Interview du groupe HEARTLAY le 13/11/2019 ! Interview du groupe HEARTLAY le 13/11/2019 ! 

Interview du groupe HEARTLAY le 13/11/2019 !
Ben Tardif
Journaliste

13/11/2019
1236 vues

Interview HEARTLAY - le 13/11/2019 !

Merci de recevoir URN pour cette interview au HARD ROCK CAFE.
D'où vient le nom du groupe, HEARTLAY ?
Aaron: A la base c'est une métaphore liée au fait de mettre les tripes sur la table dans la création artistique, sans compromis.
Je cherchais un nom simple et singulier qui pourrait s’assembler en un seul mot, du genre Deftones, Deadsy, Underoath etc.

URN Comment est né le projet ?
J'ai créé Heartlay en 2014 et enregistré un EP la même année, puis rapidement j’ai réunis d’autres musiciens pour adapter les morceaux sur scène. On a tourné, fait une autre galette, puis le premier album « Close To Collapse » en 2017. Le nouveau line up s’est stabilisé depuis un an avec l’arrivée de Nicolas derrière les futs. On présente aujourd’hui un nouveau show en adéquation avec le nouvel opus « Attack & Agony ».

URN Vous venez d'où ? Paris ?
Xavier: La majorité oui sauf moi qui viens de Toulouse, avec une grosse scène métal, Sidilarsen, Punish Yourself, Psykup fallait venir à Paris pour bosser, Il s'y passe tellement de choses donc bon !

URN Y a pas Hipposonik aussi ?
Si si ! oh la ça faisait longtemps que je n'en avais pas entendu parler !

URN Quelles sont vos inspirations ?
Aaron : Ça va des années 80 aux années 2000. À la base rêvais de former un groupe qui mélangerait des éléments de la new wave, du metal, de l’indus, de la techno… Je dirai que les groupes qui m’inspirent le plus depuis le début sont The Cure, Nine Inch Nails, Deftones, Skinny Puppy pour les classiques.
Xavier: On s’intéresse aussi aux vagues plus récentes de rock électro du style Celldweller, The Anix, qui sont un peu la descendance de Pendulum et The Prodigy. On essaie de s'inscrire dans cette nouvelle vague, qui est assez petite mais plutôt solide avec des artistes de très haut niveaux.

URN Côté écriture du nouvel album qui sort le 27 novembre, Aaron es-tu toujours le seul à écrire les textes et sons ?
Aaron: Oui, comme d’habitude, c’est une sorte de pacte qu’on a depuis le début. J’écris tout et je m’occupe de l’essentiel des instruments en studio bien qu’il arrive aussi que les autres participent l’enregistrement, notamment Antoine qui est venu pour enregistrer les basses sur cet album. Nicolas a aussi custom quelques-unes de ses lignes de batterie en programmation. Ensuite on adapte le tout en collectif pour la scène, généralement avec une énergie plus metal, voir hardcore dans la communication avec le public.

URN Pourquoi avoir choisi « To The Floor » pour le clip ?
On a longtemps hésité sur le morceau à choisir. En testant le nouvel album sur scène on s’est rendu compte que le public était très réceptif sur celui-ci en particulier, comme si on sentait que les gens comprenaient parfaitement le propos et l’aura du morceau sans l’avoir écouté au préalable. Je ne pense pas qu’il soit nécessairement meilleur ou plus efficace que les autres, mais il a quelque chose de différent qui t’envoie dans les étoiles, une sorte d’énergie intelligente, pas que du bourrin. C’est en plus une bonne synthèse du son global de l’album.

URN Vous avez déjà essayé d’avoir un DJ sur scène ?
Pas vraiment, on a essayé une fois d’intégrer un claviériste sans que le résultat nous emballe plus que ça… Et puis si c’est pour avoir un membre en plus juste pour faire semblant de jouer du synthé non merci. L'idée est plus d’avoir une grosse énergie rock sur scène malgré la composante électronique des morceaux, c’est plus une démarche d’agressivité.

URN Votre deuxième album « Attack & Agony » va sortir fin du mois, quelle a été l’évolution niveau musique par rapport à « Close To Collapse » ?
De base je voulais qu’il marque une vraie différence avec « Close To Collapse » en laissant place d’avantage aux textures et à l’électronique, comme avec « The Sharpest One » qui est le premier morceau que j’ai écrit en cherchant à faire quelque chose de plus EBM et rentre-dedans. Le challenge était à la fois de créer un album plus violent que le précédent, et moins metal dans le sens où on l’entend, usant essentiellement des beats et de la prog pour donner le sentiment d’agression. Je me suis inspiré de styles comme l’IDM, la Neurostep ou l’ambiant pour combiner le son original de Heartlay avec des influences relativement inattendues pour un groupe qualifié de « metal indus », ce qui rajoute toujours un peu de challenge.

URN Ou as-tu trouvé l’inspiration des textes pour cet album ?
Essentiellement à travers mon regard sur le monde, ils sont globalement plus ouverts que « Close To Collapse » qui était une sorte de journal intime.
Je me suis mis à décrire à la première personne des individus ou des situations qui me sont étrangères, comme dans « Bloodright » qui traite des tueries dans les écoles américaines ou « Dirge » qui est le monologue d’un homme avant son suicide. Je me suis souvent censuré tout seul… Il y a toujours des thèmes personnels et romantiques comme dans « Hourglass » ou « The Curse We Know » mais il était important pour moi que les textes évoluent en parallèle de la musique. Le titre de l’album « Attack & Agony » fait référence au karma et aux conséquences des actions négatives, essentiellement de la colère, sur soi-même et sur le monde, d’où la métaphore avec l’insecte et de sa disposition quasi-christique sur la pochette.

URN Sur le nouvel album, un de nos morceaux préférés est « Torn In Two », pouvez-vous nous en parler ?
Comme « To The Floor », c’est un des morceaux les plus catchy sur scène, et un des plus violents. Il traite du rapport dominant / dominé dans les relations humaines, que ce soit d’un point du vue social, hiérarchique, physique, sexuel... C’est un thème régulièrement abordé dans l’album.

URN Question indiscrète, vous avez un job tous à côté j'imagine ?
Oui, la plupart d'entre nous bossent dans l'audiovisuel, ce qui est toujours un avantage en tant que groupe. L’enregistrement des albums ne serait pas aussi évident pour moi si je n’avais pas eu cette formation.
Xavier: Je suis dans la prod audiovisuelle, j’ai co-réalisé le clip, co-conçu la pochette de l'album avec Aaron et Sebastien Durant. Aaron s’occupe de toute la prod sonore, les configs live. On a vraiment la chance d'avoir des boulots qui nous permettent de faire presque tout en autonomie. Sans oublier notre régisseuse (de métier) qui s'occupe de nous et qui fait tout le reste pour cadrer tout ça. Donc nous avons tous nos carrières, avec la chance qu’elles soient complémentaires à Heartlay.
Aaron: L’idée est d’êtres auto-suffisants à 100% dans le processus de fabrication, de tout gérer entre nous et avec nos membres cachés. En privé on aime bien plaisanter en se qualifiant de « gang ».

URN Crowdfunding ? Vous n'y avez pas pensé ?
Xavier: On essaie d'éviter en faisant le maximum par nous-mêmes ! Comme on le disait on peut se permettre de produire seuls. Ou alors si on avait un projet vraiment coûteux, et encore..

URN La suite ? Des concerts une tournée ?
Aaron: Album pour le 27 novembre. On sera à Lyon le 23 pour jouer avec Bak XIII au Rock n’ Eat, puis on revient à Paris le 6 décembre pour notre release party au Klub. Un nouveau clip est sur les rails… Les objectifs à moyen termes sont de bosser un maximum notre show au niveau visuel, l’attitude, faire la promo de l’album et d’avancer rapidement sur la suite. Nous sommes en constante évolution.

URN Merci pour cet entretien Aaron et Xavier
A très vite dans les pits pour vous voir à l’oeuvre !