Après un premier album, "Shortcuts to Dead Ends" (2018), très remarqué, le groupe norvégien Haunted By Silhouettes a dévoilé il y a peu une nouvelle création, "The Last Day on Earth", sur laquelle United Rock Nations a tenu à leur poser quelques questions !
Salut les gars, et tout d’abord merci de répondre à cette interview pour United Rock Nations !
1) Est-ce que vous pourriez présenter le groupe ? Comment décririez-vous votre style musical ?
Haunted by Silhouettes est un groupe de Melodic Death Metal originaire de Trondheim, en Norvège. Nous avons commencé début 2013 en tant que trio et depuis, nous avons sorti deux EPs et deux albums. Et nous avons complété notre line-up.
2) Pourquoi avez-vous choisi le nom « Haunted By Silhouettes » ?
Le nom du groupe est le résultat d’une longue réflexion autour de nombreux noms différents et le mot « silhouette » a finalement attiré notre attention. L’utilisation de « silhouettes », à la fois métaphore et tentative de manifestation des côtés les plus sombres de l’humanité, est apparue alors que Mathias jouait avec l’idée d’un scénario tout en écrivant un nom ; un scénario où les côtés les plus sombres d'une personne se manifestent par des silhouettes sur les murs qui l'entourent dans sa maison pendant une sombre nuit d'automne. Une question se pose alors : « À quoi ressembleraient ces silhouettes ? Quelles formes prendraient-ils ? ». Fait amusant : L’une des autres suggestions de l’époque, « Post-Mortem Portraits », apparaît en fait comme le titre d’une chanson de notre nouvel album.
3) Peut-être que nous pourrions commencer par une petite description de l’histoire du groupe. Comment est-ce que vous vous êtes rencontrés ? Comment est-ce que vous avez décidé de former un groupe ensemble ?
J’ai [Stian] rencontré Mathias dans un autre groupe appelé « Waiting For Salvation » en 2011 ou 2012. Ce groupe comprenait un bassiste, Fredrik VojeVinje. Après avoir joué dans Waiting for Salvation pendant environ un an, nous avons senti que la musique et le flux créatif ne nous convenaient pas. Nous avons donc choisi de quitter le groupe pour former ce qui est maintenant Haunted By Silhouettes. Avant de commencer à chercher le reste des membres, nous avons écrit l’EP « The Final Mind Plague ».
4) Vous êtes un groupe norvégien, et ce pays a une place majeure dans l’univers de la musique Metal. Est-ce que vous sentez en quelques sortes le poids de cet héritage ? Comment expliquez-vous le nombre impressionnant de groupe de Metal dans les pays scandinaves ?
Je ne peux parler qu’en mon nom [Stian], mais je ne sens pas le poids de cet héritage sur mes épaules, mais bien sûr, vous pouvez sentir l’énergie de la scène musicale underground en Norvège. La quantité de groupes de Metal en Scandinavie pourrait venir du fait que la musique représente souvent le temps qu'il fait en Scandinavie. Il fait souvent froid, c’est un climat dur et brutal, et la musique peut être une forme d’évasion.
5) Haunted By Silhouettes a récemment sorti son second album, « The Last Day On Earth », comment vous sentez-vous à ce sujet ? Comment était-ce de travailler sur ce nouvel opus et comment les fans ont-ils réagi ?
Nous sommes extrêmement fiers de cet album, de la direction prise par notre musique et du travail réalisé. C'est aussi notre premier album en tant que groupe signé sur un label, alors cette nouveauté est très excitante. Les fans ont très bien réagi et le nombre de nos écoutes est plus élevé que jamais.
6) Votre précédent album, « Shortcuts To Dead End » est sorti il y a un an, en 2018, vous êtes allés très vite dans l’écriture et l’enregistrement de nouvelles chansons, n’est-ce pas ?
Nous sentions que nous devions simplement continuer à travailler sur notre musique et sur le chemin que nous suivions depuis « Shortcuts To Dead End ». C’est beaucoup de travail et de soirées tardives, mais nous pensons que c’est payant lorsque vous écoutez le disque. Alors, quand on a eu fini les concerts qui étaient prévus, pendant un moment on est retourné en répétition et on a commencé à travailler sur de nouvelles idées.
7) Comparé à votre premier album, « The Last Day On Earth » est plus proche du Metalcore/Deathcore, comment expliquez-vous ça ? Etait-ce un choix de mélanger du Melodic Death Metal « traditionnel » et du Metalcore ?
Lorsque nous avons commencé à jouer ensemble, Stian et Fredrik et étaient fortement influencés par la scène Metalcore américaine et nous avons le sentiment que cela transparaît dans le premier EP que nous avons sorti. Avec le second EP, nous sommes passés à une forme plus « pure » de Death Metal, retirant certains de ces éléments… Mais lorsque Per Kristian Grimsland a commencé à jouer dans le groupe en tant que guitariste, il a ramené les éléments d’origine et ça a semblé très naturel pour nous de revenir vers tout ça.
8) Vous avez mis en ligne un clip pour la chanson « Deadlock », et c’était assez surprenant de découvrir du chant clair sur ce titre, pourquoi cette décision ?
Nous avons toujours parlé d’utiliser du chant clair et quand j'ai écrit cette chanson, j'ai tout de suite senti qu'il fallait le faire sur le refrain. Per Kristian a beaucoup d’expérience dans les projets précédents du groupe, il a donc très bien chanté cette partie.
9) Pourquoi avez-vous voulu chanter en norvégien sur le morceau « Jakta » ? De quoi parle-t-il ?
Après avoir écrit la chanson « Iskalde Blikk » qui contient les lignes de chœur en norvégien, nous voulions pousser Mathias à faire une chanson en norvégien. Il se sentait mal à l'aise avec la tâche mais l'a parfaitement gérée et nous sommes fiers de la chanson.
« Jakta » parle de la recherche apparemment impossible à satisfaire du contentement de l'homme sous différentes formes. La soif inextinguible de choses qui peuvent nous faire sentir bien pendant un moment avant de les mettre de côté ou de ne pas y penser de la même façon car cela n’a plus le même effet. Les nouveaux vêtements, la prochaine réalisation, la meilleure voiture, la plus belle maison… Les sentiments joyeux et lumineux que nous procurent toutes ces choses disparaîtront avec le temps et de nouvelles choses nous paraîtront plus intriguantes, encore et encore. En bref, nous poursuivons les endorphines de différentes manières tout au long de la vie et n’avons jamais ce sentiment de satisfaction longtemps. C’est une chanson à propos de la chasse (« Jakta ») d’une prochaine proie. Nous la déchirons, nous mâchons, nous nous remplissons et la carcasse reste là pendant que nous partons à la recherche de quelque chose de nouveau et de meilleur. La chanson pose aussi la question: « Est-ce que nous nous arrêterions un jour ? Pouvons-nous être contents de ce que nous avons ? Ou sommes-nous condamnés à chasser ? » Beaucoup de grands penseurs et de grandes religions nous donnent la recette du bonheur, mais y aura-t-il un moment où nous pourrons nous contenter de ce que nous avons ?
10) A l’opposé, « Death Of Janus » souligne plutôt une atmosphère sombre, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?
« Death Of Janus » est une conversation imaginaire entre les deux têtes du dieu romain des passages, Janus, avant sa mort. J’incarne [Mathias] l’un de ces deux visages et notre chanteur invité, Trym du groupe Adjentist, est l'autre. Janus est devenu misanthrope et sadique avec le temps, et les deux têtes se demandent s’ils devraient utiliser leurs derniers pouvoirs divins pour faire toutes sortes de choses désagréables à l’humanité avant sa mort comme empêcher l'homme de faire plus d'enfants, les faire vivre pour toujours, geler le temps ou créer une apocalypse cosmique. Janus conclut également que rien n’a de sens et qu'il devrait le faire savoir à l'humanité avant sa mort. La mort de Janus dans cette histoire provoquera une apocalypse cosmique puisqu'il est le dieu des passages, des débuts, des portes, des transitions, du temps et de la dualité. Je voulais faire un scénario basé sur un être mythique, comme je l'avais fait sur « Wrath of Kharon », et canaliser mes réflexions misanthropes à travers eux. Janus était parfait pour ça et j'ai commencé à fantasmer sur ce qu'il adviendrait du cosmos s'il mourait. Je l’ai ensuite combiné avec le sentiment que j’éprouvais parfois cette vie et que tout ce qu’elle contient n’avait aucun sens. Que nous, les décideurs, cherchions le sens et, d’une certaine manière, pensions l’avoir trouvé, et vivions avec cette conviction qu’il y avait un sens à la vie d’une manière ou d’une autre. Rien de mal à cela, ou penser que la vie n'a pas de sens, bien sûr, c’est juste très intéressant.
11) Les fans de Parkway Drive vont probablement beaucoup aimer votre album, en particulier la chanson « The Well ». Est-ce que ce groupe est une influence importante pour vous ?
Comme on l’a dit, le Metalcore était particulièrement important dans notre processus d'écriture en 2013 et avec des groupes comme Asking Alexandria, Bring Me The Horizon, August Burns Red, etc. Parkway Drive avait aussi une grande influence. Ils ont un style plus « traditionnel » d’écriture de leurs chansons, mais ils ont ce côté Metalcore que nous avons vraiment aimé. Stian et Fredrik aimaient tous les deux ce groupe alors cette influence est toujours là. Une autre grande influence est Killswitch Engage, que Per Kristian Grimsland écoute beaucoup.
12) La dernière chanson de « The Last Day On Earth » s’intitule « Before The Last Pyre Ends » et elle sonne vraiment comme une conclusion. Etait-ce votre idée d’avoir un véritable épilogue à l’album, si je peux l’appeler comme ça ?
Comme pour l'album « Shortcuts to Dead Ends », cet album se termine par un épilogue et nous avons décidé très tôt de vouloir créer ce type de concept sur nos albums : jouer avec les sensations et la signification d'un bref morceau instrumental pour mettre fin à notre voyage musical sur cet enregistrement particulier. Comme avec « Into the Abyss » sur le premier disque, nous pensons que « The Last Pyre Ends » marque la fin de ce disque d'une manière agréable et apaisante.
13) Qu’est-ce que vous considérez comme votre plus importantes réussite sur ce nouvel album ? Et quelle chanson est votre préférée et pourquoi ?
Pour moi [Stian], la plus grande réussite a été de laisser une plus grande place aux autres membres dans le processus d’écriture et de les laisser vraiment marquer notre musique. Sur les EPs précédents, j’avais composé la majeure partie et je les ai laissé modifier et changer quelques trucs. Sur « Shortcuts To Dead End », j'ai beaucoup baissé la garde et nous avons davantage travaillé en équipe, mais sur cet album, nous avons tout créé ensemble. C'est pour moi la plus grande réussite.
Ma chanson préférée pourrait être « The Last Day On Earth ». Il a ce genre de son commercial, mais il est toujours brut et dur. Mais toutes les chansons ont un sens pour moi et elles représentent toutes une atmosphère à leur manière, ce que j’apprécie vraiment.
14) Comment se passe la composition dans le groupe ? Plus précisément sur cet album, on sent une vraie connexion entre les musiciens, alors comment était-ce pour vous de travailler tous ensemble ?
Sur cet album, nous avons tous travaillé dur sur chaque chanson, et toujours ensemble. Lorsque nous avons commencé le processus d’écriture, Stian, Per Kristian et Ola ont pris nos idées et se sont rendus à la cabane de Stian à l’extérieur d’Oppdal. Cette cabane est située au milieu des bois et c'était en hiver. Ensuite, nous avons passé trois jours à ne faire qu’écrire de la musique, manger et dormir. Nous sommes ensuite retournés à Trondheim avec la plupart des enregistrements terminés. À ce stade, Håvard et Mathias ont incorporé leurs éléments pour en faire un travail d'équipe complet. Donc, cet album nous représente tous.
15) Plus généralement, comment est-ce d’être un jeune groupe dans l’industrie musicale actuelle ? Pensez-vous que la situation est plus dure parce qu’il y a moins d’argent dans ce business et davantage de compétition ? Ou au contraire, est-ce plus facile parce qu’il est possible, par exemple, d’utiliser les réseaux sociaux pour promouvoir votre musique ?
Être un jeune groupe peut être difficile à cause de la concurrence. Vous devez toujours travailler plus dur que tous les autres groupes, en faire une gestion plus professionnellement que les autres groupes et faire des illustrations mieux que tous les autres groupes. Il est donc difficile de se faire remarquer dans la masse de groupes qui existent. Mais nous avons persévéré et nous obtenons de plus en plus de reconnaissance pour le travail que nous avons effectué. À Trondheim, il y a beaucoup de bons groupes de Metal, il y a donc beaucoup de bonnes musiques parmi lesquelles choisir, ce qui rend la situation encore plus difficile pour les petits groupes. En ce qui concerne la diffusion et les médias sociaux, il s'agit d'un outil fantastique pour la promotion gratuite, mais vous devez travailler dur pour être montré. Donc, parfois, vous réussissez, d'autres fois, vous échouez.
16) Un peu plus tôt, nous avons discuté de Parkway Drive, quels autres groupes ou artistes sont inspirants en ce moment selon vous ?
Nous écoutons trop de choses. En ce qui concerne le Metal, nous écoutons des choses comme Dark Tranquility, At The Gates, etc pour trouver de l’inspiration. Mais nous adorons le Prog des 70s, la Country, le Power Metal, le Hip Hop, le Pop Punk. Donc l’idée est plus de faire de la bonne musique que de se limiter au Metal.
17) Beaucoup de groupes de la scène Metalcore/Deathcore ont l’air de s’engager de plus en plus dans un mouvement de conscientisation de la population à propos de problèmes sociaux, politiques, religieux etc. Qu’est-ce que vous en pensez ? Est-ce que les artistes doivent s’engager de cette façon dans la société ? Est-ce que vous considérez Haunted By Silhouettes comme un moyen de promouvoir ce genre de messages ?
Nous sentons vraiment le besoin pour les groupes de devenir des modèles et les paroles de Mathias parlent souvent de la façon dont la race humaine se traite, mais pas de manière frontale, comme le font beaucoup de groupes Punk / Hardcore. La musique est une plateforme fantastique pour toucher les gens et les amener à réfléchir à la société et à la façon dont nous traitons les autres humains.
18) Parfois, on pourrait penser que la scène Metal manque de renouveau, mais Haunted By Silhouettes semble toujours essayer d’apporter quelque chose de nouveau. Est-ce l’un de vos objectifs de toujours proposer de nouvelles choses ?
Quand nous écrivons de la musique, nous disons rarement non à une idée avant de l'avoir essayée. Et c'est un choix que nous avons fait pour que tout ce qui peut compléter une chanson sera ajouté. Sur cet album, nous avons également décidé qu'aucun des couplet ne devrait être joué de la même manière deux fois à la guitare. Cela nous oblige à ajouter des éléments ou à modifier les riffs. Nous apprécions également jouer avec les instruments électroniques et le piano, car nous estimons que cela donne à nos chansons plus de profondeur et les rend plus grandes.
19) Vous êtes sur le point de commencer une tournée norvégienne pour promouvoir « The Last Day On Earth », pouvons-nous espérer vous voir en France un jour ?
On adorerait jouer en France et on chercher actuellement des possibilities pour jouer en Europe en 2020.
Merci pour cette interview !

