War of Dragons
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

BLOODBOUND

«Avec ce superbe ''War of Dragons'', Bloodbound est parvenu à créer un véritable chef d'oeuvre dans sa carrière mais aussi à atteindre les marches de la première division du power mélodique. »

12 titres
Heavy/Power Metal
Durée: 45 mn
Sortie le 24/02/2017
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S'il est une chose sur laquelle il est possible de trouver un consensus, c'est qu'en Suède, nous pouvons trouver un bien large panel de styles différents en matière de métal.
La diversité est une chose, la qualité en est une autre.
Justement, en matière de groupes possédant une solide réputation dans le panthéon du qualitatif, en matière de Power Métal, la Suède bénéficie de quelques atouts majeurs : Sabaton, Twilight Force, Hammerfall, Evergrey, Amaranthe,…

Le groupe qui nous préoccupe ici, Bloodbound, titulaire de seconde division Métal, bien qu'empruntant un chemin musical déjà dûment balisé, ne laisse certainement pas indifférent.
Leur power mélodique est touchant même si le groupe a souvent laissé entendre des influences éparses de quelques grandes références (Sabaton, Powerwolf, Hammerfall, Iron Maiden).
Bloodbound, c'est maintenant 13 ans d'expérience et, sans compter leur sortie en 2016 d'une prestation live, « One Night of Blood », 6 albums dans l'escarcelle.

Nos Suédois offrent une discographie assez contrastée en raison, notamment, des changements de chanteurs, d'une créativité assez commune dans le genre malgré les compétences avérées des musiciens :
Un premier album, « Nosferatu », faisant penser à du Maiden dans la construction architecturale des morceaux et qui laissait découvrir le très bon timbre vocal d'Urban Breed (Ex-Tad Morose).
Sur le second album, « Book Of The Dead » nous avions là un produit assez plaisant, retrouvions une exécution musicale correcte mais perdions Messire Urban, remplacé par le Teuton, Michael Bormann (vous voyez, le chanteur de Silent Force depuis 2013).
Leur 3ème opus, « Tabula Rasa » sonnait franchement « Symphony X » mais laissait une excellente impression en raison de l'investissement d'Urban Breed qui reprenait le micro.
Sur le 4ème album, « Unholy Cross », place était donnée à un Heavy mélodique assez classique et une fois encore, un autre chanteur était chargé d'amener la pêche utile à ce sous-genre, Patrik Johansson, qui montrait un tout autre registre que le Sire Urban Breed.
Le 5ème album, sans doute le plus faible de la carrière du groupe, nous plongeait dans un Heavy à la Accept, en mid-tempo et confirmait la présence du chanteur Patrik, montrant une envie de bien faire, de la conviction mais il y avait un mais…le sentiment d'encore découvrir un produit correct mais dont on attendait plus encore.
Fort heureusement, je dirais que ce sera sur le 6ème album, « Stormborn », que l'on commencera à ressentir une certaine identité, à mieux percevoir la griffe ontologique du combo. Mieux encore, il y avait de la vitesse de jeu, un bien bon speed. A mon sens, le meilleur album du groupe !!!

A quoi nous attendre cette fois ?
Un nouveau chanteur ? Non bande de médisants, Patrik est toujours là, tout comme les guitaristes Tomas et Henrik, le claviériste Fredrik Bergh. Nous gardons aussi Anders Broman, bassiste depuis 2011 et derrière les fûts, Pelle (Depuis ce nouvel album, Pelle s'en est allé, remplacé par Kalle).

Un album moins bon ?
Certainement pas ! Ce « War of Dragons » sent la fraîcheur. Il atteint le niveau d'un « Rhapsody » sans éléments symphoniques.
Le son est excellent.
Et surtout, voici enfin l'album que j'attendais de ce groupe, celui dont on a envie d'en réécouter la saveur.

Passons l'introduction qui nous montre que les dragons existent encore, je ne sais qui est au growl dragonesque mais c'est cliché.

L'illumination arrive dès les premières notes de « Battle In The Sky » qui nous apportent un excellent speed épique, ça joue vite, c'est beau, le refrain accroche. La basse ronfle. La batterie est engagée. A la seconde minute, nous découvrons un magnifique solo de guitare. Helloween au plus haut de sa carrière eut pu enfanter de ce magnifique morceau. Mais non, le géniteur, c'est bien Bloddbound.

« Tears Of A Dragonheart » emprunte le même sentier artistique. Le chant est mélodique à souhait. Les guitares se mettent un peu en retrait. Le synthé apporte une bouffée d'oxygène. Encore un bon refrain, taillé pour la scène.

Le titre éponyme garde une vitesse élevée. Nous sentons là une belle évolution. C'est puissant, prenant. Le niveau est excellent. Patrik est en harmonie avec le fond musical.

« Silver Wings » surprend, explorant un espace plus typé Folk. Le chant s'adoucit, le riffing est plus posé. Cette chanson passerait à merveille à l'Eurovision. Et c'est très plaisant. Le refrain reste épique et est appuyé par un synthé typiquement au bon son Scandinave. Un pur moment de bonheur.

La 6ème piste, « Stand And Fight » revient dans un speed mordant aux relents Heavy à la mélodie virile. Le refrain est fabuleux. Il est un fifrelin martial malgré sa quintessence mélodique. Les choeurs viennent donner un bon relief à l'ensemble.

« King Of Swords » démarre dans un registre purement Nightwish mais s'en démarque rapidement lorsque nous découvrons cette fois Patrik qui rend son chant râpeux, plus brutal pour ensuite nous ré-envelopper d'un timbre plus pausé sur le refrain. Encore un morceau d'excellence.

La 8ème piste, « Fallen Heroes », se situe davantage dans l'occupation spatiale. L'envergure est énorme, et là, nous découvrons un Bloddbound qui se permet de rivaliser avec le meilleur de Messire Luca Turilli. Le chant se durcit entre les refrains déjà bien boostés.

Sur « Guardians At Heaven's Gate », on appréciera le travail des guitares. La gratte est super rapide, c'est dynamique. Le chant monte dans la verve Heavy. L'agressivité supplante le volet mélodique pour nous créer un espace plus dur, plus angoissant. C'est sombre et super bien mené. Ce morceau est exceptionnel.

S'ensuit « Symphony Santa » qui montre un Power lumineux, éblouissant. Impossible de reprendre son souffle tant la cadence est soutenue. Encore un grand moment de cet album.

La 11ème piste, « Starfall », démarre sur un registre nettement plus abordable pour tout quidam et comportant une petite sonorité celtique dans le refrain. C'est davantage un Heavy Rock qui vous étreint tout au long du morceau. On imagine facilement ce morceau passer sur les ondes radio.

L'album se clôture avec le magnifique « Dragons Are Forever » qui s'en va exploser le firmament mélodieux sur base d'un énième refrain grandiloquent. Nous visons un moment musical de très haute qualité.

Ce nouvel album est reparti de « Stormborn », prenant, cette fois, un énorme envol vers la 1ère division du métal.
Il s'agit là du meilleur opus de la carrière du groupe. Leur univers musical est transcendé.
En dehors de cette intro protocolaire, les pistes sont toutes prenantes et merveilleuses.

Bloodbound a produit un travail titanesque et confirme que c'est dans ce registre qu'il possède son acmé artistique.
Bravo !!!

Morbid Domi (Février 2017)





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