Worlds Open, Worlds Collide
Enora
Journaliste

ONE TAIL, ONE HEAD

«« Worlds Open, Worlds Collide », un album aux compositions mêlant l'esprit sale et organique du Black old school à des éléments bien plus modernes portées par une interprétation d'une intensité rare»

10 titres
Black Metal
Durée: 46 mn
Sortie le 05/10/2018
1987 vues
TERRATUR POSSESSIONS

Formé en 2006 à Trondheim, le quatuor One Tail, One Head a bien fait attendre ses fans avant de sortir un premier album puisqu'après deux demos, deux EPs et un single, le groupe s'est enfin décidé à s'engager dans un projet plus ambitieux qui porte le nom de « Worlds Open, Worlds Collide ».

Organique et mystérieuse, ‘Certainly Not' ouvre cet album sur une pulsation presque mécanique qui évoquerait un coeur énorme animant la créature que nous nous apprêtons à découvrir avec « Worlds Open, Worlds Collide ». La basse d'Andras Marquis T. prend rapidement l'ascendant sur les autres instruments, jusqu'à l'arrivée de la voix en tous cas, sur ‘Arrival Yet Again'. La batterie s'emballe alors que le frontman nous livre une performance mêlant scream, chant clair et hurlements avec une puissance et un engagement qui n'ont rien à envier à ce que peut proposer A.A. Nemtheanga, charismatique chanteur de Primordial. Etrangement, le morceau éponyme nous emporte dans une dimension plus groove et insoupçonnée de l'univers musical du groupe. En dehors de quelques passages explosifs à la batterie, l'atmosphère est moins chaotique, bien que toujours aussi torturée. A mi-chemin, le morceau se transforme presque en rituel nocturne à travers un interlude qu'on prend le temps de savourer.

Si la guitare d'Åsli ne s'est pas particulièrement faite remarquer jusque là, peut être est-ce parce qu'elle attendait de conquérir la place qui lui revient de droit sur ‘Stellar Storms' grâce à des riffs qui en font véritablement la seconde voix de One Tail, One Head. Mais qu'est-ce qui peut bien se cacher derrière un titre aussi long que celui de ‘An Utter Lack Of Meaning Hither To Unbeknownst Suddenly Revealed' ? Pour essayer de vous donner une idée précise, il faut revenir à l'idée grouillante et à l'impression organique de ‘Certainly Not', mais nous ne vous en dirons pas plus. La foudre divine s'abat sur nous avec ‘Firebirds' où la voix vibrante et possédée de Luctus rivalise avec la basse, véritable maîtresse de cérémonie sur cet album. La batterie de ⷚ n'est pas en reste et impose une ligne rythmique efficace et parfois old school. Le morceau se fait entêtant et aspire l'auditeur dans une tourmente sans fin. ‘Sordid Sanctitude' est un morceau plus sobre et dont toute l'essence semble se concentrer dans la ligne rythmique, habillée de quelques expérimentations sonores reposantes.

Le riff de guitare et le cri presque animal qui ouvrent ‘Rise In Red' donnent le ton pour ce morceau sombre, brutal et démoniaque qui se remet au goût du jour de nombreux éléments de Black old school, en particulier du point de vue de la batterie et de l'ambiance globale de la composition qui a de quoi donner des frissons. Bien que moins frénétique, ‘Passage' reste dans le même esprit, avec une ligne de basse, une nouvelle fois, d'une très bonne qualité et qui bénéficie d'un mixage généreux, en contraste avec des screams secs et caverneux qui viennent des tripes. La rythmique aurait presque quelque chose d'entraînant et de chaloupée par moments, ce qui rend le morceau encore plus efficace. Et cet album s'achève avec les dix minutes de ‘Summon Surreal Surrender', tantôt planant, tantôt noir et désespéré.

« Worlds Open, Worlds Collide » est un album aux compositions très bien construites tant One Tail, One Head s'est appliqué a mêlé l'esprit sale et organique du Black old school à des éléments bien plus modernes et expérimentaux, laissant toujours une très grande place à la force de l'interprétation, sans fioriture mais avec une intensité rare !


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