VOLA
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Post-Hardcore
Chroniques

Applause Of A Distant Crowd
Chozo Tull
Journaliste

VOLA

10 titres
Post-Hardcore
Durée: 42 mn
Sortie le 12/10/2018
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En 2015, quand Vola sort Inmazes, c'est un petit succès. Le mélange de prog classique et de metal Meshuggah était inattendu, les performances instrumentales bonnes, l'album rafraîchissant. Alors si le groupe reste quelque peu confidentiel, il n'y a pas de raison de se pencher sur ce deuxième opus.

La première chose que l'on remarque dans Applause ... c'est le fait que l'album est plus lumineux et (marginalement) plus optimiste. Les deux premiers morceaux sont dominés par des lignes de claviers qui donnent dans du metal prog assez classique et maintenant daté - on pense à Dream Theater mais aussi à des groupes comme Vision Divine. C'est particulièrement flagrant dans ''Ghosts'' dans les sonorités de l'intro rappellent un peu le côté ballade de Six Degrees. Le couplet reste assez plaisant cependant, et si la piste d'ouverture, ''We Are Thin Air'', réussit plutôt bien le mélange de composition progressive moderne (reverb qui convoque de larges espaces, distorsion un poil numérique), les cloches de synthé du refrain sont kitsch et hors de propos. Elles sont discrètes, mais participent au côté quelque peu bancal de cette ouverture. Cela dit, l'influence djent est présente et rassurera les fans. D'ailleurs, dans le single ''Smartfriend'', c'est la fête à la lourdeur : on ouvre sur un bitcrush un peu excessif - mais on ne pourra pas accuser Vola de tomber dans le sirupeux. Là, c'est l'autel à Meshuggah – le riff est efficace et heavy (bien que classique) et le son gras. Dommage pour ce couplet semi-parlé qui au final sonne assez cliché 90's, là où le groupe tenait un morceau qui aurait pu explorer des textures abrasives sans complexes. Le refrain est de nouveau large et épique, mais n'arrive pas à décoller et contraste avec ce riff, simple, encore une fois, mais diablement efficace, surtout sa déclinaison sur le pont. On en veut plus ! Moins de Dream Theater, plus de Vola période InMazes !

Il est à noter qu'une fois les premières pistes passées, sensées être les plus accrocheuses, Vola trouve son rythme de croisière et propose bonne compo sur bonne compo. Rien de très folichon, mais de la qualité et du coeur. Pour continuer dans des couleurs déjà évoquées, ''Vertigo'' donne vraiment l'impression de vertigineusement grand avec son travail sur le son et la reverb. Les mélodies sont agréables et ne sentent pas le réchauffé. Avant ça dans la tracklist, ''Ruby Pool'' était dominée par les claviers, à bon escient - une belle ballade à nappes, large et touchante, qui n'en fait pas trop. Dans un genre plus reconnaissablement djent, ''Alien Shivers'' offre un refrain large, épique et efficace.
Vola ne réussit jamais à complètement sortir des attendus du genre, mais navigue en eaux connues avec confiance et compétence : ''Whaler'' est un gros morceau au riff sans surprise mais agréable, ''Still'' est un bon morceau mais où les ficelles du genre se voient de loin. Le morceau-titre, quant à lui, propose des paroles assez insipides, critique sans originalité des réseaux sociaux, mais est doté d'un riff principal étonnamment frais. Bon point.

Le mix est très propre, comme il est de coutume avec le progressif contemporain. Les guitares tabassent quand il faut et il y a un sentiment d'épaisseur dans les murs de sons, régulièrement contrebalancés par des passages plus calmes. Cela reste compressé et sans beaucoup de dynamique, mais cela montre encore une fois la compétence de Vola. Au final, l'album saura séduire les fans de metal progressif un peu nostalgiques et en recherche de sensations mélodiques - la technique n'est pas à l'honneur ici, et c'est plutôt une bonne chose, car le propose musical est mélodique et efficace.