CARACH ANGREN : interview avec Seregor à propos du nouvel album "Franckensteina Strataemontanus" ! CARACH ANGREN : interview avec Seregor à propos du nouvel album "Franckensteina Strataemontanus" ! 

CARACH ANGREN : interview avec Seregor à propos du nouvel album "Franckensteina Strataemontanus" !
Baptman
Journaliste

31/01/2020
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United Rock Nations a eu la chance de participer à une session d'écoute privée de l'excellent "Franckensteina Strataemontanus", le nouvel album de Carach Angren, et d'interviewer Seregor à l'occasion. Cette session a eu lieu à Paris, le 31 janvier, alors que rien n'avait encore été annoncé sur l'album et que Namtar n'avait pas encore quitté le groupe. Seregor revient ici sur la tournée 2019 du groupe et de leur passage au Hellfest, détaille le processus d'écriture des nouveaux morceaux, nous parle des histoires mises en scène et de leur inspiration entre réalité et fiction. Il révèle aussi son parcours créatif entre frontman et créateur de masques horrifiques.

"Franckensteina Strataemontanus" sortira le 26 juin 2020 chez Season of Mist
Pré-commande : https://shop.season-of-mist.com/fr/catalogsearch/result/?q=carach+angren
Clip "Monster" : https://www.youtube.com/watch?v=rbadZW_lXJc

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Transcription en FR :

Baptman : Seregor, j’aimerais te remercier chaleureusement d’être avec nous aujourd’hui sur United Rock Nations
Seregor : De rien, c’est cool d’être là !

B : C’est un moment très spécial car on vient d’écouter le nouvel album dans son intégralité, dans ce beau cadre : il y a une tête de chèvre là-bas et des bougies (Pigalle Country Club, Paris 9ème) donc l’ambiance est posée. Tu m’as dit juste avant que ce n’est pas dans vos habitudes d’organiser des sessions d’écoute : d’ordinaire vous envoyez l’album aux médias, les journalistes l’écoutent et vous avez des interviews. Mais cette fois-ci vous avez décidé de partir en une petite tournée d’écoute, peux-tu nous dire pourquoi vous avez choisi de faire ça et quels pays vous avez visité jusqu’à présent ?

S : Grâce à l’aide de Season of Mist [le label du groupe ndlr], c’est la première fois que nous avons eu 3 sessions d’écoute d’affilée pour cet album. La première était en fait la plus mémorable, elle a eu lieu au Château Franckenstein à Darmstadt en Allemagne. C’était superbe, il y avait du brouillard et de la brume, on est montés jusqu’au château et tu étais vraiment dans l’atmosphère qui convenait à la circonstance. Nous avons organisé la deuxième à Nimègue la semaine dernière et maintenant celle-ci à Paris, ça fait une belle suite de dates. La dernière fois que nous avons fait ça pour un album, on n’avait qu’une unique session, chez nous [pour Lammendam en 2008 ndlr], donc il y a eu une croissance du nombre de sessions d’écoute !


B : La dernière fois qu’on s'est vus, vous étiez au début du Pitch Black Summer Tour en Europe, qui était une de vos plus grosses tournées, c’était votre première tournée en tête d’affiche en Europe. Vous avez joué plus de 40 dates dans 20 pays différents et vous avez joué dans des festivals majeurs comme le Hellfest. Quelles ont été tes impressions sur cette tournée ?

S : J’ai beaucoup aimé cette tournée. Pour nous c’était de l’énergie pure, en particulier avec le concert du Hellfest, je pense que c’était une de nos étapes majeures pour ainsi dire. On avait tous les équipements de scène appropriés à l’occasion. Je suis impatient d’y retourner au Hellfest ! Toute la tournée, dans son intégralité a été un succès pour nous, j’espère que ça va continuer à grandir comme ça. Depuis, nous n’avons en fait, pas été tant occupés que ça. On a juste eu le concert aux 70 000 Tons of Metal sur le bâteau de croisière. En fait pendant tout ce temps on était en train d’écrire pour cet album, donc c’est plus être à la maison et chercher à se mettre dans les bonnes dispositions pour accoucher d’une œuvre sombre !


B : A propos des concerts, je pense que quelque chose que beaucoup de vos fans attendent depuis longtemps, surtout que vous tournez depuis un moment maintenant, c’est un album live et une sortie vidéo en BluRay. Est-ce que c’est un projet auquel vous pensez ?

S : Tu veux dire, une captation live d’un concert ? Pas encore, nous n’avons rien de spécifique à sortir de ce côté-là. On a déjà le nouvel album et après, on verra. Si on a du contenu de qualité alors on fera probablement quelque chose comme ça. J’ai hâte que ce soit le cas.


B : Cette année est une année très spéciale pour vous. 2020 c’est un nouvel album qui sort, votre 6ème album studio, mais aussi plusieurs anniversaires. Ce sera les 5 ans de This Is No Fairytale, les 10 ans de Death Came Through a Phantom Ship et les 15 ans d’Ethereal Veiled Existence. Est-ce que vous allez rendre hommage à ces précédents albums en plus de jouer les nouveaux morceaux ?

S : Pendant les concerts nous allons toujours jouer des anciens titres mais ça ne veut pas dire pour autant que par exemple nous allons jouer plus de morceaux tirés du premier album, parce qu’on doit apporter du neuf. Surtout avec le nouvel album. Mais c’est toujours difficile de choisir avec Carach Angren, on a tant de morceaux qu’on adore jouer, c’est un choix difficile.


B : Au fil des années vos équipements scéniques et votre scénographie ont constamment évolué tant en qualité qu’en quantité. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est que malgré cela, il y a toujours ce côté artisanal, fait-maison et avec sincérité. Avec l’essor de vos moyens financiers, logistiques et techniques, est-ce que vous pensez que vous aimerez continuer à faire les choses par vous-même ou les déléguer à des boîtes de production scénique et à des sous-traitants ?

S : A un moment donné, si tu veux continuer à grandir d’un point de vue scénique et à améliorer les choses, tu dois faire un choix, oui. Tu ne peux jamais tout faire toi-même. Par exemple, je peux faire mes mouvements et mes tours sur scène, mais si on en vient à des choses plus grandes par exemple, de la pyrotechnie, des fonds de scène plus grands ou des effets spéciaux de ce style, tu dois déléguer ça. C’est un tout : tu joues avec les décors et la mise en scène. Je pense que nous allons trouver de nouveaux moyens d’augmenter tout ça. Parce qu’un seul individu n’est pas suffisant pour porter tout le spectacle.


B : La dernière fois que je t’ai vu jouer de la guitare, c’était il y a 8 ans à Lyon, pour la tournée Where The Corpses Sink Forever. Depuis, tu ne joues plus de guitare sur scène, c’est Yogi qui s’en occupe et tu te concentres exclusivement sur le chant et sur le jeu d’acteur, car il y a beaucoup d’acting dans les shows de Carach. Comment en es-tu venu à prendre cette décision de te concentrer sur ça et de déléguer la guitare, as-tu trouvé que lâcher la guitare était un choix difficile à prendre ?

S : Oui, c’était un choix difficile. C’était autour de 2015, en fait ça a commencé par une tendinite au pouce, un faux mouvement, un genre de truc comme un tennis elbow. Un de nos amis, Bastian Boh s’occupe de la guitare maintenant. En réalité, depuis que j’ai renoncé à la guitare, j’ai pu réaliser que tout à coup, j’étais libre et que j’avais beaucoup plus de capacité de mouvement et d’espace à ma disposition pour jouer. Je pense que ça a pris quelques mois pour que je ne me sente plus nu sans guitare pour ainsi dire. Mais après un an, un an et demi, j’ai réalisé, bon sang, c’est bien mieux. Tu dois toujours faire un choix. Si tu restes sur la guitare tu dois jouer de manière super précise mais tu fais des petites erreurs sur le moment si tu essayes de mettre un peu plus d’ambiance. Donc en fait ça n’a fait qu’aller de l’avant depuis cette décision, je ne la regrette pas, j’écris toujours les parties de guitare. Mais je ne pourrai jamais faire les deux en même temps à 100% donc je suis content d’avoir opté pour le chant.


B : On ne peut être qu’impressionné par ta présence sur scène, tu amènes beaucoup d’éléments théâtraux, tu vas vraiment au fond des personnages. J’ai deux questions à ce propos. La première est : avant de monter sur scène, est-ce que tu penses te préparer plus comme un chanteur ou comme un acteur ? et la deuxième : as-tu déjà suivi des cours de théâtre, d’acting ou de cinéma ?

S : En vrai, puisqu’on parle d’échauffement, je devrais le faire plus souvent [rires] mais d’une certaine façon, dans la plupart des cas, je me jette juste à l’eau et me chauffe sur scène. Donc oui peut-être que pour moi, c’est plus un échauffement d’acteur, c’est plus une question de mental que de préparer ma voix. Et la deuxième question était déjà ?


B : Si tu as déjà suivi des cours de théâtre ?

S : Non, non, jamais, jamais. La seule chose que j’ai faite quand j’étais plus jeune, c’était des arts martiaux : du taekwondo, ça a toujours été mon truc, j’ai fait ça pendant 14 ans. Donc peut-être que mes mouvements viennent de là. Mais je n’ai jamais rien fait qui ait trait à la chorégraphie musicale ou à la danse, donc la panoplie de Seregor est naturelle. Inventée ! [rires]



B : La narration a fait votre renommée et le nouvel album est un testament à cela. Vous aimez combiner fiction et réalité et vous donnez votre propre version d’histoires populaires. Par exemple dans This Is No Fairytale, c’était votre propre version déformée d’Hansel et Gretel des Frères Grimm. Et ce nouvel album parle de Frankenstein. Mais cette fois-ci ce que vous avez fait et ce dont Ardek parlait plus tôt, c’est que vous avez tâché de parler des passages moins connus de l’histoire et qui ne sont pas tellement montrés dans les films, notamment la souffrance du monstre qui réfléchit sur sa condition. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur la façon dont tu construis les histoires ?

S : Ça dépend, c’est toujours un gros travail au début. Ardek avait sa version des histoires, ici, il a posé le cadre de départ avec le rêve qu’il a eu. Puis il a découvert que le Dr Dippel, Johann Conrad Dippel est en réalité le véritable Frankenstein. Nous avions aussi noté grâce à Mary Shelley, que le type vivait apparemment réellement là-bas (au château Frankenstein ndlr) où il menait ses expériences. Mary Shelley était de passage dans la région donc elle a sûrement dû récupérer cela. Ça n’a jamais été prouvé, mais apparemment, c’est là qu’elle a pris l’histoire. C’était donc un bon choix pour nous de nous dire, ok, partons sur le thème de Frankenstein mais ne le traitons pas d’une manière qui fasse trop fiction cinématographique et combinons cette histoire avec d’autres. Et c’était vraiment amusant car on avait plusieurs éléments principaux du puzzle en tête, l’un était Monster par exemple. On allait partir sur plusieurs histoires à propos du monstre. Il y a cet aspect triste du monstre créé par le Docteur dont parlait Ardek (dans son introduction au début de la session d’écoute ndlr). Mais qui est vraiment le monstre ? Peut-être que le Docteur est le vrai monstre dans l’histoire, pour l’avoir créé puis négligé après. Et mon apport personnel par exemple, était Der Vampir von Nürnberg. Il y a un vampire dans l’histoire mais pas au sens typique du terme avec les canines et tout ça, celui-là était un monstre réel. Il a réellement vécu. C’était un nécrophile, ce type était connu pour tirer sur ses victimes, il est sorti de prison depuis 2004 je crois. Il vit toujours, sous un autre nom. Mais il a tué deux personnes par balle au fusil à pompe et il a bu le sang qui coulait de leurs blessures. Il croyait qu’il pouvait rester jeune de cette façon. C’était un acte de vampirisme. Et le lien avec Frankenstein c’est qu’il pensait qu’il pouvait rester en vie à jamais avec ce sang. Il expérimentait avec ça. C’est fun à faire de connecter ainsi, comme on le fait, différentes histoires, sans commencer juste simplement par le Docteur qui créé un monstre et lui donne la vie mais plusieurs récits qui s’entremêlent. Il y a beaucoup d’histoires que tu traverses si tu t’intéresses à l’album et je te laisse le soin de lire les paroles par toi-même [rires]!


B : C’est ce qui est intéressant à propos de Carach, ce ne sont pas juste des histoires de fantômes ou des légendes. Parfois la réalité dépasse la fiction [Seregor acquiesce] et je trouve très intéressant que vous mainteniez des liens avec la réalité à travers des histoires paranormales qui pourraient être considérées comme purement fictives.

S : Exactement !


B : Dans cet album comme dans chacun de vos albums on entend différentes langues : l’Anglais qui est votre langue de base pour le chant mais aussi de l’Allemand, et du Néerlandais je crois ?
S : En fait, seulement l’Allemand sur celui-là. C’est parce que l’histoire de Frankenstein se déroule en Allemagne donc ce choix s’est tout simplement imposé à nous. Je crois qu’il y a seulement deux parties dans tout l’album où l’Allemand est employé de manière explicite, mais malheureusement pas de Français ni de Néerlandais sur celui-là. Peut-être pour le prochain concept !


B : J’adorerais ! Parce qu’on a déjà eu du Français sur Lammendam, « La Madame Blanche » et bien sûr du Néerlandais sur presque tous les albums

S : En tant qu’Hollandais c’est comme ça qu’on le justifie ! [rires]



B : C’est une excellente transition avec ma prochaine question. Dans la scène métal extrême, en particulier la scène black métal, ce n’est pas inhabituel pour les groupes de chanter dans leur langue maternelle. Si tu prends Dimmu Borgir, ils ont sorti des albums entiers en norvégien, même chose pour Enslaved et pour Kvelertak qui chantent intégralement en norvégien, même si eux ce n’est pas du black métal mais ça se reste sous l’appellation métal extrême. Est-ce que tu penses qu’à un moment donné vous sortirez un morceau entier chanté en hollandais ou même un album ?

S : Hmm [songeur], question intéressante. Ça m’a traversé l’esprit. Je pourrais peut-être faire ça si j’avais un certain concept hollandais, peut-être que là un morceau en néerlandais pourrait être une bonne option. Je pense que ça dépend de l’écriture. D’un côté c’est trop compliqué à comprendre pour les gens, mais d’un autre côté, si tu fais 9 titres en anglais et un en néerlandais, je pense que ça marcherai, ouais. Mais l’écriture, c’est comme un puzzle, peut-être que le puzzle sera complet avec un morceau totalement en néerlandais, on verra !



B : Dans cet album, ce que j’ai immédiatement trouvé et c’est ma réaction à chaud juste après l’avoir écouté, c’est que les introductions et les conclusions des morceaux étaient assez différentes que ce que vous avez fait par le passé. Par exemple le premier morceau est une intro parlée avec un narrateur, ensuite on a des samples électroniques au fil du disque, il y a ce titre (Monster) qui ce rythme implacable et le dernier titre pousse votre aspect symphonique encore plus loin, là on est presque sur du romantique. Est-ce que vous avez volontairement cherché tout ça ou c’est venu spontanément quand vous avez commencé à jouer ?

S : C’est tout un processus qui commence avec Ardek et ses parties symphoniques. Disons que c’est 50/50. Donc il commence à écrire, il a la musique, de mon côté j’arrive avec l’histoire qui va avec, la balle revient à Ardek…on s’envoie des trucs à tour de rôle et à la fin tu as un morceau. Et alors, tout à coup, à la fin du processus tu te retrouves avec 9 ou 10 morceaux, tu les interchanges et tu te demandes quelle est la meilleure pour commencer et celle qui a la meilleure outro. Je pense que pour celle-là en particulier [Like a Conscious Parasite I Roam, 10ème morceau de l’album ndlr], Ardek pensait délibérément la choisir comme dernier titre, ça devait être une conclusion à la Carach Angren. Dans la plupart des cas, une outro de Carach Angren est très symphonique, mélodique, narrative. Je crois que ce titre est le candidat parfait pour conclure. Et c’est là que tout à coup démarre le morceau bonus, là c’est différent. Mais non, ce n’est pas toujours voulu, parfois on se dit : « ok, là on a besoin d’un morceau de fin, il faut faire une fin adéquate. Ma réponse c’est : parfois oui, parfois non [rires].



B : Parlons du chant à présent. On a pu entendre du chant clean ce qui est plutôt inhabituel pour Carach. En dehors des chœurs, du chant clean en tant que tel ce n’est pas fréquent pour vous. Comment en êtes-vous venus à choisir cela et quelle était l’idée derrière tout cela ?

S : En fait ça arrive très souvent qu’on soit à la maison en train d’écouter les morceaux et là soudainement tu as une idée, donc c’est de là que ça vient. Tu chantes par-dessus la musique et là tu te rends compte, mais ça rendrait grave bien ! On est tellement habitués à cette voix growl black métal/death métal mais en même temps on a plus de mélodies que d’autres groupes donc on a senti que si on pouvait faire un truc clean ici, ça valait le coup d’essayer. Ce n’est pas si facile que ça pour moi avec ma voix normale, parce que je ne suis pas un chanteur clean, mais après beaucoup d’essais, ça l’a fait. Egalement, Ardek chante et sa voix est aussi sur cet album donc on a fait les voix clean en binôme sur ce disque. C’était un défi, mais aussi amusant à faire. On s’est beaucoup amusés à enregistrer ça. Maintenant voyons voir comment on va se débrouiller en concert ! [rires]


B : Ce qui est cool aussi avec cet album, c’est que le violon est de retour ! Est-ce que Nikko Mavridis [violoniste sur The Funerary Dirge of a Violinist de l’album Where The Corpses Sink Forever] est de la partie sur ce disque ?

S : Il a enregistré des pistes sur cet album, oui. Il a joué des parties pour nous en studio pour que ça sonne plus réel qu’avec les sons de synthétiseurs habituels. Tu ressens toujours la différence entre un violon et un synthétiseur donc on a dû faire appel à ses services.


B : Est-ce qu’il va vous rejoindre sur scène pour quelques dates ?

S : Pour les concerts, nous ne sommes pas sûrs. On n’est même pas sûrs des shows qu’on va faire nous-mêmes, mais ça se peut qu’on lui demande de venir dans le futur mais rien de prévu à ce sujet pour l’instant.


B : Cet album est très intense. On sent un retour à vos racines black métal, il y a beaucoup de blast beats, des tapis de double à fond, des voix très agressives, des parties très techniques. Quels sont les titres qui vont représenter selon toi le plus grand défi à interpréter en live et quels sont les morceaux que tu as le plus hâte de jouer sur scène ?

S : Pour cet album c’est encore un peu difficile à dire, on saura quand on aura joué les titres, pour l’instant on les a juste enregistrés. Je pense que Franckensteina Strataemontanus, le troisième titre va être super fun à faire. Je pense que cet album est riche en différences. Tu as par exemple le morceau Monster ça fait : « Mon….STER ! »[singe le refrain du titre] qui est un peu comme Pitch Black Box [sur le dernier album, Dance and Laugh Amongst the Rotten], ça fait partie des choses plus faciles à jouer. Normalement, quand tu parles de Carach Angren, tu imagines de la vitesse donc tu te dis : « oh non, ils ralentissent ! » mais bien sûr, on veut toujours aller vite ! Mais pour ce type de morceau, c’est un choix évident et ils marchent toujours bien en concert, c’est toujours fun de faire ça, tu peux vraiment sentir le rythme de marche. Monster va être sympa à jouer. Ensuite il y a Skull With a Fork Tongue c’est un titre plus rapide. Je pense que ça aide d’avoir les deux. Si tu ne joues que des morceaux rapides, tu tombes dans une certaine forme de facilité, tu t’y habitues trop. La dynamique de Carach Angren est parfaite pour cette alternance. Donc il me reste à voir celui que je préfère, l’expérience le dira. Si on pouvait jouer tout l’album ce serait fun !


B : Tu as parlé de Pitch Black Box qui était sur l’album précédent, ce qui est cool c’est que vous en aviez fait un objet physique. On pouvait acheter une édition deluxe dans laquelle l’album était à l’intérieur de ladite boîte noire mentionnée dans les paroles. Est-ce que pour cet album vous allez faire quelque chose de similaire avec des objets réels auxquels les paroles font référence ?

S : Oui, je ne peux pas en dire davantage maintenant mais il y aura un objet physique connecté au concept et à l’univers de Frankenstein [le merch a depuis été dévoilé : il s’agit d’un élixir de mort : un petit flacon de résine phosphorescente dans laquelle sont emprisonnés des insectes et des mèches de cheveux ! Inclus dans l’édition deluxe vinyle depuis épuisée car limitée à seulement 50 exemplaires ndlr]. Il va falloir que tu achètes le package qui correspond pour savoir !


B : On va l’acheter parce qu’il y a un morceau bonus dessus !
S : Exactement, achetez-là ! [rires]

B : Parlons un peu de ton travail en dehors de Carach. Tu es connu pour tes talents de créateur de masques. Tu as développé un savoir-faire très impressionnant et tu vends tes créations en ligne sur ton site web : Seregor’s Death Masks. Comment as-tu développé cette compétence et est-ce que tu penses que tu aimerais un jour travailler pour le cinéma d’horreur en tant qu’accessoiriste ?

S : Pour moi ça va de pair avec Carach Angren, je ne suis pas sûr que je voudrais faire des vrais accessoires de cinéma parce que déjà, en tant que chanteur je fais des masques pour les concerts et ça suffit pour moi. Donc je ne sais pas si j’aimerais faire ça, je fais les choses en toute liberté et dans le cadre d’un film tu as des deadlines je suppose. Ça pourrait être un défi pour le futur toutefois. J’ai commencé en 2010 je crois. Michael Meyers de Halloween m’a inspiré. Dans la version de Rob Zombie où tu descends à la cave et Michael Meyers a 15 ans de plus, tu vois tous ces masques en papier mâché et c’est ce qui m’a donné l’idée : c’est super cool, put***, tu rentres dans une maison, il y a des masques, aucun ne sourit, tous ont des faciès démoniaques ! C’est là que j’ai commencé à travailler avec du papier et rapidement j’ai découvert que tu as des bandes de plastique pour faire des masques plus résistants, quelques années après j’ai commencé à travailler avec de l’argile pour sculpture, c’est comme ça que j’ai développé ma technique. Mais je pense que le groupe est toujours la raison pour laquelle je continue de le faire. Ça me donne sans cesse des nouvelles idées de choses à développer pour la scène. Entretemps, les fans ont commencé à l’apprécier aussi et à commander de plus en plus de masques donc c’est comme ça que ça s’est goupillé. Des concerts avec Carach Angren et de la fabrication de masques, un job plutôt correct !


B : C’est sûr ! Et avant les masques, c’est toi qui était derrière les corpse paints géniaux que vous arborez sur scène. J’ai entendu qu’à un moment, au début, tu t’occupais de maquiller tous tes camarades, maintenant, ils le font eux-mêmes, plus ou moins ?

S : Maintenant, Ardek est le seul à le faire par lui-même, les autres je dois les faire [rires]. Mais je suis content de le faire, je suis très rapide à ça et comme les autres gars ne sont pas habitués, si tu leur donnes un crayon, ils seraient capables de se le fourrer dans l’œil ! [rires] donc c’est mieux que je le fasse. Il faut s’y habituer. Ça m’a pris des années pour devenir agile à ça, donc je m’en occupe.


B : Qu’est-ce que tu aimes faire quand tu ne composes pas, ne joue pas de musique, ne travaille pas sur tes masques bref, tout ce qui est lié à Carach ?

S : Oh, plusieurs choses. Jouer à des jeux, des jeux PC, je regarde plein de films, j’aime m’entraîner au tir avec mon fusil à air comprimé sur des canettes ou tout simplement traîner avec des amis, la vie simple, quoi, rien de spécial !

B : C’est une bonne vie !

S : Oui je n’ai pas de quoi me plaindre ! [rires]

B : Merci beaucoup Seregor pour ton temps et cet événement très spécial !

S : Merci pour tes questions cool ! J’espère être de retour en France bientôt !