce qu’on avait fait, prendre plaisir à jouer et à faire la promotion de Requiem for Mankind en enchainant le plus de concerts possibles, sur un an. On avait réservé le studio très en avance pour enregistrer cet album parce que les créneaux partent vite, il est très demandé. On savait qu’on ferait notre quatrième album en octobre 2020 et on avait prévu de faire de super concerts en 2020. Malheureusement, rien de tout cela ne s’est fait, à cause d’un machin, je ne sais pas si tu en as entendu parler, qui faisait son petit tour du monde, appelé Coronavirus. Tu as peut-être vu ça, aux infos ? C’est une petite bestiole, avec un impact minime (rires). Tout se passait très bien, début 2020, on a fait de super concerts à Londres, des concerts de fou au Danemark en mars, c’était génial. Et puis, ça a stoppé net. La semaine qui a suivi les concerts au Danemark, le monde entier s’est retrouvé immobilisé et la vie telle qu’on la connaissait à cessé. Et on en est là depuis. On ne vit pas tout cette situation de la même façon. On fait tous face à ça, mais chacun à notre propre manière. On n’est pas un groupe qui part en tournée deux ou trois semaines. On fait les choses à notre façon, on saute dans un avion, on fait deux concerts le weekend, on se ménage des weekends pour être en famille, pour faire ce qu’on doit faire, et c’est génial. On est souvent absent les weekends, et ça nous va très bien comme ça. Mais là, ça ne s’est pas passé comme ça, on a eu beaucoup de temps devant nous, ce qui était assez rare car quand on fait partie d’un groupe, on fait un album, on fait des concerts, on répète chaque semaine, etc., et quand on en arrive à l’album, on se dit : « Ok, on arrête tout un mois ou deux avant d’entrer en studio, et on se concentre sur l’album. »Mais cette fois, on s’est arrêté en mars, ce qui nous a laissé six mois pour préparer l’album. Ça a eu un impact immense sur la manière dont les choses se sont faites. C’est génial d’avoir six mois pour se préparer, c’est la première fois que j’avais autant de temps devant moi. La musique avait été composée vers juin/juillet, ce qui m’a laissé trois mois pour écrire les paroles. Normalement, la musique est composée quelques semaines avant qu’on entre en studio et ce travail sur les paroles se fait un peu au dernier moment, parfois même jusqu’à l’enregistrement. Cette fois, j’ai eu tout mon temps pour travailler les paroles, les restructurer jusqu’à aboutir au résultat que je visais, et c’est super bien ressorti. J’ai même eu la possibilité, de faire des démos de voix. On est entré au studio de Scott, Riff Central, et j’ai peu faire des démos de voix. C’était la première fois de toute ma carrière que j’ai eu la possibilité de faire ça. C’était super, j’ai pu travailler à l’avance la structure, le timing et le débit donc quand on est entré en studio en octobre, je savais exactement quelle direction prendre. Le processus a été incroyablement harmonieux. Donc au final, ça n’a pas été une mauvaise chose, ça nous a donné le temps de composer cet album, et a ça a eu un impact immense sur le résultat final, et j’en suis assez content. Et qui sait si on aura cette possibilité pour le prochain album ! Ça serait sympa (rires).

Cet album est le quatrième album de Memoriam. Les trois premiers formaient une trilogie, peut-on dire que cette nouvelle production annonce une nouvelle trilogie, ou autre chose ?



Karl : Oui, absolument. Notre dernier album coïncidait avec la fin de notre contrat avec Nuclear Blast. C’était presque comme la fin de cette histoire. Ça raconte l’histoire de ce guerrier déchu. Dans le premier album, il vient de mourir, dans le deuxième album, il est à terre et tous ses disciples le regardent, et dans le troisième album, le cercueil est consacré et enterré. Tout au long de cette trilogie, le thème était le cercueil. Ce héros, ce chef, peu importe comment on l’appelle, à ce stade, meurt à peu près de la façon dont il est né. L’expérience de la perte du martyr a été bien documentée. L’une des raisons pour laquelle j’ai créé ce groupe était pour faire une sorte de catharsis, faire l’expérience des sentiments de peine, de chagrin, de mort et de deuil. Donc oui, Requiem For Mankind est la fin de tout ça, il fait maintenant partie de ce qu’on appelle la trilogie de la mort. Cela nous a posés devant la question : « Où doit-on reprendre cette histoire, cette histoire visuelle forte ? » On voulait garder l’aspect visuel et continuer à travailler avec Dan Seagrave, dont l’art est à mon avis sans pareil. Et je me suis dit : « Maintenant, avec ce changement d’étiquette et ce qui se passe dans le monde, tout est très sombre, mais il y a un sentiment d’espoir à la fin, qui résonne dans le monde entier. D’autant plus maintenant, à cette époque de l’année, c’est le printemps, la lumière revient, il y a une lueur au bout du tunnel dans cette histoire de Covid, ça ne durera pas éternellement. Le nouvel album est le point de départ d’une nouvelle trilogie qu’on a imaginée. Ça m’est venu dans un moment d’inspiration. Je le vois comme étant le cercle de la vie, j’ai toujours utilisé cette image de la vie à travers le death metal. Ces trois albums vont explorer la vie de ce personnage central (montre le personnage dans l’artwork en arrière-plan), qui est bel et bien en vie. Dans tous les autres albums, il est dans un cercueil, mais sur la pochette de l’album, on le voit avec ce globe rayonnant. C’est presque un symbole de vie, il y a de la lumière en arrière-plan, qui transforme cette pochette en un portrait d’espoir. Cette pochette montre le moment précis où il se bat pour la dernière fois, c’est-à-dire le point de départ de The Fallen, le tout premier album. C’est ce que j’appelle la fin de sa vie, le pré quelle de The Fallen. Dans les prochains albums, je vais explorer l’importance du temps dans la vie de ce personnage, de manière inversée, à différents moments spécifiques de sa vie. Je vais devoir jouer les Georges Lucas, avec ce pré quels (rires). C’est l’idée générale qui va être le moteur des prochains albums, on va poursuivre cette histoire, toujours avec l’aide de Dan Seagrave. On a beaucoup de chance de pouvoir faire à nouveau appel à ses services. C’est génial pour nous de travailler avec Dan parce que ça permet de maintenir une continuité de l’histoire. Je n’ai abouti à ce concept qu’en août/septembre et Dan est très demandé, donc je l’ai contacté assez tardivement en lui disant : « Écoute, j’ai un concept en tête, ça s’étale sur trois albums, ça va ressembler à ça et ça, est-ce que tu peux nous livrer le travail dans six semaines ? » (Rires). Et je me disais : « Mon dieu, il ne va pas pouvoir. »Mais il a réussi à se réorganiser et il nous a glissés entre deux engagements, ce qui était vraiment sympa de sa part. Je suis très content de travailler à nouveau avec Dan parce qu’une fois que la qualité de l’artwork a été placée si haut, c’est dur de redescendre. Pour moi, l’artwork est extrêmement important pour un album, c’est tout aussi important que la musique à de nombreux égards, ça a toujours été le cas. Si on avait travaillé avec un autre artiste dont la qualité des œuvres avait été moindre par rapport à nos premiers albums, on se serait automatiquement exposé aux critiques : « L’album est super, comme d’habitude, mais l’artwork est moins bon que celui de l’album précédent. ». On va continuer à travailler avec Dan, qui fait partie de l’histoire du groupe et ça fait du bien de savoir qu’il fait partie de l’équipage.

À propos du titre« To the end », en écoutant l’album, j’ai eu le sentiment qu’il signifiait que Memoriam vivrait aussi longtemps que tu vivrais, toi.



Karl : Oui, on jouera jusqu’à ce qu’on ne puisse plus, tout simplement.

Je t’ai trouvé très motivé, sur ce nouvel album, début de cette nouvelle trilogie, et je trouve ça très intéressant. Quelles évolutions sont à remarquer, depuis les débuts de Memoriam ?



Karl : Comme je le disais, et je pense que c’est vrai pour tous les groupes, quand on commence à travailler ensemble, il faut un certain temps pour prendre forme et trouver son identité. On a toujours eu un certain patrimoine qui s’exprime dans ce qu’on fait. Les gens ont des attentes sur ce que notre musique devrait ou ne devrait pas être. On essaie d’éviter ce genre de débat parce que c’est un argument qu’on ne remporte jamais. Pour certaines personnes, on ressemble trop ou pas assez à tel ou tel certain groupe, c’est un débat sans fin. Ce qu’on adonc essayé de faire tout au long de notre carrière, c’est d’agir à notre manière, selon nos conditions. Parfois ça a marché et parfois non, mais l’important, c’est la démarche créative. On peut tester différentes idées, et c’est ce qu’on fait continuellement avec Memoriam. Avec le troisième album, on a trouvé notre feuille de route, tous les paramètres se sont mis en place, on a trouvé la pièce manquante du puzzle. L’influence de Russ Russell sur notre travail est très importante. Avec ce nouvel album, on aurait pu très facilement faire un Requiem pour Mankind II, parce que le premier était vraiment bien, mais on voulait poursuivre ce challenge en essayant de nouvelles idées et en étant créatif. Ce qui définit le nouvel album et en fait une œuvre autonome, et c’est un grand pas en avant, c’est le fait qu’on a essayé différentes choses et que ça a marché. Le mot clé de ce nouvel album est le mot « diversité ». Il y a indéniablement différentes tonalités et différentes textures. Il y a des chansons, des styles et des tempos qu’on n’avait jamais faits auparavant. Je pourrais énumérer beaucoup d’exemples, entre les différentes chansons et les différents tempos. Dans cet album, si on n’aime pas particulièrement un morceau, il pourrait y en avoir un autre qu’on apprécie. C’est vraiment l’album le plus fort qu’on ait fait et on va tous se donner à fond à partir de maintenant.

En écoutant cet album, j’ai l’impression que la première partie est une sorte de passage entre les trois premiers albums et ce quatrième, alors que la deuxième partie est très différente, avec de nouveaux sons, de nouvelles compositions, de nouveaux arrangements et mix, et c’est parfois un peu déconcertant parce que c’est très nouveau. Penses-tu que ce genre de Death Metal est le nouveau son de Memoriam à partir de maintenant ?



Karl : Oui, je pense qu’on va continuer sur cette voie. Bon, ça ne sera pas exactement la même chose, mais on va continuer à tester de nouvelles idées, de nouveaux styles. On tient les rênes, on suit nos propres règles. Et puis il y a autre chose, on a un nouveau batteur, ça apporte une autre densité à notre musique. Mais oui, la première partie est comme un lien avec les albums précédents. On veut maintenir cette sorte de fil conducteur dans tout ce qu’on fait. Et oui, vers la fin, le son est différent, en particulier sur la chanson épique de doom metal« Each Step (One Closer To The Grave) ».Je n’avais jamais écrit une chanson comme ça auparavant, et j’ai trouvé ça incroyable, j’adore ce genre de truc, je n’avais jamais eu l’opportunité de composer quelque chose comme ça. Il y a presque un côté metal industriel à la Killing Joke. « Mass Psychosis »aussi, c’est ma petite préférée. Je trouve que la meilleure chanson à laquelle j’ai contribué est la dernière chanson « As My Heart GrowsCold », je suis particulièrement fier de celle-là. Donc oui, je pense qu’on va continuer à tester de nouvelles tonalités, de nouvelles textures. Je le sais parce que j’étais au studio de Scott hier soir et il a déjà commencé à composer la musique du prochain album. On a quatre ou cinq chansons sur le feu alors je peux te dire avec certitude qu’il y a des sonorités nouvelles sur cet album aussi, c’est super.

Quel est ton secret pour trouver toujours l’inspiration ? Est-ce que tu écoutes beaucoup de musique, des sous-genres du metal ou d’autres types de musique ? Comment ça se passe dans ta tête ?



Karl : Bonne question. La réalité c’est que je n’ai pas beaucoup d’occasion d’écouter de la musique ces derniers temps, en dehors de la mienne (rire). Ça me maintient dans ma petite bulle. Donc, je ne suis pas spécialement influencé par ce que j’ai écouté et appris si ce n’est le passé. C’est de là qu’on tire nos références, des chansons extrêmes avec un côté Killing Joke, une chanson qui fait très doom metal. Je suis bloqué à la fin des années 80, c’est mon époque. Mais sur les plans social et politique aussi, on y fait beaucoup référence, ce qui, encore une fois, est lien avec ce qui se passe dans le monde à l’heure actuelle. Je trouve le processus d’écriture de paroles intéressant parce qu’il se passe de nombreuses choses dans le monde qui nous entoure dont je peux m’inspirer. Mais les chansons que j’ai le plus aimé écrire sont des chansons sur la vie de tous les jours, tirées de mon expérience personnelle, des chansons sur le vieillissement, sur les joies et les peines de la vie en général. Comme la majorité de notre public est dans le même bateau que nous, qu’il a grandi avec nous et évolue avec nous, je pense qu’il peut s’identifier à ce que je chante. Il y a une connexion entre ce que je chante et le public qui écoute mes paroles. Donc, je n’écoute de musique qu’occasionnellement en ce moment. Il y en a que j’aime vraiment, mais je n’en tire aucune référence directe. J’écoute un large éventail de musique, je ne me catonne pas au métal, j’ai des goûts éclectiques en musique et je puise mes influences dans mon spectre de goûts musicaux. J’ai deux enfants donc j’ai très peu de temps pour écouter de la musique, pour être parfaitement honnête (rires).

Comment expliques-tu que le death metal old school reste plus fort que les nouveaux sous-genres, comme le death technique ou le modern ?



Karl : C’est une bonne réflexion parce qu’on sait que c’est un genre très fort. Les sous-genres vont et viennent mais le death metal old school est une chose qui reste constante. C’est peut-être en lien avec le contexte dont les sous-genres s’inspirent, qui les influence et dans lesquels ils se développent. Il est très important que ces sous-genres existent, que chaque génération façonne sa propre identité. C’est ce qui nous maintient en vie, chaque génération crée quelque chose qui lui appartient. Ça se pose presque en opposition avec ce qui existait avant, c’est le cours naturel des choses. Un bon exemple est que le death metal old school a émergé dans les années 90, puis le Black metal est arrivé, qui en est l’antithèse complète. Je n’aimais pas vraiment le Blacket je ne l’aime toujours pas. Mais ce n’est pas la question, je ne suis pas censé aimer ça, ce n’est pas pour moi, c’est pour les nouvelles générations, c’est leur musique, ça leur appartient, ça ne m’appartient pas. Je dois être trop vieux pour apprécier ce genre de contexte. Mais il est essentiel que la musique progresse et évolue. Mais le death metal old school est là, il est dans notre sang et il ne mourra qu’avec nous parce qu’on ne pourrait rien faire d’autre. On n’a pas vraiment d’autres compétences. C’est pour ça qu’on continue, parce qu’on refuse d’abandonner. C’est aussi simple que ça : que ferait-on d’autre ?

Avez-vous assez de matériels pour un prochain album ?



Karl : Oui ! Et peut-être un EP entre les deux.

On peut donc s’attendre à ce que la trilogie paraisse en trois ans ?



Karl : J’espère, parce que le temps passe, et on ne rajeunit pas. On pourrait être les Rolling Stone du death metal. Mais je ne me vois plus faire ça à 70 ans. L’horloge tourne et on veut essayer d’en faire autant que possible dans le temps qui nous est imparti, tant qu’on arrive à tenir le coup. Tout repose sur le plaisir qu’on prend. Quand on arrive au point où, physiquement et mentalement, on n’y arrive plus, il faut arrêter. Mais tant que ce stade n’est pas encore arrivé, on continuera à maintenir ce niveau de production féroce, à profiter de chaque moment et à apprécier la vie telle qu’elle est.

Tu as toujours dit que Memoriam était un groupe de live. Mais comme les concerts sont impossibles en ce moment, est-ce que vous envisagez les live streaming pour promouvoir l’album ?



Karl : C’est un concept intéressant, on nous a proposé quelques live streaming, mais on était très pris par la promotion de l’album jusqu’à présent. Je me dis que d’ici six mois environ, les choses seront différentes. On a vu des live streaming très réussis se produire, c’était super. Pour avancer, c’est certainement quelque chose qu’on devrait envisager. C’est non seulement la seule façon dont les gens pourraient nous voir en live dans les six à huit mois, mais ça ouvre aussi cette possibilité aux membres de notre communauté qui sont exclus, je parle des personnes handicapées, physiquement ou mentalement, ou qui souffrent d’isolement social. Ca serait une plate-forme pour de nombreuses personnes. Si on jouait en France par exemple, à Paris ou dans les grandes villes ça va, mais la France est un grand pays, avec d’importantes zones rurales. Mon frère vit dans un petit village à côté de Limoges, je vois à quel point c’est isolé. Donc on pourrait jouer pour un public beaucoup plus large et qui géographiquement parlant, ne pourrait pas venir à un de nos concerts. Mais il y a aussi des pays dans le monde où on ne jouera jamais. Financièrement et logistiquement, c’est impossible. Donc ça ouvre une porte à des gens qui, autrement, ne nous verraient pas en concert. Un vrai concert, ce n’est pas la même chose, c’est viscéral : l’expérience, le toucher, le goût, la bière qu’on se prend dessus, tout ça, ça n’y est pas dans un live streaming. Mais je pense qu’en tant qu’êtres humains, et en tant que musiciens, on doit évoluer. Le monde a changé et on doit changer aussi. Donc on va réfléchir à tout ça dans les six à huit prochains mois. Réponse très longue à une question très courte (rires).

C’était ma dernière question. C’était un vrai plaisir d’échanger avec toi, comme chaque année.



Karl : Il y a une question que je pose toujours à la fin d’une interview : quel est ton morceau préféré du nouvel album ?

Mon morceau préféré est le titre éponyme.



Karl: Ah, « To The End », oui. C’est cool. Certaines paroles sont extraites du célèbre poème de Lawrence Binyon, “For The Fallen”. Deux vers de ce poème apparaissent dans cette chanson. Et l’un d’entre eux dit : « The stars that are starry » (Les étoiles qui scintillent), c’est très difficile à caser dans une chanson de death metal, c’est très non-death metal.

Les deux ou trois dernières chansons de l’album sont très étranges à mes oreilles. Elles sont intéressantes, mais étranges. C’est important d’écouter l’album plusieurs fois pour bien en saisir l’atmosphère. L’ambiance est très spéciale, dans cet album. Elle ne ressemble pas aux trois premiers. Vous avez réussi à refaire vivre ce style tout en restant old school, grâce à ce son moderne.



Karl : C’était dur à faire, ça. Et oui, l’atmosphère est très différente, mais on a gardé le groove ! C’était un plaisir de discuter avec toi, on se voit pour prendre une bière, un de ces quatre !