HELLHAMMER, joué par Tom Warrior et Triumph of Death
United Rock Nations

21/07/2019
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A l'occasion du Hellfest Open Air 2019 ainsi que pour quelques autres dates choisies, Tom Warrior, sous la bannière de Triumph of Death, redonne vie au répertoire du mythique Hellhammer (1981-1984).
Dissolu en 1984 après 3 demos (Death Fiend, Triumph of Death, et Satanic Rites) et une vie intense et fulgurante, le groupe Suisse arimé autour de Tom Warrior (Celtic Frost, Triptykon) et Martin Eric Ain (Celtic Frost) lègue un héritage massif, ayant ouvert la voie à la scène metal extrême.
Voici les quelques mots échangés avec Tom Warrior et Mia Wallace à l'occasion de cette date si singulière.

Quelles sont les raisons derrière cette résurrection de Hellhammer ?


Tom Gabriel Warrior : Bien évidemment, aujourd'hui c'est avecTriumph of Death, mais nous jouons bien la musique de Hellhammer. La raison derrière cela c'est que ces morceaux signifient beaucoup de choses pour beaucoup de monde, pour autant de raisons, Mia et moi-même inclus. Aussi, la plupart de ces morceaux n'ont jamais été joués sur scène auparavant. Donc après 35 ans, je me suis dit qu'il était temps de m'y essayer avant de mourir. Voilà pourquoi nous faisons cela.

Dans quel état d'esprit abordez-vous cette tournée particulière ?


Tom Gabriel Warrior : Dans de très bonnes dispositions, je suis même impatient. Ce fut d'ailleurs fantastique hier (ndlr : concerts warm up à Francfort et Essen, en Allemagne). Et toi, Mia ?
Mia Wallace : Hier, c' était de pures vibrations, des vibrations positives. Nous étions tellement excités à l'idée de jouer. D'autant plus que Hellhammer, c'est mes racines. Tout ce que j'ai accompli depuis 22 ans, c'est grâce à Tom et à sa musique. Musicalement parlant, c'est un pionnier, céest le père de tous ceux qui écoutent ou jouent du metal extrême. Donc être sur scène avec lui à jouer ces chansons, c'est pour moi un honneur. Et le public ! C'était dingue ! Il y en avait qui s'arrachaient les cheveux, un autre qui cognait du poing sur la scène. C'était fou !
Tom Gabriel Warrior : Nous nous sentons très chanceux. Nous avons eu des publics incroyables sur ces deux dates. Ce n'est pas quelque chose que je considère comme acquise. C'était incroyable de voir ça.

Est-ce que cette tournée avec Hellhammer est une façon de réaffirmer vos racines avant de voguer sur votre nouveau projet Niryth ?


Tom Gabriel Warrior : Non, c'est tout simplement quelque chose de très personnel surtout. Certaines de ces chansons sont étroitement liées à mon cheminement, elles signifient beaucoup pour moi, et elles revêtent un caractère d'autant plus singulier que le chemin parcouru depuis s'est allongé. C'est pour moi quelque chose de personnel, d'émotionnellement chargé. Et bien évidemment, cela résonne en chacun de façon particulière -certains de mes co-musiciens ont écouté Hellhammer, et les personnes du public ont également chacun.e.s une histoire qui leur est propre avec cette musique. Mais redonner vie à ces morceaux ne part pas d'une démarche extérieure, mais bien de quelque chose de l'ordre de l'intime. Nous ne sommes pas Hellhammer. Je suis le premier qui ne serais rien si Hellhammer n'avait pas existé. Ce n'est même pas une histoire d'influences ou autres. Je dois tout à Hellhammer.
Mia Wallace : Moi aussi je dois tout à Hellhammer.

Pourriez-vous nous parler de la musique qui vous a façonnés ?


Mia Wallace : Eh bien dans mon cas, c'est Hellhammer. J'ai joué dans mon groupe précédent durant 21 ans, et si tu regardes les premières photos que nous avons faites -désolée Tom !- c'étaient des copies des photos de Hellhammer. On écoutait tout le temps ce genre de musique ; on a fait une reprise de Massacra, c'était en 2006 il me semble. Et quand je pense que je joue maintenant Massacra avec le créateur de Massacra ... vous n'avez même pas idée de l'honneur que c'est pour moi.
Tom Gabriel Warrior : J'ai grandi avec le rock et le hard rock des années 70, Pink Floyd, Black Sabbath, Blue Oyster Cult, Led Zeppelin, ces groupes-là. Mais à l'époque, la musique rock était bien plus rebelle, ce n'était pas une industrie. C'était encore un terrain propice à l'anarchie. Rien que le look... En Suisse, c'était même plutôt dangereux d'avoir les cheveux longs. J'ai adoré que ces gens se montrent, qu'ils ne se conformaient pas à la société ; c'est ce qui m'a vraiment attiré. Leur façon de s'habiller, leur façon d'être, de jouer... C'était le rejet du politique, de la réalité, de la réalité miniature de la cour de récré, des parents. C'est ça que j'aime. C'est l'esprit que j'ai ressenti et que j'ai essayé de dupliquer avec une musique brute et lourde. Puis les années 80 sont arrivées, et j'ai découvert U.F.O., Motörhead, Discharge, Venom, tous ces sons combinés qui m'ont façonné.

Avez-vous ce même ressenti à propos de la scène metal actuelle ?


Tom Gabriel Warrior : C'est assez difficile de répondre à ça. Trente-huit ans se sont écoulés depuis mes débuts en tant que musicien, et nous sommes aujourd'hui dans une réalité où la musique est une industrie comme une autre ; elle a perdu beaucoup de son anarchie, de sa magie. En ce qui me concerne, vieillir est une chose triste. Je suis plein de nostalgie. Mais bien évidemment, la scène actuelle, j'en suis, et j'aime ce qui se fait, sinon je ne serais pas ici. Mais je trouve qu'il manque une certaine composante qui m'a attirée, le non-conformisme, le fait de clamer haut et fort « je me fiche de votre système ». La plupart des groupes à l'heure actuelle ressemblent à des gens que l'on peut croiser à la poste, à votre agent d'assurances ! Donc je suis assez mitigé sur la question, mais c'est dû à mon âge. Bien évidemment, les nouvelles générations ont grandi avec et acceptent cette musique telle quelle, et c'est bien aussi.
Mia Wallace : Il vous parle de son âge, mais je peux vous assurer que ce soir, le show que vous allez voir le fait mentir. L'énergie déployée hier, on ne la retrouve chez personne d'autre.
Tom Gabriel Warrior : Maintenant que tu le mentionnes, je vais avoir une crise cardiaque ce soir. (rires)
Mia Wallace : Non, tu n'as pas le droit, les gens ont encore besoin de toi (rires)

En parlant du concert de ce soir, à quoi pouvons-nous nous attendre ? A de l'énergie brute ?


Tom Gabriel Warrior : Pour tout vous dire, je sais que beaucoup de groupes aujourd'hui misent sur de gigantesques productions, et bien sûr je comprends bien que les gens qui paient cher pour aller en festival veulent voir un spectacle. Mais d'un autre côté, la musique et l'esprit de Hellhammer, c'est très underground, très DIY, donc nous ne faisons que de petites concessions : nous avons un joli décor mais qui reste très Hellhammer. Nous ne faisons pas d'énorme production théâtrale : nous jouons simplement notre musique, et la faisons vivre. A mon avis, faire quoi que ce soit d'autre serait grotesque, surtout avec ce genre de musique. Des groupes comme Discharge, Hellhammer, on peut difficilement faire dans le spectacle. Ça sonnerait faux.
Mia Wallace : Il y aura beaucoup d'énergie pour sûr.
Tom Gabriel Warrior : et une crise cardiaque ! (rires).

Quels morceaux avez-vous le plus hâte de jouer ?


Tom Gabriel Warrior : Mon préféré a toujours été Blood Insanity, mais que je ne chante plus. Je chantais sur cette chanson dans la démo, mais maintenant c'est notre guitariste André qui en a hérité, parce que c'est une chanson tellement brute, à vif. Elle capture parfaitement l'essence de son époque.
Mia Wallace : A mon avis, c'est assez difficile de répondre à cette question, mais je dirais Massacra, car c'est ma préférée et qu'on en a fait une reprise avec feu mon partenaire dans mon groupe précédent. Mais sinon, attention spoiler, nous allons jouer Aggressor, et lorsque l'on joue Aggressor, on peut voir la folie s'emparer du public, les gens deviennent vraiment dingues, ils montent sur scène et se jetent en slammant dans le public etc. !
Tom Gabriel Warrior : Un de mes autres moments préférés c'est ma crise cardiaque ! (rires)

Sur ces sages paroles, un grand merci à vous deux pour cette interview !


Triumph of Death is:

Mighty Tom Gabriel Warrior - voice/guitar
Badass Mia Wallace - bass
André Mathieu - guitar/vocals
Alessandro Comerio - drums

Infos & tour dates :
https://www.facebook.com/HellhammerTriumphOfDeath/

Massacra live @ Hellfest :
https://www.youtube.com/watch?v=WDTJCTCN-3A
Blood Insanity live @ Hellfest :
https://www.youtube.com/watch?v=vCTBpfK5lIE
Hellhammer :
http://www.hellhammer.org/
On the occasion of Hellfest Open Air 2019 and for a few select other dates as well, Tom Warrior, under the banner of Triumph of Death, resurrects the now mythical repertoire of Hellhammer (1981-1984).
Dissolved in 1984, after 3 demos (Death Fiend, Triumph of Death, and Satanic Rites) and an intense yet short life, the Swiss band revolving around Tom Warrior (Celtic Frost, Triptykon) and Martin Eric Ain (Celtic Frost) has passed on a massive legacy which has opened the way to extreme metal.
Here are the few words exchanged with Tom Warrior and Mia Wallace about this very particular concert.

What's the reason behind resurrecting Hellhammer?


Tom Gabriel Warrior : This time it's called Triumph of Death of course, but we're performing Hellhammer's music. The reason is that some of this sound means a lot to a lot of people including me and Mia, and for various reasons. And most of these songs have never been performed before. And after 35 years, I thought it might be time to try these before I die, so we're doing this.

What mood are you in at the prospect of playing this tour?



Tom Gabriel Warrior : I'm in a very good mood, I'm looking forward to. We've had a fantastic concert last night (note: wam up concerts in Frankfurt and Essen, Germany). I don't know, Mia?

Mia Wallace : Yesterday we've had pure vibrations, positive vibrations. We were so excited because personally, Hellhammer is my roots. Everything I've done for 22 years came from Tom and his music. So musically, he is the pioneer, he's the father of everybody who listens or does some extreme music. So being yesterday onstage, it was for me an honour to play these songs. And the people in the audience, you have no idea! There were people who were taking away their hair from their head, there was another one who was punching the stage. I mean, Wow!

Tom Gabriel Warrior : We feel very fortunate. We've had very good audiences, the day before too. It's not something I take for granted, and it was a wonderful thing to see it.


Is this tour with Hellhammer a way to reassert your roots before embarking on your new project Niryth?



Tom Gabriel Warrior : It's just a very personal thing. Some of these songs are closely connected to my path, they mean a lot to me, it's a very special meaning on my (in the meantime) very long path. To me personally it's a personal, emotional thing to do, and of course it connects to everybody in their own way -some of my co-musicians listened to Hellhammer and then people in the audience have their own personal stories. But for me it wasn't such a global thing, it was much more of an intimate thing to do. We're not Hellhammer. I'm the first one who wouldn't be anyone without Hellhammer. You don't have to talk about 'influences' or the stuff. I owe everything to Hellhammer.

Mia Wallace : And I think also I owe everything to Hellhammer.


And could you tell us about the music that made you, that shaped you.



Mia Wallace : In my case it's Hellhammer, I've been in a previous band for 21 years, and if you see the first photos we took they were really -sorry Tom! - they were a copy of the photos of Hellhammer. We were always listening to this kind of music, we covered Massacra for example in 2006 I think. And thinking that I'm playing now Massacra with the creator of Massacra ' you have no idea what an honour it is for me!

Tom Gabriel Warrior : I grew up with the 1970s hard rock and rock, Pink Floyd, Black Sabbath, Blue Oyster Cult, Led Zeppelin, the usual. But at the time, rock music was much more rebellious, it wasn't an industry. There was a lot of anarchy still in it. The mere looks... In Switzerland it was actually rather dangerous to have long hair. I love that these people showed, that they didn't fit into society, and that really attracted me. The way they dressed, the way they acted, the way they played... It was a rejection of the political, of reality, of the small reality in schools, of the parents. I love this. It was the spirit that I felt, and that I tried to reduplicate with a stark heavy music. As the 1980s came closer, I discovered U.F.O, Mot'rhead, Discharge, Venom, all these bands who made me, a combination of all these things.


Do you still have this feeling about today's metal scene?



Tom Gabriel Warrior : It's very difficult to answer, 38 years have passed since I started as a musician, and of course we're now in a reality in which music is an industry like any other. It has lost a lot of its anarchy, of its magic. To me, being older, it's a sad thing. I have certain nostalgic feelings about it. And of course, part of the modern scene, and I work with the modern scene, I love it, otherwise I wouldn't be here. But I do miss a certain component that originally attracted me to it, which is to be a non-conformist, to show people 'I don't care for your system'. Most bands nowadays, they look like the people you see at the post office or the ones that sell you an insurance! So I quite have mixed feelings, but that's due to my age. Of course young people grew up with it and take the music as it is and that's the way it should be.

Mia Wallace : He is talking about his age but I can assure you tonight you will see a show that contradicts his age. Yesterday, it was an energy that you cannot really find in anybody else.

Tom Gabriel Warrior : Now that you say that, I'm gonna have a heart attack tonight (laughter)

Mia Wallace : No, you're not allowed to, people still need you (laughter)


Talking about tonight's show, what can we expect? Raw energy?



Tom Gabriel Warrior : The thing is, I know a lot of bands nowadays go with these huge productions, and of course I understand that people pay a lot of money to go to festivals and want to see something. But on the other hand Hellhammer, the music and the spirit, we're very underground, very homemade, so we make just small concessions, we have a stage set that looks nice but also it's also Hellhammerish. We don't have a huge theatrical production. We play the music, and the music lives. I think anything else would be a circus, especially in connection with this kind of music. Bands like Discharge, Hellhammer, we cannot do anything circus-like. It would be fake.

Mia Wallace : There will be a lot of energy

Tom Gabriel Warrior : and a heart attack! (laughter)


What are the songs that you are looking forward to playing ?



Tom Gabriel Warrior : My favourite has always been Blood Insanity, which I don't sing. I used to sing it on the demo and now our guitarist Andr' does it, 'cause it's such a raw song , it really captures the essence of the time

Mia Wallace : In my opinion it's very difficult to answer, but I would say Massacra, because it's my favourite, because we've covered it with my unfortunately passed-away partner in my previous band. But in my opinion, I'm spoiling it, but we will play Aggressor, and when we play Aggressor, you can see the madness in the audience, you really see people going crazy, it's going crazy, I mean stage diving or ' !

Tom Gabriel Warrior : Another favourite of mine is my heart attack! (laughter)

On these wise words, thank you so much both of you for granting us this interview!




Triumph of Death is:

Mighty Tom Gabriel Warrior - voice/guitar
Badass Mia Wallace - bass
Andr' Mathieu - guitar/vocals
Alessandro Comerio - drums

Infos & tour dates :
https://www.facebook.com/HellhammerTriumphOfDeath/

Massacra live @ Hellfest :
https://www.youtube.com/watch?v=WDTJCTCN-3A
Blood Insanity live @ Hellfest:
https://www.youtube.com/watch?v=vCTBpfK5lIE
Hellhammer:
http://www.hellhammer.org/