Cold Like War
Maitre Jim
Journaliste

WE CAME AS ROMANS

«Cold Like War est un très bon album de metalcore, entre rage et mélodies»

10 titres
Metalcore
Durée: 40 mn
Sortie le 20/10/2017
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We Came As Romans fait partie des références planétaires du metalcore. Les 6 gars du Michigan reviennent avec une régulatité à toute épreuve avec leur nouvel opus : Cold Like War, leur 5ème album en 8 ans.
Le metalcore a ça de reconnaissable qu'on ne sait pas, en fonction du passage, si on écoute du gros hardcore, du métal ou de l'électro pop. Et si ce genre est assez marqué (breaks bien heavy, refrains chantés et mélodieux, rythmique saccadée), certains artistes sont plus talentueux que d'autres. WCAR a réussi à avoir un son plutôt original, fait des ingrédients incontournables mais aussi d'une petite touche d'électro omniprésente tout au long de l'album.


Bon, autant l'avouer tout de suite, j'ai un avis positif, mais mitigé sur cet album. Je m'explique.

A mettre au crédit de Cold Like War : c'est un bon album, qui contient beaucoup de bons morceaux. Musicalement, l'album est juste. Il envoie le pâté et l'alternance screams / chants est bien faite. Le morceau d'ouverture Vutlures… qui débute sur la rage de David Stephens est tout simplement excellent. Le groupe y balance son metalcore « parfait », fait de couplets saccadés, de guitare stridente pendant que l'autre cogne le rythme de lourdeur avec le combo basse + batterie. Foreign fire et If There's Nothing To See rentrent aussi dans cette lignée de cohabitation bien dosée entre agressivité et mélodie. Quant à Cold Like War, titre de l'album hurlé comme une rengaine, c'est rapide, hardcore et mélodieux. Du lourd !
Avec Lost In The Moment, qui rappelle Spineshank sur les couplets, on a encore un bon mélange des genres et des voix, mais plus fluide et plus homogène que sur les autres compos plus stéréotypées. Stephens a une voix puissante et rauque qui se pose à merveille sur le style musical. Les compos sont efficaces et puissantes et tous les composants musicaux sont là. Agressivité, mélodie, breaks incroyables et un fond de synthé. En plus de cela, la production est parfaite. Efficace donc.


Côté négatif : je trouve que c'est un album un peu chiche. 10 morceaux, on frôle l'EP. Est-ce que cela ne vaudrait-il pas le coup d'attendre 1 ou 2 années de + pour progresser dans l'écriture et offrir plus de qualité et plus de quantité ? (Réponse : si !)
De même, la fin de l'album donne l'impression d'être un peu expédiée. Les samples de plus en plus présents sont balancés comme ça dans tous les sens et on se retrouve avec un finish très (trop) pop. 2 exemples : Encoder dont l'intro house m'a fait me demander si je n'avais pas fait une fausse manip sur mon lecteur. Bon heureusement au bout d'1 minute et quelques, j'ai eu ma réponse avec un gros son metal au relents de Limp Bizkit. Ouf… mais que penser de Promise Me ? Coup de génie ou WTF total ? Et voilà 3 minutes de clubbing Ibiza summer chill 2018. Il ne faut certes pas oublier que Detroit est le berceau de la techno, mais je ne m'attendais pas à en trouver là…
Et sur le dernier morceau assez pop, Learning To Survive, on revient à quelque chose de plus classique qui marque la fin de l'album avec ses mélodies. Histoire de laisser partir l'auditeur sur un peu de douceur.


Au final, il reste un certain déséquilibre entre les morceaux bien rageux du début et les ballades de la fin. Dommage car chaque compo, individuellement, est bonne. La petite touche de clavier pour l'ambiance marque une certaine originalité. Mais 2 ou 3 chansons de plus et une track list mieux agencée laisseraient un meilleur goût à la fin de l'écoute. On aurait pu avoir un chef d'oeuvre en la matière, mais on a « juste » un bon album. Dommage…
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