Zero Gravity Rebirth And Evolution
Fred H
Journaliste

TURILLI LIONE RHAPSODY

«Voulant moderniser et renouveler un genre bien balisé, « Zero Gravity Rebirth And Evolution » atteint globalement son but. Turilli / Lione Rhapsody a du potentiel et des choses intéressantes à proposer. On attend la suite avec intérêt. »

10 titres
Symphonic Metal
Durée: 53'49 mn
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La nouvelle était tombée sur les téléscripteurs en décembre dernier... deux ex-Rhapsody of Fire, le sixcordiste soliste Luca Turilli (désormais leader de son propre combo Luca Turilli's Rhapsody, actuellement en pause pour une durée indéfinie) et le chanteur Fabio Lione (Eurobeat, Angra, Kamelot), décidaient de remettre le couvert ensemble. A leurs côtés, sans trop de surprise, on retrouve Patrice Guers à la 4-cordes, Dominique Leurquin à la gratte et batteur Alex Holzwarth aux fûts et baguettes, eux-mêmes anciens membres des formations phares de leurs meneurs. Une histoire de famille, en somme, baptisée … Turilli / Lione Rhapsody (le blase de Zero Gravity a un instant été évoqué mais pas facile de combattre les diktats du marketing et de la promotion).

Quoi qu'il en soit, vu la somme récoltée (on parle de 60 000€) par la campagne de financement participative pour lancer le groupe (c'est plus qu'un simple projet à leur yeux), prétendre que l'annonce que cette association à émoustiller les fans est un doux euphémisme. Avec cette nouvelle collaboration, le duo de leaders souhaite proposer LEUR vision du power metal symphonique et ainsi se différencier de leurs ex-compagnons de jeu de RoF. A lui seul, le sous-titre de cette première oeuvre, « Rebirth And Evolution » (NdT : Renaissance et Evolution), est déjà tout une promesse.

Certes, d'aucuns noteront, par moments, la filiation avec le passé et qui-vous-savez. Grandiloquence des choeurs, (sur)abondance de passages épiques, foisonnement d'orchestrations et d'arrangements ou bien encore déluge de soli de la mort-qui-tuent... Rien ne manque. Pourtant les cinq acolytes ont choisi de bousculer les codes du genre et de partir vers d'autres directions. Tout d'abord, les flûtiaux médiévaux et autre clavecin de la Renaissance ont été abandonnés. Pour l'heure, ce sera saxophone, piano mais aussi cloches tibétaines (l'intermède 'Origins'), bansuri (grande flûte traversière indienne) et sitar (le morceau éponyme). L'introduction de ces instruments ethniques rares ('Phoenix Rising') contribue effectivement à offrir à l'auditoire des nouvelles couleurs musicales. On a aussi le droit à quelques samples (décompte de décollage d'une fusée, des extraits de passages radios sur 'Fast Radio Burst', …) et à des sonorités électroniques. La petite bande emprunte même quelques bribes (« Dio, fulgor della bufera ») à l'opéra Otello (écrit par le compositeur romantique italien Giuseppe Verdi d'après la tragédie de Shakespeare) pour la combiner avec sa propre musique ('Arcanum (Da Vinci's Enigma)' en référence au génie de ce bon vieux Léonardo).

Malgré ce maelstrom d'éléments divers, l'équilibre général se fait évitant l'écueil du joyeux bordel. D'ailleurs, la production voulue différente (et c'est le cas), supervisée par Turilli et Lione en personne et secondés par le sixcordiste Simone Mularoni (qui vient très récemment de s'illustrer avec « Sweet Oblivion » en compagnie de l'ex-Queensrÿche Geoff Tate) fait la part belle aux zicos et aux compos. Travail propre et soigné.

Comme si cela ne suffisait pas, nos lascars ont également convié quelques amis. Miss Elize Ryd, vocaliste soprano pour les suédois d'Amaranthe, vient partager le micro le temps d'un duo vocal masculin-féminin plutôt réussi ('D.N.A. (Demon And Angel)'). Mark Basile, hurleur de DGM, se retrouve lui embringué dans une piste aux allures de metal opéra un peu dingue ('I Am'). La référence, clairement avouée et assumée, à sa grande majesté Queen est identifiable et marquée. Avec toutes ces voix et ces choeurs qui enchevêtrent de partout, le lien avec le hit planétaire 'Bohemian Rhapsody' (décidément ce nom n'est jamais bien loin) est évident. Dans cette déferlante de vocaux, Fabio module tellement son chant qu'il en devient parfois presque méconnaissable (son organe vocal est taillé pour l'opéra c'est sur). Enfin, deux zicos teutons, le multi-instrumentiste et ami de nos lascars Sasha Paeth ainsi que le claviériste Arne Wiegand, font aussi une apparition (la ballade 'Oceano').

Voulant moderniser et renouveler un genre bien balisé, « Zero Gravity Rebirth And Evolution » atteint globalement son but. Turilli / Lione Rhapsody a du potentiel et des choses intéressantes à proposer. On attend la suite (car il y en aura/faut une) avec intérêt.

TURILLI LIONE RHAPSODY
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