Where stone and water meet
United Rock Nations

RED MOURNING

13 titres
Stoner/Sludge Metal
Durée: 43 mn
Sortie le 20/04/2014
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Un des privilèges (et d'ailleurs des devoirs par la même occasion) du chroniqueur est de se plier à l'expérience du blind test : se limiter au nom de l'album, enfiler le casque audio et se laisser surprendre, sans le préjugé d'aucune autre information.

Concernant ce « Where Stone and Water Meet » la démonstration est juste jouissive. Jugez-en un peu : après une intro qui esquisse à merveille l'ambiance de puissance contenue (mouches dans le désert, chants indiens et chemin de fer vers l'Ouest), c'est le coup de santiag en plein sur votre figure de pied-tendre. Mais de quel état du Deep South proviennent ce son énorme, ces riffs d'anthologie soutenus par une rythmique titanesque et ce frontman qui tantôt feule les mélodies d'une voix rocailleuse, tantôt éructe ces refrains lancinants qui vous colonisent le cerveau ?

Le Texas d'un Pantera (entre puissance du « Vulgar Display of Power » et groove de « Cowboys From Hell », ou des biens nommés Texas Hippie Coalition) est l'influence évidente : d'abord le groove furieux et l'alternance des tempos (cf par exemple les titres « Gun Blue », « There Goes The Chair » ou encore l'énorme « Candlelight »), ensuite les morceaux de bravoure guitaristique, entre riffs démoniaques et lourdeur du son.

On note d'ailleurs des escapades dans l'Arizona d'adoption de Dave Mustaine (sur le riff speed de « Over The Rail »), voire même une rapide incursion urbaine chez Biohazard (pour le refrain scandé de « The White Line »)!

Et c'est justement là que cet album se démarque : bien plus que le méfait d'une bande de bourrins sautillants et redoutables musiciens, il s'agit là d'une oeuvre habitée et inspirée : dès le titre d'ouverture (« The Sound of Flies »), parties de guitare au bottleneck et notes de piano bluesy ou d'harmonica enluminent ce power-metal qui envoie du bois. L'harmonie est parfaite entre cette dominante ultra heavy et une couleur blues collante, bête suintante qui émerge du bayou (« Rabid Dog and Twisted Bitches »).

Soulignée encore par deux interludes inspirées (une sorte d'avatar de « Down Patrol » de Megadeth à la steel guitar, puis une complainte gospel-blues) et par « Touched by Grace », un duel acoustique entre guitare bottleneck et voix rocailleuse habitée, l'âme blues qui hante cet album est bien maléfique et ne fait qu'en rehausser la puissance.

Quand on vous aura révélé que les géniteurs de cet opus sont « from Paris, France, ma ptite dame », passé le moment de surprise, comme nous, vous serez submergés par une bouffée d'orgueil chauvin : rrrhhha ces frenchies de Red Mourning ont, pour leur 3e album, frappé un grand coup. Si la reconnaissance internationale ne leur arrive pas maintenant, on déclare la guerre aux Etats-Unis ! Non mais !!!
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