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Interview de Frédéric Michallet pour la biographie de DUSTROY

CELINE DEHEDIN
Journaliste
Rock
08/05/2023
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Quand as-tu écrit ''First love never die'' et en combien de mois s’est déroulé son écriture ?

J’ai commencé à écrire First Love en février 2020, juste avant le confinement dû au Covid. A l’époque j’étais en convalescence, et honnêtement je ne savais pas si je finirais l’année en vie. J’ai écrit mon testament juste avant d’écrire le livre, c’est dire où j’en étais. En travaillant jusqu’à 8h par jour sur le manuscrit, j’ai pu le boucler en 4 mois. Mine de rien je dois admettre que j’ai bien vécu cette période, pour plusieurs raisons : j’étais en vie, on se retrouvait en famille, il faisait beau, et j’avais une autoroute devant moi pour écrire. Tout allait enfin dans le sens de ce que je n’avais pas pris le temps de faire pendant des années.

Tu racontes dans ton livre, que tu as voulu écrire, pour rendre un témoignage de ta vie dans ‘DUSTROY’, suite à ton accident cardiaque, mais avais-tu commencé à plancher sur le sujet avant ?

En fait j’en parlais surtout avec Dadams (chanteur du groupe avec lequel j’ai monté Dustroy en 2006), je lui disais qu’un jour j’écrirais notre aventure « rock’n’rollesque » parce qu’il y avait beaucoup d’anecdotes à raconter. On sait pertinemment, tous les deux, que nos frasques ont été assez folles pour pouvoir être racontées. Et encore, on en a gardé un peu sous le coude ! Depuis le début de notre aventure j’ai tout noté et absolument tout conservé précieusement en me disant qu’un jour ça servirait à quelque chose. Vingt ans auparavant j’avais écrit un pseudo roman dont je n’ai jamais rien fait, il prend encore la poussière. Mon accident cardiaque, dans une forme vitale, n’a fait qu’accélérer le processus d’écriture. J’avais des choses à dire, à raconter, et tout cela un peu dans l’urgence : entre nostalgie et colère.

15 ans de vie de groupe, c’est beaucoup je m’étonne que vous n’ayez sorti qu’un seul album en 2016, pourquoi ce choix ?

On nous a souvent dit que nous sommes un groupe de scène, à voir en live. Pour l’énergie délivrée, pour l’attitude, pour le côté « brut » du son et ce côté « garage » qui nous colle à la peau. Aller en studio c’est peaufiner le son, lisser les erreurs, arrondir les angles. Ce travail est super intéressant, mais notre vraie énergie est sur scène. Nous avons tout de même sorti un premier EP de 4 titres en 2007 puis ''Getting high at any price'' en 2012. ''Star in the grey sky'' est un format plus long, c’est un vrai album. Tous ces enregistrements nous ont permis de démarcher des rades pour jouer, des associations qui gèrent des festivals, etc. Toujours dans le but de monter sur scène et de vibrer avec le public.

Quels souvenirs gardes-tu de toute cette époque, underground ?

Ce sont d’excellents souvenirs, qui se sont déroulés dans la folie de cette époque. Même les aspects glauques de notre histoire font partie de cette aventure et de nos vies. Je ne regrette absolument rien. On ne s’est pas cramé les ailes, et ça c’est important. Ce qui nous a maintenu tout au long de ces années ce sont nos responsabilités : nos familles, nos enfants, et même nos jobs dans un sens. On a tout assuré en même temps, en y incluant une place privilégiée pour Dustroy, notre bébé.

Où en est DUSTROY aujourd’hui ?

Nous allons sortir cette année un nouvel EP 6 titres, sans vraiment savoir à quoi ça correspond de nos jours de sortir un « album » à notre niveau, c’est-à-dire en tant qu’amateurs. Nous ne sommes pas un grand groupe, nous nous revendiquons davantage comme une formation qui participe à l’héritage du Rock en essayant d’apporter notre pierre à l’édifice. Il n’y a rien de plus glorieux que cela, mais quand on monte sur scène, c’est pour transmettre notre passion et délivrer un show digne du Rock. D’ailleurs, nous n’utilisons pratiquement pas les plateformes d’écoute qui sont si sollicitées aujourd’hui. Au bout de 15 ans, franchement, on se fait surtout plaisir. C’est essentiel.

''First love never die'' est une biographie autour du groupe mais c’est aussi la tienne ?

C’est vrai, c’est un mix des deux entre la biographie et l’autobiographie. Une fois le livre écrit j’ai tout de même posé la question à Pascal Pacaly (Editions des Joyeux Pendus : ''Qu’est-ce que tu en penses, c’est quoi au final ? ''. Il m’a répondu simplement ''on s’en fout de ce que c’est, c’est ton histoire et celle du groupe, ne mettons pas d’étiquette là-dessus ça n’a pas d’importance'', et il a bien raison ! Disons que le livre alterne entre la fureur délivrée par le groupe et la douceur de ma vie de papa, cela créé une sorte d’équilibre.

Continueras-tu d’écrire après ce premier ouvrage et si oui sur quel(s) sujet(s) ?

''First Love Never Die'' est paru en 2020, il ressort actuellement en 2 ème pressage. Entre temps deux livres sont parus : Les balades d’Elie (2021 – Editions Les 3 Colonnes, Hachette distribution) qui traite de l’Occupation de 1944 et du labeur minier en pays Matheysin, sur fond de transmission de valeurs entre un grand-père et son petit-fils. Puis le tout récent « Nos valeurs refuges », un roman-docu sur des sans-abris à Paris (2023 - Editions des Joyeux pendus), où là encore il est question de valeurs humaines. La santé ayant reprit son cours quasi-normal, je ne compte pas m’arrêter là. J’ai des idées pour quelques livres encore… et je veux bien qu’on en reparle dans 15 ans !