MAGNUS KARLSSON'S FREE FALL
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Power Metal

We Are The Night
Fred H
Journaliste

MAGNUS KARLSSON'S FREE FALL

«Ce troisième volet du Magnus Karlsson's Free Fall ne peut que plaire aux partisans du multi-instrumentiste suédois ainsi qu’aux amateurs de Heavy/Power metal mélodique bien fichu.»

12 titres
Power Metal
Durée: 69'43 mn
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Depuis environ une décade, que ce soit pour les vocaux, la composition, l’instrumentation, la production, le mix ou le mastering, deux noms reviennent quasi systématiquement à chaque nouvelle sortie du label rital Frontiers Records. On associe le claviériste italien Alessandro Del Vecchio à pléthores de formations telles que Hardline/Gioeli, Sunstorm, Revolution Saints, Mr. Big, L.A. Guns, Spirits of Fire, Edge of Forever, Black Swan, Dirty Shirley. L’autre lascar incontournable n’est autre que Magnus Karlsson (Last Tribe, Starbreaker, The Ferrymen). Ce six-cordiste est notoirement connu pour sa kyrielle de collaborations avec des Primal Fear, Kiske/Sommerville, Place Vendome, … et bien évidement les 3 premiers efforts de la paire Jørn Lande et Russell Allen (Symphony X, Adrenaline Mob). Il y a quelques semaines encore notre suédois était la tête pensante d’un projet réunissant justement le sieur Allen (tiens donc) et l’ex-Nightwish miss Anette Olzon.

En ce début de juin 2020, le pourfendeur de riffs scandinave revient avec son Magnus Karlsson's Free Fall. Après un « Free Fall » en 2013 et un « Kingdom of Rock » en 2015, voici donc un troisième méfait baptisé « We Are The Night ». Comme à l’accoutumé, à l’exception des baguettes et des futs qu’il a confiés à Anders Köllerfors (qui fournit ici du beau boulot), le garçon s’est occuper de tout (compos, grattes rythmiques et soli, basse, claviers et même le lead vocal sur deux titres). Pour toutes les autres chansons (hormis la shred instrumentale 'On My Way Back To Earth'), à l’instar des précédentes rondelles, le bonhomme a appelé plusieurs amis pour officier derrière le micro.

Déjà présent sur l’opus précédent, le briscard britannique Tony Martin est de retour. Le trop injustement sous-estimé ex-Black Sabbath n’a rien perdu de sa superbe et s’illustre dans un registre assez triste (la sombre semi ballade 'Temples And Towers' et la ballade mélancolique 'Far From Over'). Le bourreau de travail (c’est peu de le dire) qu’est Ronnie Romero (ex-Lords of Black, Rainbow, The Ferrymen, CoreLeoni, Vandenberg) est aussi de la bagarre. Le chilien, au timbre rappelant parfois le regretté gnome Ronnie James Dio est juste impérial (l’intense et addictif 'One By One'). Tout en respectant l’univers musical de chacun, notre virtuose du manche s’adapte à ses invités et leur taille des costumes sur mesures. Mike Andersson de Cloudscape complète parfaitement les zicos les plus expérimentés ('All The Way To The Stars' et sa pointe progressive). Même s’il n’évolue pas totalement au même niveau que ses confrères, Magnus se débrouille plutôt pas mal (la plage éponyme typée FM, le correct 'Don’t Walk Away').

Pour compléter son casting (cosmopolite) de vocalistes, Magnus a rameuté une jeune garde. Force est de constater qu’elle nous laisse sur le cul. Dino Jelusick, le chanteur croate de Animal Drive (ex-Trans-Siberian Orchestra) est vraiment bluffant entre chaleur et puissance avec ses intonations à la croisée d’un David Coverdale et d’un Jørn Lande (l’entêtant 'Hold Your Fire', le mid tempo 'Under The Black Star'). Renan Zonta de Electric Mob n’est pas en reste. Le brésilien (découvert grâce à The Voice Brasil) fait des merveilles avec ses envolées ('Dreams And Scars' et son solo relevé). Enfin, Noora Louhimo des finlandais Battle Beast mêle douceur et agressivité sur une chouette ballade ('Queen Of Fire').

Globalement, les refrains imparables (qui restent bien ancrés dans les esprits) et les très bonnes interprétations sont sans contexte les atouts majeurs de ce disque. La paluche et le style (comprendre Heavy/Power teinté d’AOR avec guitares bien mises à l’honneur, claviers et orchestrations symphoniques subtilement saupoudrés ici et là) du cerveau de l’affaire sont clairement reconnaissables. A l’écoute du mix final, ici refilé à Jacob Hansen (Volbeat, Primal Fear, Amaranthe, Pretty Maids), Magnus se dit très fier de son bébé. Reconnaissons effectivement la qualité et l’efficacité de l’ensemble à défaut d’un aspect vraiment novateur.

Cohérent du début à la fin, ce « We are the Night » est plutôt bien ficelé et de (très) haute facture. Ce troisième volet du Magnus Karlsson's Free Fall ne peut que plaire aux partisans du multi-instrumentiste suédois ainsi qu’aux amateurs de Heavy/Power metal mélodique bien fichu.